Témoignage - Voilà pourquoi Fabrice va garder sa Toyota Yaris hybride encore quelques années au lieu de passer à la voiture électrique

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La Toyota Yaris hybride 2020 de Fabrice
La Toyota Yaris hybride 2020 de Fabrice

Achetée neuve sans avoir pu l’essayer en 2020 entre deux périodes de confinement Covid, la Toyota Yaris hybride de Fabrice est identique à celle essayée cette année-là par Hugo Lara. Elle est ainsi en version suréquipée Première. Satisfait après déjà 90 000 km parcourus, notre lecteur mosellan de 38 ans compte la garder encore deux à quatre ans.

Beaucoup de nouveau avec la 4e génération

Une des grosses nouveautés de la Toyota Yaris de quatrième génération hybride est à rechercher du côté de la motorisation. Le précédent bloc à quatre cylindres a été remplacé par un 3-cylindres Dynamic Force essence de 1,5 litre à cycle Atkinson capable de développer une puissance de 68 kW (92 ch) pour un couple maximal de 120 Nm. Il est associé à un moteur électrique de 59 kW (80 ch) et 141 Nm. De concert, l’ensemble peut fournir une puissance jusqu’à 85 kW (116 ch), supérieure de 16 % par rapport à la génération précédente.

Le pilotage est effectué via une transmission à variation continue (CVT) en direction des roues avant. En plus d’étrenner la plateforme GA-B dérivée de la TNGA, cette Yaris a amené une nouvelle batterie lithium-ion plus légère de 12 kg par rapport au pack de chimie NiMH [NDLR : Nickel-Métal Hydrure] jusque-là exploité. Tout cela était mis en avant pour souligner, malgré une conduite potentiellement plus dynamique, quelques baisses : 3,7 litres d’essence aux 100 km, pour 87 grammes de CO2 émis en cycle mixte WLTP.

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Ce qui a séduit bien des automobilistes concernant cette citadine (3,94 x 1,75 m, pour une hauteur de 1,47 m), c’est sa fabrication à l’usine de Valenciennes (59). C’est à environ 220 km à vol d’oiseau de chez Fabrice : « La fabrication française est pour moi appréciable, c’est un plus, mais c’est bien d’abord parce qu’elle me plaisait et que je savais qu’elle était plus performante que celle de troisième génération que j’ai pris cette Yaris hybride. C’est ma première voiture neuve, achetée 23 000 euros, juste avant les augmentations causées par la pénurie de composants électroniques ».

Pas de possibilité de recharge en 2020

Avant d’adopter l’hybride, Fabrice roulait avec des voitures diesel : « Mon père avait acheté sa première Toyota Prius avant 2010. C’est avec lui que j’ai découvert l’hybride. J’ai moi-même pris une Toyota Auris 1 hybride en occasion en 2014. Développée à partir d’un modèle thermique, cette voiture voyait son coffre réduit par la présence de la batterie [NDLR : 40 litres de moins en passant de 350 à 310 l]. L’hybride est d’autant plus intéressant pour moi qui habite proche du Luxembourg où le SP95 est moins cher d’environ 0,20 euro ».

Passage à un plus petit modèle : « Sans enfant je souhaitais une voiture plus compacte, et plus facile à garer. Je n’aurais pas pris une Renault Clio hybride, un peu la concurrente de la Yaris, car elle était déjà un peu plus grosse [NDLR : 11 cm de plus en longueur et 4 cm en largeur]. Vivant en 2020 en appartement, je n’aurais pas pu prendre une électrique que je n’aurais pu brancher chez moi. Depuis, nous sommes dans une maison, et ma compagne roule déjà dans une Fiat 500 électrique. L’autonomie étant insuffisante, nous prenons toutefois la Yaris pour les longs trajets ».

Avec son hybride, notre lecteur bénéficie déjà d’une sensation de conduite différente des modèles thermiques classiques : « Avec sa boîte CVT sans à-coup, j’ai une voiture agréable à conduire, avec des accélérations fluides comparables à celles d’une électrique. Lors des forts appels de puissance, la motorisation fait pas mal de bruit. C’est toutefois moins qu’avec mon Auris, et à vitesse stabilisée, on n’entend quasiment plus rien. C’est très différent de ce que l’on peut ressentir dans une voiture thermique dans laquelle on sent et entend le passage des vitesses ».

