Témoignage – Après deux hybrides rechargeables, Pascal hésite encore à passer au 100 % électrique

La suite de votre contenu après cette annonce

Le nouveau Kia Niro PHEV de Pascal
Le nouveau Kia Niro PHEV de Pascal

D’abord avec un modèle de première génération de mai 2019 puis avec le nouveau dont la LOA devrait être prolongée dans quelques mois, deux Kia Niro hybrides rechargeables ont successivement donné toute satisfaction chez Pascal. Dans son foyer, l’électrique reviendra sans doute un jour. Il reste encore quelques questions qui devraient trouver leur réponse dans quelques mois ou années.

VE pour Madame / PHEV pour Monsieur

Aujourd’hui, Pascal et sa femme sont à la retraite, avec une seule voiture pour tous les deux : « En 2019, je devais changer de véhicule. Je travaillais alors comme technicien en aéronautique chez Thales à une quinzaine de kilomètres de la maison. Même en comptant un petit détour pour effectuer de petites courses le soir en rentrant, l’autonomie annoncée à 58 km [NDLR : En cycle mixte NEDC, avec batterie lithium-ion polymère de 8,9 kWh] pour le Kia Niro PHEV m’est apparue suffisante pour que je puisse rouler au quotidien uniquement à l’électrique ».

Pour son activité professionnelle, l’épouse avait déjà abandonné le thermique : « Médecin généraliste, elle a enchaîné deux Renault Zoé et une Peugeot e-208 pour changer de modèle. Elle a cependant préféré la Zoé plus spacieuse et plus silencieuse. Aujourd’hui que nous sommes tous les deux à la retraite, nous essayons de n’avoir qu’une seule voiture. Au besoin, je peux prendre ma moto, une BMW K 1600 GTL. Sortant d’une Seat Ibiza break dont j’étais satisfait, je tenais toutefois à changer de marque ».

Un modèle comme le Mitsubishi Outlander PHEV ne pouvait convenir : « Je ne souhaitais pas de gros SUV. En 2019, le Kia Niro offrait des sièges chauffants et ventilés et déjà pas mal d’aides à la conduite. Il était aussi bien agréable à conduire, confortable et bien insonorisé. Je me suis donc laissé tenter par ce modèle coréen que j’ai pris en finition Premium et avec lequel je n’ai jamais connu le moindre problème. En roulant normalement, j’arrivais à obtenir 60 à 62 km d’autonomie en mode EV, c’est-à-dire davantage que celle annoncée par le constructeur ».

Difficile transition

Pascal ne devait conserver son premier Kia Niro PHEV que trois ans : « C’est ce qui était prévu dans le contrat de location. Étant pleinement satisfaits du Niro de première génération, il était évident pour nous de continuer avec le nouveau modèle. D’autant plus qu’avec la nouvelle ligne et une dalle numérique pour l’afficheur derrière le volant, on avait vraiment l’impression d’être dans une voiture très différente en conservant la fiabilité de la marque. Sans le changement de style, nous serions peut-être passés à une autre marque ».

À lire aussi
Témoignage – Pour des loyers à peine plus chers, Anthony a préféré l’Audi A6 Avant e-tron au Renault Scenic E-Tech

La LOA a toutefois été prolongée d’un an pour deux raisons différentes : « Nous attendions déjà qu’il soit possible de commander et recevoir le Niro hybride rechargeable de nouvelle génération. Ce qui a été fait en juin 2022 pour une livraison prévue mi-septembre, la concession se chargeant de faire prolonger notre premier contrat. Mais ce garage à Coignières a fermé ses portes peu de temps après [NDLR : En juillet 2022]. Ce sont environ 150 dossiers, dont le nôtre, qui se sont retrouvés bloqués ».

La situation s’est éternisée : « À cause de cette fermeture, nous avons perdu près de huit mois, m’obligeant à téléphoner tous les quinze jours pour savoir si ça avançait. Des concessions ont été désignées pour reprendre les dossiers. Le nôtre a fait partie d’un lot de 80 qui a atterri à celle de Chambourcy, bien éloignée de chez nous, alors qu’une autre à cinq kilomètres mais dans un département voisin aurait été préférable. J’avais un peu râlé, mais on nous a offert des barres de toit et des tapis en caoutchouc, y compris le bac du coffre, représentant une valeur de 250 euros ».

