Le groupe pétrolier français déploie à petit pas son réseau de recharge pour voitures électriques. S’il compte seulement trois stations en France, Total promet 1000 points de charge haute puissance d’ici 2022 en Europe de l’Ouest. Nous avons testé une de ses bornes autoroutières au Mans, où tout n’est pas encore au point.



Ionity, Fastned, Corridoor et bientôt Total ? Aux grandes institutions de la recharge rapide, le géant de l’énergie veut ajouter son nom. Il lance avec un certain retard son réseau « Total EV Charge ». Un embryon actuellement constitué de dix stations en Europe dont trois en France, aux caractéristiques très aléatoires. D’ici 2022, Total annonce qu’il ouvrira 1000 points de charges ultra-rapides « jusqu’à 175 kW ». 300 stations-services seront équipées pour proposer une borne « tous les 150 km en Europe occidentale », précise l’entreprise. Elle a du pain sur la planche, tant sur le déploiement que sur les choix techniques.

Plus d’une heure d’attente pour recharger

Profitant d’un essai de la Seat Mii électrique, nous avons testé la recharge sur une borne de son réseau sur l’aire de Sargé-Le-Mans. Surprise, il ne s’agit pas d’une grande station comme celle de Limours sur l’A10. Ici, pas de pergola, pas de borne ultra-rapide ni signalisation claire et aguichante. Pour charger, les utilisateurs de voitures électriques disposent d’une unique borne tri-standard EVBox délivrant jusqu’à 43 kW en courant alternatif (AC) et 50 kW en courant continu (DC). Logiquement, un véhicule est déjà branché à noter arrivée. Nous avons patienté 1h15 avant le départ du propriétaire. Rien de mieux pour dissuader de passer à l’électrique.

Manque d’informations sur la recharge

Sous quelques gouttes de pluie, nous avons enfin pu lancer la recharge. Le branchement est facile et le parcours d’activation étonnamment simple. Nous avions en effet rencontré de nombreux bugs sur le même modèle de borne exploité par le réseau Corridoor d’Izivia lors de précédents essais. Le petit écran affiche la quantité d’énergie délivrée (en kWh) et le temps de charge. Hélas, aucune autre information ne peut être consultée. Nous aurions apprécié pouvoir visualiser la puissance instantanée (en kW), le temps de charge restant jusqu’à 80 et 100% ainsi que le tarif facturé en direct. Des données particulièrement utiles, notamment lorsque l’écran de bord du véhicule est minimaliste comme celui de la Seat Mii.

Tarif raisonnable

Après un peu moins d’une heure de recharge, nous avons récupéré 21,48 kWh. La puissance de charge moyenne s’est donc élevée à 21,6 kW. C’est peu mais plutôt conforme aux particularités de notre essai : la Seat Mii accepte jusqu’à 40 kW DC et nous avons rempli sa batterie jusqu’à 90%. La recharge nous a été facturée 8,31 euros via le Chargemap Pass (0,385 €/kWh). En utilisant la carte multi-énergies de Total le tarif est de 0,35 €/kWh, raisonnable pour de la recharge « rapide ». Un mode de facturation clair, uniquement basé sur l’énergie rechargée et non sur un forfait ou autre paiement à la minute illisible.

Les points forts :

  • Le potentiel de Total, qui possède un immense réseau de stations-services capables d’accueillir des bornes de recharge.
  • La tarification au kWh.
  • Le lancement rapide de la recharge.
  • La disponibilité des bornes.
  • La possibilité d’accéder à la recharge via un grand nombre d’opérateurs de mobilité.

Les points faibles :

  • Une grande différence de service selon les stations.
  • La présence d’une seule borne sur certaines stations, limitant la recharge à un seul véhicule à la fois.
  • L’absence de pergola protégeant des intempéries et d’éclairage spécifique.
  • Le manque de clarté de la signalisation guidant vers la borne à l’entrée de l’aire de service.
  • L’absence d’affichage du prix de la recharge en direct et d’informations utiles (puissance instantanée, temps de charge restant).