Témoignage : de l’hybride rechargeable à l’électrique, de Peugeot à Renault, Cédric préfère les voitures françaises

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La Peugeot 308 hybride rechargeable de Cédric
La Peugeot 308 hybride rechargeable de Cédric

Cédric fait partie de ceux qui ont voulu, avant de passer à la voiture électrique, se rassurer avec une hybride rechargeable. Après trois Peugeot 308, il a finalement privilégié la Renault Megane E-Tech plus cohérente à ses yeux. Chauffeur de poids lourds, il a aussi son idée sur l’électrification des camions.

Convaincu par un collègue

Autonomie insuffisante et réseau de recharge pas assez développé étaient encore les principaux freins à l’adoption de la voiture électrique en 2022, quand Cédric a signé pour sa Peugeot 308 électrifiée : « J’avais à l’époque un collègue qui roulait en Hyundai Tucson hybride rechargeable. Avec ses consommations d’essence à peine supérieures à un litre aux cent kilomètres et un prix déjà bien élevé des carburants il y a quatre ans, ça paraissait rentable : il m’a convaincu. Je pensais déjà à l’électrique, mais l’hybride rechargeable me rassurait ».

Le foyer utilisait alors sa deuxième Peugeot 308 : « Ma femme ne conduisant pas, nous n’avons qu’une seule voiture qui nous sert à tout : me rendre à l’entreprise à 25 km de chez moi, faire les courses, les loisirs ou aller en vacances. J’étais très Peugeot et voitures françaises. Pour nous qui ne sommes que deux, la 308 est au bon format, avec la possibilité de coucher le dossier de la banquette pour embarquer des charges volumineuses. Après avoir parcouru sa fiche technique, j’ai conclu qu’en hybride rechargeable elle collait très bien à nos besoins ».

Il n’y a donc pas eu beaucoup d’hésitations avec d’autres modèles : « Peut-être que l’industrie automobile française ne propose pas les meilleures des meilleures voitures, mais j’aime beaucoup le toucher de route des Peugeot. En concession, je suis allé essayer la version hybride rechargeable que j’ai, il est vrai, trouvée un peu moins agile que mes précédentes Peugeot 308 en raison de la batterie à l’arrière. Ce que je n’ai rapidement plus remarqué ou point de complètement l’oublier. Comme pour celle que nous avions en diesel, j’ai opté pour une LOA ».

Plus de 2 500 km avec 40 litres d’essence

Une fois la décision prise d’adopter une voiture hybride rechargeable, notre lecteur a fait ce qu’il fallait pour en faciliter au mieux l’usage : « Pour notre logement, nous sommes locataires, mais j’ai obtenu de suite l’autorisation de faire installer une prise renforcée Green’Up. J’y branche systématiquement notre 308 qui arrive en fin de contrat de location en septembre prochain. Nous avons choisi l’abonnement Tempo d’EDF. Une hybride rechargeable, il faut savoir l’utiliser pour obtenir les consommations les plus basses possibles ».

Comme son collègue, Cédric atteint également de très basses consommations d’essence avec sa Peugeot 308 hybride rechargeable : « Bien que n’étant pas encore sur la réserve, j’ai refait le plein du réservoir de 40 litres le 9 mai, le précédent datant du 10 janvier. Sur cette période, j’ai parcouru très exactement 2 503 km, pour une conso d’essence de 1,2 l/100 km. En revanche, la semaine dernière, nous étions partis en congés, d’où une consommation plus élevée depuis le dernier plein, mais tout de même inférieure à 4 l ».

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Des consommations de 6 l/100 km et plus, le quinquagénaire n’en a jamais connu : « En concession, on m’a déjà dit que j’étais le candidat idéal pour rouler à l’hybride rechargeable. En revanche, en point négatif pour ma 308, je mets l’autonomie qui peut tomber dans les 25-30 km en hiver avec la batterie de 12,4 kWh [NDLR : depuis août 2025, la capacité du pack lithium a été relevée à 17,2 kWh]. Actuellement, en fin de recharge, lorsque je multiplie de petits déplacements, l’autonomie électrique stagne dans les 48-49 km ».

