Produite depuis 2012, la Tesla Model S n’a cessé de s’améliorer au fil du temps. Au point de conserver toujours une longueur d’avance et d’être dotée avec la déclinaison Plaid d’une puissance et d’un couple inconnus jusque-là sur une grande berline familiale et plutôt réservés aux bolides du style de la Bugatti Veyron.

Plus de 1 000 ch

Maxime Fontanier avait déjà essayé en début d’année la Tesla Model S Plaid. C’était cependant une version américaine. Aujourd’hui, c’est celle disponible en France qu’il nous propose de découvrir. Ses dimensions restent imposantes à l’heure de circuler dans des rues étroites ou de se garer dans un parking souterrain. Pour une hauteur de 1,43 m, elle s’étire sur 5,02 m et s’élargit à 1,99 m hors rétroviseurs.

Avec ses 3 moteurs synchrones à aimant permanent – 1 à l’avant et 2 à l’arrière -, la déclinaison Plaid est la plus rapide des Tesla Model S. Ils « sont encapsulés dans du carbone pour pouvoir atteindre des vitesses de rotation jusqu’à 20 000 tours par minute, et développer 1 034 ch/760 kW pour 1 400 Nm de couple. Il n’y a rien d’équivalent aujourd’hui sur le marché de la voiture de grande série ».

Pour alimenter cette motorisation, une batterie de type nickel-aluminium-cobalt développée par Panasonic et dotée d’une capacité énergétique de 95 kWh.

5 étoiles aux crash-tests Euro NCAP

Au fil des années, la carrosserie le la Tesla Model S a subi de nombreuses retouches ici et là. Pour la Plaid, le bouclier a été modifié afin de supporter ses monstrueuses performances. Des blocs optiques spécifiques pour l’Europe ont été adoptés à l’avant comme à l’arrière.

Concernant la sécurité passive, on trouve parmi les ajouts un airbag central entre le siège du conducteur et celui du passager à sa droite, ainsi qu’un capot actif. Le bolide familial est félicité d’un 5 étoiles aux crash-tests Euro NCAP, déjà obtenu en 2014.

L’exemplaire à notre disposition se présente sous une robe rouge métallisé (+ 2 200 euros) et repose sur des jantes alliage Arachnid 21 pouces (+ 4 900 euros) chaussées en pneus Michelin Pilot Sport 4 S. Ces derniers sont plus larges à l’arrière : 295/30 contre 265/35. Ce qui a nécessité de rendre un peu plus joufflues les ailes. De série, le nouveau millésime bénéficie d’une pompe à chaleur et d’une batterie accessoire 12 V lithium-ion.

Beaucoup d’espace pour les bagages

Le hayon électrique peut se déployer éventuellement avec son smartphone. Les 798 litres du coffre sont alors accessibles dans un premier temps, avant d’obtenir, en rabattant le dossier en 2 parties de la banquette, 1 828 l sur un plancher plat. Le généreux double-fond permet de loger bien plus que les câbles de recharge. Ces derniers peuvent d’ailleurs être placés dans le frunk de 89 l sous le capot.

Cette volumineuse dotation peut être complétée en tractant une remorque jusque 1 600 kg.

Avez-vous noté au passage la sellerie claire ? Il s’agit d’une option à 2 400 euros à laquelle il est possible de préférer le beige au même prix, ou de se contenter du noir de série. Dans tous les cas, l’intérieur est agrémenté de zones en fibre de carbone.

3 vraies places à l’arrière

A l’arrière de la Tesla Model S, rarement 3 passagers auront été si bien traités. L’espace en largeur et aux jambes est particulièrement généreux. Procurant une belle luminosité à bord, le toit vitré apporte aussi une meilleure impression au niveau de la tête.

Même si elle abrite un accoudoir avec 2 porte-gobelets, 2 chargeurs à induction pour smartphone et une belle soute de rangement, la place centrale est pleinement exploitable. Non seulement elle offre comme les 2 autres un bon maintien latéral, mais elle est aussi chauffante. Ce qui est particulièrement rare.

Plus cossue, la nouvelle banquette est davantage inclinée en arrière pour le confort. Particulièrement bien intégré, l’écran tactile 9,4 pouces permet d’effectuer de nombreux réglages. Ainsi pour intervenir sur la température et les flux d’air. Cette tablette sert aussi à visionner des films et à se balader sur Youtube.

