Témoignage – Après deux Renault Mégane électriques neuves, voilà pourquoi ce couple est passé à deux Tesla d'occasion

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Les Tesla Model Y et Model 3 de Benjamin
Les Tesla Model Y et Model 3 de Benjamin

Pour ses déplacements personnels et professionnels, Benjamin peut parcourir jusqu’à 50 000 km à l’année avec sa Tesla Model Y. Pendant ce temps, son conjoint roule 25 000 km en Model 3. Ce témoignage livre une intéressante comparaison avec les Renault Mégane E-Tech, premières voitures électriques du foyer achetées en même temps et qui ont laissé un très bon souvenir globalement… si l’on fait l’impasse sur les problèmes de jeunesse.

La promotion professionnelle qui a tout changé

À 37 ans, Benjamin, Calaisien, a pris l’habitude de choisir des voitures plaisantes à conduire, en particulier pour les longs trajets : « J’ai toujours aimé les modèles avec un gros moteur. Après mes Audi RS3 et Golf GTI, j’avais une Seat Leon Cupra de 300 chevaux. Quand j’ai reçu une promotion, on m’a bien prévenu que j’allais devoir rouler beaucoup pour le travail, de l’ordre de 35 000 km par an pour me rendre au bureau, visiter la clientèle, me déplacer sur des salons, ou venir à des réunions par exemple à Nantes [NDLR : à environ 600 km]. Sans compter mes déplacements personnels ».

Ce qui a beaucoup fait réfléchir notre lecteur : « En cinq ans, ma Seat Leon Cupra avait déjà pris 170 000 km au compteur. C’était beaucoup, et je ne m’imaginais pas lui en demander d’avantage. Et puis il y avait le côté financier. Fonctionnant à l’éthanol, cette voiture consommait en moyenne 15 l/100 km. N’était-ce pas le moment de passer à l’électrique ? Dans notre entourage, nous avions des amis en Renault Zoé et Tesla Model 3 qui se vantaient de rouler pour pas cher. En me renseignant beaucoup, il m’est apparu évident que ce serait un bon choix, d’autant plus que je suis assez technophile ».

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Un premier essai a vite enfoncé le clou : « C’était une Tesla Model 3 SR+. Elle accélérait moins fort que ma Seat Leon Cupra, mais ça marchait déjà très bien. L’ami qui me l’avait prêtée m’a assuré qu’il faisait le plein de la batterie de 55 kWh pour 7 euros. Ca m’a définitivement convaincu de passer à l’électrique. A l’époque, pour pouvoir bénéficier du bonus maximal de 7 000 euros, il fallait que le prix de la voiture électrique ne dépasse pas les 45 000. J’ai donc essayé plusieurs modèles entrant dans ce cadre ».

La Tesla Model 3 éliminée car devenue trop chère

Parmi les modèles essayés en plus par Benjamin, il y a eu les Hyundai Ioniq 5 et Kona, Kia e-Niro, Volkswagen ID. 3, et Renault Megane E-Tech : « Je me suis tout de même décidé pour la Tesla Model 3. Mais quand j’ai voulu la commander en juin 2022, son prix était passé à 50 000 euros, l’écartant du bonus. J’ai même fait le déplacement au Tesla Center près de Lille où l’on m’a confirmé que les tarifs avaient été revus juste trois jours auparavant. Dans ce cas, une LOA pour 30 000 km par an était devenue prohibitive. J’ai donc abandonné ce modèle ».

Le projet a été revu : « Roulant lui aussi beaucoup avec sa Volkswagen Golf 7 TDI, de l’ordre de 25 000 km par an, mon conjoint aime beaucoup faire des tableaux Excel. Il a aussi remarqué que ce serait plus économique pour lui d’avoir une électrique. De mon côté, je claquais 600 euros en carburant, et lui 300, en plus des remboursements de 450 euros pour son crédit. Nous nous sommes dits que nous pourrions faire bien autre chose de cet argent. Nous avions alors l’habitude d’acheter nos voitures que nous conservions entre quatre et cinq ans ».

