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Électromobiliste depuis 2019, Thierry a profité de sa retraite pour réaliser un rêve d’enfant : traverser l’Europe avec sa voiture électrique. Avec son fils de 9 ans, il a rallié l’Estonie depuis le Loiret au volant de sa Peugeot e-208 de 2020, sans péage, sans hôtel réservé ni planificateur. Carnet de recharges à l’appui, il démontre que sa citadine à « petite » batterie peut avaler 1 000 km par jour, pour un coût de seulement 6,40 € aux 100 km.
Thierry vit à Saint-Père-sur-Loire dans le Loiret, entre Gien et Orléans. Avant la retraite, il était cariste grande hauteur dans une entreprise pharmaceutique, et manœuvrait des palettes jusqu’à 14 mètres. « Ça me vient de mon adolescence avec les jeux vidéo, j’ai acquis une bonne dextérité. Ça me plaisait de conduire un tas d’engins », sourit-il.
Pendant 16 ans, il a roulé en Peugeot 307 thermique avant de devenir électromobiliste en 2019 avec une drôle de voiture : une ancienne Bluecar, rachetée 5 000 euros et qu’il possède toujours. Pour rappel, ces citadines issues du service Autolib’ ont été revendues à prix cassé après l’arrêt de l’autopartage parisien. « Elle est bourrée de défauts, mais comment dire, très rock’n’roll », résume-t-il, citant son avertisseur piéton « Cigales » et sa direction assistée « City » qui permet de se garer d’un doigt.
Conquis, il passe un an plus tard à une Peugeot e-208 neuve de 2020, pour assurer ses 74 km quotidiens de trajet domicile-travail. Pourquoi ce modèle ? « C’était une des premières à proposer la charge rapide », explique-t-il. Grâce à la reprise et aux aides, la facture tombe à 23 000 euros, pour une citadine rouge à toit panoramique. Vendue ! Thierry la surnomme le « speeder » de Luke Skywalker, même s’il reconnaît que les roues touchent encore le sol. Couplé à un « tir groupé » avec l’installation d’une pompe à chaleur à son domicile, ce passage du foyer à l’électrique a fait fondre sa facture énergétique annuelle de 5 000 à 2 000 euros environ pour les postes chauffage et carburant. Quand il ne profite pas des quelque bornes gratuites des environs, il charge généralement à la maison.
Thierry connaît bien les pays baltes, où il a déjà passé ses vacances par le passé. Mais jusqu’ici, il s’y rendait en avion : « C’est une journée de voyage, c’est fatigant, il faut louer une voiture sur place… Maintenant que j’ai le temps, je me suis dit que j’allais essayer d’y aller par la route. Comme ça, on a sur place sa propre voiture. » Le train, qu’il adore, ne va pas partout. Et le thermique ne le tentait pas pour une telle distance : « Les longs trajets en thermique, au bout de 600 bornes, c’est fatigant. En électrique, j’ai découvert que c’était plus confortable. »
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Témoignage – Plus jamais ! Laurent a été dégouté des voitures électriques par sa TeslaLe 17 juillet 2026, il entre donc la destination finale de son voyage dans le GPS TomTom de sa 208. L’adresse ne bougera plus jusqu’en Estonie, en passant par l’Allemagne, la Pologne, la Lituanie et la Lettonie. La règle qu’il s’était fixée est simple : aucun péage, aucun hôtel réservé et aucun planificateur. « L’aventure totale », s’amuse-t-il. Les applications de planification lui répétaient que la destination était trop lointaine. Il en ferait plus pour décourager notre lecteur qui a pris l’habitude de trouver la borne suivante à chaque arrêt recharge, avec son téléphone comme second GPS.
À bord, son fils de 9 ans fait figure de copilote modèle. « Il a très bien réagi avec sa tablette. Il y a des périodes de sommeil, et comme on s’arrête pour recharger, on voit deux ou trois magasins aux alentours, on mange… Pour lui, l


e plus fatigant, c’était son siège enfant », raconte le père qui regrette de ne pas avoir opté pour un rehausseur.
La première nuit se passe dans un hôtel B&B en Allemagne, avant un départ à 5 heures du matin en direction de la Pologne. Arrivés le soir à Zielonka, la gérante de leur petit hôtel leur réserve un accueil inoubliable. Elle leur offre dîner et petit-déjeuner, puis leur remet un sac de nourriture pour la route. Selon Thierry, elle était « visiblement très heureuse de nous voir faire ce voyage ».
