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Avant d’être à la retraite, il y avait deux Toyota chez Bruno. Celle de madame — une Yaris essence — est toujours là, mais l’Auris hybride a cédé la place à une berline électrique Tesla Model 3 qui roule beaucoup, y compris pour de longues distances. Dans son témoignage, il explique pourquoi il en est venu à l’électrique et le choix du modèle, et comment il pratique pour avoir un prix moyen du kilowattheure assez bas.
Lorsqu’il était encore actif comme manager d’une équipe de préparation des commandes, Bruno, aujourd’hui 66 ans, a enchaîné les voitures essence et diesel : « C’est avec une certaine conscience écolo que j’ai voulu rouler plus proprement, d’abord en passant à l’hybride avec une Toyota Auris que j’ai revendue en arrivant à la retraite. De la région parisienne que nous nous apprêtons actuellement à quitter pour habiter dans le Cher, je devais pouvoir aller retrouver rapidement ma mère en Haute-Marne en cas de besoin ».
Ce trajet, d’environ 250 km, il a d’abord pensé le faire avec les TEC de façon multimodale : « Il m’aurait fallu d’abord prendre le RER pour rejoindre la gare de l’Est, puis le train jusqu’à Chaumont, et terminer en taxi pour aller chez ma mère à 30 km de là. Dans un contexte de transports pas suffisamment bien organisés ni fiables, ça n’avait pas de sens de faire reposer des déplacements rapides sur une telle gymnastique. J’ai préféré louer une voiture, et tant qu’à faire une électrique, quand ma mère a eu des travaux chez elle pendant une semaine ».
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Témoignage – Après 15 ans en diesel, Christian regrette son passage par l’hybride rechargeable avant l’électriqueNotre lecteur a pensé faire un bon choix de modèle : « Il me fallait aussi être autonome une fois sur place. J’ai éliminé les citadines électriques pour disposer d’une autonomie suffisante pour rejoindre la Haute-Marne sans recharge intermédiaire. J’ai donc choisi une Nissan Leaf de deuxième génération promise avec une autonomie supérieure à 350 km. Mais nous étions en novembre et cette compacte électrique était loin de pouvoir parcourir une telle distance même en partant avec la batterie pleine ».
Bien des automobilistes auraient renoncé au VE après un tel voyage : « J’étais déjà déçu par l’autonomie, et j’allais le devenir plus encore avec ma mauvaise expérience de la recharge. Nous étions en 2021. J’ai cherché une borne, mais pour cette voiture il fallait un connecteur CHAdeMO. J’ai constaté comment c’était compliqué de recharger un tel VE avec finalement peu de bornes compatibles, sans compter toutes celles en 22 kW AC indisponibles dans l’espace public. Les autres fois, j’ai loué une voiture à essence ».
Notre lecteur a alors pris la décision d’acheter une électrique : « Il me fallait un minimum de 400 km réels, un connecteur au standard européen, et pouvoir compter sur un réseau de recharge fiable. Ce qui a éliminé pas mal de modèles. En 2021, le choix n’était pas grand. Je me suis naturellement arrêté à Tesla qui a mis en place son propre maillage très efficace. Depuis que j’ai reçu ma Model 3 en 2022, je n’ai connu qu’une fois cinq minutes d’attente un jour de chassé-croisé de juillet-août. Des automobilistes en diesel attendent parfois plus longtemps ».

Aujourd’hui, on peut lire à l’arrière de sa voiture ce message : « I bought this before Elon went crazy ». Il exprime ce que ressent l’électromobiliste : « Pour moi, lorsque j’ai passé commande pour la Tesla Model 3, Elon Musk étant en chef d’entreprise novateur et visionnaire comme Steve Jobs pour Apple. Il n’avait pas encore commis les frasques qu’on lui connaît aujourd’hui. Sans l’essayer, j’ai passé commande d’une Model 3 en février 2022, au début de la crise en Ukraine qui venait s’ajouter à celle des composants électroniques ».
Le contexte de l’achat explique le retard à la livraison : « Le délai devait être de trois mois. Il a finalement été de six, puisque j’ai reçu ma Tesla Model 3 en août 2022. Lisant les articles d’Automobile Propre et visionnant des vidéos de diverses chaînes YouTube, je me suis aperçu que tout ce que je découvrais ainsi correspondait à ce que je voulais. Après la commande, j’ai tout de même réservé un essai pour m’assurer que je n’avais pas fait une bêtise en choisissant cette voiture. En version Propulsion à autonomie standard, je l’ai achetée 38 900 euros ».