Changement de modèle : « Notre deuxième choix était la Renault Megane E-Tech. En ressenti, elle était un peu en dessous de la Model 3, mais nous avons été bluffés par la présentation de l’intérieur. Il y a eu pour nous un véritable effet ‘waouh !’. Pour ce choix, nous nous sommes aussi appuyés sur la satisfaction des amis qui roulent en Zoé. Nous nous sommes dit que nous ne devrions pas avoir de problèmes chez Renault. Pour les deux Megane, nous avons fait le choix d’une LOA sur quatre ans et 120 000 km en tout. Sur les plus courtes durées, c’était trop cher ».

Dès le lendemain un long déplacement

Les deux Renault Megane n’avaient pas la même couleur : « Reçue le 5 août 2026, la mienne était gris rafale, alors que celle de mon conjoint était noire, livrée quelques semaines après. Mais toutes les deux étaient en version Iconic Super Charge. Comme je roule davantage, nous avions prévu de switcher entre les deux voitures quand la mienne aurait trop de kilomètres. On nous avait promis le pré-conditionnement de la batterie à la concession, que c’était de série, et d’ailleurs c’était écrit dans la brochure. Ce n’était malheureusement pas le cas à la livraison ».

Pour Benjamin qui roule beaucoup et a besoin de recharger souvent en itinérance sur des bornes rapides, c’était plutôt la tuile : « On nous a alors dit que c’était une erreur de com, et que nos exemplaires — parmi les premiers produits – étaient dépourvus de cette fonctionnalité. Renault n’a pas voulu les reprendre et nous en attribuer de nouvelles avec le pré-conditionnement de la batterie. C’est à cause de cela que nous sommes ressortis mitigés de notre expérience avec nos Megane électriques ».

Cette affaire n’efface pas toutes les satisfactions vécues : « Le 6 août 2022, soit le lendemain de la livraison de ma Megane, nous devions aller voir des amis à Düsseldorf en Allemagne depuis Boulogne-sur-Mer, à environ 450 km. Allions nous prendre la Golf de mon conjoint ou tester tout de suite un long trajet avec la Megane ? Nous avons décidé de nous y mettre au plus vite et n’avons rencontré aucun souci. J’avais cinq ou six badges de recharge avec moi et un abonnement chez Ionity. Au planificateur, j’avais demandé de privilégier les stations de ce réseau et celles de Fastned ».

Jusqu’à 1 300 km à la journée

De très bonnes surprises pour la recharge lors de ce premier long voyage : « Avec les applications Ionity et Fastned, ça s’est fait tout seul dans les stations. Avant de partir, j’avais regardé des vidéos sur YouTube pour que tout se passe bien. A Düsseldorf, nous avons rechargé sur des bornes AC 22 kW dans un parking souterrain. Seul le badge ChargePoint a fonctionné, mais notre compte n’a jamais été débité. Pourtant c’était bien payant, avec un kilowattheure à 0,60 euro. Finalement, nous avons rechargé là gratuitement pendant trois jours ».

En Allemagne, la Renault Megane électrique a bien attiré les regards : « C’était la première que les gens voyaient. En plus, des Français qui arrivaient du nord de la France en électrique en 2022, ça faisait venir à nous pas mal de monde. Alors que nous n’avions mis que 45 minutes de plus qu’avec une thermique, beaucoup pensaient qu’on avait mis deux jours pour rejoindre Düsseldorf. Et le design de la voiture a beaucoup séduit. « À Calais aussi, où l’on ne voyait en électrique que les voitures du Conseil général, on a eu beaucoup d’interactions ».

La Renault Megane E-Tech de Benjamin
La Renault Megane E-Tech de Benjamin

Les Megane de notre lecteur et de son compagnon ont pas mal voyagé : « Avec, nous sommes allés à Caen, Perpignan, Toulouse Montpellier, et Nantes dans la journée, ainsi qu’à l’étranger. En Angleterre, par exemple, nous avons rejoint Londres, Birmingham et Canterbury. Nous n’avons jamais rencontré de souci à la recharge, ni d’attente. Ah, si, une fois, à peine cinq minutes en allant à Montpellier. Nous n’avons vraiment pas vécu ce qui était parfois montré à la télé, alors qu’il nous est arrivé de voyager des jours de grands départs ».

