Témoignage - Gauthier nous explique pourquoi il a acheté le SUV électrique Leapmotor B10 malgré l’absence de recharge à domicile

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La Leapmotor B10 de Gauthier
La Leapmotor B10 de Gauthier

Après avoir hésité entre plusieurs modèles, Gauthier a choisi pour sa première voiture électrique le SUV Leapmotor B10 à batterie 67,1 kWh. Une décision qui s’inscrit parmi d’autres projets chez ce couple qui vient d’accueillir son premier enfant. N’ayant pas la possibilité de brancher un VE à la maison, notre lecteur cherche des pistes pour recharger en temps masqué, moins cher, voire gratuitement.

Le feu pour le VE couvait depuis des années

Pour Gauthier, 33 ans, la Leapmotor B10 est la troisième voiture, mais la première électrique : « J’ai commencé avec une Renault Twingo 1 de 1992 sans direction assistée, puis j’ai profité d’une offre intéressante sur une Clio 4 essence 75 chevaux au moment où la Clio 5 est sortie. Elle a été ma première voiture neuve. Ça fait pas mal d’années que je m’intéresse à l’électrique. Mon point d’entrée a été Automobile Propre où j’ai lu beaucoup d’articles, recherchant en particulier les témoignages et tout ce qui touche au quotidien avec un VE ».

YouTube a également apporté de nombreuses connaissances sur le sujet à notre lecteur : « J’ai suivi les vidéos de Max BLD, de La Chaîne EV et de Xavier qui a traversé la France en Citroën Ami. Ça m’a vraiment donné envie de découvrir l’électrique. En 2022, lors d’un déplacement professionnel, j’ai dû louer une Renault Captur hybride : j’ai aimé tout ce qui était électrique mais pas du tout la partie thermique. J’étais avec un collègue qui m’a laissé tout le temps le volant, comprenant que cette découverte était importante pour moi ».

Puis il y a eu un ou deux ans plus tard le premier essai d’une voiture électrique : « Pendant une trentaine de minutes, j’ai pu tester une MG4. J’en suis ressorti avec la conviction que ma prochaine voiture serait électrique. Mais nous avions aussi un projet de maison et la naissance de notre premier enfant. La Clio fonctionnait bien : il n’y avait donc pas d’urgence à la remplacer. Mais il y a eu cette part d’irrationnel qui a précipité le mouvement, alors qu’on découvrait l’envolée des prix sur les carburants ».

Des modèles en concurrence

Gauthier a une grande idée de ce qu’est la voiture électrique : « Je suis d’accord avec Jean-Christophe de La Chaîne EV quand il dit que c’est faux de penser que la voiture électrique c’est pour les écolos ou qu’elle se réduirait à faire des économies. C’est d’abord et déjà le plaisir de la conduire. Et bien sûr que sur le long terme il y a aussi une dimension écologique et économique. C’est un peu un gloubi-boulga de raisons qui pousse à passer à l’électrique ».

Un regret au moment de faire le choix d’un modèle : « C’est concernant le Tesla Model Y. Sur le rapport qualité/prix, il n’y a pas débat, cette voiture fait mieux que le reste du marché. Mais en raison des frasques d’Elon Musk, hors de question pour moi d’acheter une voiture de la marque. Il est clair que ce comportement a fait descendre les ventes. Le sujet avait été abordé lors d’un live sur Automobile Propre, mais trop rapidement à mon avis. Et puis il y a aussi la question de l’ergonomie ».

D’autres voitures électriques ont été également écartées : « La Peugeot e-308 ressortait bien au début de ma réflexion. J’étais littéralement baba concernant la présentation extérieure et le style à bord, mais technologiquement, cette voiture électrique, elle fait un four. Le design ne fait pas tout. J’avais aussi pensé à un Renault Scenic E-Tech d’occasion : son design, l’intérieur et la conduite sont incroyables. Mais elle est entre 10 000 et 15 000 euros plus chère qu’une MG4 ou une Leapmotor B10 ».

Il n’en restait plus que trois

Il restait à départager trois voitures électriques chinoises : « En raison de la lenteur de son système d’infodivertissement, comme j’ai pu le constater sur une vidéo YouTube, la MG4 a été également écartée. Moi, j’étais gaga de la Leapmotor B05 : quelle voiture ! Nous étions allés la voir au salon de Bruxelles, mais Madame m’a rappelé que nous avions un enfant qui allait grandir et que nous aurions besoin de davantage d’espace. Avec son format SUV, la Leapmotor B10 est, il est vrai, mieux adapté ».

Un élément important a pris le dessus dans la réflexion : « Le prix a joué, j’étais limité à un budget de 35 000 euros au maximum. Je suis allé essayer la B10 dans le cadre d’une journée Ventes privées à la concession Leapmotor d’Arras. Sur un week-end seulement, en plus des 2 000 euros au niveau national, ce garage ajoutait 1 000 euros de mieux. Etant déjà convaincu, j’ai signé de suite à un tarif de 29 000 euros. Le vendeur n’a pas eu à débiter son habituel laïus, j’avais déjà plus d’arguments que lui en faveur de la B10 ».

