La raison de Thomas pour passer à la voiture électrique ? « Je pouvais payer les loyers de LOA avec mon budget gazole »

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La Mini Countryman de Thomas
La Mini Countryman de Thomas

N’ayant alors en seul véhicule qu’un utilitaire diesel aménagé en van servant à tout faire, ce cadre commercial habitant près de Lourdes (65) a fait ses calculs il y a quelques années : utiliser une voiture électrique pour les déplacements locaux et régionaux était plus avantageux pour son foyer.

La Mini Cooper SE s’est imposée

Chez Thomas, la première voiture électrique est arrivée en mars 2022 : « La réflexion a commencé après le Covid pour une histoire de coût, le gazole étant devenu cher. Pour seul véhicule, j’avais un Ford Transit diesel aménagé de 2016 consommant dans les 9 l/100 km et avec lequel je parcourais dans les 100 km par jour. Il me servait pour les vacances, mais aussi mes déplacements professionnels, amener ma fille dans son établissement scolaire et à ses diverses activités. Tout cela en devant parfois changer de vallée ».

Pour bien se renseigner sur l’électrique, l’automobiliste quadragénaire a multiplié les sources : « J’ai écouté des podcasts, regardé des vidéos sur YouTube et lu des articles, en particulier sur Automobile Propre. J’ai fait mes calculs : j’avais mensuellement entre 350 et 400 euros de frais de gazole, sans compter les factures pour l’entretien du véhicule. Avec cela, je pouvais largement payer les loyers d’une voiture électrique en LLD ou LOA. Mais peu de modèles m’intéressaient ».

Le choix a donc vite été fait : « J’ai hésité entre une Mini Cooper SE et une Renault Megane E-Tech, mais le prix de la française était plus élevé, ne rentrant pas dans mon budget. Je ne voulais pas dépasser ce que je mettais chaque mois en gazole dans le van. Je m’étais aussi intéressé à Tesla, mais en raison des prises de position politique de son dirigeant, j’ai fini par écarter cette marque. Il ne restait plus que la Mini alors fabriquée en Grande-Bretagne [NDLR : Usine d’Oxford] et pour laquelle j’ai finalement craqué ».

50 000 km en trois ans

Pour essayer la Mini Cooper SE, Thomas s’est rendu à Tarbes. Avec la batterie d’une capacité énergétique brute de 32,6 kWh pour 28,9 accessibles, elle était créditée d’une autonomie de 234 km en cycle mixte WLTP : « La concession est à une quinzaine de kilomètres de chez moi et je travaille pas très loin d’elle. J’ai d’abord pu essayer la Mini électrique une quinzaine de minutes, mais ce n’était pas suffisant pour moi. J’avais entendu dire que son autonomie n’était pas énorme, et je voulais voir ce que ça pouvait donner dans ma propre utilisation quotidienne ».

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Le deuxième essai a été concluant : « J’ai pu disposer de la Mini Cooper SE pendant une journée complète, et j’ai passé la commande peu de temps après. L’offre était très intéressante, avec des loyers mensuels de 300 euros sur trois ans pour 45 000 km sur la durée. Le premier versement a été en grande partie couvert par le bonus gouvernemental. Cette Mini était dans la version Camden, un nom qui fait référence à un quartier de Londres. Rechargée sur une simple prise la plupart du temps, j’avais environ 200 km d’autonomie l’été, et 160 l’hiver ».

Cette première voiture électrique a beaucoup plu : « Elle était très agréable à conduire. Même en me restreignant énormément les six derniers mois, j’avais dépassé d’environ 5 000 km le kilométrage total de la LOA. J’aurais dû pour cela payer de l’ordre de 250 euros, ce qui m’a semblé très correct. Mais comme j’ai repris une voiture électrique chez eux, ce dépassement ne m’a pas été facturé. J’aurais pu reprendre une Mini Cooper SE si elle n’était pas désormais fabriquée en Chine ».

Passage à la Mini Countryman

Une autre raison a poussé notre lecteur vers un autre modèle de la marque : « Sur la Mini Cooper SE, le coffre est tout de même assez ridicule [NDLR : 211 litres]. Comme nous avons ma fille et moi diverses activités sportives, la moitié du temps le dossier de la banquette était replié pour mettre nos sacs. Nous faisons tous les deux du badminton ; en plus je fais du vélo et du sport de salle. Quand j’ai rendu cette voiture en mars 2025, Mini venait de sortir la Countryman ». Ce modèle au coffre de 460 l est produit par l’usine BMW Group de Leipzig, en Allemagne.

