11,6 kWh/100 km avec la clim : ce propriétaire de Renault 4 électrique nous révèle ses secrets

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La Renault 4 E-Tech de Mum's lors de sa livraison
La Renault 4 E-Tech de Mum's lors de sa livraison

Les voitures électriques sont souvent critiquées pour leurs autonomies officielles trop hautes par rapport à la réalité. Mais quand on se prend au jeu de l’éco-conduite, c’est l’inverse que l’on constate. Après une carrière de 34 ans comme traminot, Mum’s a conservé des habitudes qui lui permettent d’obtenir des consos en dessous de 12 kWh/100 km avec sa Renault 4 E-Tech, même en mettant la clim. Des chiffres à faire pâlir les journalistes essayeurs… y compris chez Automobile Propre.

Une électrique pour rouler gratuitement

Déjà plus de huit ans d’électromobilité pour Mum’s : « Quand je suis passé à la voiture électrique avec une Renault Zoé en 2018, c’était pour rouler gratuitement. M’y rendant par hasard alors que j’avais des travaux à réaliser, j’avais remarqué sur le parking d’un magasin Leroy Merlin en périphérie de Grenoble des bornes de recharge 22 kW AC. Me renseignant auprès d’un vigile, j’avais appris qu’en demandant un badge à l’accueil, je pourrais m’y brancher gratuitement. Ce que j’ai pu faire jusqu’en 2022 en rechargeant régulièrement une à deux heures ».

Plusieurs fois les conditions d’utilisation ont changé : « Au début, les bornes étaient accessibles 24/7. Comme des électromobilistes ont abusé du système en s’y branchant le soir et en laissant leurs voitures toute la nuit, le service a ensuite été réduit aux heures d’ouverture du magasin, de 9 h 00 à 20 h 00. Ensuite, la gratuité a été limitée à 110 minutes. Maintenant, c’est payant. Bien que je roule assez peu, de l’ordre de 6 000 km par an, j’ai pu faire une belle économie sur la période de 2018 à 2022 ».

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En comparant avec ce qu’il consommait avec ses précédentes voitures thermiques, notre lecteur a calculé cette somme : « Sur les cinq ans, ça m’aurait coûté environ 1 800 € de carburant. Avec ce montant, je me suis acheté une borne de recharge pour la maison. Facturée 1 400 €, elle ne m’est cependant revenue qu’à 900 en déduisant les 500 € de crédit d’impôt. La puissance accessible est limitée aux 6 kW du disjoncteur de la maison ».

Pourquoi la Renault 4 E-Tech ?

Même en rechargeant chez lui, la voiture électrique de Mum’s peut encore rouler gratuitement : « La borne fonctionne avec le surplus de ma production solaire. J’ai d’abord eu une première installation à partir de 2017 d’une puissance de 5,5 kWc. Mais j’estime m’être quand même un peu fait avoir par le vendeur rencontré à la foire de Grenoble. Il m’avait mal conseillé en plaçant un ensemble avec chauffe-eau thermodynamique qu’il n’a jamais pu installer chez moi dans le local dédié. Heureusement j’ai pu être remboursé pour cet équipement inutile ».

Ce n’est pas tout : « Depuis, je suis passé par un artisan local qui m’a ajouté 3,5 kWc de panneaux photovoltaïques supplémentaires. Il m’a appris que ceux de la première installation ne sont pas reliés à la terre. L’été, je suis tranquille, le tout me permet d’alimenter toute la maison. Depuis, j’ai été démarché par un organisme pour ajouter des batteries de stockage. Ce que j’ai refusé, car d’une part c’est cher et qu’ensuite la capacité serait insuffisante pour alimenter la maison l’hiver avec ma propre production électrique ».

