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Avec seulement 27,5 kWh de batterie et 263 km d’autonomie WLTP, la nouvelle Renault Twingo ne semble pas taillée pour les longs trajets. Nous avons pourtant décidé de la ramener de Paris à Strasbourg par la N4, sans planificateur d’itinéraire et en pleine période de départs en vacances. Avec un résultat pour le moins étonnant.
Après la Hyundai Inster, la Fiat Grande Panda et la Nissan Micra, c’est au tour de la Renault Twingo dernière du nom de devenir le véhicule officiel de la rédaction d’Automobile Propre pour un mois. Et cela commence par un rapatriement de Paris jusqu’à nos quartiers de Strasbourg par la N4, un itinéraire que je maîtrise les yeux fermés tant je le pratique régulièrement depuis maintenant plus de quatre ans. Parfois dans la douleur et les larmes, comme avec le Peugeot e-Boxer L3H2 de mon déménagement, parfois d’une traite sans la moindre goutte de transpiration, comme en Tesla Model 3. Comment va se situer entre les deux la Renault Twingo, ses 27,5 kWh de batterie et son autonomie WLTP de 263 km ? J’ai hâte de le découvrir.
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Essai Nouvelle Renault Twingo électrique : vive la reine (des citadines) !Après avoir pris un temps pour admirer ce gros bonbon jaune Mango qui donne immanquablement le sourire (« ♫♪Boumbo, Boumbo, petit automobile, ile, … ♪♫« entonnent les quarantenaires), il est temps de quitter la concession Renault de Boulogne, à 11 h 14 exactement, direction le Grand Est après avoir enclenché le mode One Pedal d’une pression sur la palette de gauche mais sans démarrer la climatisation. Aussi efficace soit-il, pas de planificateur non plus pour moi par goût personnel, juste la destination dans Waze en mode sans péage et on improvisera pour recharger le moment venu. Et on commence par emprunter la partie sud bien encombrée de mon périphérique parisien chéri. C’est visiblement toujours le meilleur terrain pour extraire les consommations les plus spectaculaires, puisque, au moment de le quitter par la Porte de Bercy pour aller chercher l’A4, l’ordinateur de bord indiquait une prometteuse consommation moyenne de 7,8 kWh/100 km. J’avoue avoir hésité alors à revenir dans le flux pour tenter d’améliorer ce score en enchaînant les tours jusqu’à la panne avant de reprendre mes esprits et de me recentrer sur la mission initiale.
Après avoir quitté l’A4 pour rejoindre la N4, la consommation moyenne tutoie désormais les deux chiffres sans jamais les atteindre et les kilomètres défilent à bon train avec le régulateur de vitesse adaptatif de notre finition Techno enclenché, et dans un confort étonnant, que ce soit pour les oreilles ou le dos. Et, surtout, avec une perception de qualité rassurante. J’avoue, avec son temps de développement réduit laissant craindre de possibles concessions et des tarifs pas assez chers, je craignais qu’on retrouve à son volant l’aspect cheap que l’on peut avoir dans une Dacia Spring ou une Citroën ë-C3 (et ses dérivés, je vous parlerai très bientôt de mon expérience en Fiat Grande Panda parce qu’il y a de quoi dire) avec un moteur sonore, des bruits parasites, des bugs répétés du système multimédia, des ventilateurs qui se mettent à souffler fort de façon incongrue ou des transitions douteuses dans la pédale de droite entre accélération et régénération. Certes, certains plastiques de l’habitacle sont peu flatteurs, mais, mécaniquement si l’on peut dire, la Twingo n’a rien de low cost et offre véritablement une expérience de mini-Renault 5.
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Longs trajets en Renault 5 électrique : le témoignage qui bouscule les idées reçuesOn dépasse la barre des 220 km effectués et la Twingo finit par manifester une première fois son mécontentement par une alerte à 15 % de batterie, avec 42 km d’autonomie restants. C’est le signal pour demander à Waze de localiser les prochains débits d’électrons sur l’itinéraire et de l’ajouter en étape. Atteindre la station Zunder de Maulan avec ses 8 bornes de recharge à 400 kW située 30 km plus loin semble un peu joueur, mais c’est la vie que j’ai choisie, et nous arrivons sans encombre avec 4 % de charge et 11 kilomètres de rab’. Large si vous me demandez mon avis, mais ce n’est pas celui de l’instrumentation de la petite Renault qui fait les gros yeux devant ma nonchalance. Nous avons alors parcouru 252 km à une moyenne de 9,8 kWh/100 km.
Il est temps de mettre à l’épreuve la fiche technique de notre modèle d’essai équipé donc de l’option Advanced Charge à 600 € qui annonce un pic de puissance en DC de 50 kW (ainsi qu’un AC à 11 kW pas forcément indispensable toutefois, sans oublier le V2G/V2L). L’écran de l’Alpitronic va au-delà des prétentions du constructeur en nous gratifiant d’un plateau à 53 kW jusqu’à la barre des 30 % avant d’entamer sa pente inexorable jusqu’aux traditionnelles 80 %. Bilan : 30 minutes et 18 secondes à une puissance moyenne de 41,34 kW. Il faut vraiment être gourmand pour vouloir plus d’une citadine dans ce domaine.

