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Depuis une Nissan Leaf en 2013 jusqu’à son actuel Volvo EX30, Thomas est dans sa treizième année d’électromobilité. Il ne regrette pas ce choix fait par écologie et qui entretient sa passion pour la géographie européenne.
Pour Thomas, CPE dans les Côtes-d’Armor, le choix de l’électrique s’explique par un cocktail de raisons : « C’est à 50 % par écologie, 25 % pour arrêter d’appauvrir notre pays en achetant du pétrole, et 25 % pour le côté novateur et l’agrément de conduite ». Avec un petit zeste de raison financière, afin de réaliser des économies : « C’est assez marginal. Ce sont vraiment les aspects écologiques et novateurs qui ont primé en 2013 lorsque je me suis intéressé à la voiture électrique ».
Pour son premier modèle branché, l’automobiliste breton n’avait pas un choix très large : « En 2013, il y avait les Renault Zoé, Peugeot iOn et Citroën C-Zéro, et puis la Nissan Leaf. Pour cette dernière, j’ai pu bénéficier à la concession de Saint-Brieuc d’une proposition intéressante de LOA à moins de 200 euros par mois. De mémoire, je dirais quelque chose comme 179 euros, avec 12 000 km par an. Au final, à la restitution au bout des trois ans, j’en avais parcouru dans les 75 000, ce qui m’avait valu de payer des frais de restitution en conséquence ».
Équipée d’une batterie de 24 kWh de capacité brute, pour 21,3 exploitables, la compacte japonaise commercialisée en France à partir de septembre 2011 était créditée d’une autonomie NEDC de 199 km : « J’avais reçu la mienne en décembre 2013. En hiver, en roulant aux limitations de vitesse, je peinais à parcourir cent kilomètres. L’autonomie était vraiment réduite sur ces modèles, ce qui m’a quand même un peu surpris. Mais le confort et les reprises étaient bien au rendez-vous. Tout s’est bien passé avec cette voiture électrique : zéro souci ».
Thomas se souvient très bien de la forte impression dont il a été à l’origine avec sa Nissan Leaf : « En raison de la faible autonomie, je n’ai jamais quitté les Côtes-d’Armor avec cette voiture. Mais, localement, dans la commune rurale où j’habitais alors, en roulant en VE, j’étais comme une vraie star. Je passais aussi pour un illuminé ou un hurluberlu. On venait toutefois me voir pour découvrir mon véhicule et me demander des renseignements dessus. Ce qui ne m’était pas arrivé avec ma précédente voiture, une Citroën C4 diesel ».
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Témoignage – Après avoir testé la Mercedes CLA électrique, Pascal a finalement repris une Hyundai Ioniq 5Le compteur a bien davantage tourné dans la Renault Zoé qui a suivi : « Sur les quatre ans de durée de la LOA, il a atteint les 170 000 km. À l’époque, je m’en servais tous les jours pour rejoindre le collège de Bruz, près de Rennes, depuis Quintin où j’habitais [NDLR : Environ 240 km l’aller-retour]. J’avais négocié pour 169 euros par mois 18 000 km annuels, bien insuffisants. J’ai dû payer 7 000 euros de pénalités à la restitution de la Zoé en raison du kilométrage excessif ».
Sans doute quelques membres du personnel de l’établissement se souviennent de cette voiture : « J’ai failli mettre le feu au collège en la rechargeant. J’avais raccordé le câble sur une prise classique avec une rallonge d’une section trop faible entre les deux. C’est cet élément qui a commencé à cramer au milieu d’un couloir. Ça a fait sauter les plombs. J’étais encore au stade de la découverte de ces véhicules ». Les voitures électriques, c’était encore très nouveau, mais, le plus souvent, aucune formation minimale n’était donnée aux clients ».