En neuf ans, notre lecteur de 75 ans aura déjà eu quatre voitures électriques : « Les deux premières ont été des Renault Zoé, dont la deuxième avec une batterie 52 kWh. Ensuite, j’ai eu une Renault Megane E-Tech que j’ai conservée trois ans. Si je l’ai remplacée par une Renault 4 E-Tech, c’est pour une raison pratique. Le point fort de cette voiture est de présenter un seuil de coffre assez bas qui me permet de placer relativement facilement le fauteuil roulant de mon épouse handicapée. Dans la Megane, il rentrait difficilement ».

Exploiter l’inertie

Un usage essentiellement urbain : « Reçue en février 2026, ma Renault 4 E-Tech 52 kWh n’a que 1 500 km au compteur aujourd’hui. Elle sert pour aller chez le kiné, l’orthophoniste, et l’orthoptiste, mais aussi pour faire les courses en grande surface tous les quinze jours et au marché toutes les semaines. Je ne fais jamais plus de 100 km. Depuis Grenoble, pour aller à Lyon, par exemple, je prends le réseau secondaire jusque Bourgoin-Jallieu, puis emprunte l’autoroute pour échapper aux ronds-points. Je me cale alors derrière un camion pour ne pas dépasser les 90 km/h ».

Déjà avec la Renault Zoé 52 kWh créditée d’une autonomie WLTP de 390 km, Mum’s avait obtenu des chiffres plus rassurants : « Plusieurs fois, le système de la voiture m’a affiché 500 km. C’est pareil avec la 4 électrique qui me donne 430 km au lieu des 408, ce que je calcule à partir des 90-95 % de niveau d’énergie que je ne dépasse pas lors des recharges. Même en mettant la clim à cause des chaleurs actuelles, avec le One-Pedal, je constate une conso moyenne de 11,6 kWh, que ce soit pour les déplacements urbains ou pour mes trajets d’une centaine de kilomètres ».

Le secret de notre lecteur : « Comme avec les trams, j’utilise l’inertie pour consommer moins et je roule beaucoup à l’anticipation. Quand vous voyez que le feu est rouge ou qu’il y passe, ça ne sert à rien d’accélérer, autant utiliser l’inertie pour y arriver tranquillement et repartir en accélérant moins fort. Un système gère les feux de circulation de telle sorte à favoriser les trams. On a même des feux qui indiquent que l’arrivée du tram est bien pris en compte. L’éco-conduite, c’est vraiment très intéressant, on vit vraiment la voiture, et pas de vitesses à passer ».

Quand le V2L permet d’être créatif

Quatre voitures électriques chez l’électromobiliste isérois, et que des Renault : « C’est tout simplement parce que j’ai sympathisé avec le vendeur de la concession. On se connaît depuis dix-huit ans et je suis content des voitures électriques de la marque. Je sais qu’elles ont des défauts, mais, qu’importe, je suis fidèle au constructeur. Je ne sais pas si ce vendeur me fait les meilleurs tarifs, mais il lui arrive de faire appel à moi pour que des clients puissent découvrir ma voiture électrique. J’ai un jour prêté ma Megane pour une cliente qui était intéressée par le modèle ».

Pour Mum’s, la fonctionnalité V2L est très loin d’être un gadget inutile : « J’ai l’habitude de prendre mes voitures électriques en finition supérieure Iconic. Avec le V2L de série, j’alimente très régulièrement le barbecue électrique de mes enfants qui vivent dans la même maison. S’il n’y a pas de soleil permettant de fournir les besoins électriques de la maison, je me sers aussi de cette fonctionnalité pour brancher le fer à repasser, l’aspirateur… en fait, tous les appareils électriques qui consomment pas mal d’électricité. En revanche, je ne relie jamais directement la voiture à la maison ».

Le vehicle-to-load permet aussi à notre lecteur d’être créatif : « J’ai une machine à bois qui fait scie circulaire, dégauchisseuse, raboteuse et toupie. Avec elle, je fabrique des meubles et des escaliers, selon les besoins autour de moi. Je m’y suis mis tout seul en regardant comment une porte est composée. C’est juste cinq morceaux de bois. J’en ai fait quelques-unes avec une plus petite machine Lurem ».

