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Pour réaliser des économies sur ses frais de voiture, Laurent a décidé en 2018 de passer à l’électrique. Mais hélas sa Tesla Model S 85 Propulsion de 2014 a rarement été plus de deux mois sans réparation à effectuer. Une situation qui au final a beaucoup fragilisé les finances familiales. Dans son témoignage, il pointe en particulier le comportement du personnel des centres Tesla.
Excédé par les pannes à répétition de sa Model S, Laurent (prénom d’emprunt) ne vivait pas très bien de ne trouver sur Automobile Propre que des témoignages très positifs d’utilisateurs satisfaits de leurs Tesla : « Nous sommes nombreux à avoir de sérieux problèmes avec les Model S et le SAV inexistant ». Il a tenu à apporter son propre éclairage « pour qu’il puisse servir à l’ensemble de la communauté ». Depuis 2018, notre lecteur a vécu « une panne tous les deux mois environ ».
Ça nous attriste de savoir que des électromobilistes connaissent des situations aussi lourdes avec leurs VE. Automobile Propre est là aussi pour les faire connaître, en espérant que, d’une manière générale, cela serve à améliorer les choses. Devant la liste impressionnante des problèmes rencontrés par Laurent, vous n’en trouverez ci-dessous que les principaux.
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Témoignage – Bertrand économise 2 500 € par an en roulant à l’électriqueAvant de rédiger le présent article, nous avons contacté Revolte qui est cité. L’entreprise spécialisée dans la réparation des VE et l’amélioration de l’écosystème électromobile nous a confirmé être intervenue plusieurs fois sur ce véhicule et l’avoir encore dans ses murs à la date du recueil du témoignage, conformément aux déclarations de son propriétaire.
Si d’autres utilisateurs de Tesla, Model S ou non, ont connu de telles déconvenues, merci de nous en faire part dans les commentaires. Ceci, afin d’évaluer si le cas de Laurent est plutôt isolé ou pas si rare finalement. Merci aussi à tous de respecter son témoignage, conformément à la note en gras en fin d’article.
Notamment pour ses besoins professionnels, Laurent a l’habitude de beaucoup rouler : « Je fais quotidiennement des allers-retours de 150 à 200 km. D’où des factures de carburant mensuelles dans les 350 euros il y a une dizaine d’années. C’est donc par économie que j’ai voulu passer à l’électrique. Auparavant, j’avais une Megane III dCi. J’avais toujours eu des Renault et j’étais satisfait de la marque. En 2016, Tesla a lancé les précommandes pour la Model 3. C’est à partir de là que je me suis intéressé à la marque américaine ».
Pas amateur du tout de SUV, notre lecteur voulait « une voiture sans compromis, une berline avec du coffre et suffisamment d’autonomie pour ne pas avoir à recharger tous les 150 à 200 km. À titre privé, je fais aussi beaucoup d’allers-retours entre l’Île-de-France et la Vendée pour emmener mon fils chez ses grands-parents. Après avoir dans un premier temps réservé une Tesla Model 3, j’ai réfléchi et me suis dit que c’est la Model S qui me plaisait. En novembre 2018, j’ai trouvé la mienne à côté de Lille, dans un garage spécialisé dans les dépôts ventes ».
Hélas, moins de deux mois plus tard, un premier problème a été rencontré sur cette Model S 85 Propulsion de novembre 2014 : « Elle n’avait que 180 000 km au compteur lorsque je l’ai acquise. Et là, il me fallait remplacer le bras de suspension avant gauche, ce qui m’a coûté 600 euros. Le même a cédé 100 000 km plus loin. Cette fois-ci, j’ai acheté moi-même la pièce contre 60 euros, et c’est un garagiste local pour lequel une voiture électrique est avant tout une voiture qui me l’a remplacée pour 180 euros ».
Mais, entre temps, tout de suite après le premier remplacement du bras avant gauche, c’est le compresseur de suspension qui s’est mis en panne : « Deux mois d’immobilisation au Tesla Center de Bezons qui n’arrivait pas à en trouver l’origine. Puis on m’a demandé dans les 1 300 euros pour le réparer. Lui aussi a relâché. C’était deux ans plus tard, et je n’ai pas voulu ressortir la même somme. Alors j’ai décidé de le changer moi-même. Sur Internet, j’ai trouvé la pièce pour 350 euros. J’ai mis environ trois heures à effectuer l’opération seul ».
Avec toutefois une aide précieuse : « J’ai suivi une vidéo YouTube d’un technicien Tesla aux États-Unis montrant étape par étape comment il fallait s’y prendre. J’étais stressé au départ par la crainte d’occasionner une autre détérioration plus grave, mais tout s’est bien passé ». Environ 1 000 euros économisés en intervenant soi-même, ce n’est pas négligeable : « C’est à partir de là que j’ai décidé d’effectuer par moi-même certains remplacements de pièces. Comme au niveau des poignées de porte : à partir de 2020, j’ai dû réparer chacune au moins une fois ».