Les 3 000 euros en moins mettaient au prix du modèle à batterie 56,2 kWh la dotation supérieure de 67,1 kWh, et donc une autonomie en cycle mixte de 434 km à la place de 361 : « Au départ, je tenais à 500 km WLTP. Puis je me suis dit qu’avec 2h00 à 2h30 sur l’autoroute entre deux recharges ça pouvait passer. Le prix apparaissait imbattable. Etait-ce un attrape-nigaud ? J’ai demandé à mon père de l’essayer aussi. Bien que n’ayant pas d’électrique, il a estimé : ‘C’est du solide ! ‘ ».

5 000 km dès les 2 premiers mois

Un autre YouTubeur est à l’origine de la bonne impression de Gauthier : « Véritablement, j’ai été conquis en regardant la vidéo d’Electric Vince dans laquelle un de ses collègues, qui vient aussi d’avoir un enfant, nous parle de sa Leapmotor B10. Ce que j’apprécie sur ce modèle, c’est le style épuré à bord, avec le grand écran central. Ce n’est peut-être pas aussi poussé que sur la Xpeng G6, mais on trouve aussi une pompe à chaleur, des sièges ventilés et chauffants, un toit panoramique, un hayon électrique, le volant et les rétros chauffants, etc. ».

Reçu il y a quatre mois, l’exemplaire de notre lecteur affiche déjà un kilométrage de 6 900 km : « Les deux premiers mois, nous avions déjà parcouru 5 000 km avec elle. Au quotidien, elle sert aux trajets domicile-nounou-travail, soit 40 km par jour. Cet été, elle sera aussi utilisée pour les vacances. Nous n’allons pas très loin, au Tréport, à 250 km de chez nous. Sur deux jours, on vient de se faire un petit aller-retour jusqu’à Amsterdam, soit environ 600 km. En écoutant les conseils de La Chaîne EV, j’ai pris un abonnement au planificateur ABRP ».

Ce déplacement a été l’occasion de se familiariser avec la recharge en itinérance : « A l’aller, nous avions choisi de passer par une station Electra parce que c’est moins cher et qu’il était indiqué à proximité des toilettes et la possibilité de manger. Nous avons été déçus, car, en plus du détour à effectuer, les toilettes étaient dans un Quick, ce qui supposait de se restaurer sur place pour les utiliser. Au retour, nous avons rechargé chez Fastned. Le kilowattheure y est deux fois plus cher, mais il y a des toilettes dont on peut se servir sans contraintes ».

Sur l’autoroute

Concernant l’usage des bornes rapides sur l’autoroute, Gauthier se veut assez souple : « Je comprends tout à fait qu’on puisse vouloir viser des recharges de 20 à 80 %, mais si j’ai besoin de m’arrêter pour aller aux toilettes ou manger et que le niveau dans la batterie est encore entre 30 et 40 %, je ne vais pas m’empêcher de brancher ma voiture électrique. Cette opération peut constituer comme un matelas confortable une fois que je serai rentré chez moi car je ne peux pas recharger à la maison ».

Plutôt qu’une limite à 80 %, notre lecteur verrait dans l’idéal une autre organisation sur les aires : « Si j’ai juste besoin de passer aux toilettes, je peux très bien ne laisser branchée que dix minutes ma voiture électrique, et là de fortes puissances sont nécessaires. Mais je trouve qu’à l’heure des repas, pouvoir utiliser des bornes 50 kW serait suffisant. Elles seraient alors bien plus nombreuses. Pour beaucoup de monde, ce serait parfait. Il faudrait trouver un juste milieu. Mais une telle organisation représenterait sans doute un investissement faramineux ».

Le Leapmotor B10 est plutôt gourmand sur l’autoroute : « Je n’hésite pas à en sortir et faire un détour de 10-15 minutes pour recharger dans une zone commerciale. Lors d’un long trajet à 130 km/h, j’ai relevé 25-26 kWh/100 km. En roulant entre 110 et 120 pour aller et revenir d’Amsterdam, les chiffres n’étaient plus que de 17-18 kWh. C’est pourquoi, maintenant, je ne dépasse plus le 120 km/h, d’autant plus que la B10 se montre bruyante à 130, tout comme l’était aussi ma Clio. Depuis que j’ai mon VE, la conso moyenne est à 15 kWh/100 km ».

Tout le mois de juillet à rouler gratuitement

En juillet, la Leapmotor B10 a roulé à 0 euro : « J’ai réussi ce pari personnel en exploitant deux possibilités. Tout d’abord le crédit ChargeBack d’Atlante. Pour chaque recharge, on a 50 % de la dépense qui part sur une cagnotte à utiliser ensuite. Auparavant, c’était même 100 %. J’avais un bon crédit à utiliser. Je suis aussi passé plusieurs fois chez Auchan faire de petites courses de complément, branchant ma voiture sur des bornes LePlein. La somme payée pour les deux premières heures est créditée sur la carte Waooh! du magasin. Ce qui fait que c’est gratuit au final ».

