Témoignage - Pascal roule depuis 5 ans en Opel Corsa électrique et ne trouve pas de remplaçante à la hauteur

La suite de votre contenu après cette annonce

L'Opel Corsa-e de Pascal en période de restriction d'eau
L'Opel Corsa-e de Pascal en période de restriction d'eau

Passionné d’automobiles, Pascal utilise pour ses déplacements plus ou moins locaux quotidiens une Opel Corsa électrique en finition haut de gamme Ultimate. Au bout de plus de cinq ans et 55 000 km, difficile de lui trouver une potentielle remplaçante à la hauteur. Dans quelques années peut-être…

Mieux que la Peugeot e-208

Chez Pascal, les voitures ne sont pas forcément très grandes, mais elles sortent le plus souvent de l’ordinaire : « Avant de prendre la Corsa électrique, j’avais une Opel Tigra Twintop que j’ai amenée à plus de 230 000 km. Je suis allé à la concession dans l’idée de prendre une Corsa, mais surtout pas avec le fameux moteur 1,2 litre PureTech. Je suis ressorti enthousiaste de la version électrique que l’on m’a proposée d’essayer. Dès l’annonce de la finition Ultimate, à l’automne 2020, j’ai commandé en rouge poivron et toit noir mon exemplaire livré en mars 2021 ».

C’est justement l’équipement haut de gamme de l’Ultimate qui fait que, dans sa gamme, l’Opel Corsa-e est toujours dans la course : « Elle offre un volant et des sièges chauffants à l’avant, celui du conducteur étant en plus massant. L’intérieur est en cuir et alcantara. Et puis elle est dotée des phares matriciels que son clone Peugeot e-208 n’a pas, même dans sa dotation supérieure, et dont je dispose pourtant aussi sur la Mazda MX-5. J’apprécie beaucoup ma Corsa aussi bien pour le côté sympathique de l’électrique que pour son très bon équipement quasiment unique dans sa catégorie à l’époque ».

Parmi les modèles vite écartés en 2020 : « La Peugeot e-208 avait pour elle d’embarquer le même moteur et la même batterie, mais son équipement ne collait pas à ce que je voulais. La Corsa-e se présente sous des lignes plus consensuelles, et je ne suis vraiment pas fan du look plus agressif de la e-208, en particulier ses feux diurnes façon dent de la mort. Kia e-Soul, non, car je voulais un modèle européen, et Renault Zoé non plus car on en voyait partout ».

Une certaine dureté de la suspension

Chaque année, le compteur de la Corsa électrique de Pascal s’incrémente d’un peu moins de 10 000 km : « Au quotidien, elle parcourt entre 30 et 50 km, plus rarement entre 150 et 180. Je n’ai jamais fait un trajet de plus de 250 km avec elle. Depuis mon petit village de l’Argonne au sud des Ardennes, je la prends par exemple pour aller à Vouziers, Varennes-en-Argonne [NDLR : Lieu de l’arrestation de Louis XVI], Clermont-en-Argonne, Verdun ou Reims. Mes longs déplacements, c’est avec la Mazda MX-5 ».

Petite appréhension au départ concernant le comportement routier : « Le poids de l’ordre de 1 500 kg pour la Corsa-e m’inquiétait un peu. Mais non, ce que j’ai découvert lors de l’essai m’a étonné : on ne sent pas le surpoids. Grâce à l’implantation de la batterie au niveau du plancher, on a un bon comportement. En point faible, on a toutefois une certaine dureté de la suspension, malgré de très bons sièges. Dans sa version électrique, la Corsa a perdu son essieu multibras au profit d’un essieu de torsion à barre Panhard. Ce n’est pas du tout le même toucher ».

Les routes de campagne de l’Argonne « et les roues en 205/45 R17 participent à la dureté. Une taille moindre aurait été mieux. En outre, les quatre Michelin Primacy n’ont tenu que 29 000 km, alors que je conserve d’ordinaire mes pneus bien plus longtemps. Je les ai remplacés par des Kumho toutes saisons qui, à 26 000 km, sont loin d’être à changer. En revanche, je surconsomme de l’ordre de 1 kWh/100 km avec eux : entre 16 et 17 kWh/100 km l’hiver, et 13,5 kWh/100 km l’été, soit 250 km d’autonomie en conservant une marge de sécurité. Sur autoroute à 110, je suis à 21 kWh/100 km ».

