En juillet 2016, Elon Musk présentait son Master Plan 2, un plan stratégique étalé sur une période de dix ans. À mi-chemin de cette deuxième phase, c’est le moment de faire le bilan de ce qui a été accompli par Tesla.

Chez Tesla, les plans stratégiques prennent la forme de « Master Plan ». Étalés sur une décennie, ils définissent une série d’objectifs censés permettre à la firme d’entrer dans une nouvelle dimension. Le premier Master Plan de Tesla courait de 2006 à 2016. Il comportait le lancement d’un premier véhicule de série moins élitiste et plus accessible que le Roadster de première génération. C’est cette partie du plan qui a donné vie à la Tesla Model S, qui a marqué les débuts du constructeur sur le marché des voitures produites en grande série. L’entreprise a également amélioré son placement sur le marché avec un premier SUV, le Model X. Le reste du plan comportait surtout des points liés à l’énergie et aux batteries. C’est en juillet 2016 que le constructeur annonce son second Master Plan. Quels objectifs ont été atteints ? Que reste-t-il à réaliser ? À cinq ans de l’échéance, on fait le point !



Des voitures électriques pour tous

Les Model S et Model X haut de gamme avaient un seul objectif selon Musk, celui de financer la fabrication d’un modèle plus accessible. C’était la pierre angulaire de la partie 2 du Master Plan, respectée avec l’arrivée de la Tesla Model 3. Figurant aujourd’hui parmi les voitures électriques les plus vendues en France, la berline californienne démarre à moins de 45 000 euros hors bonus.

Outre un modèle d’entrée de gamme, le Master Plan promettait un SUV et un pick-up, tous deux électriques évidemment. Attendu fin 2021 en Europe, le Model Y a débuté sa commercialisation en 2020 sur le marché américain. Annoncé par le Cybertruck, le pick-up électrique devrait être industrialisé à compter de 2022. Sur le plan des véhicules, Tesla semble donc se tenir au plan de son PDG.

Musk avait aussi parlé d’un poids lourd. Le Tesla Semi arrivera lui aussi avant la fin du Master Plan, quand les nouvelles cellules de batterie seront prêtes. En bonus, Tesla pourrait présenter une compacte électrique pour avoir une véritable entrée de gamme.

Tesla Model S Model 3 Model X Model Y Superchargers

Gigafactory : Un plan d’industrialisation des usines Tesla

Sur le volet industriel, ce Master Plan 2 prévoyait d’accélérer la production, notamment grâce à la Model 3. « Ce qui est vraiment important pour un futur durable, c’est de pouvoir accélérer la production aussi vite que possible », écrivait Musk il y a cinq ans.

Alors qu’elle ne comptait que le site californien de Fremont à ses débuts, la marque compte désormais d’autres Gigafactory. Dédiée à la fabrication de cellules, celle de Reno (Nevada) a été lancée en 2017. Consacrée à la production de cellules photovoltaïques, la Gigafactory de New York ouvre ses portes la même année tandis que celle de Shanghai, qui assure la fabrication des Model 3 et Model Y, a démarré début 2019. Deux autres sites sont en construction. Localisé en périphérie de Berlin, le premier sera lancé d’ici fin 2021 et servira la production des Model 3 et Y pour le marché européen. Basé à Austin, au Texas, le second assurera la production du Semi, du Cybertruck et de la nouvelle génération de Roadster.

Pour ce qui est des processus industriels, Tesla a investi massivement pour simplifier et optimiser sa fabrication. Le Model Y reçoit ainsi une partie arrière réalisée en une seule pièce, grâce à une presse hydraulique adaptée à cet énorme moulage. Le Cybertruck aura une presse hydraulique de 8 000 tonnes unique au monde.

Tesla Cybertruck Elon Musk chantier Gigafactory Texas

Quand arrivera la voiture entièrement autonome de Tesla ?

La voiture autonome était l’un des sujets sur lesquels Elon Musk était le plus pessimiste… et à raison ! Sans nier les progrès énormes en la matière, la voiture roulant sans intervention humaine est encore lointaine.



L’enjeu est de taille pour les constructeurs, et Musk y voit un véritable sujet de sécurité routière. Les rapports de l’autorité américaine des transports (NHTSA) confirment en tout cas les bienfaits de l’Autopilot.

Mais le milliardaire craignait déjà en 2016 qu’il soit compliqué de mettre au point les logiciels dont dépend l’Autopilot. Capteurs, caméras, lidars… selon lui, le matériel n’était pas difficile à développer. En revanche, il est bien plus délicat de mettre au point un système capable d’exploiter ce matériel pour conduire aussi bien qu’un humain. C’est la raison pour laquelle le Full Self Driving se fait toujours attendre.

Si Musk aimerait déjà proposer un niveau 4 ou 5 d’autonomie, permettant au véhicule de se mouvoir seul, la réalité est différente. Le taux de développement du logiciel est difficile à prédire, et la marque confirme elle-même que son système n’a pour l’instant qu’une autonomie de niveau 2.

Musk pense en plus que même si le système était terminé, il faudrait cumuler 10 milliards de kilomètres pour que la NHTSA lui accorde une homologation. Tesla ne communique pas les chiffres exacts parcourus par l’Autopilot. Mais en comptant ceux que l’on connaît et la progression moyenne du roulage, il faudrait au moins cinq années de plus pour atteindre le chiffre que cite Musk.

Tesla progresse à pas de géants et ne veut pas ralentir sur la voiture autonome, ce que son concurrent dans le domaine, Waymo, juge contre-productif. Mais le travail est encore colossal et le constructeur pourrait rater l’échéance du Master Plan en cours.

Musk espérait que la voiture autonome permette à ses clients de louer leur voiture quand ils ne l’utilisent pas. Un système d’autopartage électrique et autonome qui permettrait aux propriétaires d’une Tesla de gagner de l’argent. Cette vision du milliardaire américain s’accompagnait de celle des flottes de Robotaxis, des VTC sans chauffeur. Dans les deux cas, le retard qu’accumule le Full Self Driving va également retarder ces autres projets.

Tesla avance-t-il comme prévu sur son plan industriel ?

Globalement, le plan mis en place par Elon Musk est très ambitieux, ce qui explique certaines difficultés. C’est évidemment dans le développement des technologies que les progrès s’avèrent les plus complexes à réaliser.

Sur le plan opérationnel, et malgré les ambitions parfois démesurées de Musk, Tesla progresse de manière évidente. L’outil industriel du constructeur monte en puissance et la flotte se développe, tant en termes de modèles que de volumes de ventes.

En résumé :

  • Dans le domaine de la voiture électrique pure, Tesla est à hauteur des objectifs prévus et semble en mesure de boucler ce que Musk a prévu d’ici à 2026.
  • Sur le volet industriel, la firme est également dans les temps. Le nombre d’usines est satisfaisant, et la production va continuer à progresser.
  • Sur la voiture autonome, le bilan est plus mitigé. Si les technologies sont en nette progression, leur exploitation laisse à désirer et le retard s’accumule.

Tesla parviendra-t-il à boucler son Master Plan dans les temps ? Rendez-vous en juin 2026 pour le découvrir et en savoir plus sur les ambitions d’Elon Musk pour la troisième phase du plan !