Du flou avec la caméra de recul

Si l’on branche Mum’s sur le sujet de l’électrique, on peut partir sur de bien longues discussions : « Pas plus tard que samedi dernier, je conversais de voitures électriques avec un commerçant auprès duquel j’achète régulièrement ses productions. Un autre client est arrivé et s’est mêlé à notre discussion. Il s’agissait d’un ingénieur en charge de tester et d’aller jusqu’à casser les batteries des véhicules électriques. J’aime bien ce genre de contacts ».

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Dans son essai de la Renault 4 Plein Sud publié le 20 juin dernier, Nass Mohamed a indiqué au sujet de la version Iconic : « À ce prix, on aimerait au minimum une caméra de recul… nette (désolé Renault) ». Ce passage n’a pas échappé à notre lecteur qui est tout à fait en phase avec le rédacteur : « La caméra est floue, c’est là le plus gros défaut de cette voiture. J’ai amené la mienne chez Renault à cause de cela. On m’a répondu qu’en l’état cette caméra est conforme au cahier des charges du constructeur ».

L’électromobiliste confirmé n’est pas d’accord avec cette réponse : « J’avais déjà une telle caméra sur ma Megane et la Zoé juste avant. La qualité de l’image était très bien sur ces voitures. J’ai pris goût à cet équipement et j’aimerais retrouver sur la 4 E-Tech le même confort d’utilisation. Ce que j’apprécie aussi sur cette voiture, c’est le régulateur de vitesse adaptatif qui me permet de bien me caler derrière les camions sur l’autoroute. Globalement, je trouve les voitures électriques silencieuses, tranquilles et reposantes ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Mum’s pour son excellent accueil, sa grande réactivité et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

La plupart des lecteurs d'Automobile Propre le savent déjà, je parviens à obtenir des consommations l'été comprises entre 11,5 et 12,5 kWh/100 km avec mon Kia e-Niro de 2021, même en roulant sur les voies rapides, et sans me traîner. Ce qu'arrivent d'ailleurs à répliquer les quelques électromobilistes auxquels j'ai communiqué mes astuces lors du recueil de leurs témoignages. Je suis persuadé depuis quasiment leur sortie que l'on peut obtenir des chiffres proches des productions coréennes de cette époque avec les Renault électriques, en particulier les Scenic et 4 E-Tech souvent créditées de consos relativement élevées. Le secret, c'est l'éco-conduite dynamique que toutes ces voitures électriques permettent en jouant avec les palettes au volant pour bénéficier du mode roues libres. C'est ce que Mum's explique dans son témoignage par utiliser l'inertie. Mais il a ses propres recettes, assez différentes des miennes. Quand il profite de l'aspiration des camions sans dépasser le 90 km/h sur voies rapides, moi je laisse plutôt mon VE "s'exprimer" dans les descentes pour accélérer moins fort en abordant les côtes. Quand je joue avec les palettes pour être par défaut en mode roues libres, lui préfère la conduite plus relaxante avec la fonctionnalité One-Pedal. Les deux écoles fonctionnent avec au final des consommations similaires, à la différence près que ma vitesse moyenne accroche les 110 km/h de limite sir les routes à quatre voies. Aujourd'hui, j'aurais bien du mal à remplacer mon actuelle voiture électrique par un modèle proposé sur le marché branché du neuf, tellement elle correspond à mes attentes, dont la possibilité de jouer à fond la carte de l'éco-conduite dynamique. Pour cette raison en particulier, les Renault Scenic et 4 E-Tech sont les seules exceptions à retenir mon attention, aussi pour le Made in France qui me fait défaut. J'ai cependant aussi envie de jouer la carte du temps avec mon e-Niro, afin de voir jusqu'où il pourra aller. J'espère que ce sera bien plus loin dans la durée que les 12 ans après lesquels nous avons revendu notre Citroën C-Zero reçue neuve en 2012.

Philippe SCHWOERER

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