Reportage : pourquoi dédier aux femmes ce roadtrip en voitures électriques organisé par l'e-France Café ?

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A travers les Alpes Mancelles
A travers les Alpes Mancelles

Pluies et orages étaient prévus par Météo France quelques jours avant le samedi 9 mai 2026, date du Sarthe Electrique Tour organisé par Guillaume, référent au e-France Café pour les Pays de la Loire. Le timing a cependant été très joueur, façonnant la première édition d’une rencontre régionale. Régionale ? Euh… pas tant que ça finalement ! Et la surprise de voir débouler plein de connaissances qui ont déjà fait la une dans Automobile Propre. Une autre a été d’avoir dans le groupe des conductrices et des femmes engagées pour l’électromobilité. L’esprit de la Marquise de Sablé aurait-il soufflé sur l’événement ?

Bleu, blanc, rouge… et gris pour les Tesla

Est-ce la première fois, ce samedi 9 mai 2026, que je participais à un rallye organisé par le e-France Café, dans l’idée d’en sortir un article de type reportage ? Je crois bien que oui. J’ai personnellement été de surprise en surprise. Mais où sont donc passées les Renault Zoé que l’on voyait très majoritaires il y a encore quelques années dans les rallyes en voitures électriques ?

Elles ont tout simplement été remplacées par les Tesla (Model S, Model 3, Model Y). Elles étaient très largement majoritaires dans la douzaine de VE sur le terrain, embarquant un total de vingt participants. Le Losange était cependant très correctement représenté par une Renault 5 et plusieurs Megane E-Tech. Pour apporter un peu de diversité, nous avions une Opel Corsa-e et deux coréennes : la superbe Hyundai Ioniq 6 de Guillaume pour ouvrir la route, et ma propre Kia e-Niro.

Presque 400 km pour venir de Dordogne

Pour un premier Sarthe électrique Tour, on pouvait s’attendre à trouver essentiellement des électromobilistes locaux. Eh bien pas du tout ! Et ceux qui venaient des régions les plus éloignées n’étaient pas en Tesla. Rencontré en 2022 lors d’un rallye d’éco-conduite organisé par l’Automobile club du sud-ouest, Electric Vince, et peut-être plus encore sa femme Cora au volant, ont sans doute été les plus courageux. Ils ont effectué pas loin de 400 km en Renault 5 E-Tech pour venir depuis la Dordogne. En destination, la station de recharge Powerdot du magasin Super U de Sablé-sur-Sarthe, lieu de départ du rallye.

Ils sont actuellement en pleine préparation et promotion de deux événements co-organisés avec Bourgogne Véhicules Electriques et qui vont s’étaler du 29 au 31 mai 2026 : Le Défi 24h en VE qui consistera à réaliser un maximum de kilomètres en 24 heures, et le Défi 1 000 km en VE. Là, il s’agit de parcourir le plus rapidement possible 1 000 km, soit en voiture électrique avec un minimum de deux conducteurs, soit en solitaire à moto.

Electric Vince connaît bien ces deux univers : « Je roule en électrique depuis 2021, avant en Hyundai Kona 64 et MG ZS EV de première génération. Aujourd’hui, nous avons aussi une Hyundai Ioniq 5, et une moto électrique BW8 Heritage d’Easy-Watts que je trouve bien équilibrée ». S’il fait partie des 20 participants au Sarthe électrique Tour, il l’avoue, « c’est parce que j’aime bien ces sorties en véhicules électriques, je suis fan de slow tourisme ».

Venant également de loin

Avec leur Renault Megane E-Tech, Alain et Séverine sont également venus de loin : « Nous avons parcouru 325 km pour arriver jusqu’ici depuis les environs de Cherbourg. C’est ma femme qui est abonnée au e-France Café ». Ensemble, ils roulent depuis huit ans en voitures électriques : « Nous avons commencé avec une Nissan Leaf 2. En LOA sur quatre ans et bientôt à terme, notre Megane nous sert aussi bien pour notre quotidien que pour partir en vacances. Dans une semaine, nous allons recevoir notre troisième voiture électrique, un Renault Scenic E-Tech ».

