Témoignage : cet installateur de bornes de recharge va chez ses clients en Renault Kangoo électrique

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Le Renault Kangoo E-Tech de Denis Etudelec
Le Renault Kangoo E-Tech de Denis Etudelec

Appréciant beaucoup d’être au contact de la clientèle, Michel Denis a créé à Thionville (57) son auto-entreprise tout en conservant à temps partiel son emploi chez EDF. Il ne se voyait pas rouler autrement qu’avec un utilitaire électrique. Ayant adopté le Kangoo E-Tech pour son activité professionnelle indépendante, il est électromobiliste à titre perso depuis plus de dix ans. Autour de lui, beaucoup de monde se déplace en VE.

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Un parcours qui s’explique

Le parcours professionnel de Michel Denis le prédisposait à passer à l’électrique de façon précoce : « Avant de basculer du côté EDF, j’ai été agent Enedis pendant 20 ans. À titre personnel, je me suis intéressé très tôt aux VE, et suis passé à la Renault Zoé 22 kWh en 2014 ou 2015. Ont ensuite suivi un Kia e-Niro et un Tesla Model Y. Actuellement, mon épouse roule en Mercedes EQA. En ce qui me concerne, 99 % de mes déplacements sont réalisés avec mon Renault Kangoo électrique ».

Il manquait quelque chose à notre lecteur en travaillant chez EDF : « À Enedis, j’étais tous les jours en contact avec des clients, ce que je n’avais plus en changeant de poste et d’entreprise. C’est pourquoi je me suis lancé en parallèle dans l’auto-entreprenariat, d’abord pour réaliser des études concernant des projets de modification de colonnes montantes électriques. À ce moment-là, j’avais peu de déplacements à effectuer ».

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La situation a ensuite évolué : « J’ai passé la qualification pour devenir installateur en bornes de recharge pour véhicules électriques. J’en mets en service une dizaine par mois désormais. Je ne me voyais pas me rendre pour cela chez mes clients en utilitaire diesel. Surtout que je roulais déjà en VE à titre perso. C’est bien de croire dans l’électromobilité, et de le montrer, quand on installe des bornes de recharge. J’ai mes rendez-vous pour les devis le soir et j’installe les bornes le samedi. Au besoin je pose des RTT ».

Un premier Kangoo ZE de 2012 rapidement passé

Pour rappel, sans compter les modèles Electri’Cité et Elect’Road à prolongateur d’autonomie diffusés confidentiellement au début des années 2000, le Renault Kangoo ZE a été commercialisé dès 2011. À l’ouverture des commandes, le constructeur avait annoncé avoir déjà remporté plusieurs marchés pour fournir progressivement 15 637 unités de cet utilitaire, dont 10 000 pour la Poste et 1 500 pour GRDF renommé Enedis en 2016.

À ses débuts, la fourgonnette embarquait une batterie de 22 kWh de capacité énergétique, la créditant d’une autonomie de 170 km en cycle mixte NEDC. Le pack lithium-ion alimentait alors un moteur synchrone à rotor bobiné d’une puissance de 44 kW (60 ch) pour un couple de 226 Nm. Proposé dans les deux longueurs 4,21 et 4,60 m, le Kangoo ZE offrait un volume d’embarquement respectif de 3,0-3,5 et 4,0-4,6 m³. Électroniquement limitée, sa vitesse de pointe ne pouvait pas dépasser les 130 km/h.

Pourquoi ces précisions ? Tout simplement parce que l’actuel Kangoo électrique de l’entreprise Denis Etudelec n’est pas le premier : « J’avais obtenu aux enchères en région parisienne un Kangoo ZE de 2012 ayant servi à Enedis. En raison de son autonomie trop limitée de l’ordre de 80 km, je ne l’ai conservé qu’un an environ. J’avais contacté Revolte pour une réparation des cellules défectueuses, mais on m’avait répondu à l’époque qu’ils n’avaient pas le matériel pour effectuer cette opération ».

Le Kangoo E-Tech bien mieux doté

Cette première expérience a permis à Michel Denis d’affiner ses besoins en utilitaire électrique : « C’était pour démarrer en 2023. Avec seulement 35 000 km au compteur, il n’avait pas dû me coûter plus de 2 000 ou 3 000 €. En plus d’une autonomie trop légère pour rayonner autour de l’entreprise, ses 3,7 kW de puissance de recharge étaient vraiment trop légers. Je ne vais en général pas très loin autour de Thionville, mais ça m’arrive d’intervenir à Nancy, Sarralbe au Faulquemont [NDLR : Entre 65 et 100 km] ».

Le nouveau Kangoo E-Tech s’est montré bien plus adapté : « Grâce à la batterie de 45 kWh, je peux compter sur une autonomie de l’ordre de 250 km, sauf l’hiver où c’est plutôt 210-215. Dans mon entreprise depuis juin 2025, mon exemplaire est très bien doté pour la recharge avec le 22 kW AC et 80 sur les bornes rapides. À la maison, j’ai une borne 7,4 kW. Ce Kangoo de 2023 servait auparavant de modèle de démonstration dans une concession en Alsace. Il avait 800 km quand je l’ai acheté 15 000 € ».

