Témoignage – Deux Renault Megane électriques au même prix : voilà pourquoi Fabrice a choisi celle avec 22 000 km de plus

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La Renault Megane E-Tech de Fabrice
La Renault Megane E-Tech de Fabrice

Même modèle, même couleur, même finition, mêmes options, même année de mise en circulation, même état de santé SoH, et même prix de vente affiché… Pourtant Fabrice a choisi de prendre la Renault Megane électrique de 22 000 km plus utilisée que l’autre. Elle a marqué le retour au foyer d’une électrique après une coupure de quelques années en raison d’une première expérience en demi-teinte. C’était avec une Peugeot e-208 qui était venue remplacer la voiture principale du foyer : une 308 diesel.

Premier VE en 2020

Comme beaucoup de nos lecteurs, Fabrice, géomètre de bientôt 50 ans dans les environs de Caen en Normandie, s’est intéressé aux actualités de l’électromobilité bien avant d’acquérir sa première voiture branchée : « Ça a démarré en 2013 avec les premières livraisons en France de la Model S de Tesla. Il n’y avait alors pas beaucoup de médias qui s’y intéressaient. En 2018, j’ai suivi d’encore plus près les informations autour des véhicules électriques. C’est à partir de là que j’ai par exemple commencé à lire les articles d’Automobile Propre ».

L’achat d’un premier VE a suivi deux ans après : « C’était en 2020, à la fin d’un épisode de confinement. À l’époque, entre le bonus environnemental à 7 000 euros, la prime à la casse à 5 000, et une aide de la région pour 1 000 euros, ça nous a fait un total de 13 000 euros pour passer à l’électrique. En bénéficiant d’un geste commercial supplémentaire d’une concession Peugeot, nous avons acheté neuve une e-208 pour environ 21 000 euros. Avec le vendeur, l’expérience a été un peu compliquée car il en connaissait moins que moi sur ce modèle ».

Ce manque de connaissance de la part du commercial a été un premier point décevant : « À cause de cela, il y a pas mal d’infos que nous n’avons pas eues, en particulier concernant la recharge. Un exemple tout bête : on nous avait offert une Green’Up à la livraison de la Peugeot e-208, mais on ne nous avait pas dit que, même si cette prise est prévue pour le 16 A, le boîtier de recharge, lui, limitait à 8 A. D’où de longues recharges. On n’a d’ailleurs pas fait monter ce connecteur renforcé, branchant notre VE sur une prise domestique classique ».

Problème de chiffres

Un autre élément a manqué avec cette première voiture électrique : « Il n’y avait pas de câble pour utiliser la prise Type 2 des bornes. Notre expérience aurait été bien meilleure s’il avait été également fourni avec le véhicule. Assez rapidement après l’achat, nous avons rencontré une première panne : impossible de recharger. Une simple mise à jour de logiciel a suffi, mais notre Peugeot e-208 a été immobilisée pendant quatre jours. En dehors de ça, c’était une voiture très agréable à conduire. J’ai pris beaucoup de plaisir à son volant, préférant exploiter ses performances sur les petites routes ».

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Ce qui est à l’origine de la déception de Fabrice et sa femme concernant cette polyvalente électrique, c’est une histoire d’autonomie : « Cette e-208 embarquait une batterie d’une capacité énergétique de 50 kWh [NDLR : Dont 46,3 kWh utiles]. Nous avions une consommation moyenne de l’ordre de 15 kWh/100 km, mais jamais il nous a été possible d’atteindre les 300 km sans devoir recharger. En faisant les calculs sur le papier entre la capacité du pack et la consommation, on aurait dû pouvoir parcourir cette distance. Mais on a toujours constaté un écart de 15 à 20 % ».

Pour le géomètre, il ne pouvait y avoir que deux explications : « Soit les chiffres de la consommation remontés par le véhicule étaient faux, soit c’est la capacité énergétique de la batterie qui n’était pas bonne. Nous sommes allés chez Peugeot pour ce problème. Au début, on n’a pas voulu nous donner un état de santé de la batterie. Ça a finalement été fait à la fin, mais on nous a livré une série de chiffres incompréhensibles. Ayant perdu la confiance à cause de cela, et après 35 000 km parcourus, nous avons revendu cette voiture un an plus tard, au prix que nous l’avions achetée ».