M’informant régulièrement des rallyes en VE, Hervé, grâce auquel j’ai eu connaissance de ce Sarthe électrique Tour, et l’année dernière du rallye intégrant des voitures anciennes, était également là en Renault Megane électrique. Comme lui, Jacques avait quitté la région de La Rochelle, à approximativement 240 km de Sablé-sur-Sarthe, mais avec une Tesla Model 3. À bord de la berline branchée, en plus de sa femme, un couple qui ne roule pas en voiture électrique.

Un point commun avec mon propre équipier Jean-Marie qui est venu de Tours, et auquel nous devons les photos de la colonne de VE sur la route. Pourtant, lui aussi a fait l’objet d’un article dans Automobile Propre, en nous donnant ses impressions après l’essai l’année dernière d’une Renault 5 E-Tech et d’une Citroën ë-C3.

Avec leur Opel Corsa-e 2022 arrivée dans le foyer une quinzaine de jours plus tôt, Alice et Julien se sont déplacés depuis Vendôme : « Elle est en finition Business bien équipée. Nous sommes au e-France Café depuis 2011 et notre première Nissan Leaf, et avions déjà participé quand nous étions en Isère à la sortie des Grottes chantantes également organisée par le club. Nous avons ensuite eu une Leaf de deuxième génération, puis une Leapmotor T03 dont j’ai voulu me défaire en raison d’un problème que le concessionnaire n’a pas voulu prendre en charge dans le cadre de la garantie ».

Inaugurant sa nouvelle Tesla Model 3 acquise après avoir été séduit par la récente démonstration maison du FSD, le Rennais Jérôme, véritable figure de la communauté électro-mobile, n’était pas davantage de la région des Pays de la Loire.

Une sortie qui a commencé avec des gourmandises

Par rapport à bien des voitures inscrites au Sarthe Électrique Tour, la Hyundai Ioniq 6 de Guillaume endossait parfaitement le rôle de VE de l’organisateur, grâce au V2L permettant de brancher la machine à café avant le départ. Par chance pour la médiatisation de l’événement, c’était sous les yeux des journalistes de Ouest-France, du Maine Libre et des Nouvelles. Lui non plus n’est pas un inconnu de nos habituels lecteurs. Il s’agit de cet enseignant indépendant de la conduite automobile qui a adopté en 2023 une MG4 pour former les candidats au permis B.

Il est parfaitement local : « L’idée d’un rallye comme celui-là est de multiplier à l’avenir ce type d’événements dans les départements ». Ce qu’il y avait déjà de particulièrement magique ce 9 mai 2026, c’est ce soleil qui a été présent avec les participants tout au long de la journée, depuis la visite dans la ville de la fabrique de biscuits La Sablésienne.

Lauryne, notre guide à La Sablésienne
A La Sablésienne
Des VE sur le parking de La Sablésienne

Première chose à retenir de cette entreprise qui privilégie les ingrédients locaux : le nom des sablés ne vient pas de la texture, mais de Magdeleine de Souvré, marquise de Sablé, qui en a été la grande ambassadrice. Aujourd’hui encore c’est une femme, Amélie Loret Scherrer, qui répand à travers le monde les qualités de ses gâteaux secs dont il existe des déclinaisons salées. Dans une vidéo diffusée aux visiteurs, elle met en avant le côté féminin de ses produits, d’équerre avec un effectif de 50 à 60 personnes composé d’une majorité de dames et demoiselles. Ainsi Lauryne, qui a été notre guide et nous a fait goûter quelques spécialités.

Pourquoi en faudrait-il davantage pour dédier cette sortie aux participantes, parfois au volant (Cora et Alice), beaucoup étant bien actives dans la promotion de la mobilité électrique, et toutes ayant ensoleillé cette sortie ?

Petit tour en Mayenne

Quel est l’un des objectifs majeurs d’un événement comme ce Sarthe Électrique Tour ? Dans la bonne humeur promouvoir les véhicules électriques. Je suis témoin que ça a parfaitement fonctionné. Lors de notre défilé autour de l’abbaye de Solesmes, j’ai clairement entendu de la part de visiteurs : « Mais ils ont tous des voitures électriques par ici ! ». Bien que silencieuse, la colonne a également été identifiée plus tard dans la journée. Jamais de façon négative a priori. Rien que sur cela, mon cher Guillaume, je peux te dire que ta sortie a été un grand succès.