D’autres modèles avaient été mis en concurrence : « J’avais été voir le Nissan Townstar qui n’est qu’un Renault Kangoo rebadgé, mais en occasion il était beaucoup plus cher. Pareil pour les Peugeot e-Partner, Citroën ë-Berlingo, Fiat E-Doblo et Toyota Proace Electric récents pour lesquels il m’aurait fallu un budget bien supérieur. J’ai déjà parcouru 15 000 km avec lui, ce qui devrait donner environ 20 000 à l’année ».

La recharge DC en cas de besoin

Sa première expérience avec le Renault Kangoo de 2012 n’a pas découragé Michel Denis : « J’avais plutôt confiance, avec tout le parc des CNPE [NDLR : Centres nucléaires de production d’électricité] comprenant des Zoé, 5 E-Tech, Trafic E-Tech et d’autres encore. Ces véhicules ne posent pas plus de soucis que ça. Malgré tout, je trouve que c’est encore un peu juste en autonomie pour aller à Nancy par l’autoroute ».

Mais avec de petits efforts, ça passe : « Si je dois réduire la vitesse, je le fais, je m’adapte à la situation. À 110 km/h constants, je suis un peu au-dessus de 150 km d’autonomie par une température clémente. Un aller-retour Thionville-Nancy, c’est deux fois 65 km. Ça passe ainsi. Quand je le peux, je privilégie les itinéraires bis. Pour l’instant, je n’ai utilisé qu’une seule fois la recharge en courant continu ».

Cette dernière est bien pratique en cas d’imprévu : « C’était le 24 décembre 2025, j’avais un chantier à Sarralbe. C’était une époque très chargée à cause de la fin annoncée du crédit d’impôt pour l’installation d’une borne de recharge. J’ai alors eu un surcroît d’activité : pendant deux semaines, j’ai posé deux bornes par jour ».

De petits aménagements

Quelques petits aménagements ont été effectués pour davantage de confort d’utilisation et adapter le Renault Kangoo E-Tech aux besoins de l’entreprise Denis Etudelec : « Après coup, en plus d’un plateau bois à l’arrière, j’ai fait installer la caméra de recul qui me manquait. Ça m’a coûté 500 € avec le montage. Ainsi, et grâce au format modéré du véhicule, il est facile à stationner tout en étant suffisamment spacieux pour mon activité ».

Au bénéfice de la fourgonnette du Losange, notre lecteur met également en positif « le confort du véhicule, le volume de stockage et l’accès aussi par une porte latérale coulissante. Pour le rangement, je me suis équipé de boîtes que je sangle et que je peux superposer, d’une galerie et d’un porte-tubes. C’est optimum, mon utilitaire est ainsi parfaitement adapté à mon activité. Au début, j’ai craint qu’il soit un peu trop petit, mais non, finalement il est hyper pratique comme ça ».

Durablement dans l’entreprise ?

On peut dire que la famille proche de Michel Denis est totalement branchée : « Notre foyer est 100 % VE depuis six ou sept années. À 17 ans, notre fils a passé son permis et a débuté avec une MG4 qu’il a toujours. Aujourd’hui, notre fille roule avec une Ford Mustang Mach-E qui a succédé à son ancienne Peugeot e-2008, et son mari utilise une Volvo XC40. Travaillant au Luxembourg, il attend pour début juin sa Mercedes CLA de fonction. Même ma mère est en électrique avec une Fiat 500e ».

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Beaucoup de ses collègues chez EDF roulent aussi en électrique : « Ils sont pas loin du tiers à le faire. D’ailleurs, dans mon panel de clients pour l’installation de bornes de recharge, j’en compte pas mal. J’ai aussi beaucoup de personnes qui viennent vers moi par le bouche-à-oreille au sein de leurs familles. En outre, je suis référencé par la marque Cupra ».

À 46 ans, notre lecteur est encore loin de la retraite. Peut-on alors imaginer une longue carrière chez Denis Etudelec pour ce Kangoo électrique ? « Je pense le garder longtemps, au moins autant qu’il conviendra et si je ne rencontre pas de gros soucis avec lui. À mon avis, même si je devais arrêter mon entreprise, je pense que je le conserverais. Je n’ai pas d’intérêt à le revendre… sauf si Renault sort un nouveau modèle avec beaucoup plus d’autonomie ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Michel Denis pour son excellent accueil et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel aux professionnels.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

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Avis de l'auteur

Parmi les point intéressants mis en avant par cette série de témoignages dédiés aux professionnels qui utilisent des VE, la petite histoire des entreprises qui évoluent dans le secteur de l'électricité, et en particulier celles spécialisées dans l'installation de bornes de recharge. On peut encore trop en voir qui exercent cette activité avec des utilitaires diesel. Personnellement, question de cohérence et de confiance, je ne ferais pas appel à elles si j'avais une wallbox à faire poser chez moi. Je suis aussi très admiratif de l'entourage familial de Michel avec autant d'électromobilistes et, vous l'aurez sans doute remarqué, une très grande diversité de marques et de modèles : Renault, Peugeot, Ford, Kia, Volvo, Fiat, Tesla, Mercedes, etc. De quoi se faire essayer les uns les autres tous ces modèles. Lorsque tout le monde se rassemble à Noël, ça doit en faire des VE devant la maison ! Une véritable exposition, et même un vrai plaidoyer pour la mobilité branchée ! De tels foyers, de plus en plus nombreux avec la confiance prise et le développement des stations de recharge sur les grands axes, sont susceptibles d'entraîner aussi des voisins et collègues. On a là encore un indice que l'électromobilité est en très bonne voie de développement.

Philippe SCHWOERER

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