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Témoignage – Les vacances de Kevin : un roadtrip de 3 400 km avec sa MG 4 !Sur le papier, l’e-208 de Thierry n’a rien d’une grande routière. Sa batterie de 50 kWh bruts (46,3 kWh utiles) lui offre environ 300 km en usage réel. Mais cela ne décourage pas notre voyageur dont la méthode est bien rodée : une recharge toutes les trois heures approximativement, le temps de manger et de se dégourdir les jambes. « Mon truc, c’est de repartir avec plus de 250 kilomètres d’autonomie. Parfois je rechargeais à 80 %, parfois plus. Le 100 %, c’était uniquement quand j’étais en train de manger », détaille-t-il. Il lui fallait en général 25 à 35 minutes pour remonter jusqu’au niveau souhaité.
La courbe de recharge ne l’a jamais trahi, même après plusieurs sessions rapides dans la même journée. « Je n’ai pas vu de baisse de puissance. En Allemagne et en Pologne, j’ai réussi à monter jusqu’à 85 kW », précise-t-il. Sa voiture ne dispose pourtant d’aucune fonction de pré-conditionnement de la batterie.
Pour ménager l’autonomie, Thierry ne dépasse pas 110 km/h, même sur les longues portions allemandes sans limitation de vitesse. Il décrit ces sections en béton comme « une catastrophe », sur lesquelles il avait « l’impression d’imiter le fameux chien de la plage arrière ». Les nombreux chantiers rencontrés l’ont souvent contraint à ralentir. Arrivé en Estonie, l’ordinateur de bord affichait une moyenne très honorable de 13,6 kWh/100 km.
Le dernier jour, il reste encore 1 000 km à parcourir depuis la Pologne jusqu’à Sillamäe. Au total, il lui aura fallu une trentaine d’heures de route pour parcourir les 2 900 km de l’aller. « 1 000 km par jour, on a fait fort, mais en voiture électrique, sans les vibrations d’un moteur, c’est facile et pas fatigant. Je ne me suis même pas assoupi au volant », assure-t-il. Il salue aussi le régulateur de vitesse, « le maintien dans la voie façon Jedi », et le confort des sièges.
C’est la grande leçon du voyage. « En France, faire jouer la concurrence, c’est un jeu. Comme on a ce qu’il faut en réseaux, c’est bien. Ailleurs, ce n’est plus pareil, vous êtes obligé de prendre ce qu’il y a », constate Thierry. Côté français, son abonnement Electra à 5 euros par mois lui garantit le kilowattheure à 0,29 euro. En Allemagne et en Pologne, les tarifs dépassent généralement 0,60 euro, et chercher moins cher ne sert pas à grand-chose : « Ça va varier de 2 à 3 centimes. On dirait que tout le monde se cale sur les autres aux alentours. »
Les deux pays ne se ressemblent pas pour autant. En Allemagne, les bornes sont faciles à trouver juste à la sortie des grands axes. En Pologne, il faut souvent s’enfoncer dans une petite ville, jusqu’au parking d’un commerce. « Ça ressemble à la France en 2021 », juge Thierry, qui regrette aussi de trop grandes distances entre les stations Tesla vers l’est. Les Superchargeurs, désormais ouverts aux autres marques, lui ont pourtant sauvé la mise plusieurs fois. Une seule borne l’a déçu : un chargeur rapide Lidl en Pologne, bon marché mais si lent qu’il a préféré changer de station après moins de 4 kWh.
Les pays baltes, eux, l’ont enchanté, avec de belles routes et des bornes dans les stations-service et les commerces. En Estonie, la carte de l’opérateur local Enefit fait chuter le prix du kilowattheure à 0,27 euro. Sa première carte de l’opérateur, obtenue lors d’un précédent voyage, n’était plus valable. Il a donc créé sur place un nouveau compte en anglais via l’application, en donnant l’adresse de son logement, et reçu la carte deux jours plus tard. Petite surprise sur place : l’application Peugeot, qui réclame une actualisation à chaque fois en France, affichait en Estonie le pourcentage de charge en temps réel.
Cette carte Enefit explique pourquoi le retour a coûté moins cher que l’aller. « À l’aller, j’étais obligé de m’arrêter chez Tesla. Au retour, j’ai davantage pris les bornes locales », résume-t-il. Voici le carnet de recharges minutieux tenu par Thierry, qui a accepté de le partager à nos lecteurs.