Là aussi, les sommes non dépensées s’élèvent à plusieurs centaines d’euros : « Chez Tesla, c’est de l’ordre de 350 euros pièce et main-d’œuvre par poignée. À l’origine, il s’agit d’un défaut de fabrication sur un petit élément qui casse au bout d’un certain temps à force que les poignées rentrent et ressortent de leur logement. On ne peut pas en acheter chez Tesla, mais, sur AliExpress, on les trouve à quelques euros. Maintenant que j’ai l’habitude de ce problème, l’intervention ne me prend plus qu’une quarantaine de minutes ».
Il y a aussi ce que Laurent appelle les « sketchs » : « En 2021, vers 220 000 km, ma Model S a rencontré un problème avec l’Autopilot qui ne s’enclenchait plus, la voiture ne pouvant plus ‘voir’ son environnement. Tesla a diagnostiqué un capteur à remplacer à l’avant gauche. La pièce a été commandée, mais quand je suis arrivé sur place pour le montage, on m’a dit que ce n’était pas la bonne car j’ai une Model S phase 1. Je n’ai pas voulu du capteur qu’on m’a présenté ensuite car il n’était pas peint. La bonne pièce a enfin été reçue et montée au bout de six mois pour 200 euros ».
Ce qui n’a pas résolu la panne : « Après passage de la valise, Tesla a préconisé de remplacer le faisceau entier qui va jusqu’à ce capteur. Devis : 2 000 euros ! J’ai demandé à réfléchir. Puis j’ai démonté le bulbe noir à l’avant sur lequel est fixée la plaque d’immatriculation. Là, j’ai découvert que deux capteurs étaient déclipsés. Je les ai remis, et c’était bon. Tesla était donc prêt à me remplacer pour 2 000 euros un faisceau qui fonctionnait très bien. Chaque nouvelle fois que je prenais cette voiture, j’avais de plus en plus peur de voir apparaître des messages d’anomalies sur l’écran central ».
Nouveau « sketch » en 2022 à 240 000 km : « Cette fois-ci, c’est la batterie auxiliaire 12 V qu’il a fallu remplacer. En me voyant arriver avec ma Model S de 2014, le technicien m’a dit qu’il n’était pas formé pour intervenir sur une phase 1. La batterie qu’il avait pouvait-elle seulement être montée sur ma voiture ? Finalement il s’y est mis, ce qui a pris quatre heures et m’a coûté 350 euros, car la batterie est juste derrière la boîte à gants et qu’il y a plein de choses à démonter ».
L’histoire qui a définitivement fâché Laurent avec Tesla est celle de la colonne de direction : « J’avais un bruit à l’avant gauche. Pour cela, le technicien du Tesla Center de Chambourcy m’avait assuré qu’il fallait changer la colonne complète de direction, produisant un devis à 4 500 euros. Par prudence, j’ai appelé mon beau-père, ancien mécanicien. À m’entendre, lui a identifié un simple problème de biellette de direction. J’ai transmis l’info au technicien Tesla qui m’a alors affirmé que la biellette étant liée à la colonne de direction, le tout ne se vend que d’un seul tenant ».
L’avis du beau-père a alors été très cash ! « Il m’a dit : ‘Il te ment ! Ta Tesla serait alors la première voiture au monde à être comme ça, et il serait alors impossible d’effectuer dessus des réglages de parallélisme’. Au final, j’ai acheté pour 30 euros sur Internet la biellette qui a été montée par un petit garagiste pour 100 euros de main-d’œuvre. Et mon problème a bien été solutionné ainsi. En plus d’une claire incompétence, mentir comme ça droit dans les yeux à un client, pour moi, ça ne passe pas ! ».
En 2022 est arrivée la plus redoutable des pannes pour un électromobiliste : « La batterie haute tension a claqué. Après un diag réalisé à distance, j’ai dû amener ma Model S au Tesla Center de Bezons. Le pack est arrivé au bout d’un mois, remplacé sous garantie. Ce n’était cependant pas un neuf, mais un reconditionné qui n’en avait que le nom, très certainement assemblé avec des modules vérifiés rapidement mais pas profondément testés. On repart alors comme ça avec une garantie limitée à seulement un an ».
Rebelote avec cette batterie 90 000 km plus tard, garantie échue : « Nous étions en 2025. Trois semaines plus tôt, je venais d’apprendre avec satisfaction que Revolte ouvrait à Thiais, pas très loin de chez moi. Mais je ne pensais pas devoir faire appel aussi rapidement à eux. Cette entreprise a fait le travail que Tesla n’avait pas fait avec sa batterie dite reconditionnée, en vérifiant les contacts au niveau des cartes de BMS sur les modules, effectuant les soudures nécessaires. Je me suis rendu compte que je n’étais pas le seul utilisateur de Tesla Model S phase 1 a avoir rencontré ce problème ».
