Chassé-croisé : comment se déroulent les recharges sur la route des vacances ? Nos chiffres exclusifs !

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Nous avons profité du chassé-croisé pour chiffrer les habitudes de recharge dans le monde réel. Voici nos chiffres exclusifs.

Chaque année, Automobile Propre est présent sur l’autoroute lors du chassé-croisé estival. Cette fois-ci, nous avons décidé de prendre la tension aux stations des aires de Montélimar, les plus fréquentées d’Europe en été. Mais nous avons aussi profité de l’occasion pour chiffrer les habitudes des utilisateurs, en observant scrupuleusement les ravitaillements de près d’une centaine de véhicules tout au long de la journée. C’est plus qu’il n’en faut pour tirer des conclusions chiffrées représentatives de la réalité.

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Une immobilisation moyenne de 29 minutes

Entrons directement dans le vif du sujet, celui qui concerne le temps de recharge. Nous avons observé un temps de ravitaillement moyen de 29 minutes sur les bornes de recharge rapide, en excluant les quelques voitures raccordées sur les bornes tristandards (Type 2, CCS et CHAdeMO), pour une médiane à 28 minutes. Voilà qui démontre bien que les utilisateurs n’abusent pas des temps de recharge sur les bornes. Si ces recharges avaient été effectuées chez TotalEnergies, la moitié des utilisateurs n’aurait pas été concernée par les pénalités prévues par l’opérateur.

Mais comme toujours en matière de statistiques, il convient aussi d’observer les chiffres dans le détail. Car si le ravitaillement le plus rapide n’a duré que 9 minutes pour une Mercedes EQE qui a récupéré 19 kWh, pertes comprises, certains ont abusé de leur place. C’est notamment le cas d’une MG 5 et d’un BMW iX, qui sont restés branchés jusqu’à 97 et 100 % respectivement. Pire encore dans le cas du SUV allemand, où les propriétaires sont venus reprendre la route 13 minutes après la fin de la recharge, soit 1 h 25 après avoir branché le véhicule !

Des taux de charge de départ encore trop élevés

Cette étude approfondie a aussi été l’occasion de tirer une moyenne sur les habitudes de recharge. Cette année, nous avons remarqué que de nombreux conducteurs ont raccordé leur voiture avec un taux de charge suffisamment bas. Mais ce n’est pas toujours le cas : le taux de charge moyen de départ est de 43 % (médiane à 44 %), ce qui est bien trop élevé pour obtenir une recharge efficace. Là encore, tous les cas sont dans la nature, depuis une Volkswagen ID.7 Pro S branchée à 8 % (bravo !) à un Porsche Macan raccordé à 87 % !

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Il est intéressant de noter que ces deux cas précis figurent parmi les meilleures et pires recharges constatées lors de cette journée. Avec un ravitaillement de 8 à 75 % pour une puissance moyenne à la borne de 146 kW (25 minutes de recharge), le possesseur de la Volkswagen a été le plus exemplaire de la journée. A contrario, le propriétaire du Porsche Macan aurait pu prendre le temps de chercher une place normale, plutôt que de réaliser un 87-92 % en 10 minutes (puissance moyenne de 30 kW), avant de débrancher agacé de ne pas voir la puissance maximale affichée sur l’écran. Bien sûr, ces 10 minutes n’ont pénalisé personne. Ce qui n’est pas forcément le cas d’un Renault Scenic E-Tech, resté planté sur la borne de 72 à 96 % pendant 24 minutes pour récupérer 22 kWh (puissance moyenne de 55 kW).

Des recharges peu efficaces

Les voitures observées ont récupéré 41 % de charge en moyenne, pour une recharge moyenne de 43 à 88 %. Sur cette tranche, les voitures ont récupéré un total de 38 kWh, pertes à la recharge comprises, soit 35 kWh de capacité nette d’après nos différents calculs. D’après notre rapide enquête (voir encadré plus bas), cela correspondrait à une autonomie récupérée de 230 km en moyenne dans les conditions de roulage du jour. Enfin, en fonction du temps de recharge constaté, cela correspond à une puissance moyenne à la borne assez faible de 81 kW (médiane à 79 kW).

