Interview : il ne mâche pas ses mots à propos de son Audi Q4 40 e-tron d’entrée de gamme


Audi Q4 40 e-tron

Les constructeurs ont pris l’habitude de confier aux journalistes des modèles haut de gamme et/ou particulièrement bien équipés. Les automobilistes ne font pas forcément ce choix. Ainsi chez Benoît Iizuka où une Audi Q4 40 e-tron dans sa plus simple expression est utilisée au quotidien. Que pense-t-il de son SUV électrique livré en mai 2022 ?

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Audi Q4 40 e-tron

S’inscrivant dans un rectangle de 4,588 x 1,865 m, pour une hauteur de 1,632 m, l’Audi Q4 40 e-tron est un SUV électrique propulsé par un moteur synchrone à aimants permanents qui développe une puissance de 150 kW (204 ch), pour un couple de 310 Nm.

Il est alimenté en énergie par une batterie lithium-ion d’une capacité énergétique brute de 82 kWh, pour 77 kWh exploitables. Pour la régénérer : un chargeur embarqué 11 kW AC et 135 kW de puissance maximale sur les bornes rapides DC depuis une encore récente mise à jour.

En entrée de gamme proposé à partir de 50 900 euros aujourd’hui sur le site du constructeur, l’engin repose sur des jantes alliage de 19 pouces à 5 bras et apparaît dans une teinte gris galet. Benoît Iizuka a préféré le bleu geyser métallisé alors facturé 800 euros (950 euros au 18 août 2022).

À bord, les passagers prennent place sur des sièges en tissu noir. Au-dessus d’eux, le ciel de pavillon est gris acier. Derrière le volant multifonction (sans palette) en cuir à doubles branches, l’instrumentation bénéficie d’un affichage numérique sur un écran digital 10,25 pouces.

Équipement

Parmi les équipements de série pour cette version, et sans vouloir être exhaustif, on trouve : pare-brise en verre athermique, accoudoir central ajustable à l’avant, climatisation automatique, rétroviseurs extérieurs réglables électriquement et dégivrants, sonorisation par 5 haut-parleurs et réception radio numérique DAB, phares LED à l’avant, détecteurs de pluie et luminosité, alerte de sortie de voie, limiteur de vitesse et système d’aide au stationnement pour l’arrière.

Notre lecteur a toutefois ajouté quelques options, dans une limite budgétaire stricte. « Les loyers mensuels de la LLD ne devaient pas dépasser les 500 euros. Nous avons bénéficié d’une importante remise commerciale. Après déduction du bonus gouvernemental, l’apport a été limité à 2 800 euros », expose-t-il.

« En option, nous avons retenu, en plus de la peinture métallisée, le régulateur de vitesse adaptatif, le vitrage acoustique latéral avant, et le pack Confort pour bénéficier des rétroviseurs rabattables électriquement et du réglage des lombaires », aligne-t-il.

Selon la brochure à notre disposition, ces éléments sont proposés respectivement à 1 140, 140 et 980 euros sur l’Audi Q4 40 e-tron.

Pourquoi l’Audi Q4 40 e-tron ?

Ingénieur de 48 ans, notre interviewé connaît particulièrement bien la filière et le marché électromobiles. Aujourd’hui chez le spécialiste du rétrofit Phoenix Mobility, il a vu les débuts de la Zoé et de la Fluence électrique lorsqu’il était chez Renault. D’où diverses exigences de son côté, mais pas seulement.

« Pour moi, Tesla est incontournable. J’aurais choisi une Model 3 en remplacement de la Mercedes Classe B de 2014. Mais il s’agit à la base du véhicule de fonction de mon épouse. Et elle n’aime pas l’absence de bouton sur l’Américaine, le côté dépouillé et ce qu’elle estime être la finition “super cheap” de cette voiture », justifie Benoît Iizuka.

« Tout comme moi, elle est pourtant assez geek, avec un vécu informatique pour un spécialiste de la finance, et parmi les premières à avoir acheté un iPhone, en 2008. Le grand écran à l’intérieur dans la Model 3, oui, mais elle attend davantage de choses à bord », explique-t-il.

Il a lui-même écarté les Mercedes EQA (« Pas aboutie, avec une batterie mal dimensionnée »), EQB (« Pas disponible quand nous avons signé le bon de commande en septembre 2021 »), EQC (« Hors de prix »), Volvo XC40 (« Fabriqué en Chine »), Renault Mégane E-Tech (« Coffre trop petit »), etc.

Le meilleur choix ?

« Globalement, je suis extrêmement content de l’Audi Q4 40 e-tron, et je n’en verrais pas d’autre qui serait mieux pour nos besoins », estime Benoît Iizuka. Qui aime bien châtie bien ! C’est tout à fait avec cet esprit que notre lecteur a dressé une liste assez impressionnante de points négatifs et dysfonctionnements.

À commencer par un regret suite à une incompréhension liée à l’équipement du modèle mis à disposition par la concession lors de l’essai : « Pour avoir la ventilation à l’arrière, il faut prendre la climatisation trizone qui est très très chère [NDLR : 810 euros, selon le catalogue de mai 2022]. Nous sommes en Gironde. Nos filles souffrent de la chaleur. Pour une marque Premium, c’est quand même limite ».

