Station Ionity de Kergoët

Loin des autoroutes, la station Ionity de l’aire de Kergoët se dresse idéalement en Bretagne entre Rennes (35) et Saint-Brieuc (22). L’occasion pour Automobile Propre de faire le guet pour constater l’affluence en plein week-end de juillet.

Il n’y a pas d’autoroutes en Bretagne. Mais il y a des routes à quatre voies. Ainsi la RN 12 qui relie Jouy-en-Josas, situé à moins de 10 km de Versailles, et Brest, tout au bout du Finistère. Accessible dans les 2 sens, c’est dans une station implantée sur cette nationale, au niveau de Saint-Jouan-de-L’Isle (22), qu’ont été mis en service 4 chargeurs rapides Ionity (Combo CCS) en février 2021. Deux emplacements sont réservés à la pose ultérieure de 2 bornes supplémentaires.



Tout juste en face se trouve le matériel tristandard (CHAdeMO + Combo CCS DC 50 kW ; AC 43 kW) du réseau Brev’Car développé par le syndicat de l’énergie des Côtes-d’Armor. À quelques dizaines de mètres, une station-service Esso dans laquelle il est possible de se restaurer très convenablement. Sur le parking extérieur, 2 tables pour pique-niquer. Le tout ressemble à une aire idéale pour les électromobilistes.

Nous nous doutions bien que la station Ionity de l’aire de Kergoët ne serait pas la plus fréquentée ce samedi 17 juillet 2021 à midi, rouge dans le sens des départs, et orange pour les retours, selon Bison Futé. Mais nous souhaitions évaluer son exploitation et connaître les motivations qui ont poussé les utilisateurs à la préférer aux bornes isolées mises en place par les syndicats bretons de l’énergie.

Entre 11 h 30 et 13 h 30, sont passées par ce site 3 Kia e-Niro, 1 Hyundai Ioniq, 1 Volkswagen ID.3, 1 Peugeot e-2008, et 1 Nissan Leaf 2. Entre 2 et 4 personnes occupaient chacune de ses voitures électriques. Il n’y a jamais eu plus de 2 véhicules simultanément sur cette période. Tous sur le trajet de leurs vacances, les utilisateurs ont confié avoir choisi de s’arrêter ici pour être sûr de pouvoir se brancher immédiatement. L’un des 4 chargeurs était cependant en panne. Tous les équipages ont fait un tour par le magasin de la station Esso, déjeunant sur place pour la plupart.

Station Ionity de Kergoët

La station Ionity de Kergoët est complétée par une borne tristandard du réseau Brev’Car

2 bornes occupées à notre arrivée

Lorsque nous sommes arrivées à 11 h 25, 2 voitures étaient en cours de recharge. Un Kia e-Niro immatriculé en Belgique avec 2 vélos supportés par un attelage, et une Hyundai Ioniq. Cette dernière était branchée sur la borne 50 kW du réseau Brev’Car.

« J’ai choisi cette borne, car elle est beaucoup moins chère à utiliser, pour seulement quelques minutes de plus à attendre. Je me suis arrêté ici, car nous avons un rendez-vous à une heure précise. Je savais qu’en choisissant une station Ionity je n’aurais pas de problème pour recharger immédiatement », nous a indiqué Pierre, son conducteur. « Je vais souvent en Bretagne en venant de Mayenne. Je trouve que cette zone est plutôt pas trop mal desservie », apprécie-t-il.

À l’écart, un automobiliste discret en Nissan Leaf 2 a patienté un peu dans l’espoir de pouvoir utiliser le câble CHAdeMO, mais est reparti au bout de quelques minutes, las d’attendre. Avec les bornes de recharge des syndicats départementaux, c’est le plus souvent fromage ou dessert. Si le connecteur Combo est occupé, impossible d’utiliser le standard japonais.