Encore rechargée au tarif EJP

Ce remplacement prématuré des pneus n’affecte que peu les économies réalisées par Pascal avec sa voiture électrique : « En tenant compte de l’assurance qui a été pendant des années plus légère pour les VE, de l’entretien et de l’énergie, j’ai calculé que mon Opel Corsa-e me fait économiser entre 800 et 850 euros par rapport à une Corsa essence. J’habite une maison qui appartenait auparavant à mes parents, ce qui m’a permis d’hériter de leur contrat d’électricité EJP sous lequel ma voiture électrique est rechargée au sous-sol ».

Comment ça se passe lors des 22 jours où le prix du kilowattheure est prohibitif ? « Il me suffit de la brancher vingt à trente minutes à la borne rapide du McDo de Vouziers pas très loin. Il y a aussi de quoi recharger au Leclerc de la même ville. A la maison, la Corsa est branchée sur une prise classique. Au départ, je ne savais pas si je garderais longtemps ou pas cette voiture. Le temps a passé, et finalement je n’ai jamais acheté de wallbox. Les recharges sont principalement effectuées chez moi, et c’est moi qui conduit à 90 % cette voiture ».

Il y a maintenant peut-être deux ou trois VE de plus dans le village de 500 habitants où habite le sexagénaire retraité de l’enseignement secondaire : « Quand je suis arrivé avec mon Opel Corsa-e il y a cinq ans, je suis passé pour un farfelu. Heureusement, les mentalités ont commencé à changer avec l’arrivée ici de Néerlandais avec des Tesla, Polestar et des modèles chinois parfois pas encore vendus en France. Des habitants ici pensaient vraiment que mettre la radio pendant deux heures suffisait à vider la batterie. Les antis ont désormais plus de mal à aligner des arguments crédibles pour critiquer les VE ».

« On est à un point de bascule »

Il y a aussi ce résident d’origine anglaise qui a bien impressionné dans le village ardennais : « Il a un Kia e-Soul 64 kWh avec lequel il se rend régulièrement à Manchester. C’est à environ 850 km, qu’il parcourt assez facilement grâce à sa grande organisation. Les gens de la commune n’en sont pas revenus quand il a expliqué cela. Il a réussi à démontrer à des ruraux qu’il est possible d’effectuer 850 km dans la journée en voiture électrique, en mettant tout au plus trente minutes supplémentaires par rapport à un modèle diesel ».

Avec une Citroën 2 CV et une Mini Moke chez lui, Pascal reste un passionné de l’histoire automobile : « A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, il y avait déjà des voitures électriques qui coexistaient à égalité avec les modèles à vapeur, au gaz de ville et à l’essence. Dès que le pétrole a été partout disponible pour pas cher, les autres sources d’énergie ont décoté. Mais à chaque nouvelle crise, on en revient au VE ».

Il cite en exemple la Seconde Guerre mondiale : « Quand l’accès aux carburants était très réglementé, voire impossible, l’électricité était disponible chez beaucoup plus de monde. J’espère qu’aujourd’hui on est enfin bien partis pour une électrification globale de la mobilité. On voit bien un début de réflexion chez pas mal d’anti-VE. Ils constatent l’évolution des ventes : Est-ce qu’il faut y passer ou pas ? On sent bien qu’on est à un point de bascule. Même si les ZFE ont été remises en cause, l’incertitude sur l’évolution des prix des carburants fossiles est là ».

Difficile à remplacer

Pascal pointe la difficulté de faire reprendre à un tarif convenable une voiture électrique achetée neuve : « D’habitude, je change mes véhicules au bout de quatre à six ans. Mais avec mon Opel Corsa-e, je suis déçu par les conditions de reprise. Si je devais la revendre aujourd’hui, je ne pourrais pas en espérer plus de 11 000 euros. Il y a six mois, c’était ‘parce que les voitures électriques d’occasion se vendent mal’, me disait-on. Maintenant qu’elles partent bien, ce n’est pas pour autant que la cote remonte ».

Avec seulement 55 000 km, la Corsa électrique de notre lecteur peut encore faire tourner pas mal son compteur : « La durée de vie de sa batterie est d’environ 1 500 cycles de décharge/recharge, soit de l’ordre de 400 000 km. Des garages n’ont toujours pas intégré dans leur activité de vendre et reprendre les voitures électriques. Si je n’ai pas une reprise correcte, je vais tout simplement garder mon Opel Corsa-e. Ce n’est pas vraiment un problème, car, globalement, j’en suis très content ».

