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Lors de son premier témoignage en mai 2025, Mathieu nous avait indiqué vouloir se convertir en garagiste branché. Début juin de cette année, il a ouvert son établissement en périphérie de Poitiers (86). Et déjà les premiers clients. Il nous explique aujourd’hui les difficultés et satisfactions qu’il a vécues pour imposer son Garage Forever spécialisé en véhicules électriques et hybrides, ainsi que ses pistes de diversification.
Roulant alors et toujours en Tesla Model 3 et Citroën ë-C4, Mathieu nous avait parlé l’année dernière de son expérience de l’électrique remontant à la Volta à batterie plomb quand il travaillait chez EDF. Il fait partie de ces électromobilistes dont l’histoire personnelle explique le passage à l’électrique, et dont ce virage pour la mobilité se traduit aussi par une ouverture à de nouveaux horizons professionnels.
En starter, Revolte : « J’ai rencontré chez eux Julien Servant, un des cofondateurs associés. Il m’a bien expliqué ce qu’il fallait que je mette en place et comment monter proprement un dossier pour obtenir du financement. Je suis maintenant officiellement garagiste branché, et je compte encore suivre à la fin de ce mois de juin une formation de trois jours pour parfaire mes connaissances en diagnostic des pannes sur les véhicules électriques et hybrides. Ça va me permettre de mieux utiliser les appareils d’atelier dont le fonctionnement n’est pas toujours très intuitif ».
Si l’ouverture officielle du Garage Forever date du début de ce mois de juin 2026, notre lecteur est installé depuis le 1ᵉʳ avril dans son local situé au 13 de l’avenue de la Loge, à Migné-Auxances : « Auparavant, c’était une entreprise spécialisée dans le placo qui était là, et le site a aussi servi de lieu de stockage. Pour l’instant, je n’ai pas encore fait beaucoup de publicité, mais j’ai déjà eu mes premiers clients. On est même venu me voir quelques jours avant l’ouverture ».
Souvent, quand un particulier décide de créer une entreprise, il contacte sa banque habituelle afin d’obtenir un prêt : « J’étais au Crédit Agricole de La Rochelle. J’ai dû réaliser moi-même une étude de marché parce que, pour un garage spécialisé dans les véhicules électriques, ça n’existe pas. Pour l’exemple, j’ai cité Revolte, mais j’ai essuyé avec cette banque mon premier refus. Mes cinq premières demandes ont échoué, dont deux pour lesquelles, malgré les promesses d’un rappel, je n’ai jamais eu de nouvelles. C’est finalement la Banque Populaire qui a accepté de me suivre ».
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Témoignage : avec son utilitaire électrique, cet artisan économise 3 000 € par an sur le carburantLa persévérance a été payante : « J’avais besoin de 130 000 euros, mais dans de précédentes banques on m’avait fait comprendre qu’il fallait être moins gourmand. Je m’étais donc rabattu sur 73 000 euros. C’est très limite, car j’ai déjà pour plus de 50 000 euros de matériel, dont 15 000 environ pour les outils de diagnostic et le pont élévateur. C’est un modèle spécifique qui permet d’avoir le dessous bien dégagé pour descendre les batteries. À la Banque Populaire, on m’a indiqué après l’acceptation du dossier que j’aurais pu obtenir un montant supérieur ».
Tout n’a donc pas pu être acheté pour l’ouverture : « Mon crédit est trop juste pour que je puisse m’équiper de suite intégralement. J’ai par exemple bien une machine pour les pneus, mais pas encore celle pour les climatisations. Je peux déjà assurer toutes les révisions des constructeurs pour toutes les voitures électriques et hybrides, intervenir sur les freins, la suspension, ainsi que concernant les problèmes spécifiques aux chargeurs embarqués et aux batteries de traction ».
Nouveau parcours du combattant pour l’assurance : « Comme Revolte compte La Macif parmi ses partenaires, je les ai donc appelés, mais ils ne font pas les garages. En fait, garagiste spécialisé en véhicules électriques, c’est un métier qui n’existe pas pour beaucoup de structures auxquelles je dois avoir affaire. Pourtant on voit de plus en plus de VE sur le secteur de Poitiers. Au final, quinze jours après avoir reçu les clés du local, c’est un courtier qui a accepté de m’assurer, celui avec lequel travaille le propriétaire du site ».