Bientôt des manettes apporteront de nouvelles possibilités pour s’évader en jeu vidéo pendant le voyage. « Le constructeur travaille même sur une séparation du son avant/arrière pour que les enfants puissent s’amuser sur des jeux pendant que les parents écoutent de la musique ». A noter la présence du double vitrage latéral également à l’arrière.

Le déstabilisant volant Yoke

En passant à l’avant, on remarque de suite le volant Yoke « de type aviation » spécifique à la Plaid et qui ne facilitera ni les manœuvres avec comme facteur aggravant un diamètre de braquage à 12,3 m, ni les prises de ronds-points. S’il fallait lui trouver un intérêt, ce serait de bien dégager la vue sur l’afficheur d’instrumentation lorsqu’il est bien positionné.

Les clignotants s’activent depuis la branche gauche. Celle de droite permet de gérer les essuie-glace, l’avertisseur sonore et la très efficace reconnaissance vocale. Implanté en mode paysage, le grand écran de 17 pouces peut être électriquement orienté vers le conducteur ou le passager assis à côté de lui.

Dessous cette tablette, on retrouve 2 chargeurs à induction, et 2 grandes soutes de rangement, dont l’une supporte 2 porte-gobelets escamotables pour libérer l’accès à 2 prises USB-C et une 12 V. Ce qui ne prive pas d’une boîte à gants à ouvrir en tripotant l’écran central. « La finition est très très bonne, mais la qualité de fabrication est parfois discutable. Les matériaux en eux-mêmes son impeccables, avec très peu de plastique apparent ».

Soupçon de dopage au microprocesseur Ryzen

Grâce au microprocesseur Ryzen que l’on retrouve sur les consoles PS5, nous redécouvrons un système multimédia d’une très grande fluidité. Le redimensionnement ultrarapide des cartes de navigation est tout simplement bluffant sur le grand écran : « Personne ne fait mieux aujourd’hui ».

Il sert aussi à régler un peu tout sur la Tesla Model S Plaid. Ainsi la ventilation et de façon très fine l’orientation des flux d’air, la mise en route de la protection anti-bactériologique, la direction, les suspensions pneumatiques, la garde au sol entre 11 et 15 cm, les aides à la conduite, le conditionnement du véhicule pour effectuer des poussées astronomiques, le planificateur de trajets, etc.

Avec une très haute définition, les caméras livrent aussi leurs secrets sur la tablette, et les jeux d’Arcade s’animent avec précision. De nombreuses statistiques de conduite sont également disponibles avec elle. Et c’est encore cet écran qui sert de sélecteur de marche.

Mieux qu’une Bugatti Veyron ?

Trois hauteurs sont proposées avec les suspensions pneumatiques. Nous vous conseillons de choisir la plus élevée en ville, afin d’aborder sereinement les ralentisseurs qui fleurissent un peu partout en France. Le volant Yoke montre ses limites dès le premier rond-point. Maxime Fontanier entrevoit une solution : « Un système de démultiplication variable de façon à rendre la direction plus directe ».

La Tesla Model S sait mettre ses performances en sommeil pour se faire en ville « toute douce et facile à conduire ». Mais elle répondra insolemment à tout appui lourd sur l’accélérateur : « Le dosage est bon, les commandes sont toujours très précises chez Tesla, que ce soit la direction, la pédale des freins et l’accélérateur. On sent que c’est géré parfaitement ». D’un côté 1 034 ch pour 1 400 Nm de couple, de l’autre 1 001 à 1 200 ch pour 1 250 à 1 500 Nm : La Tesla Model S Plaid ne craint absolument pas la comparaison avec la Bugatti Veyron.

Et pourtant l’américaine est parfaitement exploitable au quotidien : « Vous pouvez emmener vos enfants et le chien en vacances, alors que toutes les voitures qui offraient jusqu’à présent de telles performances stratosphériques étaient inexploitables au quotidien en étant à ras du sol, dépourvues de coffre et configurées en 2 places ».

10 ans et toujours pas rattrapée

La Tesla Model S est produite déjà depuis 10 ans. Les batteries, les moteurs, la présentation intérieure ont évolué. « Elle est toujours en avance cette voiture, 10 ans après son lancement, juste avec des mises à jour, certes parfois importantes ». Appuyer vivement sur l’accélérateur, même sans avoir choisi le mode Dragster, est une épreuve qui coupe toute conversation.