La Zoé et son conducteur ont toutefois connu un épisode regrettable : « À un rond-point bloqué par les Gilets jaunes, je me suis fait insulter, la Renault Zoé étant perçue comme ‘la voiture d’Emmanuel Macron’. À cette époque, des médias ont montré des Zoé qui brûlaient à Paris. Sans tomber dans la peur, je pense que ces ciblages étaient très certainement volontaires, comme plus tard la Tesla incendiée à Rennes. On voit bien aussi sur l’autoroute ceux qui se garent sciemment avec des thermiques sur les places réservées à la recharge ».
On en arrive à Volvo, mais pas encore à l’EX30 : « Entre les deux, j’ai pris une Volvo XC40 électrique avec laquelle nous avons parcouru 110 000 km en deux ans. Je roule beaucoup pour des raisons professionnelles, mais je fais aussi de grands voyages à la découverte de l’Europe. Avec ma compagne Lucie, notre grande passion, c’est la géographie, les voyages et la géopolitique. Celle de la voiture électrique arrive après, mais c’est suffisamment fort pour que j’en devienne un de ses petits militants à l’occasion ».
Pour des raisons écologiques, Thomas a aussi quitté la campagne : « Nous avons un peu changé de vie en laissant un vieux bourg pour nous installer en ville. Là nous nous déplaçons à pied, mais souvent aussi avec nos vélos à assistance électrique. Peut-on encore rêver aujourd’hui d’une belle et grande maison à la campagne avec son trampoline… et tous les déplacements récurrents que ça engendre au quotidien ? Mon VAE a déjà plus de 7 600 km et sert aussi beaucoup pour les grands déplacements. Maintenant, pour tous les deux, nous n’avons plus qu’une seule voiture ».
Arrivé dans le foyer il y a deux ans, le Volvo EX30 a déjà parcouru 76 000 km : « Avec lui, nous avons fait un tour d’Europe de 6 500 km en trois semaines et demie. En partant de Bretagne, nous sommes passés par la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Danemark et la Suède. Prenant le bateau depuis Stockholm pour débarquer à Tallinn en Estonie, nous avons traversé ensuite la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et l’Allemagne, avant de revenir en France. En comprenant les recharges, nous n’avons mis que sept ou huit heures de plus qu’avec une thermique ».
Il est donc bien loin le temps où Thomas ne sortait pas du département avec sa voiture électrique : « En février, nous étions en Andalousie avec le Volvo EX30. Il n’y a pas beaucoup de pays de l’Europe des 27 où il n’est pas allé : Malte, la Bulgarie et la Roumanie. C’est juste en Pologne que ça a été un peu compliqué pour la recharge en raison du nombre réduit de bornes, comme en Angleterre. Aujourd’hui, plus que l’Allemagne, la France est au-dessus des autres pays pour le réseau accessible depuis les grands axes. C’est très bien en Suède aussi ».
On parle de plus en plus de câbles coupés pour récupérer le cuivre sur les bornes ultrarapides : « Pour l’instant, nous n’avons pas encore été confrontés à ce problème. Nous sommes bien tombés sur des chargeurs qui ne fonctionnaient pas, pour d’autres raisons, par exemple en Suède. En Bretagne, des bornes du réseau Brev’Car ne sont pas toujours en bon état non plus. Mais, globalement, on peut dire qu’il y a vraiment eu des efforts importants de faits en Europe pour recharger les voitures électriques. ».
Thomas sait comment éviter le plus possible d’être bloqué à une station de recharge : « Ça ne m’est arrivé que deux fois d’attendre sur l’autoroute. Bien sûr, je vais éviter de me pointer à l’aire de Romorantin un samedi de juillet sur l’heure du déjeuner. Dans ces périodes, il vaut mieux garder un peu de marge pour rejoindre éventuellement une autre station. À Stockholm, une voiture sur dix est électrique, à Copenhague, c’est une sur quatre. Avec ça, on voit qu’aujourd’hui la voiture électrique est dans une forme de banalisation ».