Changer, mais pour quel modèle ? « La Renault 5 E-Tech ? Elle n’a même pas les phares matriciels et n’existe pas en rouge [NDLR : Quelques heures après la prise de témoignage, Renault a annoncé l’ajout du rouge à la rentrée]. Et puis, le néo-rétro pour les VE, aussi pour la Renault 4 E-Tech, je trouve que c’est un manque d’imagination. Prendre une Opel Corsa GSE ou une Peugeot e-208 GTI, quel intérêt ? Si c’est pour payer les pneus deux fois plus cher… Pas de phares matriciels non plus pour la Lancia Ypsilon électrique, mais au moins elle offre un intérieur plus joyeux ».

Une Mazda MX-5 électrique

Pourquoi pas des modèles très différents de l’Opel Corsa-e ? « J’ai essayé chez Ford l’Explorer trop gros, et le Capri auquel je préfère tout de même mon actuelle voiture électrique. Peut-être qu’une production chinoise pourrait me convenir. Je m’étais intéressé chez les japonais à la Mazda MX-30 dans sa version haut de gamme bicolore, et parfois même en trois couleurs. Mais avec sa batterie de 35 kWh bruts, l’autonomie WLTP en cycle mixte n’est que de 200 km. Et trop cher le modèle avec moteur rotatif en prolongateur d’autonomie ».

Mazda est une marque que Pascal apprécie déjà à travers l’utilisation de sa MX-5 : « Il est question d’un futur modèle hybride avec un nouveau quatre cylindres 2,5 litres essence [NDLR : le Skyactiv Z], et même d’une version électrique. Je le dis sans aucune agressivité, il vaut mieux réserver les carburants fossiles pour les voitures qui le méritent, comme ma propre MX-5 plus ancienne et d’autres sportives ».

Pascal veut bien attendre les prochaines Opel Corsa-e et Peugeot e-208 : « Ce sera l’année prochaine ou dans deux ans. Les versions actuelles ne sont pas optimisées pour l’électrique. On n’a par exemple pas de frunk. Si la prochaine génération est développée uniquement pour l’électrique, je pense que ces constructeurs vont pouvoir faire mieux. En attendant, en l’absence d’un modèle convaincant pour moi, je conserve ma Corsa. Comme mon cousin en Kia e-Niro qui ne trouve, lui non plus, rien actuellement pour remplacer son VE ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Pascal pour son excellent accueil, sa réactivité et son témoignage proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Entre 2012 et 2022, remplacer sa voiture électrique récente se traduisait le plus souvent par un gain en autonomie et en puissance de recharge. Il s'agissait en particulier de pouvoir voyager de plus en plus loin avec un réseau de recharge pas encore suffisamment rassurant. Mais la donne a changé. Comme avec les modèles thermiques, remplacer son VE au bout de quelques années se justifie aussi par la fin du contrat de location quand le véhicule n'a pas été acheté, l'envie de changer régulièrement, le souhait de ne pas trop perdre financièrement, bénéficier des progrès technologiques, etc. Pourtant, de plus en plus d'électromobilistes ne voient plus aujourd'hui pourquoi changer de VE. Comme Pascal et son cousin, c'est aussi mon cas. Je ne vois pas vraiment ce que m'apporterait le remplacement de mon actuel Kia e-Niro 64 kWh de 2021 pris en LOA sur de l'occasion il y a 3 ans. Il est très probable que je le rachète à la fin du contrat. En ce qui me concerne, même si je peux être séduit par quelques modèles actuels ou annoncés, c'est sur le rapport prestation / habitabilité / efficience que ça coince. Je ne vois rien de mieux, pour un poids financier équivalent. Ma question aujourd'hui serait plutôt : Racheter ce e-Niro ou trouver le même en occasion à un prix inférieur ? Et là, ce que j'observe est un peu différent de ce que Pascal a constaté pour la Corsa-e : les exemplaires de e-Niro qu'on commençait à trouver autour de 12 000 à 15 000 euros avec un kilométrage inférieur à 75 000 km ont quasiment disparu du BonCoin. C'est sur eux que je comptais pour réaliser une meilleure opération financière. Mais à ce train, le montant du rachat prévu dans le contrat sera compétitif, voire plus intéressant.

Philippe SCHWOERER

Cet article vous a plu ? Lancez la discussion

Accéder au forum

Nos guides