La suite de votre contenu après cette annonce

S’il s’intéresse aux voitures électriques depuis l’enfance et au protocole de Kyoto, Olivier a passé commande en décembre 2022 de sa première voiture électrique, une Renault Megane E-Tech. Peu utilisée au quotidien où le vélo est alors le véhicule principal pour ce médecin bisontin de 42 ans, la compacte branchée remplace en revanche l’avion pour les longs voyages à cinq jusqu’à l’étranger.
L’intérêt d’Olivier pour les véhicules électriques n’est pas récent : « Je m’y intéresse depuis que je suis enfant et le protocole de Kyoto signé en 1997 pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Quand elle a été présentée en 2005, vraiment bleue, la Bolloré Bluecar avait bien retenu mon attention. Même si je ne suis pas passé plus tôt à la voiture électrique, j’ai suivi en permanence son actualité. En 2013, quand j’ai acheté notre appartement, j’ai vérifié que le garage qui allait avec était bien équipé d’une prise qui me permettrait d’effectuer des recharges ».
Notre lecteur ne se sert que très exceptionnellement de sa voiture pour ses besoins professionnels : « Je suis médecin en libéral et j’habite en ville. Un vélo musculaire me convient très bien pour effectuer mes visites. À la journée, je parcours avec lui entre cinq et dix kilomètres. Je peux toutefois être amené à grimper une forte côte sur 300 mètres. Dans ce cas, et avec les canicules que nous avons connues cette année, j’ai pris notre voiture électrique pour rencontrer mes patients ».
À lire aussi
Témoignage : cap sur les 300 000 km pour la Renault Zoé de Franck !Une conviction : « Une des populations qui passe actuellement le plus à l’électrique, ce sont les infirmiers libéraux. Sans avoir à changer de vitesses, les VE correspondent parfaitement à leur usage, en particulier quand il y a la possibilité de recharger en ville comme c’est le cas à Besançon. À la maison de santé où je suis, nous sommes trois médecins et un infirmier à déjà rouler en électrique ».
Le choix de la Renault Megane E-Tech malgré son design : « Ce n’est pas une voiture qui m’attirait, je n’aimais pas son look de SUV, cette face avant trop verticale style Range Rover Evoque. J’avais en contrainte un garage assez petit exigeant de faire des manœuvres. Il me fallait donc trouver le bon compromis : un modèle assez court mais avec suffisamment de coffre pour cinq. L’idée me plaisait d’une voiture fabriquée en France, sans terre rare dans le moteur, avec une batterie suffisante pour voyager tout en étant conforme aux recommandations de l’Ademe ».

Autre exigence : « Il me fallait une boule d’attelage pour tracter une remorque et installer un porte-vélos. Ce qui a éliminé la Volkswagen ID.3 car on ne pouvait pas mettre beaucoup de poids sur l’attelage et la Renault Zoé sur laquelle on ne pouvait pas installer une telle boule. Il y avait bien la MG4, mais un peu plus grosse sans offrir un plus gros coffre. De la classe au-dessus, et au même prix que la Megane, il y avait la Tesla Model 3, mais trop longue pour mon garage. J’ai dû faire un choix pragmatique ».
La Renault électrique s’est finalement imposée à Olivier : « En version ‘Evolution ER’ peu mise en avant par le constructeur, je l’ai commandée en décembre 2022 et reçue en février suivant. L’autonomie est un peu meilleure avec les jantes de 18 pouces au lieu de 20 et les boucliers ne sont pas peints. J’ai le sens de la sobriété ». Ce modèle se distingue pour être en 2022 équipé du petit moteur 96 kW (130 cv) mais de la grosse batterie de 60 kWh, pour une autonomie en cycle mixte WLTP autour de 470 km contre au mieux 454 avec le gros bloc.
Cette Renault Megane E-Tech est la seule voiture du foyer : « Elle sert peu au quotidien, surtout pour les courses et les quelques activités de nos trois enfants de 9 à 14 ans. Le week-end, cette voiture va être de nos balades et emmener des bricoles à la déchetterie. Environ 50 % des 50 000 km que nous avons déjà effectués avec cette voiture électrique, c’est pour des longs trajets avec recharges intermédiaires, en particulier pour les vacances ».