En raison de cette assez forte représentation des VE, les mentalités ont effectivement bien changé. Dix ans en arrière, dans ces villes scandinaves, un Français en voiture électrique se faisait facilement repérer et une sympathique conversation pouvait s’engager avec les locaux : « Dans nos déplacements, nous avons vu des VE en plaques françaises jusqu’à Copenhague. Au-delà, contrairement aux modèles thermiques, on n’en a plus vu, comme si on avait atteint là une limite psychologique, comme si c’était risqué pour des Français de s’aventurer plus loin en électrique ».
Si notre lecteur voyage loin, c’est aussi parce qu’il a retenu sa Volvo EX30 avec la meilleure dotation de batterie. Avec 69 kWh de capacité brute (64 kWh exploitables), pour une autonomie en cycle mixte WLTP de 475 km : « Je choisis souvent assez facilement mes voitures. Je ne m’étends pas en comparaisons. Avec une LOA sur 48 mois pour 30 000 km par an, je verse 493 euros de loyers. C’est un modèle de milieu de gamme relativement plaisant à conduire et je pense le racheter en fin de contrat pour l’amener jusqu’à 250 000 ou 350 000 km ».
Et pourtant Thomas a subi quelques couacs dès le début avec ce Volvo EX30 lancé fin 2023 en Europe, d’abord construit en Chine, puis en Belgique à l’usine de Gand, depuis tout juste un an : « J’ai de suite apprécié le confort d’utilisation de ce modèle, son autonomie correcte, son prix, et sa puissance élevée pour une voiture de cette gamme de prix. Mais j’ai dû faire face à des problèmes de jeunesse qui ne sont résolus qu’à 90 % environ. Heureusement, je n’ai plus l’alarme qui se déclenche dans la nuit ou des difficultés à débrancher le câble des chargeurs rapides ».
Certains dysfonctionnements pourraient même prêter à sourire : « Quand j’appuie sur les freins, la radio se met en pause, puis revient ensuite quand je relâche la pédale. Contrairement aux deux précédents, ce problème n’est toujours pas résolu. Et puis il y a la clé qui n’est parfois pas détectée. Par exemple, je vais à la boulangerie, le véhicule se verrouille bien, mais comme je ne me suis pas assez éloigné, il ne détecte pas tout de suite que je suis revenu. Et là, je dois attendre le déverrouillage entre cinq et plus de vingt secondes ».
Pour notre lecteur, ce dernier dysfonctionnement n’a rien d’anecdotique : « Il aurait pu me faire hésiter à continuer avec l’EX30. Volvo ne donne pas encore de correction. Je ne veux pas jeter le discrédit sur la marque, ce modèle, et encore moins sur la concession qui a toujours été à l’écoute, m’a toujours aidé quand elle l’a pu, et m’a prêté des véhicules de courtoisie si nécessaire. D’ailleurs, si je pense racheter l’EX30 à la fin du contrat, c’est bien aussi parce que cette voiture est bien adaptée à mon usage et que j’ai confiance ».
La constance de Thomas à rouler en électrique depuis 2013 a porté des fruits autour de lui : « Ma mère de 84 ans a sa Renault Twingo E-Tech, ma fille de 22 ans est en Renault Zoé et celle de 20 ans en Fiat 500e ». Le potentiel rachat de sa Volvo EX30 répond aussi à une autre façon de penser : « Je commence à ressentir une certaine forme de lassitude à enchaîner les LOA. Et puis j’ai déjà l’attelage dessus pour les vélos ».
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D’où ce conseil : « Ne pas partir de suite pour un long voyage quand on vient juste de recevoir sa première voiture électrique. Auparavant, il faut se familiariser avec l’autonomie du véhicule et les moyens de le recharger. En revanche, une fois que ça c’est acquis, on peut aller partout en Europe avec un VE un minimum efficace sur ces deux points ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Thomas pour son accueil très sympathique et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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