Station Ionity de Kergoët

3 000 km en Peugeot e-2008

Peu de temps après le départ du Kia e-Niro belge arrive un Peugeot e-2008. Son propriétaire est parti de Toulouse le 12 juillet dernier. Avant d’arriver en Bretagne, il est passé par la Lorraine (Nancy), Boulogne-sur-Mer, Rouen, et le Mont-Saint-Michel. En traversant ensuite La Rochelle, Nantes et Bordeaux pour revenir à son point de départ, il aura parcouru 3 000 kilomètres environ en quelques jours.



« J’ai le e-2008 depuis mars. Auparavant, j’avais un Jaguar I-Pace. Je m’en suis séparé, car il était trop volumineux pour mon activité de podologue à domicile qui me fait emprunter des routes de campagne. Le SUV électrique de Peugeot est lui trop juste en autonomie. Mon prochain sera l’Audi Q4 e-tron », détaille-t-il. « Dans mon parcours, je me suis arrêté à 3 ou 4 stations Ionity, mais aussi à des bornes 50 kW de Total ou des départements. Dans la région Grand Est, j’ai rencontré des problèmes avec toutes les bornes du réseau Clem’, quelle que soit la puissance du matériel. Également à Caen avec le chargeur 50 kW ».

Nous avons pu constater avec lui qu’il n’est pas toujours simple de s’identifier sur une borne Ionity. Il a dû s’y reprendre 3 ou 4 fois devant nous avant de pouvoir lancer la recharge avec son badge.

Depuis la Vendée en Volkswagen ID.3

Avec son coffre sur la boule d’attelage, la Volkswagen ID.3 qui arrive sur l’aire de Kergoët sent les vacances également. « Cette possibilité a été déterminante dans mon choix de l’ID.3, car le coffre de la voiture est trop juste pour nous. De plus, l’ID.4 n’était pas encore disponible lors de mon achat », a justifié Loïc, parti le matin de Brem-sur-Mer, en Vendée, pour rejoindre Guingamp.

« Nous venons de rouler 240 kilomètres. Quand il est possible de s’arrêter dans une station Ionity, c’est sécurisant. C’est plus compliqué autrement », juge-t-il.

Environ 20 minutes plus tard, Loïc, sa famille et ses chiens reprenaient déjà la route.

Station Ionity de Kergoët

20 minutes à batailler

Venue du Val-de-Marne avec un Kia e-Niro, pour rejoindre Santec près de Roscoff, une famille a bien galéré aussi pour démarrer le ravitaillement en énergie via smartphone. C’est même 2 appareils différents et une carte Maingau qui ont été essayés pour qu’au bout de 20 minutes la recharge s’active enfin. « Nous avons pourtant effectué tout à l’heure sans problème une recharge sur une borne de la station Ionity de l’aire de Mayenne », soupire le père de famille.

Première cause de désagrément observée à Kergoët : une mauvaise réception du réseau téléphonique. Mais pas seulement. Alors que la recharge aurait pu démarrer 1 ou 2 fois déjà, un message d’anomalie est apparu sur la borne pour demander de couper le moteur du véhicule. C’était pourtant déjà fait. Lors de mes essais de voitures électriques, avec des Kia anciens et récents, j’ai moi-même rencontré ce cas précis, sur le réseau Ionity comme sur les bornes 50 kW des syndicats de l’énergie. Recommencer l’opération d’identification suffit souvent à débloquer la situation.

Et vous ?

Et vous, lecteurs d’Automobile Propre qui avez pris votre voiture électrique pour vous rendre sur votre lieu de vacances cet été : Quelle expérience avez-vous des bornes utilisées sur la route ? Privilégiez-vous aussi les stations Ionity par tranquillité ? Rencontrez-vous aussi des problèmes pour démarrer la recharge ?

Automobile Propre et moi-même remercions toutes les personnes qui ont bien voulu nous accorder un peu de leur temps pour répondre à nos questions, ce jour, devant les bornes de l’aire de Kergoët.