Dans une journée, la famille a déjà parcouru le millier de kilomètres : « C’était pour rejoindre une station de montagne dans les Pyrénées. En amont, je travaille les trajets pour avoir des arrêts sympas où la recharge s’effectue en temps masqué afin que ce ne soit pas une contrainte pour la famille. Au premier, nous avons pris un petit déjeuner, plus tard il y a eu un pique-nique au bord d’un lac, et le cinquième et dernier arrêt, c’était pour faire le plein d’énergie à l’arrivée. Là, nous en avons profité pour manger des glaces ».
L’électromobiliste quadragénaire s’aide d’un planificateur : « Préférant Chargemap, je n’utilise jamais celui de la voiture qui va optimiser le temps, mais pas le coût. Au contraire, je cherche les stations les moins chères sans pour autant devoir faire un trop gros détour. J’évite celles des pétroliers comme BP, Shell et TotalEnergies où les installations récentes sont toutefois plutôt bien, avec un auvent et des câbles qui ne traînent pas par terre ».
Olivier n’hésite pas à emmener toute la famille à l’étranger avec la Renault Megane E-Tech : « Nous avons décidé de ne plus prendre l’avion. Ce qui joue donc beaucoup sur l’utilisation de la voiture. Il y a trois ans, nous sommes allés en Italie, rejoignant Rome à environ 1 000 km en plusieurs jours. Les infrastructures de recharge n’y étaient pas encore très développées, et l’on ne voyait que les superchargeurs Tesla. C’est en voyageant à l’étranger qu’on se rend compte du bon réseau dont on dispose en France ».
Le premier long trajet avec un autre pays, « c’était pour découvrir l’Angleterre : 800 km dans la journée avec le tunnel sous la Manche au milieu. Il faut prévoir un temps d’attente de l’ordre de deux heures avant de le traverser. Ce jour-là, le voyage a duré environ douze heures en tout. Heureusement, les enfants ne l’ont pas vu passer, car on ne s’ennuie jamais lors de nos arrêts. En Grande-Bretagne, ça coûte plus cher de rouler en électrique plutôt qu’en thermique ».
Nouveau séjour à l’étranger en 2026 : « Dans quelques jours nous partons pour un périple de trois semaines jusqu’à Stockholm en Suède, à 2 000 km de chez nous. Nous avons prévu des étapes de 600 km, sauf pour le trajet retour Brême en Allemagne jusque chez nous, soit 900 km environ. J’y vais un peu la fleur au fusil concernant la recharge, car les réseaux sont bien développés : il n’y a pas de crainte à avoir. D’autant plus que le système embarqué dans la Megane est d’une justesse de prédiction concernant la conso, avec rarement plus de 2 % d’écart ».
Olivier a changé de préférence sur les opérateurs : « Ça a évolué avec le temps, et ça dépend aussi du pays. Je conserve une certaine affection historique pour les premiers réseaux que j’ai utilisés. Ainsi Electra où je ne vais plus beaucoup, et Tesla qui a installé plein de bornes y compris à l’étranger. Mais c’est devenu plus cher sur les superchargeurs et j’ai rencontré des difficultés en Angleterre : il fallait passer par une appli et j’avais des problèmes de connexion. J’ai dû solliciter un partage de connexion smartphone auprès d’électromobilistes à proximité ».
D’autres réseaux ont aussi posé des problèmes à l’étranger : « Toujours en Grande-Bretagne, chez Shell nous n’avons pas pu recharger en arrivant à Douvres alors qu’il ne restait plus que 7 % d’énergie dans la batterie. En Italie, dans la vallée d’Aoste, c’est avec Ionity que nous avons connu des difficultés. Nous avons perdu 90 minutes, mais avons au final pu retrouver de quoi parcourir 50 km pour nous dépanner. En France aussi nous avons rencontré des problèmes avec cet opérateur pourtant bien placé en Allemagne pour rejoindre Stockholm ».

