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Peut-être que dans quelques années, Clément sera chargé de missions en infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE). C’est en tout cas aujourd’hui un souhait qui colle parfaitement avec son choix d’une Fiat 500e. Son goût pour l’électrique remonte à l’enfance, et c’est en plus aujourd’hui une véritable histoire de famille.
Clément le dit sans détour : « Je suis passionné par l’univers des mobilités électriques. Déjà quand j’étais en primaire, je me sentais intéressé par les voitures à batterie. On n’en voyait pas encore beaucoup, mais rien que le passage d’une Renault Zoé, avec son silence mais aussi son petit sifflement, suffisait à m’interpeller. Au début, c’était par conscience écologique. Maintenant que je suis en école d’ingénieurs, c’est davantage pour la technologie ».
Il ressent nettement : « Par rapport aux véhicules thermiques, on a aujourd’hui bien moins de barrières pour faire évoluer les électriques. On peut encore faire beaucoup de choses. Je pense par exemple au progrès apporté par le contrôle vectoriel du couple. Pour les camions, ça va être intéressant, les transporteurs vont pousser à faire reculer plus loin les limites, avec des défis à relever ».
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Témoignage : de l’hybride rechargeable à l’électrique, de Peugeot à Renault, Cédric préfère les voitures françaisesPour obtenir son permis B, notre lecteur a suivi un scénario finalement très classique : « Que ce soit pour la conduite accompagnée ou à l’auto-école, j’ai appris sur un véhicule thermique, sans prendre l’option boîte automatique pour le permis. Pour ma première voiture, j’ai cherché à prendre ce qu’il y aurait de moins cher, regardant aussi bien les thermiques que les électriques en occasion. Mais une simple Renault Zoé, ce n’était déjà pas donné il y a encore deux ans ».
Il suffisait de saisir la bonne opportunité : « J’ai vu les publicités pour une Fiat 500e en LLD à 90 euros par mois. Au départ, j’ai hésité un peu avec une Dacia Spring. Finalement, je suis parti sur une 500 électrique à batterie 24 kWh pour environ 120 euros mensuels. La Spring était 10 euros moins chère, mais la finition était bien meilleure sur la Fiat, et la ligne plus sympa. Et puis la Dacia n’avait pas une très bonne réputation concernant sa tenue de route. J’ai pensé que la 500 serait plus stable. Je l’ai depuis mars 2024 pour trois ans, avec 30 000 km ».
Avec la batterie de 23,8 kWh dont 21,3 exploitables, l’autonomie WLTP en cycle mixte est de 190 km : « Je ne vais jamais très loin avec la 500e. À la journée, mon plus gros aller-retour n’a pas dû dépasser 80 ou 90 km. Habitant à une vingtaine de minutes de Lyon, je me sers quotidiennement de cette voiture pour rejoindre mon école d’ingénieurs, ce qui fait un peu plus de 30 km l’aller-retour. Après recharge complète, j’ai une autonomie de l’ordre de 150 km, dont 130 à 140 utiles en tenant compte que je ne vais jamais décharger complètement la batterie ».
Concrètement : « En été, un aller-retour consomme entre 15 et 20 % de l’énergie de la batterie, mais 25-30 % l’hiver. Comme je suis sur une hauteur, le matin j’ai une descente permettant de ne consommer que 4 %, contre 25 % au retour. En général, je recharge ma Fiat 500 deux fois par semaine. Avec son autonomie, elle est avant tout faite pour la ville. J’apprécie de pouvoir régler depuis l’écran la puissance de charge sur les bornes AC. Quand je suis sur 5, c’est pour 11 kW, le maximum permis par le chargeur embarqué ».
La recharge devait classiquement s’effectuer à la maison : « La première fois que j’ai branché la Fiat 500, on n’a pas pu charger. On a d’abord cru que ça venait de la voiture, mais c’est un problème de terre à la maison pas encore résolu. Heureusement, il y a une borne 22 kW AC à 200 m, avec un tarif de 0,25 euro le kilowattheure pour les habitants. En 90 minutes, la batterie est pleine. Je ne descends jamais en dessous de 15 % d’énergie. Il y a souvent eu des problèmes sur cette borne, et j’ai dû appeler l’opérateur Qovoltis qui la gérait ».
Ce qui n’a pas vraiment bloqué Clément : « Ça ne fonctionnait bien qu’une fois sur trois, le reste du temps, la connexion ne se faisait pas en badgeant. Il me suffisait d’appeler l’opérateur qui était très réactif pour résoudre le problème à distance. L’année dernière, de mai à octobre, on a même pu recharger gratuitement. En cause a priori, la carte réseau de la borne a fini par être remplacée, et maintenant ça fonctionne bien. Depuis, c’est le Syder — le syndicat d’énergie du Rhône — qui a repris la gestion de cette borne ».
La Fiat 500 électrique connaît aussi les chargeurs rapides : « Une ou deux fois par mois, je branche ma voiture sur une borne Electra, j’ai pris l’abonnement à 1,99 euro par mois. Normalement, la puissance de recharge devrait monter jusque 50 kW, mais en l’absence de préconditionnement de la batterie, j’ai un maximum à 35-36 kW. Ainsi, le 20 à 80 % d’énergie prend une trentaine de minutes, et le double pour une batterie pleine. Au-dessus de 80 %, Electra compte des frais d’occupation en fonction du taux de remplissage de la station ».