Bonus VE

Une petite astuce a permis à Pascal de payer moins cher pour son nouveau Kia Niro PHEV : « Il est également en finition premium. En demandant le remplacement des grosses jantes par des modèles en 16 pouces, on faisait descendre les émissions de CO2 en dessous de vingt grammes par kilomètre, permettant de bénéficier du bonus de 6 000 euros comme pour les voitures électriques. Les règles ont ensuite été durcies, excluant cette possibilité. Toujours pour 15 000 km par an, les loyers sont de 509 euros, alors que je payais 511 pour le précédent Niro ».

Aucun risque de confondre les deux véhicules : « J’ai bien aimé l’évolution du style, c’est une bonne rupture. Notre ancien Niro était en bleu marine et le nouveau est gris comète. Entre les deux, nous avons hélas perdu les sièges ventilés. Ce serait pour des raisons commerciales que cet équipement et le toit ouvrant ne seraient plus proposés, afin de limiter le poids du véhicule. J’ai en revanche retrouvé une sono Harman Kardon : il y a mieux, mais c’est très bien pour écouter RFM, Nostalgie, NRJ ou Europe 2 et des musiques que j’importe ».

Le Kia Niro PHEV de première génération de Pascal
Le Kia Niro PHEV de première génération de Pascal

Avec le nouveau modèle, l’autonomie en électrique a officiellement progressé à 65 km WLTP grâce à une capacité énergétique relevée à 11,1 kWh : « À nouveau, je vais au-delà, dans les 70 km en roulant normalement. On ne peut descendre en dessous de 10 % d’énergie dans la batterie. Une seule fois, j’ai vu s’afficher 9 %, mais le moteur thermique a démarré et l’autonomie était à zéro. C’est le même bloc essence pour les deux générations de Niro [NDLR : 4 cylindres 1,6 l GDi 77 kW (105 ch)] ».

Parcours bien rodé

Pour descendre à Bordeaux, il y a 560 km depuis les environs de Limours (91) où réside le couple de Franciliens : « C’est un trajet que nous effectuons régulièrement toutes les cinq ou six semaines pour nous rendre chez les beaux-parents. Nous commençons par rejoindre l’A10 au péage de Saint-Arnoult puis passons sur l’A11 jusqu’à Chartres où nous empruntons la N10. A Tours, nous revenons sur l’autoroute que nous laissons vers Poitiers Sud à nouveau pour reprendre la N10 en quatre voies. Juste avant d’entrer sur la rocade de Bordeaux, nous retournons sur l’A10 ».

Cette gymnastique entre les deux tracés a bien du sens : « Déjà, nous parcourrons environ 30 km de moins en ne restant pas toujours sur l’autoroute. Mais cette dernière nous permet d’éviter un tronçon pénible à cause de trop nombreux ralentisseurs. En partant avec la batterie pleine, nous sommes en mode EV sur les 15 premiers kilomètres jusqu’à l’A10. Ensuite, nous passons en HEV, et revenons à l’électrique sur la rocade de Bordeaux. Sur les parties à 80 ou 90 km/h, la batterie se recharge. J’arrive encore à gagner quelques kilomètres d’autonomie à 110 ».

Le parcours est désormais bien rodé : « Avec l’habitude, on sait exploiter au mieux le tracé pour une utilisation optimum de la motorisation hybride rechargeable. Sur l’autoroute, nous sommes calés à 120-130 km/h au régulateur. Selon la météo, la conso varie entre 4,5 et 5 litres d’essence, mais jamais au-dessus. Nous pouvons brancher notre Niro chez les beaux-parents : il n’a jamais été mis en recharge sur les bornes dans l’espace public. Chez nous, sur une prise renforcée Green’Up en 16 A, le plein d’énergie prend environ 2h50 ».

Dans les moins

Un autre trajet récurrent, d’environ 120 km, est également bien maîtrisé par Pascal : « C’est pour aller à Nogent-sur-Seine chez notre fille où nous pouvons également mettre en charge le Niro. Les trente premiers et les trente derniers kilomètres sont effectués en mode EV, le reste en HEV. Le véhicule a un comportement assez désagréable lorsqu’il arrive sur une longue côte à 125-130 km/h en mode Eco. Il descend un à deux des six rapports de la boîte. Pour empêcher ce phénomène, je passe en mode Sport pour le forcer à rester en sixième ».

Si notre lecteur a beaucoup apprécié l’évolution du tableau de bord avec la deuxième génération de Kia Niro PHEV, il a aussi vite retrouvé ses marques : « Visuellement, les deux écrans plats ont donné l’impression d’être dans une tout autre voiture. Mais on a retrouvé sur le volant les mêmes commandes aux mêmes endroits, ce qui a été idéal pour la prise en main. En revanche, concernant la ventilation, impossible de la remettre à zéro avec le bouton sur le petit bandeau dédié. Ça fonctionnait avec l’ancien Niro, mais là, il faut passer par l’écran et le menu de la climatisation ».