Là encore, Laurent a échappé à une note inutilement salée : « Tesla m’aurait demandé 16 000 euros pour une nouvelle batterie sans doute pas plus fiable que la première. Revolte m’a facturé son travail de fiabilisation 6 500 euros. Ce n’est pas tout, car le fameux joint moteur qui devient poreux et laisse passer le liquide de refroidissement a dégradé mon bloc. Pour ça et la batterie, ma voiture a été immobilisée du 2 mai 2025 au 15 février 2026. Coût spécifique au moteur : 3 500 euros. Tesla ne veut pas communiquer sur l’historique des réparations, mais j’ai appris que le bloc avait déjà été remplacé sur ma Model S avant que je l’achète ».
Malgré ce long délai, notre lecteur n’en veut pas à Revolte : « Au contraire, chapeau bas pour eux. Depuis l’ouverture, ils croulent sous les demandes. Sans eux, je serais aujourd’hui vraiment dans la panade. Ils ont été très francs avec moi sur la situation. Avec les Tesla, ils galèrent pas mal, notamment concernant les batteries, le constructeur bloquant toute vente potentielle de pièces à l’échelle de l’Europe pour les réparer. Ils ont actuellement à Thiais deux Model S bloquées en salle blanche à cause de cela ».
La panne de trop : « J’avais déjà pris des crédits pour pouvoir réparer cette voiture qui a maintenant 350 000 km. J’espérais que la série de problèmes se terminerait là. Mais non, ma Model S est de nouveau chez Revolte, cette fois-ci pour la colonne de direction qui était réellement à remplacer. Mais je n’avais plus d’argent pour cette opération qui aurait nécessité 3 500 euros hors taxe pour la pièce neuve. Heureusement Revolte m’a proposé de monter une colonne d’occasion trouvée à 500 euros, effectuant le diag, le montage et la géométrie des trains pour 800 euros en tout ».
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Témoignage – Après 5 voitures électriques, Olivier a trouvé celle qu’il estime presque parfaiteLaurent a pris une décision définitive : « Je pense à ma femme très compréhensive et à mon fils. Je ne peux pas aller plus loin avec cette voiture. Je vais m’en débarrasser en espérant en tirer au moins de quoi rembourser le total des crédits pris pour réparer cette Model S, mais je n’aurai pas les moyens d’acheter un nouveau VE. Pour moi, l’aventure en électrique s’arrête là. Et devant mes déboires, tout mon entourage est vacciné contre ces véhicules. Leur point noir, c’est la batterie et ce sera toujours le cas demain ».
Notre lecteur en veut beaucoup à Tesla : « La deuxième fois que je suis tombé en panne de batterie, c’était à dix minutes de Chambourcy. J’avais appelé un dépanneur pour l’amener là-bas. Entre deux rendez-vous, un technicien m’a dit que je devais repartir avec ma voiture, que je ne pouvais la laisser car ils n’avaient plus de place. Il m’a orienté vers le Tesla Center de Boissy-Saint-Léger, sans pouvoir m’assurer que ma voiture serait acceptée ni les appeler. Heureusement que le dépanneur m’a retenu, car devant une certaine condescendance et une absence totale d’empathie, j’allais en venir aux mains, j’avais envie de tout casser sur place ».
Malgré toutes ces épreuves, Laurent a trouvé encore quelques mots pour dire du bien de la Tesla Model S : « C’est une voiture superbe, spacieuse, confortable et puissante. Mais pour moi elle a été un cauchemar, avec une autonomie dégradée, une puissance de recharge bridée et des coûts délirants en maintenance. Comme le SoH de la batterie était descendu à 80 %, je n’avais plus une autonomie de 350 km, mais au mieux 280 l’été ».
Et concernant la recharge ? « Sur ce modèle, sa puissance est bridée à 50 kW, d’où un 10 à 80 % d’énergie qui nécessite une heure à un superchargeur. C’est simple, dans ces conditions, pour aller de la région parisienne à la Vendée, il me fallait environ 6h30, soit presque deux heures de plus qu’avec un modèle thermique ».
Il y a bien sûr pas mal d’amertume après tant de galères : « Quand j’entends dire que les Tesla ou autres voitures électriques sont fiables, je veux bien l’entendre, mais pas au bout de seulement quatre ans. Il faut bien dix ans d’usage pour pouvoir l’affirmer ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Laurent pour son excellent accueil, sa réactivité et son témoignage poignant proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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Actualité21 septembre 2026
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