À l’usage

Les consommations relevées par Fabrice diffèrent des chiffres annoncés par Toyota : « Les consos contenues de 4,3-4,5 l en été pour mes trajets domicile-travail de 14 km sont pour moi un plus pour la Yaris. L’hiver, je suis entre 5 et 5,2 litres. Sur l’autoroute, en revanche, on dépasse vite les 6 l. Je fais des haltes toutes les deux à trois heures de conduite, durant environ 15 minutes pour passer aux toilettes ou de l’ordre de trois quarts d’heure au moment d’un repas. Notre petit chien Shiba Inu voyage avec nous, bien installé sur la banquette arrière ».

Quelle autonomie avec cette Yaris hybride 2020 ? « Si on attend le dernier moment pour faire le plein, c’est 700 km l’été et 600 l’hiver. En roulant à 130 km/h, on perd environ 100 km d’autonomie. Mais j’ai des pneus 4 saisons pas très favorables. Je trouve que l’arrivée sur la réserve de carburant survient un peu tôt. On ne met alors que 28 litres sur les 36 de contenance du réservoir. On a donc encore de quoi parcourir plus de 100 km. Ce serait un choix de Toyota afin d’éviter les pannes sèches qui pourraient potentiellement provoquer une sorte d’encrassement ».

Notre lecteur n’hésite pas à traverser la France avec sa Yaris : « Depuis les environs de Thionville, nous sommes déjà allés en Bretagne avec cette voiture, ainsi qu’en Belgique et en Allemagne. Pour des destinations plus lointaines, nous prenons le train ou l’avion. Nous n’avons jamais mal au dos dans la Yaris. Même avec des suspensions un peu dures, le confort est là grâce à la qualité des sièges. Même si l’isolation phonique s’est améliorée avec la quatrième génération, la Yaris est assez bruyante sur l’autoroute par rapport à une routière. ».

Aides à la conduite

Sur l’autoroute, Fabrice utilise le maintien dans la voie : « Chez Toyota, les aides à la conduite sont naturelles. On ne ressent pas forcément d’à-coups dans le volant. Le système sur ma Yaris de 2020 n’est pas très bon dans les virages très prononcés et sur les départementales. Il lui faut un marquage propre. J’utilise aussi le régulateur adaptatif de vitesse. Il est très bien dans les bouchons. Le système ralentit et redémarre sans brusquerie, de telle sorte que l’on ne sent pas forcément les variations de vitesse. C’est très reposant ».

Il compare : « Le système anticipe très bien les situations, sans surréagir. Si quelqu’un me fait une queue de poisson après un dépassement, mais qu’il route plus vite, la Yaris poursuit sa route sans ralentir. C’est très différent sur la Fiat 500e de ma compagne. Dans la même situation, le véhicule biperait et réagirait. Sa voiture est plus brusque et va rapidement émettre des alarmes sonores. A côté, la mienne est plus permissive. Les aides fonctionnent même avec le brouillard, alors que la 500e peut être perdue sous le soleil à cause d’une caméra un peu haute et aveuglée ».

La Toyota Yaris hybride 2020 de Fabrice
La Toyota Yaris hybride 2020 de Fabrice

La compagne de notre lecteur prend de temps en temps la Yaris : « Elle aime bien aussi la conduire, mais elle préfère tout de même sa voiture électrique. Les deux modèles ont une puissance similaire, mais la 500e est plus vive. Sur la Yaris, dans des conditions hivernales, je trouve que la régénération, le mode de conduite B et l’anticipation sont plus efficaces que les garnitures de frein pour éviter de glisser et bloquer les roues. Une fois la voiture lancée, l’absence de changement de vitesse grâce à la transmission CVT évite également de patiner lors des accélérations ».

Commerciaux et SAV

Fabrice ne garde pas un excellent souvenir de son achat : « Je trouve que l’équipe commerciale de la concession à proximité de chez moi n’était pas très bonne en 2020. La personne auprès de laquelle j’avais signé est ensuite partie en congé maternité, et personne n’avait repris mon dossier. Heureusement, car ça ne fonctionnait pas toujours, j’ai pu grâce à une application suivre l’arrivée de ma voiture. Quand je suis venu sur place, rien n’avait été fait au niveau des papiers. J’ai une bien meilleure opinion du SAV ».