Retour au diesel pour quelques années

Fabrice ne s’est pas décidé à la légère de se séparer de la Peugeot e-208 : « Auparavant, j’ai comparé avec un Hyundai Kona que nous avons pu longuement essayer. Avec lui, le calcul était bon, et nous arrivions bien à dépasser les 400 km sur une recharge avec une consommation du même ordre, pour une batterie de 64 kWh de capacité utile. C’est toutefois un modèle que nous n’aurions pas pris car hors de notre portée financière, y compris en occasion, et ma femme ne l’a pas trop apprécié, préférant nettement la e-208 ».

L’épouse de notre lecteur ne voulait de toute façon plus de voiture électrique en 2021 : « Par deux fois elle a connu un problème de recharge juste avant un déplacement important, et à ce moment-là il était encore souvent assez compliqué de trouver des chargeurs sur les trajets. Utilisée au quotidien par ma femme, cette Peugeot e-208 était aussi notre voiture principale. Pour de petits déplacements et les vacances, il y avait un vieux Renault Espace diesel que nous avons encore aujourd’hui. Et je dispose d’une voiture de service pour mes seuls déplacements professionnels ».

Quel modèle pour remplacer la Peugeot e-208 ? « Nous avons pris une DS 3 Crossback Diesel avec laquelle nous avons connu pas mal de soucis, notamment avec la courroie. Il n’y a pas que sur les moteurs essence PureTech 1,2 l. On a dû se bagarrer pas mal avec DS et perdre 3 000 euros dans l’affaire, le constructeur prenant tout de même 7 000 euros à sa charge. Pour nous, maintenant, Stellantis, c’est fini ! Heureusement, j’ai toujours suivi de près l’actualité des VE, surveillant les bonnes opportunités en occasion ».

Choix d’un VE plus adapté

Passage éclair d’une Hyundai Ioniq 5 dans le foyer normand : « Je l’avais trouvée d’occasion à un prix intéressant en finition haut de gamme Exclusive et avec la batterie de 73 kWh. C’est un modèle très bien placé pour la recharge rapide. Mais ma femme n’était pas à l’aise de la conduire, la trouvant trop grosse, avec un rayon de braquage trop grand. Nous ne l’avons conservée que quatre mois, le temps de parcourir tout de même 10 000 km. Revendue en février 2026 avant la montée des prix du pétrole, elle serait sans doute partie plus cher quelques mois plus tard ».

Plusieurs modèles plus compacts ont été ensuite envisagés : « Pour un budget de 20 000 euros, en occasion, dans un format proche et le même niveau d’autonomie, il y avait le Hyundai Kona déjà écarté, le Kia e-Niro et la Renault Megane E-Tech. Même si la conso est un peu moins bonne, j’ai préféré la française qui convenait aussi à ma femme. Nous l’avons achetée il y a peu, en août dernier, attendant de pouvoir revendre la DS 3 diesel, ce qui a été assez long. Mon épouse ayant changé de travail, avec 100 km à parcourir par jour, c’était devenu assez urgent ».

La Renault Megane E-Tech de Fabrice
La Renault Megane E-Tech de Fabrice

Fabrice avait l’embarras du choix : « J’avais deux exemplaires de Megane électrique en vue, de la même couleur bleu nocturne métallisé avec toit gris schiste, avec la même finition Techno, les mêmes options dont le chargeur 22 kW, le même état de santé SoH à 93 %, une mise en circulation en 2022, et un même prix de vente de 19 950 euros. L’une était à Guingamp et n’avait que 98 000 km, et celle à Caen affichait dans les 120 000. Cette dernière, en plus d’être beaucoup plus proche de chez nous, était disponible sous quinzaine, contre un délai à mi-septembre pour celle en Bretagne afin de la reconditionner ».

Ce qui a vraiment fait pencher la balance

C’est surtout une certaine offre de la concession de Caen qui a fait pencher la balance en faveur de la Megane électrique la plus kilométrée : « Il nous a été proposé une extension de garantie portant également sur la batterie de traction au-delà de la couverture habituelle. S’étendant sur six ans jusqu’en 2032, elle ne comporte aucune limite de kilométrage. Comme on roule beaucoup, on savait qu’on aurait atteint les 160 000 km qui constituent d’ordinaire une échéance à la garantie sur la batterie ».