Le nouveau modèle s’est jusque là montré aussi fiable que l’ancien : « J’ai juste rencontré un problème dont je ne sais pas vraiment si j’en suis responsable. C’est au niveau d’une ceinture de sécurité à l’arrière, la partie en rouge était légèrement sortie de son logement. Ce qui provoquait une alerte intempestive pour ceinture non bouclée. Il y avait une rayure à ce niveau : peut-être ai-je endommagé cet équipement avec un siège enfant. Ça nous a coûté 250 euros de réparation ».

Et après ?

Entre les deux Kia Niro PHEV, pas de grosses différences au niveau des factures d’entretien : « Je n’avais pas pris l’option pour que cette dépense soit comprise dans les loyers mensuels. Pour conserver la garantie, je dois l’amener à l’atelier tous les ans. Notre actuel Niro a dépassé les 40 000 km. Les plus grosses révisions sont facturées entre 250 et 300 euros, les intermédiaires sont de 220 à 250 euros. Kia arrêtant ses hybrides rechargeables, il nous sera difficile d’en reprendre un chez eux en septembre prochain avec la fin de la LOA ».

À lire aussi
Témoignage – Bruno a parcouru 76 000 km en Tesla Model 3 pour seulement 3,33 € aux 100 km

Par prudence, Pascal a déjà demandé un prolongement d’un an au service de financement de Hyundai Capital : « Nous souhaitons une année de plus de réflexion. Déjà pour voir si c’est tenable pour nous de rester avec une seule voiture. Ensuite pour savoir si nous passerions ou non à l’électrique. Nous avons bien constaté la bonne évolution des réseaux de recharge, mais nous avons un doute sur deux points : Comment va évoluer le vol des câbles sur les bornes ? Les stations de recharge ne vont-elles pas rapidement être saturées avec le développement des VE ? Heureusement, nous ne voyageons pas lors des grands départs ».

Des modèles ont déjà été envisagés pour la prochaine voiture : « Si nous restions à l’hybride rechargeable, ce serait avec un Volkswagen Tiguan qui nous permettrait d’avoir une autonomie doublée en mode EV, de l’ordre de 120 km. Si nous passions à l’électrique, ce ne serait pas une Tesla car ma femme n’en veut surtout pas, moi je ne suis pas trop Peugeot, ni DS, ni Citroën. Nous pourrions peut-être rester chez Kia. C’est l’EV5 qui me plaît le plus mais il est vraiment trop gros, et l’EV3 est trop petit. Ce serait donc l’EV4. Mais il y a aussi Renault avec son Scenic E-Tech ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Pascal pour son excellent accueil, sa réactivité et son intéressant témoignage proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Voilà bien une nouvelle question qui vient empoisonner l'électromobilité :  "Comment va évoluer le vol des câbles sur les bornes ?". Je me la pose d'ailleurs moi-même, puisque je ne peux brancher mon VE chez moi. J'étais entre l'Eure et l'Oise il y a quelques jours. La station IECharge de Trie-la-Ville avait bien mauvaise mine avec les câbles coupés, les façades altérées pour ses chargeurs et les sacs plein d'ordures autour d'eux. Et, pour la première fois, j'ai vu des tags sur des bornes 22 kW AC : c'était à Gisors, et ça ne donnait pas envie de s'y brancher. En revanche, pour des automobilistes qui évitent de voyager les jours rouges ou noirs et peuvent recharger habituellement chez eux, la question des stations qui pourraient être saturées devrait moins inquiéter. Le développement se poursuit assez rapidement, et l'on observe que bien des réseaux, en particulier parmi les plus récents, sont fiables et entretenus. Et il reste toujours la carte joker, celle des superchargeurs Tesla. Le coup de la concession qui ferme définitivement ses portes à peine un mois après avoir pris une commande et sans prévenir les clients, ce n'est vraiment pas commercial du tout de la part du distributeur. Surtout lorsque ça génère, sans prévenir, six à huit mois d'attente. Les conséquences auraient dû être anticipées et les clients concernés auraient dû bénéficier d'un accompagnement "au petit soin".

Philippe SCHWOERER

Cet article vous a plu ? Lancez la discussion

Accéder au forum

Nos guides