Avec une batterie d’une capacité de l’ordre de 60 kWh, ce modèle était alors crédité d’une autonomie de 491 km en cycle mixte WLTP, et de 390 l’été sur l’autoroute (300 en hiver) : « Je me suis tout de même fait peur une semaine après avoir reçu ma Model 3, à l’occasion de mon premier voyage chez ma mère. J’avais pu faire l’aller sans m’arrêter. Au retour, j’avais prévu de recharger à Chaumont. J’avais pas fait attention au niveau dans la batterie. Un message s’est affiché sur l’écran central : je suis arrivé aux superchargeurs avec 2 % d’énergie ».
Finies les appréhensions : « Arriver en station à moins de 10 % de batterie ne me fait pas peur. Sur les 76 000 km parcourus depuis la livraison, j’ai une conso moyenne de 15,2 kWh/100 km, roulant à 130 km/h sur l’autoroute. L’estimation de l’autonomie restante devient optimiste quand on redémarre en cours de route. Je peux alors me limiter à 125 km/h le temps que ça se stabilise. Pour ne pas stresser, je roule avec le régulateur aux limitations de vitesse : ce qui agace pas mal d’automobilistes derrière, dont certains me dépassent avec des Renault Twingo ».
Les électromobilistes en Tesla n’ont en général pas peur de voyager loin : « À l’occasion d’un mariage du côté de Bayonne, il m’est arrivé de faire 1 600 km en quatre jours, descendant dans la journée du vendredi et remontant le lundi suivant. Nous sommes déjà allés d’autres fois dans les Pyrénées, aussi voir les gorges du Verdon, et nous promener dans les Alpes-de-Haute-Provence. Nous partons alors avec la batterie pleine, rechargeons en cours de route chez Tesla, et une fois sur place selon ce que nous trouvons à destination ».
A l’étranger aussi : « Par exemple en Belgique. Mais nos plus grands déplacements, c’est pour nous rendre en Irlande, comprenant une traversée en ferry. Comme la fille de ma femme s’est installée à Dublin, nous y sommes déjà allés plusieurs fois. La première, c’était pour l’aider à s’installer dans la maison qu’elle venait d’acheter. Ensuite nous avons découvert davantage le pays, poussant jusque Belfast et ailleurs. Je n’ai pas pris d’abonnement particulier pour la recharge, me contentant du tarif normal de Tesla et appréciant le Plug & Charge ».

Bruno n’a rechargé sa Tesla Model 3 en partie à la maison que de 2022 à 2024 : « Je n’étais pas très tranquille de la brancher sur une prise domestique. Installer un modèle renforcé Green’Up, pourquoi pas. Mais pas de Wall Connector Tesla, car nous avions déjà le projet de déménager, sans encore savoir quand. J’ai donc profité de la recharge gratuite chez Carrefour ». Le témoignage de notre lecteur a d’ailleurs été recueilli lors d’un passage à une borne du magasin, la photo ci-dessus ayant été prise à cette occasion.
Le passage par les recharges gratuites chez Carrefour a une grande influence sur le coût de l’énergie aux cent kilomètres : « Lorsque je rechargeais encore à la maison, jusqu’en 2024, nous étions à 4,00 euros. Mais en 2025, alors que nous avions moins voyagé et que j’avais pas mal profité de la recharge gratuite chez Carrefour, ce coût était tombé à 1,99. Depuis le début 2026, c’est remonté à 2,99 car nous avons de nouveau eu de grands déplacements. Tout cela nous fait une moyenne à 3,33 euros depuis la livraison de notre Tesla Model 3 ».
Les conditions d’utilisation de la recharge chez Carrefour ont cependant changé, mais Bruno s’y retrouve toujours bien : « Auparavant, on pouvait bénéficier d’une heure de recharge gratuite en utilisant la carte de fidélité. Il y avait toujours plein de monde. J’y allais avant les autres tôt le matin, par exemple vers 7h00. Ils ont tous disparu depuis que la gratuité est assujettie à la carte de crédit payante Carrefour et que ça passe par un système de cagnotte. Il faut donc vraiment être client de l’enseigne pour que ça marche. Ce que je suis, faisant quelques courses quand la voiture est branchée ».