Fins de LOA anticipées d’un an

Ces toutes premières Renault Megane électriques ont toutefois connu bien des passages à l’atelier la première année : « La mienne y est passée 10 fois, et l’autre 15. Ça a commencé au bout de 6 000 km pour l’une et 15 000 km pour l’autre avec des problèmes d’amortisseurs et leurs coupelles. Ça faisait des grincements et des claquements. Il y a d’ailleurs eu un rappel de Renault ensuite. Le loquet de la trappe de recharge a cassé sur les deux Megane a chaque fois un jour où il faisait froid. Et plein de bugs du système logiciel. C’était frustrant et décevant pour des voitures très récentes. Les phares adaptatifs ont même été remplacés sur la mienne ».

Ce n’est pourtant pas pour cela que le contrat de LOA a été rompu un an avant terme pour ces deux voitures : « Malgré tous les passages à l’atelier, nous étions contents de nos Megane. Mais elles avaient toutes les deux dépassé les 100 000 km. Alors nous les avons rachetées, puis revendues directement derrière, moins chères, mais ce n’était rien à côté des milliers d’euros économisés sur la durée par rapport à des thermiques. L’état de santé SoH de la batterie était à 94 % pour l’une et 93 % pour l’autre, avec pourtant beaucoup de recharges rapides ».

Dans le détail : « A 103 000 km, la mienne a été vendue 18 000 euros, après un rachat de fin de LOA à 21 500. Celle de mon conjoint affichait 101 000 km, racheté 21 800 et revendue dans la foulée 18 500 euros. C’est déjà beaucoup mieux que les 15 000 que les concessions Renault nous proposaient. Les rachats se sont effectués simplement, mais ça a été un peu long. En février 2026, quand nous avons revendu ces voitures, le prix des carburants commençait à grimper. Les deux Megane électriques ont été vendues en pas plus de trois semaines ».

C’est parti pour 350 000 km avec les 2 Tesla

Benjamin s’est sommairement intéressé aux nouveaux modèles électriques arrivés sur le marché : « J’ai regardé du côté de Xpeng, BYD, Skoda et Volkswagen. Mais en raison de notre expérience en demi-teinte avec les Megane, nous avons décidé de revenir à notre choix initial : Tesla. Terminée la LOA, au profit d’achats en occasion qui ne poseront plus de problèmes de dépassement du kilométrage prévu par contrat. J’ai acheté 34 000 euros le 21 février 2026 un Model Y Propulsion de 2024 et 30 070 km au compteur, équipé des batteries Blade de BYD. Il a l’EAP et une attache remorque qui nous permet d’emporter avec nous nos vélos. Son compteur arrive maintenant à 60 000 km ».

L’autre véhicule est moins récent et plus kilométré : « C’est la seconde voiture du foyer, et c’est une Model 3 Standard de 2022, avec 110 000 km à l’achat, payée 23 000 euros en mars. Ce sont toutes les deux des occasions certifiées de Tesla. Le bon SoH des Megane après plus de 100 000 km et bien des recharges rapides nous a donné pleinement confiance dans l’électrique. Et puis nous avons autour de nous des personnes très contentes avec des Tesla fortement kilométrées. Ainsi un chauffeur VTC qui a une Model S avec déjà plus de 500 000 km et un Model X avec 350 000 ».

Il n’y a pas que sur l’énergie que les VE permettent de réaliser des économies : « Sur l’entretien aussi. Chez Renault, les révisions coûtaient 250 euros, ce qui n’est pas excessif. Mais elles revenaient tous les ans ou 30 000 km. C’est plus tranquille avec Tesla : il n’y a pas cette obligation de maintenance. Ce qui ne veut toutefois pas dire qu’il ne faut pas entretenir les modèles de la marque, contrairement à ce que beaucoup pensent. Nous avons décidé de conserver ces deux voitures le plus longtemps possible, espérant bien aller au moins jusque 300 000 à 350 000 km ».

Plus économiques que les Megane

Le Tesla Model Y connaît aussi une utilisation assez intensive : « En quinze jours, nous avons parcouru 4 000 km malgré la petite batterie de 60 kWh, rejoignant, depuis Calais : Fréjus, puis Megève, avant de revenir. On en est vraiment super contents. C’est un level au-dessus de Renault. Il n’y a pas de leds d’ambiance, certes, mais c’est une expérience complètement différente. Tout se fait sur l’écran, et tout tombe bien sous la main. Avec la Megane, nous avions Apple CarPlay en permanence. Ce n’est pas possible avec les Tesla, mais ça ne nous manque pas, car c’est bien fait, bien géré ».