Il est temps de reprendre la route avec encore 226 km à parcourir. Tout porte à croire, à vue de nez, qu’une courte recharge supplémentaire sera nécessaire pour arriver à destination avec un minimum de sérénité. Mais, malgré un rythme de progression identique, la consommation moyenne s’effrite de quelques dixièmes, pour se stabiliser à 9,5 kWh/100 km, alors que l’on quitte la D59 pour emprunter la D424 au niveau de Moyemmoutier. S’ensuit une splendide montée serpentant dans les Vosges et parcourue avec un peu trop d’enthousiasme jusqu’au Col du Hantz, à 637 m d’altitude. Une brève expérience qui m’a permis d’entrevoir que la Twingo peut ajouter un dynamisme réjouissant et une direction précise à la liste de ses qualités. Sauf que, dans le même temps, la consommation est remontée à 9,8 kWh/100 km et il manque 11 km d’autonomie pour arriver à destination.
« D’accord, c’est pour ainsi dire que de la descente jusqu’aux rives du Rhin, mais cela paraît un peu tendu quand même », me dis-je en m’élançant dans la pente. Au pire, ce ne sont pas les bornes qui manquent sur cette fin de trajet, mais elles ne seront pas nécessaires. Une fois de plus, le couple gravité/régénération fait des merveilles sur les 70 km restants et l’arrivée à Strasbourg à 18 h 57 se fait finalement avec… 15 % de charge restante ! Mais le chiffre le plus spectaculaire est celui de la consommation qui est redescendue à 9,3 kWh/100 km, ce qui permet d’imaginer que nous avons été dans les 8,X depuis la recharge !


Cette petite expérience nous a permis de voir que l’autonomie WLTP annoncée peut être facilement approchée bien au-delà des limites urbaines par des températures estivales. Cela confère à cette nouvelle Twingo, malgré la faible capacité de sa batterie, une polyvalence normalement réservée à des compactes bien plus grosses et qui n’a pas à rougir face à celle de sa glorieuse aînée première du nom.

Avec une seule charge rapide lors de notre trajet, pas de rapidgate à observer, mais nous aurons peut-être une nouvelle opportunité de l’expérimenter sur le chemin du retour qui sera début août en empruntant l’A4 de bout en bout.
L’une des questions qui reviennent souvent sur ce genre d’article, c’est « quelle était la vitesse moyenne ? ». Et c’est effectivement un chiffre très séduisant, parce qu’il paraît scientifique et permettrait de mettre en perspective la consommation de 9,3 kWh/100 km. En réalité, il est généralement beaucoup moins représentatif qu’on ne le pense, parce qu’il donne l’illusion de pouvoir comparer objectivement des trajets alors qu’il confronte des contextes différents.
Prenons un exemple : 65 km/h de moyenne sur un Paris-Strasbourg un vendredi de départ en vacances n’est pas la même chose que 65 km/h de moyenne sur une nationale quelconque limitée à 80 km/h. Ces deux trajets n’ont absolument pas les mêmes sollicitations aérodynamiques ni la même consommation finale. Autrement dit, dans le monde réel, une vitesse moyenne est une conséquence d’un trajet, pas une description de celui-ci.
Les trois questions qui devraient plutôt être posées devraient être « quel est le temps de trajet optimal donné par une navigation le jour et à l’heure où tu es parti ? », « combien de temps as-tu passé à recharger ? » et « quelle a été la durée réelle de ton déplacement ? ».
Cela permet, dans la première réponse, de fournir une base objective avec une conduite qui suit les multiples limitations de vitesses en incluant de plus, ce jour précis, les solides embouteillages du périphérique depuis la Porte de Saint-Cloud jusqu’à la Porte de Bercy provoqués par les premiers départs en vacances des Juilletistes, les travaux après Saint-Dizier avec passage sur une seule voie sur plusieurs kilomètres ou encore les ralentissements à l’approche de la capitale alsacienne en fin de journée par les habitants de l’Eurométropole partant en week-end.
Dans la deuxième réponse, on a donc la durée d’appoint en électrons à ajouter, ce qui ne serait sinon pas comptabilisé par l’ordinateur de bord et permet une comparaison directe avec le même trajet en thermique sans pause car leurs propriétaires ont tous, comme chacun sait, une vessie en titane.
Et, enfin, la différence entre l’addition des deux premiers temps et la durée réelle de la troisième réponse moucharde les excès de lenteur dont on peut me soupçonner d’abuser (et on a parfois bien raison).
Et voilà donc les chiffres dans l’ordre : 6 heures et 31 minutes de trajet selon Google au moment de partir, 30 minutes de charge en m’attribuant, s’il vous plaît, un forfait raisonnable de 10 minutes supplémentaires pour sortir de la N4, me brancher, me débrancher et revenir sur la N4, et, enfin, 7 heures et 43 minutes.
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