Pour faire immatriculer auprès de l’administration un garage, « même s’il est spécialisé en électrique, il faudrait que j’ai un CAP de mécanique. Je vais l’obtenir grâce à une validation des acquis avec des cours du soir, et des applications sur une Volkswagen Golf I cabriolet que j’ai achetée pour ça. Comme ça va être assez long, afin d’immatriculer mon garage rapidement, j’ai embauché en CDD sur six mois un jeune de 23 ans. Il ne sait pas si l’électrique va lui plaire. Si c’est le cas, il pourra rester, sinon je connais quelqu’un qui prendrait sa suite ».


Et puis il y a le soutien de Revolte : « Comme je ne suis pas mécano de métier, ils me permettent de traduire certaines choses. Sur une panne de VE, je me fais d’abord ma propre idée. Ensuite je branche l’appareil qui va me dire à sa façon ce qui ne va pas : mais est-ce que ça correspond à mon propre diagnostic ? Documentant minutieusement les pannes, Revolte peut me le dire. Ils sont vraiment très efficaces et réactifs à travers l’application pour les garages branchés. J’ai toujours reçu une réponse dans la journée. C’est vraiment rassurant ».
Outre la Golf cabriolet, Mathieu a aussi acheté une ancienne voiture électrique : « Il s’agit d’une Nissan Leaf 24 kWh de 2012 avec environ 100 000 km au compteur, abandonnée sous des arbres. Son état de santé SoH n’est plus que de 40 %. Au mieux, pied léger et sans clim, son autonomie est d’à peine plus de 40 km. Avec 1 500 à 2 000 euros de modules en état, mon objectif est de lui refaire une certaine jeunesse. Ce qui permettra de montrer mon savoir-faire et de disposer d’une voiture de courtoisie pour les clients ».
Les premiers qui se sont présentés au Garage Forever montrent déjà une grande diversité dans les demandes : « Pour sa Citroën ë-C4 à vendre, mon tout premier client voulait le SoH de la batterie et vérifier s’il y avait des défauts en cours. Mais rien de grave ni de récent à 108 000 km, et l’état de santé du pack était à 91 %. Elle est partie de suite à 14 000 euros. Dans un premier temps, elle avait même été proposée à 11 000 euros. Le client a révisé son prix en raison du grand nombre d’appels qu’il avait reçus ».
Tarif forfaitaire chez notre lecteur pour la prise du SoH : « Selon les VE, l’opération peut prendre 5 minutes comme 25, en fonction de ce qu’il peut y avoir à démonter. Comme je sais que c’est une opération qui peut m’attirer des clients, j’ai décidé de la facturer forfaitairement 84 euros. Pour comparaison, Citroën peut demander 150 euros, et Volkswagen jusqu’à 250 en fonction du modèle ».
La deuxième demande semblait être simple à satisfaire : « En raison d’une autonomie trop réduite sur sa Citroën C-Zero, un autre client voulait remplacer la batterie par celle d’une plus récente écrasée par un arbre. Il m’a fallu du temps et l’aide de Revolte pour comprendre pourquoi mon appareil ne voulait pas accepter l’opération : il y a dix modules avec chacun huit cellules dans la première batterie, mais deux modules et huit cellules de plus dans l’autre. Ça demanderait une reprogrammation du calculateur sans garantie que ça fonctionne, et ne serait pas légal ».
Autre problème de C-Zero pour un troisième client : « À la suite d’un souci de décharge lente, il a fallu remplacer sur celle-là la batterie 12 V. Mais depuis, même si la voiture roule, impossible de recharger le pack lithium. J’ai une liste de codes qui ne me permettent pas de résoudre le problème. D’après les éléments que j’ai transmis, Revolte pense ne pas avoir rencontré ce cas. On va poursuivre les recherches. Sur un VE, 90 % des pannes sont en rapport avec la batterie 12 V ».
Quand on débute, l’aide d’un garage spécialisé VE ouvert depuis des années est précieuse : « Ce qui m’a un peu dérouté pour remplacer une pompe à eau sur une Zoé, c’est le nom que lui donne Renault : ‘Pompe à eau de roulage’. Cet élément doit impérativement être changé au bout de 10 000 heures de fonctionnement, défaillant ou pas. Une fois l’opération faite, il faut faire le lien entre la pompe et le calculateur, sinon elle n’est pas reconnue ».
