Basique et rodée, la petite citadine se transforme en accessible Seat Mii électrique. Simple mais attachante, elle dispose d’une autonomie suffisante pour la ville bien qu’éloignée des 250 km annoncés.

Suivant la Volkswagen e-up! proposée dès 2014 et en parallèle de la Skoda Citigo e iV, l’espagnole de la bande se convertit à l’électrique. Cette Mii Electric est ainsi la première voiture électrique de Seat. C’est à Madrid, capitale espagnole, que la marque nous a convié pour un court essai.

Du neuf avec du vieux

Le design n’a pas changé d’un iota. Cette Mii electric reprend la carrosserie inchangée lancée en 2012, dans sa configuration 5 portes. Pas de 3 portes donc à espérer. Les différences de cette 4 places sont minimes vis-à-vis des versions essence, disparues du catalogue depuis juillet 2019. On note seulement les badges « electric » apposés sur les flancs et le hayon.

Au volant, le moteur synchrone installé à l’avant surprend par sa conduite vive sur les 50 premiers km/h. Les 212 Nm sont très efficaces à l’accélération, donnant un 0-50 km/h réalisé en moins de 4 secondes. Par contre, hors ville, la puissance de 61 kW/83 ch devient insuffisante au-delà des 100 km/h.

Néanmoins, nous avons pu atteindre sans problème les 130 km/h maximum sur autoroute. Nous avons ainsi apprécié l’insonorisation, les bruits ne se manifestant véritablement qu’au-dessus des 110 km/h. En deçà, rien ne vient interrompre le silence à bord. Le châssis est rigide sur les grandes imperfections et dos-d’âne, mais la suspension est réussie, assez confortable sur tous revêtements pour une auto de ce segment.

En ville, le format court (3,56 m de long pour 1,64 de large) permet de se faufiler facilement, et la maniabilité est aisée avec une bonne direction assistée ainsi qu’un rayon de braquage sous 10 mètres.

Un habitacle simple

Dans le segment des petites citadines, il ne faut pas espérer un ultra-luxe à bord. Néanmoins la Mii offre un équipement convaincant, puisque la climatisation automatique fait partie de la dotation de série. La planche de bord, certes très plastique, offre un revêtement graphique spécifique blanc, tranchant avec le noir environnant. Pas d’écran tactile sur ce modèle, seule la radio avec deux haut-parleurs est installée. Il faut passer par le Bluetooth ou l’USB pour connecter son smartphone et ainsi accéder au GPS. Seat propose en sus une application Drive Mii. Elle intègre son propre dispositif de navigation, un affichage concentré des données de conduite électrique ou encore un assistant d’éco-conduite.

Simple, l’intérieur est loin d’être spartiate

Les sièges de notre modèle « Plus » sont confortables, mais à l’arrière, la place est comptée pour ceux dépassant 1,80 mètre.

Peu de place aux genoux également, mais le coffre n’est pas amputé par la batterie. Installée dans le plancher, elle permet de garder les 251 litres d’origine, suffisant pour deux valises cabine ou quatre gros sacs de course. Le câble de Type 2 est logé dans le second plancher, le câble avec prise domestique étant en option (175 €).

Une autonomie très citadine 

La Seat Mii electric revendique 250 km d’autonomie sur notre exemplaire « plus » de l’essai. Cela tombe bien, c’est exactement ce que nous indiquait le compteur à la prise en main. La batterie de 32,3 kWh (35,8 kWh au total) est celle des Citigo et e-up !. Nous avons réalisé deux trajets, l’un routier, l’autre citadin pour mieux appréhender le potentiel de la voiture.

Bilan plutôt satisfaisant en conduite extra-urbaine

Sur le premier tracé, 89 km ont été couverts à une vitesse moyenne de 64 km/h. La température n’excédait pas 6°C, la climatisation était activée à 21°C et le vent était quasi nul. Nous avons essayé les quatre différents niveaux de régénération d’énergie au freinage. Le plus fort est activable sur le mode B (Brake) du levier de vitesse, les trois autres étant passés sur le mode normal D (Drive).

Avec ces conditions, nous avons stoppé le moteur avec 127 km restant, ayant accompli une moyenne de 14,5 kWh/100 km selon le compteur. La consommation est ainsi dans la moyenne WLTP théorique, annoncée entre 14,4 et 14,9 kWh/100 km. Nous avons aussi relevé quelques conso à vitesse constante. Comptez 13 kWh/100 km à 80 km/h, et jusqu’à 16 kWh/100 km à 120 km/h.