Pas séduit par Stellantis pour l’électrique

En cours de route pour les vacances ou une fois sur place, Cédric ne branche pas son hybride rechargeable sur les bornes 22 kW : « Au début, je le faisais, et j’avais même acheté un câble pour ça et pris l’abonnement au réseau Révéo. Mais avec une puissance de recharge à 3,7 kW, ça ne sert pas à grand-chose, et, surtout, par respect pour les électromobilistes, je ne veux pas les priver d’une prise qui pourrait leur être essentielle et de laquelle ils pourraient obtenir une puissance bien supérieure ».

Notre lecteur ne trouve que peu de défauts à sa Peugeot 308 hybride rechargeable. Mais l’un d’eux le tracasse : « Au niveau du sélecteur de vitesses et de la commande de frein de parking, le revêtement style alu brossé normalement brillant a mal vieilli. Il apparaît tout piqué, ça s’écaille, sans doute en raison du soleil. J’espère que ça ne me vaudra pas de pénalités à la restitution du véhicule. Je n’en avais pas eu lors de mes deux précédentes LOA, mais c’est vrai qu’à chaque fois j’avais repris ensuite une Peugeot et je n’abîme pas mes voitures ».

Concernant les plus, le futur électromobiliste liste : « La 308 hybride rechargeable est une très bonne voiture, confortable, avec une bonne habitabilité, une bonne tenue de route et un petit volant qui la rend bien agréable à conduire. Après elle, nous aurions pu reprendre une quatrième 308, mais je trouve que Stellantis est un peu à la rue avec sa plateforme multi-énergie. Maintenant que je souhaite passer à l’électrique, je ne trouve rien qui me plaît dans ce groupe, ce qui m’a amené à faire le tour des concessionnaires ».

Déclics pour passer à l’électrique

Comme pour beaucoup d’utilisateurs d’hybride rechargeable, le passage à l’électrique aujourd’hui est devenu une évidence pour Cédric : « J’ai complètement perdu le fil de mettre de l’essence dans une voiture. Ce n’est pas l’envolée des prix des carburants consécutive au conflit dans le Golfe qui va me rassurer. Au dernier plein, j’en suis arrivé à 72 euros. Ça ne peut pas continuer comme ça. Je ne veux plus avoir non plus à payer cher d’entretien tous les ans pour une vidange du moteur thermique et le remplacement des filtres à huile et à air ».

C’est maintenant la voiture électrique qui est devenue rassurante pour notre lecteur : « Des bornes, on en voit partout, mon métier de chauffeur de poids lourds me permet de le constater au niveau national et même international. Mais je comprends très bien que ceux qui sortent très peu de leur village du Gard pensent le contraire. C’est l’hybride rechargeable, Automobile Propre et la chance de pouvoir recharger chez moi qui m’ont naturellement amené à l’électrique ».

Cet automobiliste qui veut faire fonctionner l’industrie française avec son choix de voiture a tout de même essayé les électromobiles chinoises : « La Xpeng G6 est trop volumineuse et trop chère pour nous deux. Avec ses 449 chevaux en quatre roues motrices, la BYD Atto 3 Evo pousse beaucoup, mais je trouve ça quand même dangereux pour un SUV sur roues de 18 pouces. Et il me faudrait prendre une journée de congé pour l’emmener à l’entretien à Nîmes ou Montpellier, à 60 ou 80 km des environs d’Alès où je suis ».

L’élue : Renault Megane E-Tech

Du fait du partenariat avec Stellantis, la marque Leapmotor a aussi retenu l’attention de Cédric : « J’ai essayé la B10, elle me semble être une bonne voiture, mais à l’essai, je n’ai pas du tout retrouvé mes marques avec l’univers que je connais. On a une voiture qui est très souple au niveau de la suspension. À l’accélération, la réaction de l’ordre de 2/10e de seconde m’est apparue bien longue avant que ça commence à partir. J’avais déjà dans l’idée d’aller sur une Renault Megane E-Tech, plutôt d’occasion ».