Toujours en deux roues motrices (traction), la nouvelle voiture électrique du foyer est bien mieux dotée : « J’ai un moteur de 204 chevaux [NDLR : 150 kW, contre 184 ch/135 kW pour la Mini Cooper SE], une batterie de 64 kWh utilisables [NDLR : Autonomie en cycle mixte WLTP de 462 km] et il y a davantage de place à bord. Avec un apport de 6 000 euros, j’ai des loyers mensuels de 350 euros sur une durée de quatre ans et pour 80 000 km au total ».

Il est désormais plus facile avec la Mini Countryman de s’éloigner de Lourdes : « Hier, je suis allé avec elle à Toulouse [NDLR : A environ 175 km] pour le travail ; il m’arrive aussi de me rendre régulièrement à Bayonne et Bordeaux [NDLR : Respectivement à environ 150 et 250 km]. A l’éco-conduite et en prenant les routes nationales, j’ai une conso en dessous de 14 kWh/100 km. Sinon c’est 16 kWh, et même 18 l’hiver. Nous avons un petit col de montage à passer et de la voie express. Sans cela, ce serait dans les 14 kWh/100 km ».

De plus en plus électrique

Quel a été le plus gros déplacement à la journée avec la Mini Countryman ? « C’était un aller-retour de plus de 600 km jusque dans le bassin d’Arcachon. Les plus gros déplacements sont toujours réalisés avec le Ford Transit diesel que je compte remplacer par un électrique d’ici deux ans. Le choix n’est pas énorme et se limite pour moi au Ford e-Transit Custom et au Kia PV5. Le coréen intéresse pas mal d’aménageurs anglais, comme j’ai pu le constater sur les réseaux sociaux, dont Instagram ».

Un autre modèle s’ajouterait à la liste : « Ce serait le Renault Trafic E-Tech qui pourrait vraiment faire la différence s’il sort bien en architecture 800 V. J’écarte en revanche le Volkswagen ID. Buzz très cher et à l’espace intérieur limité, ainsi que la série des utilitaires de Stellantis plombés par leurs consommations délirantes ».

Reçue en avril 2025 avec un petit mois de retard, la Mini Countryman a bien roulé : « Elle a déjà 28 000 km. Pas de palettes au volant, mais la puissance de régénération peut se gérer avec les trois niveaux (légère, moyenne, forte) du mode D. Avec le mode B que j’utilise en permanence, on a un vrai One-Pedal. Je ne pourrais plus me passer de cette fonctionnalité : pas question de prendre une autre voiture électrique qui n’en serait pas dotée. Je suis aussi très content de disposer d’une belle et puissante voiture qui me coûte moins de deux euros d’énergie pour 100 km ».

Recharge

Maintenant qu’il est dans sa propre maison, Thomas s’est équipé d’une borne de recharge : « C’est un modèle installé par ChargeGuru et qui délivre une puissance de 6,4 kW. Via l’offre ‘Vert électrique auto’ d’EDF, je bénéficie d’un kilowattheure à 0,13 euro aux heures creuses, entre 01 h 00 et 7 h 00. Cette courte fenêtre me permet tout de même de faire dans la nuit une recharge de 25 à 80 %. Si j’ai besoin de davantage, par exemple d’avoir la batterie pleine pour un déplacement plus long, j’étale l’opération sur deux nuits ».

Notre lecteur branche parfois sa voiture électrique à l’extérieur : « Je ne suis jamais tombé sur des bornes avec des câbles coupés ou sur une station pleine. En revanche, j’ai déjà vu quelques fois chez Carrefour du matériel en rade. Avec la Countryman, une carte de recharge m’a été fournie. J’allais donc beaucoup chez Ionity au départ. Depuis toujours, j’évite les réseaux liés aux pétroliers comme TotalEnergies ou Shell. Mes préférences vont désormais à Electra et Allego. Pour aller à Toulouse hier, je suis passé chez Allego car c’était l’opérateur le moins cher ».