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Toujours selon le prisme de la puissance moyenne, qui correspond à l’énergie délivrée par la borne rapportée au temps de recharge, seules 17 voitures ont pu afficher une valeur de plus de 100 kW. Carton rouge toutefois pour une Volkswagen ID.Buzz, un Porsche Macan ou une Peugeot e-308, qui sombrent au fond du classement avec 30 kW. Il est donc assez triste de voir, à l’heure où les constructeurs dépensent des millions en R&D pour améliorer l’efficacité des recharges, que les voitures électriques soient si mal utilisées. Preuve en est avec les deux véhicules allemands précédemment cités : sur un 10-80 %, le Volkswagen ID.Buzz 86 kWh détient pourtant chez nous le record dans la catégorie des 400 V avec une puissance moyenne de 154 kW, alors que le Porsche Macan peut viser 196 kW !

Les utilisateurs respectent-ils la règle du 80 % ?

En matière de recharge, il existe la sacro-sainte règle des 80 % de charge, seuil à partir duquel le ravitaillement est moins intéressant. Notre base de données en Supertest le confirme : le 10-80 % est réalisé en 30 minutes en moyenne, alors que le 80-100 % demande 37 minutes. La puissance moyenne en fin de charge est presque divisée par 4 par rapport au 10-80 %. Cependant, cette règle est peu observée dans la réalité. D’après notre enquête du jour, 20 % des utilisateurs ont débranché leur voiture avec un taux de charge égal ou inférieur à 80 %. C’est peu.

Aussi, cette pratique présente bien des limites et ne garantit pas forcément des temps de ravitaillement vraiment plus courts. Ces utilisateurs ont raccordé leur voiture avec un taux de charge initial de 33 %, pour récupérer 42 %. Soit 32 kWh récupérés en moyenne, pour un temps de 22 minutes, avec une puissance moyenne de 92 kW. On remarque que les ravitaillements sont donc un tout petit peu plus efficaces, mais pas de quoi changer la face du monde, à tout le moins celle de l’aire de repos.

Toujours parmi ceux qui ont débranché leur voiture avant les 80 %, seuls cinq ont pu bénéficier d’une puissance moyenne supérieure à plus de 100 kW. Fait intéressant : ces cinq conducteurs ont pour point commun d’avoir fait le piquet non loin de la borne pour débrancher au bon moment. Enfin, ajoutons à ce chapitre que seulement cinq conducteurs ont/auraient pu profiter de l’offre Ionity en vigueur, en récupérant 40 kWh avant de débrancher sous les 80 %. Cela démontre bien que cette offre, si elle a le mérite d’exister, est pensée pour ne s’adresser qu’à très peu de personnes comme nous l’indiquions dans notre article à ce sujet !

Quel est le portrait-robot de la voiture électrique ?

D’après les informations renseignées dans notre base de données, les voitures analysées disposent en moyenne d’une batterie de 76 kWh de capacité utile. Voilà qui est très proche du portrait-robot de la voiture électrique type proposée à ce jour sur le marché, pour laquelle nous avons calculé une capacité moyenne de 72 kWh. De plus, nous avons enregistré un taux de perte moyen en recharge rapide de 7,5 %. Dans le détail, on constate un maximum de 20 % de pertes avec les voitures qui ont un gros besoin de refroidissement ou avec les recharges les plus courtes. Au contraire, on remarque 6 voitures avec un taux négatif (un minimum de -4 %), ce qui laisse à penser que le SoH de ces modèles ait pu fausser nos calculs théoriques. Il n’en demeure pas moins que ce taux se rapproche là encore de la moyenne de nos mesures en Supertest, de 6,9 % très exactement.