Étonnament, la consommation en conduite urbaine est élevée

Sur le second parcours, 25 kilomètres ont été effectués à 37 km/h de moyenne dans la cité madrilène. Étrangement, nous avons relevé 15,5 kWh/100 km de moyenne avec le mode B activé, et sans accélération brutale. La jauge de batterie est ainsi rapidement tombée, indiquant 65 km restant à la remise des clés.

Bilan électrique et recharge

Au total, 115 km ont suffi à réduire l’autonomie initiale de 250 à 65 km, soit 185 km perdus. La majorité de notre parcours a été réalisé hors centre-ville avec une basse température. Dans cette configuration, nous n’aurions  pas pu excéder 150 km dans ces conditions.

Nous n’avons pas activé ici les modes Eco ou Eco+, le temps étant manquant pour tester leur autonomie. Ces « modes dégradés » abaissent la puissance à respectivement 40 kW (54 ch) et 50 kW (68 ch), augmentant légèrement l’autonomie. Avec un temps clément et le mode Eco, l’urbaine dépasserait largement les 200 km en ville, « voire 300 km » assure Seat.

Les boutons des modes dégradés Eco et Eco+

Sur la partie recharge, nous n’avons pas pu tester la puissance maximale de 40 kW promise par la Mii Electric. 80% seraient récupérés en une heure sur courant continu via le port Combo CCS. Pour la recharge accélérée, Seat indique 4h15 sur wallbox (7,4 kW, 32 A) et 13 à 16 heures sur prise domestique (2,3 kW, 10 A).

Prix et gamme de la Seat Mii electric

La Mii Electric est la deuxième voiture électrique la moins chère du marché. La cousine Skoda la bat pour quelques centaines d’euros. Seat affiche un tarif de 21.920 € hors bonus, soit 15.920 € après abattement des 6.000 €. Allant jusqu’à 5.000 € selon les revenus, la prime à la conversion peut abaisser le tarif à 11.920 €. D’autres offres régionales ou locales peuvent être également applicables.

La batterie est garantie 8 ans/160.000 km. Elle est ainsi remplacée gratuitement si sa capacité chute sous 70%.

La Seat Mii electric démarre à 15.920 € avec bonus

En France, l’offre de location longue durée (LLD) s’annonce très agressive. Elle débute à partir de 149 euros/mois avec 2.000 euros d’apport, bonus inclus, pour 3 ans et 30.000 km. Viendra ensuite une offre sur la wallbox, pas encore tarifée.

La seconde finition Mii Electric Plus est au prix de 23.070 € hors bonus. Elle offre les feux diurnes à diodes, les sièges avant sport/chauffant, jantes alliage 16 pouces, les phares et essuies-glaces automatiques, ainsi que les 6 haut-parleurs. De nombreuses options sont également disponibles, à découvrir dans la fiche complète de la Seat Mii Electric ou le site officiel.

Les commandes ont démarré depuis le 25 octobre 2019 pour des livraisons prévues à compter du mois de février. Pas d’objectif de ventes affirme Seat, qui se laisse adapter la production en fonction de la demande.

Une électrique à la durée de vie éclair

« Cette voiture sert à se placer pour les émissions de CO2 », précise Seat, « nous étions à 118 g/km en 2018, et grâce à elle, nous serons dans les clous en 2020. » La Mii electric est aussi un modèle de transition. « Elle est très utile pour former le réseau et vendeurs, avant l’arrivée de l’El-Born », confie la marque, « c’est un produit qui aura une durée de vie de deux ans ».

La fin de vie programmée en 2022, avant une citadine plus polyvalente ?

« La voiture à moins de 20.000€ est actuellement en développement » a déclaré Stefan Ilijevic, nouveau CTO de la marque « elle sera lancée d’ici trois ans et sera la troisième électrique après la El-Born et la Mii ». Cette citadine, qui serait d’un gabarit plus proche de la Renault ZOE, sera donc lancée au mieux en 2022. La Minimó, sorte de rivale de la Twizy avec ses deux places, est également prévue en 2020.

L’électrique n’est pas le seul axe de Seat. « Les autres seront des hybrides rechargeables » poursuit Ilijevic, « quatre d’ici 2021, voire peut-être cinq ou six ». La compacte Leon et le SUV Tarraco sont au programme, comme les Cupra Leon et Formentor.

Bilan de l’essai

On a aimé
  • Le confort et le silence très convaincants
  • Le prix enfin accessible
  • L’équipement de série satisfaisant
  • Les trois modes de récupération d’énergie

On a moins aimé
  • L’autonomie loin de la théorie dans nos conditions
  • Le design extérieur sommaire
  • Le mode Brake difficile à cerner

Les photos de l’essai Seat Mii electric 2020