Après la R5 et la Micra puis la Twingo et la Pixo, une Nissan Cube sur base de Renault 4 ?

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Concept Nissan Hang Out 2021

Après avoir transformé la Renault 5 en Micra puis la Twingo en Pixo, Nissan semble avoir trouvé une méthode plutôt efficace pour renouveler sa gamme électrique européenne : laisser Renault faire le gros du travail. Puisqu’on est lancé, j’ai une petite suggestion pour la suite : ressusciter la Cube sur la base de la Renault 4. Non mais sérieusement, arrêtez de rire.

Même si les deux marques partagent des plateformes et des motorisations depuis près de 25 ans, expliquer il y a quelques années encore que Nissan allait vendre une Renault 5 aurait probablement valu une petite tape sur l’épaule, compatissante mais légèrement inquiète, accompagnée d’un verre d’eau tiède pour s’hydrater. Pourtant, c’est exactement ce qui s’est passé. La nouvelle Micra repose en effet sur la plateforme AmpR Small de la R5, utilise des tandems moteur-batterie identiques et sort des mêmes chaînes de Douai. Nissan s’est toutefois chargé de lui dessiner, visiblement au Spirographe, une carrosserie suffisamment différente pour s’affranchir d’un lien de parenté esthétique avec la Française.

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Mais ça n’est pas tout ! On le sait depuis aujourd’hui, Nissan a également choisi Renault pour développer et produire sa future petite électrique de segment A que l’on découvrira le 23 septembre prochain, dérivée cette fois de la nouvelle Twingo et qui va s’appeler Pixo. Comme la citadine commercialisée de 2009 à 2013 et qui était elle-même une Suzuki Alto légèrement remaniée, mais passons. Ou ne passons pas : qui s’en rappelle, franchement ? Personne ne lève le doigt, sans surprise, on ne peut pas dire qu’on est dans le domaine du mythe automobile. On m’aurait demandé mon avis, ce qui n’a curieusement pas été fait, je serais plutôt parti sur la Pao. Certes, c’est un modèle qui n’est pas sorti de l’archipel nippon et n’est connu que d’une poignée de no-life de l’automobile (salut !), mais, côté design, pardon, il y a moyen d’en faire une réédition moderne absolument incroyable, surtout que ce produit de la Pike Factory, avec la Figaro, la S-Cargo et la Be-1, pouvait difficilement cacher une inspiration stylistique mélangeant très joyeusement des détails de Citroën 2CV, de Fiat 500 et de… Renault 4.

Sur quel beau Segway je vous embarque pour la suite, mon talent est infini. Parce que oui, après la R5 devenue Micra et la Twixo, pourquoi la R4 n’aurait pas droit elle aussi à sa déclinaison revue à Yokohama ? Et sous quel nom du coup ? Je pose la question mais, chut, baissez la main, c’est un monologue, laissez faire le professionnel. Vous êtes prêts ? Je le dis ? Je le dis : il est temps, il est grand temps de ressusciter la Cube.

Pour ceux qui auraient oublié cette merveilleuse bizarrerie, c’était exactement ce que son nom promettait : une boîte à chaussures motorisée dont les concepteurs semblaient avoir deux équerres mais aucun compas. Vous trouvez cette description pas terrible ? L’officiel est pire : « l’avant, c’est un bulldog avec des lunettes de soleil, l’habitacle est inspiré d’un jacuzzi et l’arrière est calqué sur le postérieur de Jennifer Lopez ». Je vous jure que c’était dans le communiqué de presse de l’époque annonçant l’arrivée de la troisième génération du modèle (dite Z12), la seule à avoir trouvé le chemin du Vieux Continent.

Est-ce que ça a été un succès commercial en Europe ? Pas trop. En France ? Moins encore. Dix-huit unités écoulées en 2009, 936 en 2010, 130 en 2011 puis rideau. On n’est pas sur un destin de Golf. A-t-elle du coup marqué la pop-culture comme l’autre four au design audacieux qu’est l’AMC Pacer devenue pourtant ensuite le vrai premier rôle de Wayne’s World ? Non plus. C’est le véhicule de Miss Juniper, la prof de musique dont Seymour Skinner tombe amoureux dans l’épisode 11 de la saison 22 des Simpsons, est-ce que ça compte ? Bof.

Si on parle sérieusement deux minutes, au-delà de ce physique qui ne faisait pas forcément l’unanimité, la Nissan Cube a surtout été trahie par une grille tarifaire un poil ambitieuse, parce qu’elle cochait sinon de nombreuses cases qui n’ont rien perdu de leur actualité, avec un excellent rapport habitabilité/encombrement, une modularité garantie par une banquette arrière amplement coulissante, une luminosité remarquable avec ses surfaces vitrées généreuses et un grand toit panoramique, ainsi qu’une hauteur sous plafond digne de Notre-Dame de Strasbourg.

Techniquement, la recette était déjà la même qu’aujourd’hui avec des ingrédients comme une plateforme B issue de l’Alliance ainsi que des motorisations partagées, entre autres, avec la Clio contemporaine. Fun facts très Automobile Propre : sa version essence était équipée du moteur HR16DE qui est baptisé H4M chez Renault, et une déclinaison à cycle Atkinson constitue toujours aujourd’hui la partie thermique du système hybride E-Tech. Ce n’est pas le seul lien de la Cube avec l’électrification puisque le concept-car EV-02 dévoilé en 2008 sur base de Z11, la génération précédente, était un mulet de la Leaf, avec 109 ch et 35 kWh de batteries. Les électrons sont déjà dans son ADN, c’est indiscutable, avouez-le.

Nissan EV-02 de 2008

Continuons donc ici les bonnes habitudes et partons évidemment de la plateforme Ampr Small avec les deux GMP qui vont avec, 120 ch 40 kWh et 150 ch 52 kWh.  Question lignes, on fait comme pour la Micra avec la R5 : on ne garde rien à part le toit, mais on suit le chemin inverse : au revoir les rondeurs de la R4, on ajoute des coins, on verticalise le hayon, on déplace ses charnières à gauche, on dessine autant que possible des surfaces vitrées façon véranda Leroy Merlin et, surtout, on oublie le calque en miroir dans Photoshop et on me remet de l’asymétrie dans le derrière, si vous m’autorisez l’expression. Pas besoin d’aller chercher bien loin l’inspiration, la Nissan Hang Out, concept sorti en 2021 que tout le monde a oublié sauf moi, est une excellente source. Installez un petit paillasson sur la planche de bord, faites une version Plein Sud avec une toile en papier de riz, ne faites pas la même erreur que la Micra en ajoutant cette fois-ci du velours coloré et du moelleux dans la sellerie et il n’y a plus qu’à signer en bas à droite, l’œuvre d’art est sous vos yeux. Vous pouvez même dire que c’est un SUV si ça vous chante, puisque ça ne veut plus rien dire, mais, par pitié, préservez-moi ces ailes de la moindre extension en plastique brut, le peuple n’en peut plus.

On fait comme ça, Nissan du coup ? Très bien. Pour le prochain épisode, on parlera de la résurrection de la Nissan Prairie sur base de Renault Scenic alors.

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