Au besoin, Gauthier peut recharger sur le parking de l’entreprise où il travaille : « Avec une tarification de 0,40 euro le kilowattheure et des pénalités qui se déclenchent au bout de deux heures sur des bornes AC, ce n’est pas franchement intéressant. Qui va quitter son poste de travail au bout de deux heures pour débrancher son véhicule !? Le système privilégie les voitures de fonction pour lesquelles l’énergie est prise en compte. Pour comparaison, mon beau-père peut recharger gratuitement sa propre voiture électrique dans l’entreprise où il est ».

Le beau-père a d’ailleurs été plus rapide que notre lecteur sur un point : « Il a fait avant nous un road trip avec sa voiture électrique, une Xpeng G6. Il a envoyé plein de photos avec des commentaires, par exemple sur la vitesse de recharge. Avant, il nous disait que nous étions fous de vouloir passer à l’électrique, et finalement il s’y est mis très vite, grâce à des collègues qui l’ont bien motivé. Ma femme, qui a aujourd’hui une Peugeot 208 essence, a eu un coup de cœur pour la Cupra Raval, mais elle hésite encore, craignant déjà d’abandonner la boîte mécanique ».

Appréciations

Gauthier apprécie pas mal de choses sur sa Leapmotor B10 : « C’est une voiture qui offre beaucoup de place à bord. Nous allons bientôt partir à cinq avec, dont quatre adultes, et nous savons que les bagages vont entrer dans le coffre, y compris le lit parapluie et la poussette. La B10 est maniable, simple à conduire, avec pas mal de systèmes technologiques de série. Les mises à jour OTA sont susceptibles d’apporter des progrès majeurs. Ainsi, précédemment, pour le One-Pedal, l’intégration d’Android Auto et de meilleures aides à la conduite ».

Le maintien dans la voie semble très bien fonctionner : « Mais je préférais le régulateur simple de mon ancienne Clio. Avec son système adaptatif, la B10 a vite peur, la caméra détectant de faux obstacles sur la route, comme par exemple les virages ou des voitures garées sur le côté. D’où des freinages fantômes. Je n’utilise jamais ce système en ville. Il a un petit moment de flottement quand ça redémarre devant, tout comme quand on accélère avec la pédale. En point positif, le régulateur ne se désactive pas si je reprends un peu les commandes ».

Autres points à améliorer : « Confirmé par Jean-Christophe de La Chaîne EV, le niveau sonore de la musique n’est pas assez fort. On s’en sort un peu en ajoutant plus d’aigus et de basses. J’aurais bien aimé un volume qui s’adapte en fonction de la vitesse. Avec le verrouillage et déverrouillage automatiques, il y a aussi un problème. Si je viens de mettre notre fille dans la voiture et que je repars chercher quelque chose à la maison, ça bipe au moment du verrouillage pour indiquer qu’il y a quelqu’un dedans, et c’est gênant pour les voisins ».

Le VE, c’est l’avenir

Aujourd’hui, Gauthier a du mal à comprendre comment on peut encore refuser l’électrique : « Je vais peut-être faire mon vandale, mais j’aimerais bien que les personnes qui défendent encore les voitures thermiques me disent ce qu’elles ont de si intéressant que ça. Parce que moi, je ne vois pas. L’électrique est plus dans l’air du temps au niveau technologique, apportant aussi davantage de liberté, notamment au niveau de l’énergie ».

Notre lecteur pense par exemple à la recharge : « Ce n’est pas mon cas, mais pour ceux qui peuvent recharger chez eux, c’est quand même beaucoup plus simple et moins coûteux, et plus encore quand la maison est équipée de panneaux photovoltaïques. L’électrique a clairement une longueur d’avance : c’est l’avenir ! ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Gauthier pour son très bon accueil, sa réactivité et son témoignage proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Gauthier a raison d’interpeler les inconditionnels du thermique pour qu’ils nous disent comment, aujourd’hui, on peut encore défendre cette technologie face à l’électrique qui, pour beaucoup, peut apporter bien plus. Imaginons-nous dans un monde électromobile depuis une centaine d’années : qui voudrait le remplacer par des voitures répandant du bruit et de mauvaises odeurs sur leur passage, polluant et menaçant le climat, coûtant cher en énergie et en entretien, obligeant tout le monde à passer par des stations-services pour faire le plein d’énergie, ne permettant pas de soutenir le réseau électrique, etc. ? Notre lecteur vit dans une maison de ville sans garage, et donc sans possibilité personnelle de recharge. Nous sommes très nombreux dans ce cas, cherchant régulièrement à faire évoluer nos habitudes pour régénérer les batteries de nos VE, en fonction des opportunités qui s’offrent à nous. Ce mois à rouler gratuitement est un exemple très intéressant parmi d’autres à partager. C’est le premier témoignage publié sur Automobile Propre concernant la Leapmotor B10. Quatre mois seulement d’utilisation, mais déjà de quoi se faire des idées concernant ce SUV électrique. En attendant de pouvoir compléter le tableau avec des retours sur plusieurs années d’usage et dizaines de milliers de kilomètres.

Philippe SCHWOERER

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