On sent notre lecteur très motivé : « Quand je rentre avec ma 308 hybride rechargeable, j’ai déjà cette habitude d’ouvrir le portail, de rentrer le véhicule et de le brancher. Ce sera pareil avec une électrique que j’aurai d’ailleurs moins souvent à mettre en recharge. Ayant téléchargé les planificateurs de Chargemap et ABRP, j’ai fait des simulations d’itinéraires pour toutes les voitures électriques que j’ai essayées, afin de les comparer. La Megane est peut-être la moins bonne, mais pour deux déplacements un peu loin dans l’année, ce n’est pas grave ».

Le prix n’a donc pas été le seul critère de choix : « La moins chère, c’était la Leapmotor B10, mais je n’ai pas ressenti de plaisir à la conduire. En faisant effectuer des devis, grâce aux 9 500 euros de primes de Renault et de l’État auxquelles les voitures chinoises ne sont pas éligibles, une Megane neuve ressort à 500 euros par mois sans apport sur une durée de 5 ans et pour un total de 75 000 km. Ce n’est que 100 euros de plus par rapport au même modèle d’occasion ».

Des camions électriques ?

Comment Cédric voit-il la décarbonation du transport lourd ? « Aujourd’hui, pour les longues distances, ça me paraît encore un peu compliqué d’utiliser un autre carburant que le gazole. Avec le B100, pas possible de revenir simplement au gazole en cours de route car il faut adapter les injecteurs. C’est peut-être mieux avec le HVO. En revanche, pour des poids lourds qui font des tournées locales ou régionales, il faudrait passer à l’électrique. Les camions ou les véhicules de transports en commun diesel en ville, ça ne devrait plus être possible ».

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Lui-même n’aurait aucun problème à avoir un camion électrique : « Je ne supporte plus l’odeur du gazole, ni de l’essence, ni les gaz imbrûlés qui sortent des pots d’échappement. Avant même de s’attaquer aux voitures, l’État aurait dû mettre la priorité sur les poids lourds électriques. On voit bien avec les essais de Fabien Calvet de TruckStop que l’électrique c’est possible aussi pour des camions de 40 tonnes, et il est enthousiaste : pas de bruit, ça repose ».

Notre lecteur le ressent : « Je ne suis pas spécialement un écolo, mais je sais que je pollue par mon travail, ce que j’essaye de compenser à ma hauteur dans mes déplacements privés. Depuis petit, j’ai toujours aimé aller à Chamonix et à la Mer de Glace, mais quand on voit ce que c’est devenu… Même s’il y a eu des efforts de fait avec la norme Euro 6, ça fait encore mal de mettre des camions dans ces vallées ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Cédric pour sa réactivité, son excellent accueil et son témoignage proposé après notre appel à retours d’expériences.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Ce nouveau témoignage de lecteur passé d'abord par l'hybride rechargeable avant d'adopter l'électrique est à nouveau intéressant, pour plusieurs raisons. Déjà par cette volonté de rester sur une marque française, mais chez un autre constructeur. Renault intéresse de plus en plus les automobilistes qui ont déjà eu une voiture électrifiée auparavant, car ils savent le plus souvent mieux projeter dans leur quotidien les caractéristiques techniques qu'ils peuvent lire sur les différents modèles présélectionnés. Personnellement, je trouve très bien aussi cette démarche d'essayer les voitures électriques chinoises tout en voulant privilégier le Made in France. Ca permet d'avoir une idée claire de ce qui existe, de faire un choix en toute connaissance de cause, mais aussi de pouvoir discuter très largement avec les autres électromobilistes en puisant sur une expérience personnelle diversifiée. Avant de recueillir un témoignage, je ne sais en général pas quelle profession exerce le lecteur avec lequel j'entame la discussion. Ce qui fait que je ne découvre qu'en direct toute la richesse potentielle à extraire de l'échange. Là, avec un chauffeur de camion (métier que je voulais exercer quand j'étais gamin au point d'être un grand fan de Max Meynier - RTL - Les routiers sont sympas / Fréquence Max), j'ai bondi sur l'occasion de parler poids lourds et carburant alternatif. Ce qui donne à ce témoignage une couleur encore différente des autres.

Philippe SCHWOERER

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