Ces désagréables aventures ont fait prendre une décision à notre lecteur : « Maintenant, je favorise les bornes Alpitronic qui ne nous ont jamais déçus. Je peux m’arrêter par exemple sur les bornes Izivia des McDo. Je cherche aussi à privilégier le Plug & Charge, ce qui est par exemple possible chez Fastned, Powerdot et Electra. Mais c’est lourd de devoir passer au préalable par l’application. Il m’arrive aussi de brancher la Megane sur les bornes du réseau EVzen que l’on trouve sur les parkings de supermarchés ».
Pour la Megane E-Tech Evolution ER (Extended Range = Autonomie étendue) la courbe de recharge en courant continu peut grimper jusqu’à une puissance de 130 kW : « Ça ne dure hélas pas longtemps. Sur une régénération de 10 à 80 %, j’ai calculé que la puissance moyenne est de l’ordre de 80 kW. Déjà, à 50 %, on n’est pas loin de ces chiffres. J’espérais que ça s’améliorerait avec une mise à jour, mais non. Dès qu’on dépasse les trente minutes de branchement, on commence à attendre la voiture ».
C’est parfois la recharge AC qui peut être problématique : « Dans le garage, j’ai une prise Green’Up Legrand et ça marche très bien, avec une puissance bien tenue autour de 3,7 kW. En Grande-Bretagne, lors d’une étape camping à la ferme, j’ai voulu utiliser le câble de recharge occasionnel. Mais les prises ne sont pas les mêmes qu’en France. Je suis donc passé par un adaptateur qui a fondu. Ce qui aurait pu avoir de graves conséquences au final ».
Olivier aurait bien aimé voir aussi arriver une certaine fonctionnalité via mise à jour : « Je suis très déçu de ne pas disposer du One-Pedal dont j’espérais pouvoir bénéficier après coup, comme des utilisateurs de Tesla. J’aime en revanche beaucoup jouer avec les palettes au volant. Originaire de Haute-Savoie, j’ai connu tous ces rétrogradages à devoir effectuer sur les routes de montage. Ca se passe très bien dans ces conditions avec les palettes. Par ailleurs, je roule toujours en mode Eco ».
Les pneus avant ont déjà dû être remplacés sur la Megane E-Tech de notre lecteur : « C’était à 40 000 km. Nous avions eu une crevaison et l’un d’eux avait déjà été méché. Ca s’est reproduit en Corse, la veille de prendre le bateau pour rentrer. Et pas de garage ouvert. Depuis le remplacement des Goodyear d’origine par des Michelin e.Primacy, j’ai noté que la consommation moyenne est passée de 14,5 à 15 kWh/100 km. Sur l’autoroute, à vitesse stabilisée de 110-120 km/h, je note 20 kWh/100 km ».
À lire aussi
Témoignage : ce Jurassien en Renault Scenic E-Tech prouve que voiture électrique et région montagneuse font bon ménageOlivier a relevé quelques points négatifs concernant sa Renault Megane E-Tech : « La ligne de caisse est très haute, d’où une visibilité assez mauvaise sur le pourtour qui favorise les petits bobos de carrosserie. J’aime avoir des boutons physiques pour la clim, comme c’est bien le cas. Mais le système est très passable, que l’on doit pousser parfois très fort pour que ça refroidisse un peu. Le manque d’évolutions via les mises à jour fait que cette voiture se retrouve obsolète face aux nouvelles propositions des autres constructeurs ».
L’électromobiliste apprécie en revanche « le système d’infodivertissement s’appuyant sur Google Automotive que je voyais au départ juste comme un gadget. Il est hyper efficace, avec la possibilité de reprendre le GPS en fond pour le combiné d’instrumentation. De petit gabarit, nos trois enfants se sentent un peu serrés à l’arrière, mais sans plus. L’absence de tunnel central rend la place du milieu exploitable. J’espère utiliser cette voiture au moins dix ans, en espérant qu’un changement de batterie soit ensuite possible à un coût raisonnable s’il le fallait ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Olivier pour son très bon accueil, sa réactivité et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
Le meilleur d'Automobile Propre, dans votre boite mail !
Découvrez nos thématiques voiture électrique, voiture hybride, équipements & services et bien d’autres
S'inscrire gratuitement