Clément n’est pourtant pas bloqué pour les vacances par l’autonomie de sa Fiat 500e : « Quelques mois après avoir reçu ma voiture électrique, mes parents ont pris livraison de leur Renault Megane E-Tech. Quand j’ai besoin de partir un peu plus loin, on échange nos voitures. Auparavant, ils avaient un Citroën C4 Cactus à moteur PureTech avec lequel ils avaient pas mal de défauts moteurs. Par rapport à ma 500e, le système d’infodivertissement est plus réactif sur la Megane ».
La Renault électrique a d’ailleurs très vite connu son premier long trajet : « Elle est arrivée le vendredi de fin juillet 2024, et le lendemain on partait pour la côte basque en vacances, à 750 km, son plus long trajet. Ça s’est très bien passé, on a pris l’autoroute : je m’étais pas mal renseigné auparavant concernant la recharge. Mes parents ont la version avec la batterie de 60 kWh. En comptant le dernier arrêt avant l’arrivée afin d’avoir de l’énergie pour les jours suivants, nous avons rechargé quatre fois, en passant chez Electra, Fastned et Ionity ».
On peut dire que notre lecteur est dans une famille branchée : « Du côté de mon père, plusieurs sont passés à l’électrique à peu près à la même époque que nous. C’est mon grand-père qui a commencé avec un Opel Mokka-e, reçu quelques semaines plus tôt. Je pense que c’est le premier de nous tous à s’être intéressé à l’électrique. Ma tante a commandé et reçu sa Fiat 500e a peu près en même temps que moi, et mon oncle — son mari — roule en Audi Q4 e-tron. Il travaille dans une entreprise qui fabrique des fusibles et des busbars pour voitures électriques ».
En plus de deux ans désormais, Clément peut déjà dresser un petit bilan de son expérience d’électromobiliste : « Si je n’avais pas une électrique, et avec l’augmentation du prix des carburants, je ne pourrais pas me rendre tous les jours en voiture à mon école. J’estime aussi que les 95 ch [NDLR : 70 kW] de la 500e suffisent largement. Pied au plancher, on arrive même à faire patiner les roues. Je pourrais me contenter de moins. Par exemple les 82 ch [60 kW] de la nouvelle Renault Twingo E-Tech me conviendraient très bien ».
Sans faire de grosses accélérations, notre lecteur a pourtant remarqué : « Les pneus à l’avant sont déjà morts, à seulement 21 000 km. À part ça, je n’ai rencontré aucun problème avec ma Fiat. Juste deux ou trois rappels pris en charge par le constructeur. Là, elle sort de la révision des 20 000, et le prix de cette opération est compris dans les loyers. Je trouve quand même un peu dommage qu’on ne puisse pas régler la puissance du freinage régénératif, contrairement à la Megane sur laquelle ça se fait facilement avec les palettes au volant ».
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Il y a une fonctionnalité sur sa Fiat 500 électrique qui apparaît aujourd’hui quasiment incontournable pour Clément : « J’adore le One-Pedal. Il n’y est pas encore sur la Megane, en attente d’une mise à jour. Et ça me manque vraiment. Pour moi ça pourrait être un critère important pour ma prochaine voiture. L’année prochaine, je pense à nouveau partir sur une offre pas chère. J’ai pensé à la nouvelle Twingo si ses problèmes de jeunesse sont résolus. Sinon, je repartirais sur une Fiat 500e ».
Pour au moins une raison, le passage à la citadine du Losange est préféré : « Ma mère devra aussi rendre sa Megane en 2027. Elle souhaite rester chez Renault. Pour négocier de nouvelles LLD, c’est mieux quand il y a deux voitures en jeu plutôt qu’une ».
Parmi les camarades et les jeunes autour de notre lecteur, pas beaucoup d’électromobilistes : « Ceux que je vois rouler en électrique sont pas mal en Dacia Spring. Avec le développement du marché de l’occasion, ça va peut-être évoluer ». Ce dont il doute toutefois : « Je constate quand même que les garçons de mon âge veulent plutôt des voitures qui font du bruit. Il reste encore pas mal d’a priori concernant le VE perçu comme cher et contraignant. Ce n’est pourtant pas ce que je ressens personnellement dans la pratique ».
Clément vient de terminer sa deuxième année en école d’ingénieurs : « Il me reste encore trois ans d’études que je souhaite poursuivre à Lyon. Une fois que ce sera terminé, je compte rester dans ma région où je me sens bien. J’aurais bien aimé travailler sur les voitures électriques, mais il n’y a pas de grande marque automobile ici ».
L’étudiant envisage désormais une autre piste : « Pour avoir eu affaire avec un chargé de mission en IRVE lors de problèmes rencontrés sur les bornes de recharge, j’ai trouvé intéressant son métier. Il faut un peu toucher à tout, et cette ouverture est aussi celle de l’ECAM. J’espère décrocher un stage dans ce milieu ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Clément pour son excellent accueil et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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