Aller, du 17 au 19 juillet 2026 (environ 2 900 km)
| Date | Opérateur et lieu | Pays | kWh | Prix (€) | €/kWh |
|---|---|---|---|---|---|
| 17/07 | Electra Saint-Dizier | France | 37,70 | 10,92 | 0,29 |
| 17/07 | Electra Chemnitz | Allemagne | 39,60 | 13,46 | 0,33 |
| 17/07 | Tesla Wörrstadt | Allemagne | 22,48 | 15,00 | 0,66 |
| 17/07 | Tesla Kirchheim | Allemagne | 26,82 | 17,20 | 0,64 |
| 17/07 | SWK Kaiserslautern (borne Electra éteinte) | Allemagne | 7,73 | 5,98 | 0,77 |
| 17/07 | SWK Kaiserslautern | Allemagne | 14,24 | 11,01 | 0,77 |
| 18/07 | Tesla Legnica | Pologne | 40,93 | 18,67 | 0,45 |
| 18/07 | Tesla Wrocław | Pologne | 9,48 | 4,56 | 0,48 |
| 18/07 | Biedronka | Pologne | 40,01 | 29,66 | 0,74 |
| 19/07 | Biedronka | Pologne | 20,68 | 15,19 | 0,73 |
| 19/07 | Biedronka Powerdot | Pologne | 31,80 | 21,00 | 0,66 |
| 19/07 | Tesla Kaunas | Lituanie | 26,59 | 16,83 | 0,46 |
| 19/07 | Eleport Riga | Lettonie | 35,71 | 17,25 | 0,48 |
| 19/07 | Tesla Tartu | Estonie | 32,39 | 17,16 | 0,53 |
| Total | 395,44 | 213,89 | 0,54 |
Soit 7,37 € aux 100 km pour ce premier tronçon de 2900 km.
Sur place en Estonie, du 22 juillet au 18 août 2026 (1 264 km)
| Date | Lieu | kWh | Prix (€) | €/kWh |
|---|---|---|---|---|
| 22/07 | Sillamäe | 17,17 | 4,68 | 0,27 |
| 22/07 | Tallinn | 16,36 | 4,42 | 0,27 |
| 27/07 | Sillamäe | 14,83 | 4,00 | 0,27 |
| 29/07 | Sillamäe | 7,56 | 2,49 | 0,33 |
| 29/07 | Sillamäe | 31,50 | 8,51 | 0,27 |
| 31/07 | Tallinn | 26,08 | 8,61 | 0,33 |
| 31/07 | Sillamäe | 29,81 | 8,05 | 0,27 |
| 02/08 | Sillamäe | 2,57 | 0,69 | 0,27 |
| 02/08 | Sillamäe | 28,25 | 7,63 | 0,27 |
| 06/08 | Tartu | 26,06 | 8,78 | 0,33 |
| 06/08 | Sillamäe | 28,50 | 7,70 | 0,27 |
| 12/08 | Sillamäe | 30,46 | 8,22 | 0,27 |
| 18/08 | Sillamäe | 9,76 | 2,64 | 0,27 |
| Total | 264,91 | 76,45 | 0,28 |
Soit 3,10 € aux 100 km. L’effet carte Enefit est sensible.
Retour, du 20 au 22 août 2026 (environ 2 900 km)
| Date | Opérateur et lieu | Pays | kWh | Prix (€) | €/kWh |
|---|---|---|---|---|---|
| 20/08 | Enefit Tartu | Estonie | 28,00 | 7,56 | 0,27 |
| 20/08 | Enefit Ragana | Lettonie | 33,00 | 15,51 | 0,47 |
| 20/08 | Enefit (Lituanie) | Lituanie | 27,71 | 8,31 | 0,30 |
| 20/08 | Enefit Kreivukė | Lituanie | 31,57 | 11,05 | 0,35 |
| 20/08 | Kisielnica | Pologne | 27,29 | 17,05 | 0,62 |
| 21/08 | Tesla Varsovie | Pologne | 32,19 | 10,66 | 0,33 |
| 21/08 | Lidl Elocity Zduńska Wola (trop lente) | Pologne | 3,93 | 2,63 | 0,66 |
| 21/08 | Eleport Sieradz | Pologne | 18,75 | 10,40 | 0,55 |
| 21/08 | Tesla Wrocław | Pologne | 37,10 | 23,56 | 0,63 |
| 21/08 | Tesla Dresde | Allemagne | 37,09 | 24,75 | 0,66 |
| 22/08 | Tesla Weimar | Allemagne | 32,62 | 21,77 | 0,66 |
| 22/08 | Ionity Alsfeld | Allemagne | 10,41 | 6,66 | 0,63 |
| 22/08 | Tesla Alsfeld | Allemagne | 20,03 | 12,84 | 0,64 |
| 22/08 | Electra Kaiserslautern | Allemagne | 35,71 | 12,14 | 0,33 |
| 22/08 | Saint-Dizier | France | 38,58 | 11,19 | 0,29 |
| Total | 413,98 | 196,08 | 0,47 |
Soit 6,76 € aux 100 km. La traversée des pays baltes se fait à prix réduit avant un retour à la dure réalité en Allemagne et en Pologne.