Le seul vrai point perfectible que l’électromobiliste des Hautes-Pyrénées a cité pour sa Mini Countryman électrique concerne justement la recharge en courant continu : « La puissance n’est pas encore énorme aux bornes ultrarapides. Je ne la vois jamais aller au-delà de 125-130 kW. Mais pour moi, ce n’est pas l’essentiel. Dans mon déplacement d’hier, par exemple, j’ai dû faire une recharge de 44 à 80 %, ce qui n’a pris que 16 minutes. À noter qu’à 25 000 km, j’ai dû faire remplacer mes pneus avant : ils étaient rincés ».

Beaucoup de positif

Un point fort a été d’emblée mis en avant par Thomas concernant son actuelle voiture : « La fiabilité est clairement pour moi le plus gros point positif de la Countryman électrique. Mini fait partie du groupe BMW et je ressens une totale confiance dans la voiture et la marque. L’autre point essentiel à mes yeux, c’est le design de ce modèle. J’aime aussi beaucoup l’équipement dont je dispose, notamment une sono Karman Kardon, comme dans la précédente Mini, et qui va très bien à mes goûts de metalleux ».

Une option contribue à profiter pleinement de la musique que l’on aime : « Pour 10 euros par mois, j’ai Spotify en natif. L’option amène aussi un GPS en réalité augmentée. Lorsque j’arrive à un rond-point, par exemple, la caméra de devant apporte des images sur lesquelles les flèches du GPS vont s’incruster. C’est bluffant, et surtout très efficace quand on va dans des zones que l’on ne connaît pas bien. De façon générale, je trouve que le confort d’utilisation de cette voiture est exceptionnel, avec un One-Pedal qui fonctionne très bien ».

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Notre lecteur conseillerait-il la Mini Countryman électrique à d’autres automobilistes ? « Oui, et à 100 %. Bien sûr, nous ne sommes pas au même niveau de finition qu’avec une BMW iX1, par exemple, mais la base technique est la même ».

Petit jeu

Thomas a son petit jeu à lui : « Depuis que je roule en voiture électrique, j’essaye d’accompagner les gens dans leur propre conversion. Ainsi, avec un ami commercial qui a pris une Tesla Model Y. Sa femme roulait en Mini Cooper essence. Elle a vu ma Countryman, a fait un tour dedans, et a signé pour la Mini Aceman. Et voilà déjà deux personnes converties autour de moi ».

Ce n’est pas tout : « Pour sa propre voiture, ma compagne arrive en fin de LOA sur un modèle essence. L’année prochaine, elle compte passer elle aussi à l’électrique. Elle est très Citroën. Et puis il y a ma fille de 15 ans qui a bénéficié de la conduite accompagnée sur une voiture thermique à boîte manuelle. Mais elle a aussi essayé l’électrique, et c’est ça qu’elle veut une fois le permis obtenu ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Thomas pour son très bon accueil et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Les Mini électriques se font bien silencieuses sur Automobile Propre. Sans doute parce qu'elles donnent toute satisfaction à leurs utilisateurs qui ne pensent pas forcément à les mettre en avant. Merci à Thomas de nous avoir proposé ce sympathique témoignage qui permet d'en savoir plus sur ces voitures. Entre la Cooper SE, la Countryman et l'Aceman, on a dû évoquer quasiment tout le catalogue. Les derniers témoignages que j'ai recueillis montrent que l'opérateur Electra est de plus en plus plébiscité par nos lecteurs. Moins répandu en France, Allego est également mis en avant ici pour son bon placement tarifaire. A l'inverse, Ionity décline de plus en plus pour ses stations pas toujours suffisamment dimensionnées et une expérience utilisateur pas toujours très heureuse. Régulièrement aussi nous entendons que les bornes des réseaux pétroliers sont boudées. Autre chose intéressante qui ressort ici une nouvelle fois, c'est la satisfaction des clients des marques BMW et Mini. Comme je le dis à l'occasion, pointez-vous dans une concession du groupe en short et tee-shirt et vous serez certainement aussi bien reçu que si vous étiez en costume et cravate ! C'est bien moins le cas chez beaucoup d'autres constructeurs qui ont oublié le sens de l'accueil du client ou du prospect.

Philippe SCHWOERER

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