L’engin accroche littéralement à la route grâce à un centre de gravité très bas qui fait oublier ses 2 162 kg. Pour comparaison, la Mercedes EQS AMG, avec ses 658 ch, pèse bien plus (2 655 kg) : « Il y a une grosse différence à batteries équivalentes ».

En la secouant un peu, la Tesla Model S Plaid laisse apparaître le meilleur d’elle-même : un châssis bien équilibré, pas de prise intempestive de roulis, des suspensions qui filtrent bien, un impressionnant grip latéral. Ce qui explique ses performances sur le Nürburgring.

Le Space Mountain des familles

« Quand on donne un coup de freinage avec une grosse accélération derrière, on a l’impression d’être dans un avion de chasse ». Est-ce trop ? C’est en tout cas ce qu’exprime Maxime Fontanier dans la vidéo, mais aussi le message au tableau de bord signalant la surchauffe des freins 4 pistons.

Ces derniers seront parfaits pour le quotidien, mais pour enchaîner les tours sur circuit, il vaudra mieux adopter, quand elle sera disponible en France, l’option freinage Sport facturée 20 000 dollars aux Etats-Unis. Elle comprend, entre autres, des étriers à 6 pistons et un fluide de frein approprié.

Avec le mode Dragster, le 0 à 100 km/h est atteint en 2,1 secondes, hors phase de lancement sur 30 cm. La Mercedes EQS AMG aura du mal à suivre en s’acquittant de cet exercice en 3,8 s. L’américaine est de série limitée à une vitesse de 282 km/h. Il est possible de la porter à 322 km/h, en payant une mise à niveau matérielle.

350 km sur autoroute

Sur l’autoroute, la Tesla Model S Plaid veut se faire plus silencieuse qu’elle ne l’est. Pour cela, elle embarque un système actif de réduction des bruits. Des capteurs dans les passages des roues permettent des générer des sons qui viennent s’opposer à ceux du roulement.

Lors de son essai musclé, Maxime Fontanier a relevé une consommation de 23,9 kWh/100 km. En roulant avec le pied léger, elle pourra cependant redescendre autour de 17-18 kWh/100 km. Dans ce cas, l’autonomie réelle sera comprise entre 525 et 560 km : « Ce qui va être la consommation d’une voiture électrique de 200 ch, alors qu’on en a 1 034. C’est le gap qu’il y a entre les moteurs à reluctance variable de Tesla et les moteurs synchrones classiques qu’on trouve ailleurs ».

Sur autoroute, même en roulant à 130 km/h, les 350 km pourront être atteints, et plus de 400 km en se contentant de 110-120 km/h et en employant le régulateur de vitesse.

Quel prix pour la meilleure voiture du monde ?

Pour Maxime Fontanier, la Tesla Model S est « la meilleure voiture du monde ». Mais pas forcément dans cette déclinaison Plaid : « La version Grande Autonomie est bien mieux adaptée et offre un bien meilleur rapport prix/prestation. Elle sera quasiment aussi performante. C’est juste qu’elle n’aura pas les modes Piste et Dragster qu’on n’utilise pas tous les jours. La Grande Autonomie est sans doute la meilleure berline du monde aujourd’hui ».

Sur les bornes DC, la puissance de charge est sur le papier de 250 kW. Régénérer la batterie jusqu’à 80 % prend une trentaine de minutes sur un superchargeur de la marque. En courant alternatif, il faudra en revanche se contenter de 16,5 kW. C’est un peu léger face aux 22 kW qu’il est possible d’obtenir en option sur cette autre voiture élitiste qu’est la Mercedes EQS AMG.

Mais à 169 850 contre 138 990 euros, elle est bien plus chère que l’américaine. Avec les options, l’exemplaire que nous avons essayé grimpe à plus de 152 000 euros. La Tesla Model S Plaid « offre de bien meilleurs rapports prix/équipement et prix/performance dans sa catégorie ». Inutile d’opter pour la conduite autonome améliorée à 3 800 euros, dont les fonctionnalités ont été quelques peu réduites pour l’Europe.Le régulateur de vitesse actif de série est amplement suffisant.

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