Au total, Thierry a dépensé 486,42 euros de recharge pour ses vacances, soit 6,40 € aux 100 km selon ses calculs. En plus d’Electra et d’Enefit, il a utilisé Electroverse, Chargemap, l’application Tesla et Google Maps pour rejoindre les bornes. Ce coût est très proche de celui du roadtrip de 4 300 km d’Armand en Europe centrale, qui roulait pourtant en Tesla Model 3 sur Superchargeurs.
Fort de son expérience, il recommande de se procurer à l’avance la carte de recharge du pays de destination, lorsqu’elle existe, car il n’en a pas trouvé pour la Pologne. Il conseille aussi de repérer sur Chargemap les opérateurs locaux, pour éviter de dépendre des seules stations Tesla. « Mon périple a coûté moins cher au retour, car l’expérience paye ! », conclut-il.
L’e-208 de Thierry approche désormais les 170 000 km, à raison d’environ 30 000 km par an. Si son propriétaire n’a jamais fait mesurer l’état de santé de la batterie (SoH), il suit l’autonomie affichée après une recharge complète. « Toute neuve, j’arrivais à 320 km. Aujourd’hui, je suis à 302, 308. Bon, ça va », relativise-t-il. Cette perte modérée, d’environ 5 %, concorde avec les études menées sur les batteries de voitures électriques d’occasion, qui montrent une dégradation généralement modeste.
Pour ceux qui hésitent encore pour des raisons de budget, Thierry rappelle un poste souvent oublié : l’entretien d’une voiture thermique. « Les gens pensent seulement au carburant, mais ils oublient toujours l’entretien », insiste-t-il. Il en a fait l’expérience pendant 16 ans avec sa Peugeot 307. Avec sa e-208, la facture reste légère. Il débourse de 200 à 250 euros tous les 25 000 km (soit à peu près une fois par an) pour une révision effectuée chez un concessionnaire de la marque. En près de 170 000 km, seul le liquide de freins a été remplacé en plus des filtres d’habitacle. Les pneus Michelin montés d’origine ont été changés deux fois, pour le même modèle, et ils « tiennent facilement 90 000 km ». Il ne signale aucune panne, et le système reçoit toujours des mises à jour du GPS. « Je fais confiance aux pneus, je fais confiance à TomTom, je fais confiance à Peugeot », résume-t-il.
En Estonie, Thierry croise un Français venu découvrir le pays en camping-car. « Je lui ai dit : moi, je suis venu avec la petite voiture », raconte-t-il, amusé. En chemin, plusieurs personnes se sont étonnées de voir sa plaque française : « Vous venez de France ? C’est très loin ! »
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Témoignage – Nicolas adore sa Mercedes EQS mais voici pourquoi il quitte la marqueÀ ceux qui estiment immanquablement qu’une grosse batterie est indispensable pour partir loin, il répond avec une pointe d’ironie. « Ce sont les gens qui ne connaissent rien aux électriques qui cherchent toujours une excuse. Les aires d’autoroute sont pleines de gens qui ne s’arrêtent jamais ! » Son avis est tranché : « Pour être confortable, 400 km c’est mieux, mais au-delà, ça ne sert pas à grand-chose. Ça met plus de temps à charger, et de toute façon les gens qui ont une batterie de 500 km vont s’arrêter au bout de deux heures et demie, trois heures. Quand on fait 600 ou 700 bornes pour aller en vacances, on n’a pas besoin d’une grosse autonomie. »
Il est évident que le témoignage de Thierry balaie deux idées reçues tenaces :
Son récit rappelle aussi que la France reste plutôt bien servie en termes de prix et de maillage, tandis que l’Est de l’Europe progresse à des vitesses très différentes selon les pays. Les pays baltes font figure de bons élèves, et la Pologne a encore du chemin à faire.
Et vous, avez-vous déjà franchi des frontières lointaines avec votre voiture électrique ? Quel pays vous a le plus surpris côté recharge ? Racontez-nous votre expérience en commentaires et/ou partagez votre témoignage sur le forum Automobile Propre.
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Thierry pour nous avoir proposé son témoignage.
Afin de ne pas décourager nos lecteurs de témoigner dans le futur, tout commentaire désobligeant à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimé. Merci de votre compréhension.
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Actualité21 septembre 2026
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