Il met dans le même panier « l’absence d’éclairage au niveau du miroir de courtoisie, et l’impossibilité d’étendre le pare-soleil quand on le positionne sur le côté. Pour cette dernière fonctionnalité, l’économie réalisée par le constructeur ne dépasse certainement pas les 20 centimes d’euros. C’est un domaine que je connais bien ».

Et encore : « La boîte à gants en plastique fait très cheap avec un bruit de fermeture style Dacia. C’est la même chose avec le coffre qui n’est pas électrique : il n’y a certainement pas eu de proto dans cette version, sinon ça ne serait pas passé comme ça ! »

Dysfonctionnements

« Notre Q4 dort dans un garage fermé. Quand on ouvre le coffre, 4 fois sur 5, on a un message d’erreur au tableau de bord qui indique un problème de recharge alors que la voiture n’est pas branchée », rapporte Benoît Iizuka.

« Lorsque je conduis sur autoroute, comme sur départementale, j’ai un message très gênant qui me demande de mettre les mains sur le volant, alors qu’elles y sont et que ma voiture n’a pas l’aide au maintien entre les lignes. Le fort bip qui est alors émis réveille les enfants à l’arrière. Sur un trajet Bordeaux-Nîmes de 500 km, j’ai ce message au moins 10 fois. C’est aléatoire et je ne comprends pas pourquoi, surtout pour une voiture de ce prix », réfléchit-il.

« L’application MyAudi est très limitée. On peut juste avoir l’état de charge. La connexion ne fonctionne qu’une fois sur 2. Il faut 1 minute pour lancer la clim à distance. C’est lié à l’endormissement du calculateur. Il pourrait y avoir une animation sympa pour faire comprendre que ça va se lancer. L’ergonomie est minable à ce niveau », évalue-t-il.

Toujours dans les moins

« Pour l’infodivertissement, mon profil est enregistré sur Internet. Au début, ça marchait. Maintenant, une fois sur 2 ça ne marche pas. Et je perds tous mes favoris. Par ailleurs, le système Plug & Charge qui devrait permettre de lancer la recharge dans les stations Ionity sans avoir à s’identifier ne fonctionne pas », déplore Benoît Iizuka.

« Je ne comprends pas que le mode B pour maximiser la régénération ne soit pas celui par défaut, et pourquoi le réglage saute à chaque nouvelle utilisation du véhicule. Il manque un système One Pedal Drive qui permettrait de conduire et d’immobiliser la voiture rien qu’avec l’accélérateur. Il n’y a pas de GPS. Il faut donc qu’un acheteur potentiel sache qu’il ne disposera pas d’un préconditionnement de la batterie en hiver en relation avec la sélection d’une borne sur navigateur », ajoute-t-il.

« L’Audi Q4 est un gros véhicule pas facile à garer. La visibilité n’est pas bonne, et on n’a pas de caméra à 360 degrés. Quant aux radars, ils détectent avec un gros bip les angles verticaux, même très bas, des bateaux », achève-t-il.

Dans les plus

« Quel que soit le régime du moteur, on ne l’entend jamais. L’Audi Q4 40 e-tron est vraiment très silencieuse, avec peu de bruits d’air. Grâce au vitrage feuilleté, ils n’apparaissent qu’à partir des 110 km/h. En revanche, les bruits de roulement ne sont pas totalement filtrés. Entre Narbonne et Béziers, on entend les chocs provoqués par les joints de dilatation dans la chaussée », oppose Benoît Iizuka.

« La puissance de la motorisation est très bonne, en dépit du poids de la plateforme MEB. Le confort général est bon. On est vraiment bien dans cette voiture », apprécie-t-il. « Pour la ligne extérieure, c’est une vraie Audi. À côté, le design de la Tesla Model 3 est un peu fade », compare-t-il.

« La version de base du Q4 est presque mieux que les autres à plusieurs niveaux. Déjà avec le sélecteur de marche en satiné plutôt que le salissant Piano Black. Mais aussi pour le coffre qui n’a qu’un seul double fond et permet de mieux loger les bagages », avoue-t-il.

Autonomie, consommation et recharge

« Je note une autonomie réelle de 540 km l’été sur routes départementales et 360 km à 130 km/h sur autoroute. D’où un seul arrêt pour la recharge entre Bordeaux et Nîmes. Il se peut que les chaleurs caniculaires soient propices à réduire la consommation à cette vitesse. La densité de l’air étant moindre à 40 °C, les frottements aérodynamiques sont donc moins importants qu’à 20 °C », développe l’ingénieur.

« Sur presque 6 600 km, la consommation moyenne s’élève à 18,1 kWh/100 km. La moitié a été effectuée sur autoroute à 130 km/h, avec 4 personnes et le coffre plein, et la clim réglée sur 24 ou 25 °C par une température extérieure entre 35 et 40 °C », témoigne-t-il.

« Sur les chargeurs Ionity, je n’ai jamais dépassé les 125 kW de puissance. En revanche, sur une borne neuve EVBox, j’ai longtemps observé les 135 kW, sous une température de 38 °C. Mais j’ai dû m’y reprendre à 5 fois pour faire démarrer la recharge », conclut-il.

Automobile Propre et moi-même remercions Benoît Iizuka pour sa disponibilité, son témoignage particulièrement éclairant sur l’Audi Q4 40 e-tron, et les nombreuses photos fournies.


En savoir plus sur le véhicule Audi Q4 e-tron


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