Mathieu a pensé à plusieurs pistes pour diversifier les activités de son établissement : « Depuis des années, je suis formateur pour l’habilitation électrique B2V des professionnels. J’adore ce métier et je veux continuer à l’exercer. Cette habilitation est nécessaire aux électriciens pour installer une borne de recharge, poser des panneaux photovoltaïques, intervenir sur le tableau électrique d’une maison, et même pour remplacer une simple prise dans un hôtel. Un mécanicien dans un garage classique doit aussi l’avoir pour remplacer des amortisseurs sur un VE ».
De petits modules de 30 ou 60 minutes sont aussi déjà proposés pour les électromobilistes : « Le premier permet aux automobilistes de mieux comprendre ce qu’est une voiture électrique et comment bien choisir son modèle. L’idée est d’éviter par exemple que quelqu’un prenne une Renault Twingo dépourvue de la recharge rapide s’il pense avoir à utiliser sa voiture aussi pour de longs trajets. Avec le deuxième module, l’idée est de dire ce que la plupart des vendeurs omettent : le préconditionnement de la batterie, le rapidgate, l’écoconduite ».
Cette deuxième proposition comprend aussi des conseils pour optimiser les longs trajets : « J’ai l’exemple d’une conductrice en DS 3 E-Tense qui, pour un déplacement Poitiers-Paris par l’autoroute, a fait quatre arrêts de 20 minutes, payant 35 euros d’énergie. Elle faisait des recharges de 40 à 90 %. Pour son retour, je l’ai invitée à viser le 10-15 % pour s’arrêter à une borne. Finalement elle n’a fait que trois pauses, a dépensé 18 euros, et a même gagné un quart d’heure sur le temps de trajet ».
Le dernier module se veut plus poussé : « Il touche à l’entretien, par exemple avec quelques conseils sur les freins pour les conserver en bon état de fonctionnement, les niveaux à contrôler même si on pense que ce n’est pas nécessaire sur un VE, et ce qu’il est recommandé de faire en fonction du kilométrage du véhicule. Pour chaque module, j’ai pensé à un tarif abordable de 50 euros, ou 100 pour les trois ».
Aujourd’hui, Garage Forever dispose d’une borne de recharge 22 kW AC : « Elle va me servir pour effectuer des tests, mais aussi pour que les clients retrouvent leur voiture avec une bonne autonomie après une intervention. Suite au remplacement d’une pièce, je peux être amené à effectuer un essai sur la route. Plus tard, je pense proposer la recharge rapide. Mais la borne sera installée de l’autre côté du portail pour un accès à toutes heures ».
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Témoignage : « J’ai pris cet utilitaire électrique pour qu’il me dure 10 ans et 500 000 km »Il y a le rétrofit aussi : « Le département de la Vienne est celui où il y a le plus de voitures anciennes. J’aime bien ces voitures. Je suis d’ailleurs trahi par mon choix de cette Golf I cabriolet pour décrocher mon CAP de mécanique. Déjà des collectionneurs s’inquiètent et viennent me voir. L’un, par exemple, s’est aperçu qu’il est de plus en plus difficile de trouver des pièces pour sa Triumph Spitfire. Il a peur ne plus pouvoir en avoir dans cinq ou dix ans. D’où l’idée de la passer à l’électrique afin de continuer à rouler avec ».

Mathieu espère pouvoir proposer ce type de transformation dans quelques années. En attendant, il le fait déjà avec des deux-roues : « J’ai un partenariat avec Noil, dont j’ai le kit de présentation composé d’un Solex et d’un Peugeot 103 restaurés complètement et convertis à l’électrique. Derrière cette entreprise, il y a déjà une belle communauté qui va me ramener des clients. Plusieurs de mes fournisseurs ont déjà essayé ces deux-roues, parfois très dubitatifs au départ. Mais ils sont tous revenus avec le sourire après avoir effectué un tour du parking. Ces modèles bénéficient d’un véritable capital sympathie ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Mathieu pour son excellent accueil à nouveau, le temps pris à répondre à nos questions, et son très intéressant témoignage qu’il nous a proposé.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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Bon courage à lui, mais pour le retrofit, c'est verrouillé par quelques " gros " ( méhari club de Cassis etc ...), et les simples artisans ne sont visiblement pas concernés, avec des cahiers des charges d'homologation, impossible à amortir sur un modèle isolé...
On retrouve la la magouille habituelle entre la Dreal ( ex mines) qui fait tout pour décourager les homologations à titre isolé, er quelques gros avec un cahier des charges d'enfer, qui fait que cela leur réserve le marché, et ne concerne que quelques modèles homologués, les autres étant ...illégaux pour circuler sur la voie publique !!!