Très bon choix que ce restaurant L’Entr’Potes dont le nom illustre bien l’esprit très présent à table, où tout le monde a eu à cœur de partager son expérience de la mobilité électrique et bien d’autres choses. Service rapide et impeccable, plats très appréciés. À noter que nous étions accueillis à l’entrée par le Ford Capri électrique des gérants du restaurant : j’ai donné ma carte de visite à madame et sollicité son témoignage, en espérant un retour positif.

Mais voilà qu’avec les desserts et notre gourmandise, le timing s’est une première fois tendu. Et l’on a compris pourquoi le club ne s’appelle pas e-France Déca. Sur les petites routes sinueuses et désertes de deux départements qui ont remis en place la limite de vitesse à 90 km/h, la vivacité de nos électriques a fait merveille pour parvenir en Mayenne au château de Sainte-Suzanne.

Là, nous avons eu droit à une visite guidée par un véritable passionné de l’histoire du site. De quoi faire glisser un peu plus l’horaire, mais pas d’effacer l’excellente ambiance.

Dans les Alpes Mancelles

C’est finalement une colonne en mode apaisé qui a sillonné les routes des Alpes mancelles avec des arrêts découvertes à Saint-Léonard-des-Bois, à Fresnay-sur-Sarthe, élu comme « le village préféré des Français 2021 », et à la plage de Sillé-le-Guillaume. Souvent les touristes et promeneurs ont remarqué nos VE, appréciant sans doute de ne pas être choqués par cette file de motos ultrabruyantes que nous avons croisée. Non mais, franchement, dans une petite commune de caractère où l’on savoure la quiétude en famille, comment peut-on effectuer des accélérations au rupteur !?

Du plus loin au plus proche : Hyundai Ioniq 6, 2 Renault Megane E-Tech, 2 Tesla Model Y, Tesla Model S
A travers les Alpes Mancelles
A travers les Alpes Mancelles

Au fur et à mesure que l’heure tournait, les équipages venus de plus loin sont repartis après de chaleureux au revoir. Ce qui fait que, au bout d’environ 160 km de route, nous n’étions plus que trois voitures électriques à l’arrivée après 19 h 00.

Par curiosité, nous avons échangé les consommations de nos VE. De mémoire, et vous me rectifierez tous les deux si ce n’était pas bon, sur la boucle, Guillaume a relevé 14,5 kWh/100 km pour sa Hyundai Ioniq 6, Hervé 13,4 mais 12,9 kWh/100 km depuis La Rochelle, et moi-même 12 pour le circuit mais 12,4 depuis chez moi à presque 80 km de Sablé-sur-Sarthe. Le temps calme avec une température de 23 °C l’après-midi a fait des merveilles sur les consommations.

Bilan

Après avoir interrogé un grand nombre de participants, il en ressort que tout le monde a été satisfait de l’accueil, de l’ambiance et du programme. Ce qui explique la très grande indulgence de quasiment tous pour le débordement d’horaire.

Pour finir sur une note féminine, ce retour plus complet de l’une des équipières qui a toutefois eu l’impression de beaucoup courir : « Il m’a manqué plus de temps pour discuter tous ensemble. J’avais envie de davantage de lien social, d’échanges, de prendre un peu de temps en terrasse pour discuter et se rejoindre par affinités. Mais le programme était très bien construit et on a été ravis de découvrir le pays sarthois ».

Une chose est sûre : tous ceux qui ont fait confiance à Guillaume ne le regrettent pas et espèrent vivement revivre une telle sortie. Et au fait, il y avait bien quelque chose de magique ce 9 mai, et la météo n’a pas menti : au retour, j’ai essuyé un orage à devoir rouler à vitesse très modérée. Il y avait suffisamment d’éclairs dans le ciel pour alimenter la flotte électrique de La Poste au grand complet pendant plus d’un an.

Automobile Propre et moi-même remercions Guillaume et tous les participants pour leur accueil, leur bienveillance, leur sympathie et leur amitié. Et ce n’est pas une simple formule de politesse ! J’ai vraiment passé un super moment avec vous tous.

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