La proposition n’est toutefois pas gratuite, liée à un financement : « Nous avons contracté auprès de Mobilize Financial Services France un prêt de 3 000 euros sur six ans. Nous remboursons 91 euros par mois, dont 40 pour l’extension de garantie. Vu les coûteux problèmes que nous avons rencontrés avec la DS 3 diesel, là, au moindre souci sur la Megane électrique notre effort financier serait amorti. Ma femme utilise cette voiture tous les jours, et nous avons déjà fait tourner le compteur de 4 500 km ».

Pour Fabrice, cette extension de garantie n’est pas insignifiante : « Avec elle, on n’a plus peur de prendre une voiture électrique d’occasion. Pour pouvoir la proposer, Renault doit forcément avoir confiance dans ses technologies et la durabilité de ses batteries. C’est pourquoi cette extension de garantie est rassurante pour nous. Je pense que nous allons garder cette voiture le plus longtemps possible, au moins jusqu’à la fin du contrat qui n’est pas cessible. On verra jusqu’où la Megane E-Tech nous emmènera ».

Un retour au VE très apprécié

Avec la nouvelle voiture électrique, notre lecteur a retrouvé une certaine sérénité : « Je prends davantage de plaisir à conduire la Mégane que notre ancienne DS 3 diesel. L’électrique offre plus de réactivité, plus de puissance, de bien meilleures reprises, avec une tenue de route renforcée par un centre de gravité plus bas. Et puis, grâce aux palettes au volant, il y a la possibilité de jouer avec la puissance du frein régénératif. Bref, une électrique normale donne beaucoup plus de plaisir de conduite qu’une thermique équivalente ».

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Vous souvenez-vous, chers lecteurs, de la Green’Up offerte par Peugeot ? « Comme nous avons construit un garage à notre maison individuelle, nous avons installé dedans cette prise renforcée qui est bien mieux exploitable avec notre Renault Megane électrique, grâce aussi à un câble de recharge plus adapté que j’ai acheté chez Mister EV. Arrivés un peu tardivement, en décalage par rapport à la livraison de notre voiture, nous avons dû aller recharger les trois ou quatre premières fois sur une borne rapide Electra, profitant d’un code promo d’un YouTubeur ».

Les 4 500 premiers kilomètres déjà réalisés ont permis de faire de premières économies : « À comparer avec une voiture consommant 5,5 l/100 km d’un gazole à 2,30 euros le litre, et en rechargeant la plus grande partie du temps aux heures creuses chez nous, nous avons déjà gagné 450 euros sur les frais d’énergie. L’autonomie de 300 km en réel est un peu chiche, imposant à ma femme de brancher la voiture tous les deux jours au rythme de ses trajets domicile-travail. Pour l’instant, le plus grand déplacement a été d’emmener notre fille à Rennes, soit 400 km aller-retour environ. Peut-être irons-nous au ski avec la Megane électrique cet hiver ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Fabrice pour son excellent accueil, sa grande réactivité et son témoignage proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Le parcours de la voiture principale de notre lecteur est assez original : diesel, puis électrique, retour au diesel, nouvelle courte tentative avec une électrique, puis choix d'un modèle plus adapté au couple qui espère le conserver longtemps. Une démarche par l'expérience qui rappelle un peu aussi la route de ceux qui sont passés un temps par l'hybride rechargeable. Au final, l'extension de garantie augmente le coût d'achat de la voiture de 2 880 euros, sans compter les intérêts du prêt. Mais, pour Fabrice, c'est le prix de la tranquillité pour effectuer annuellement de forts kilométrages avec une voiture électrique qui a déjà pas mal roulé dans sa première vie. Il sera très certainement intéressant de prendre des nouvelles de cette Renault Megane E-Tech dans cinq ans ou davantage. Prendre une voiture plus kilométrée qu'une autre n'est pas forcément une mauvaise idée. C'est aussi une question de traitement du véhicule. Cette histoire me fait penser à une anecdote vécue dans ma deuxième vie professionnelle. C'était en 1986, j'avais acheté pour 29 000 francs une Renault 11 diesel société avec 100 000 km au compteur. Un collègue était persuadé que j'avais fait une mauvaise affaire car lui venait de prendre exactement le même modèle, mais avec seulement 60 000 km. Mais il l'avait payé tout de même 3 000 francs de plus. Finalement, il a claqué le moteur au bout de quelques mois et milliers de kilomètres, alors que j'ai revendu la mienne à 170 000 avec un moteur en pleine forme. Acheter une voiture restera toujours une loterie, neuve comme d'occasion, avec peu ou beaucoup de kilomètres, âgée ou pas, électrique ou thermique.

Philippe SCHWOERER

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