Notre lecteur a d’ailleurs pu rapidement découvrir la qualité de ce service : « J’ai reçu ma Toyota Yaris neuve en novembre 2020. Le 1ᵉʳ janvier 2021, on m’a cassé la vitre du hayon pendant que je promenais le chien. Il n’y avait rien à voler, mais les morceaux de verre ont rayé les feux arrière. À l’atelier, ils se sont montrés très réactifs, et tout a été remplacé rapidement. Tout récemment, ma révision des 90 000 km a coûté 709 euros, c’est la plus chère. Durant une heure et parfois moins, les autres, tous les ans ou 15 000 km pour conserver la garantie, c’est entre 300 et 350 euros ».

Mauvaise surprise pour Fabrice : la vitre du hayon a été cassée sur sa Toyota Yaris hybride
Mauvaise surprise pour Fabrice : la vitre du hayon a été cassée sur sa Toyota Yaris hybride

L’automobiliste lorrain a constaté que les factures augmentent : « Je payais facilement cent euros de moins avec l’Auris. Je n’ai pas eu de soucis avec ma Toyota Yaris hybride, si ce n’est une fois la batterie 12 V qui a été remplacée par le SAV. Ça m’est arrivé au bout de trois ou quatre ans. Il est connu que cet élément se fatigue vite. Depuis, j’ai acheté un booster qui ne m’a servi pour l’instant qu’une seule fois, car je n’ai pas rencontré le problème depuis. La batterie 12 V est sous le siège arrière, mais on peut brancher l’appareil via des cosses sous le capot ».

Encore quelques années

Globalement, Fabrice ne regrette pas l’achat de sa Toyota Yaris hybride de 2020 : « Au début, je suivais un groupe d’utilisateurs sur Facebook. Aujourd’hui, je trouve qu’il me manque un radar de recul qu’il m’aurait fallu prendre en option au départ. Je dois donc me contenter de la caméra, ce qui est déjà très bien. Par ailleurs, la compacité du véhicule, c’est bien, sauf quand on a besoin de transporter quelque chose de volumineux. Lors des trajets pour les vacances, on peut vite se sentir à l’étroit ».

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Maintenant qu’il habite dans une maison individuelle, notre lecteur estime : « Aujourd’hui, je pourrais, comme ma compagne, rouler en électrique, mais il faudrait un modèle avec une batterie plus grosse permettant d’effectuer de longs trajets. Pour l’instant, je compte garder encore assez longtemps ma Toyota Yaris, entre deux et quatre ans. J’y tiens, car c’est ma première voiture neuve, achetée à crédit. Avec un bon taux, c’est bien plus avantageux qu’une LOA. Quand le prêt est remboursé, on a fini de payer. Je ne tiens pas à supporter des loyers toute ma vie ».

Pour cet opérateur de maintenance en centrale nucléaire, une voiture comme la Toyota Yaris hybride « reste intéressante pour des jeunes célibataires ou en couple, mais sans enfant. Une famille se sentirait vite serrée dedans, surtout pour des longs trajets comme les vacances. C’est une voiture qui est agréable à conduire, même quand on a besoin d’aller loin. Elle se montre alors bien plus reposante que bien des modèles thermiques grâce à sa transmission CVT. Personnellement, je ne sais pas encore ce que je prendrai après ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Fabrice pour son très bon accueil, sa réactivité et son témoignage proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Nous donnons la parole cette fois-ci à un utilisateur de voitures hybrides afin de connaître son histoire dans laquelle beaucoup d'automobilistes et lecteurs d'Automobile Propre se reconnaîtront. Passer à l'électrique en 2020 sans pouvoir se brancher chez soi était compliqué pour beaucoup. Aujourd'hui, avec le développement des réseaux de recharge, c'est plus facile, avec toutefois des exceptions qui perdurent. Et puis il y a le prix du kilowattheure qui reste dissuasif et pour lequel il y a urgence à faire quelque chose. La transmission CVT a souvent été pointée pour le bruit de la motorisation dont elle est la cause lors des fortes accélérations. Fabrice, au contraire, s'en est accommodé devant l'agrément de conduite qu'elle apporte autrement. Chacun ayant sa propre perception des choses, un automobiliste intéressé par la Toyota Yaris hybride devra essayer le véhicule avant de l'acheter afin de se faire sa propre opinion. Concernant les aides à la conduite de Toyota, j'avais pu moi-même bien apprécier, avec une Mirai. C'était effectivement si naturel et doux, que je pensais le maintien dans la voie inactif malgré le voyant signalant au tableau de bord sa présence. Je coupe normalement systématiquement ces aides, mais, avec un tel fonctionnement, je suis assez convaincu, car on a à la fois le confort et la sécurité.

Philippe SCHWOERER

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