Notre lecteur ne comprend pas vraiment pourquoi tout le monde a fui : « Les économies sont pourtant toujours là. Je vais peut-être payer ma carte Pass Carrefour 30 euros à l’année, mais si elle me permet de recharger gratuitement à hauteur de 300 euros sur la même période, c’est toujours 270 euros de gagnés. C’est étonnant que les autres anciens utilisateurs n’aient pas fait ce calcul ! Bien des nouveaux électromobilistes utilisent leurs VE comme leurs VT précédemment, sans curiosité intellectuelle. Ce ne sont pas les passionnés et geeks d’avant ».
Bruno ne trouve qu’un seul point négatif à sa Model 3 : « C’est l’absence de hayon. Si Tesla avait laissé le choix comme Opel avec sa Vectra disponible avec couvercle de malle ou hayon, j’aurais pris une telle présentation. Lorsque j’ai décidé d’acheter un VE, le Tesla Model Y n’était pas encore sorti. En outre je n’aime pas les SUV, préférant les berlines. Mais là, je ne peux pas glisser mon vélo dans le coffre. Dernièrement, j’ai parrainé un ami qui a justement pris un Model Y en constatant lors d’un séjour avec nous comment c’est facile de rouler à l’électrique ».
Notre lecteur a converti d’autres personnes autour de lui : « Ce sont mes deux enfants. À nous trois, nous présentons en plus tous les profils de possession d’un véhicule : ma fille dispose d’une MG ZS EV grâce à une LOA, mon fils vient d’acheter une Model 3 d’occasion, et j’ai pris au comptant ma propre Tesla en neuf. Je crois même que leur mère — mon ex-femme — roule aussi en électrique. Ce n’est pas encore le cas pour mon actuelle compagne et ses propres enfants qui sont toujours en thermique ».
Une différence qui s’explique : « Ma présente femme n’a pas la même sensibilité que moi à ce qui est écolo, comme les voitures électriques et les panneaux photovoltaïques. Achetée neuve en 2018, sa Toyota Yaris qu’elle a toujours n’a que 27 000 km aujourd’hui. Elle lui servait avant la retraite pour ses allers-retours domicile-travail de 10 km. Dès qu’on sort de l’Essonne, nous prenons la Model 3. Tout cela fait qu’elle n’a aucune envie de changer de voiture, même pour une Renault 5 E-Tech, une Volkswagen ID. Polo ou un autre modèle de ce gabarit ».
Notre lecteur trouve beaucoup d’avantages à rouler en électrique : « C’est du confort avec l’absence d’odeur de gazole et de vibrations. Et ce silence ! Quand on me pose la question à ce sujet, je demande : ‘Tu as déjà pris le TGV ? Eh bien, c’est silencieux pareil !’. Dans le train on entend les clocs-clocs du roulement sur les rails que l’on retrouve sur l’autoroute quand on change de plaque de macadam. Une voiture électrique, c’est aussi confortable que le TGV, avec un régulateur de vitesse adaptatif qui fait bien son travail ».
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Témoignage – Entre la Renault Megane et le Volvo EX30, l’accueil en concession a fait basculer le choix d’AndreaIl compare : « Beaucoup d’automobilistes s’inquiètent et disent ne pas vouloir passer à l’électrique. Rien que l’absence d’entretien est un gros progrès. Je compare ce que nous vivons avec le développement du téléphone portable. Beaucoup ont dit qu’ils n’y passeraient jamais. Et maintenant, malgré les irréductibles, les smartphones sont devenus des objets banals du quotidien. Demain, les voitures électriques le seront tout autant ».
Avec le recul, Bruno apprécie toujours sa Tesla Model 3 : « Il y a dans le coffre un espace de dingue, avec dessous de quoi loger les câbles de recharge. Le frunk, je l’utilise plutôt pour y placer une glacière. Depuis que j’ai cette voiture, elle ne m’a coûté, à part l’énergie, que deux balais d’essuie-glace à 30 euros. Je compte la conserver longtemps. Je n’avais jamais acheté de voiture neuve auparavant. Ma pensée est que cette Tesla Model 3 sera ma dernière voiture. J’ai pu tester en passager le FSD. Il nous sera peut-être utile quand nous serons vieux ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Bruno pour son excellent accueil, sa réactivité et son intéressant témoignage proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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