Pendant cette journée, notre curiosité nous a aussi poussé à interroger une vingtaine de conducteurs sur la consommation de leur voiture sur la route des vacances. D’après ce rapide micro-trottoir, la consommation moyenne dans les bouchons gravite autour de 15,2 kWh/100 km. C’est un tout petit peu plus que notre précédente étude du genre. Avec la capacité moyenne récupérée lors des recharges, cela correspond donc à près de 230 km d’autonomie récupérée. Depuis l’aire de Montélimar Ouest, ces 230 km permettent de rejoindre Narbonne d’un côté, ou Toulon de l’autre. En direction du nord, il est possible de viser Mâcon au-dessus de Lyon. C’est plus qu’il n’en faut, d’autant que les voitures peuvent filer encore plus loin en prenant en compte les taux de charge élevés au départ.

Des recharges trop souvent inutiles ?

Si l’on part du principe qu’une moyenne est représentative d’une réalité, on ne peut donc pas affirmer que les utilisateurs de voitures électriques abusent des temps de recharge sur les stations surchargées en été. Ce temps de recharge moyen correspond à peu près au temps de pause moyen sur les aires de repos selon Vinci Autoroutes. Les potentielles pénalités et/ou la pédagogie porteraient-elles leurs fruits ? Difficile de s’en assurer, puisque près de 15 % des utilisateurs de notre étude ont tout de même dépassé les 40 minutes.

En revanche, si les temps de recharge ne sont pas aussi longs que ce que la croyance populaire le laisse penser, les recharges, et donc l’occupation des bornes, sont injustifiées. Non seulement les taux de charge au départ et à la fin sont élevés, mais les recharges sont parfaitement inefficaces d’autre part, avec des puissances moyennes ridicules. Autrement dit, les utilisateurs occupent inutilement des bornes, et payent au prix fort de l’énergie qu’ils n’exploiteront pas vraiment.

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Si la règle des 80 % est toujours au coeur des débats, notre analyse exclusive montre bien que ce n’est pas le seul paramètre à prendre en compte. À vrai dire, ce qui apparait comme la vraie cause des congestions aux bornes, ce sont les recharges majoritairement inutiles qui permettent, in fine, de récupérer seulement 46 % de la capacité utile totale de la batterie. La cause est facilement identifiable : la voiture électrique permet aux occupants de faire le plein en temps masqué, tout en leur garantissant une place à quelques mètres seulement des commodités. On ne cautionne pas la pratique, mais pourquoi donc s’en priveraient-ils ? Une question rhétorique qui fuse très rapidement lorsque ces conducteurs se font interpeler par les Gilets Bleus présents sur place.

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CM Automobile Propreil y a 18 minutes

Merci au nom de toute l'équipe qui appréciera beaucoup votre commentaire.

Lbofree69Lyil y a 20 minutes

"20 % des utilisateurs ont débranché leur voiture avec un taux de charge égal ou inférieur à 80 %. C’est peu."
On connaît la suite : les opérateurs ne pourront faire autrement que d'arrêter la charge à 80%, dans leur propre intérêt économique.
Et dans l'intérêt collectif face à l'égoïsme ou le "jem'enfoutisme" individuel.
Avec bien évidemment des pénalités pour occupation abusive.

Jeejil y a 23 minutes

Juste sur les 80%, je pense qu'il ne faut pas sacraliser comme vous le faites ce taux qui est général.

Ma voiture recharge lentement (pic à 70kW, et charge encore à 40kW à 85%). La puissance diminue ensuite nettement à 90% aux environs de 20kW.

Donc oui, je laisse très souvent ma voiture jusqu'à 85-86% et je la déplace ensuite.

Et je comprends donc aussi que des voitures qui prennent encore plus de 50kW en moyenne entre 80% et 95% se branchent ! C'est plus rapide que la mienne entre 50% et 80%...

Bref, je pense qu'il faut prendre un vrai recul...

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