Benjamin pense aussi au calculateur : « Il est extrêmement précis, recalculant l’autonomie restante en permanence en fonction de l’utilisation réelle. C’était déjà très bien fait avec les Megane, précises à 5 % près. Je n’avais jamais eu de marques françaises avant, et j’ai vraiment été bluffé par ce que propose Renault aujourd’hui. Avec les Tesla, on est encore plus contents, et en particulier de l’efficience. Sur de longues distances avec de l’autoroute, on est à 18-19 kWh/100 km, contre 21 avec la Megane. Pour les trajets du quotidien, c’est 16 kWh alors qu’on était à 18 avec la Renault. La Tesla est donc plus économique ».

Notre lecteur apprécie aussi beaucoup les mises à jour régulières : « Certains matins, on a l’impression d’avoir une autre voiture. Là, par exemple, on vient de recevoir la mise à jour d’Halloween : c’est marrant ! Le fond d’écran représente un cimetière avec un manoir. Quand on la verrouille, la voiture émet un bruit de fantôme. Et avec le mode sentinelle, ceux qui s’approchent sont accueillis avec des hurlements. C’est le côté fun de ces voitures. Le Model Y est également fun à conduire, et tient bien la route pour une grosse voiture en propulsion. Mon seul reproche va au rayon de braquage pour la ville et dans les parkings souterrains ».

Et après ?

Aujourd’hui, Benjamin ne voit pas du tout par quoi il pourra ensuite remplacer les deux Tesla du foyer : « Ce n’est bien sûr pas pour tout de suite, certainement pas avant 2031 ou 2032. Là, je dirais qu’on resterait chez Tesla, suivant l’évolution de la marque. J’ai un ami qui, pour son travail, a dû rendre sa Tesla pour un Mercedes GLB pourtant sous 800 V. Il aimerait bien revenir à un Tesla qu’il trouve plus fun et avec un toucher de route excellent. Certes, la suspension est ferme, mais ce n’est pas inconfortable. C’est à l’image des BMW et Volkswagen ».

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Déjà du temps des Renault Megane, les deux voitures pouvaient être rechargées en même temps à la maison : « Nous avons une prise renforcée Green’Up et une borne 7 kW en monophasé. Notre consommation domestique annuelle est d’environ 35 000 kWh par an, dont 70 % en heures creuses. Aujourd’hui, pour nous, l’abonnement Tempo d’EDF est ce qui reste le plus intéressant ».

Notre lecteur a toutefois un projet qui viendra changer la donne : « J’espère pour l’année prochaine. Nous pensons faire installer sur le toit de notre maison pour 9 kW crête de panneaux photovoltaïques avec une batterie de stockage. Ce sera un Powerwall Tesla ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Benjamin pour son excellent accueil, sa grande réactivité et son témoignage très riche proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Une des originalités de ce témoignage est d'avoir voulu prendre pour le couple deux voitures électriques quasiment identiques pouvant être échangées en fonction des kilomètres parcourus. On retrouve un peu moins cette idée avec les Tesla, en particulier parce que la contrainte de la LOA a disparu. On sent nettement la progression pour parvenir au final au meilleur équilibre pour la mobilité de chacun. Ce qui est aussi appréciable, c'est de relativiser les défauts de jeunesse des Megane pour en conserver surtout le souvenir de bonnes voitures parfaitement capables d'effectuer des déplacements de plus de 500 et même 1 000 km à la journée. Au final, ce modèle électrique de Renault n'est pas rabaissé devant les Tesla. Il est juste différent, et chaque marque propose des VE qui tiennent bien la route et la comparaison. Toutefois, quelque chose me gêne beaucoup. Si ces Megane ont été vendues avec l'assurance d'être dotées du pré-conditionnement de la batterie et que c'était même indiqué dans les brochures : erreur de com ou pas, le constructeur aurait dû assumer ! D'autant plus que pour Benjamin qui allait multiplier les longs trajets, cette fonctionnalité n'était pas un gadget.

Philippe SCHWOERER

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