Depuis le 4 avril 2020, la législation autorise la conversion d’une voiture de collection à la motorisation électrique. Devant l’engouement pour ce type de modification, nous avons imaginé les dix anciennes qui pourraient recevoir une motorisation sans émission.

Désormais légalisé en France, le rétrofit a ouvert une nouvelle voie pour les voitures anciennes. Derrière cet anglicisme se cache une conversion entièrement électrique d’une voiture d’occasion, et plus généralement d’une des gloires du passé, qui permet de leur offrir une seconde jeunesse. Le but étant de mettre à la retraite leurs vieillissantes mécaniques, boudées par une poignée de têtes pensantes, car jugées polluantes.



Désormais accepté par de nombreux conducteurs, le mouvement rétrofit gagne du terrain : car en plus des entités indépendantes qui ont vu le jour, certains constructeurs historiques proposent eux-mêmes des anciennes électrifiées. Comme souvent, le passage à l’électrique s’accompagne d’une mise à jour technique et cosmétique héritée du monde du restomod. Dans tous les cas, certaines règles techniques doivent être respectées en France : la puissance de la mécanique électrique homologuée ne doit pas être supérieure à celle du moteur thermique qu’elle remplace, alors que le poids total de la voiture ne doit pas grimper au-delà de 20 %, tout comme la répartition avant/arrière qui doit rester inférieure à 10 %. La facilité d’installation est donc toute relative, mais il est encore plus simple d’ouvrir une bulle idyllique et d’imaginer, sans contraintes réglementaires ou budgétaires, les dix anciennes rétrofitées ultimes.

10 – Chevrolet El Camino

Le Chevrolet El Camino est l’un des plus emblématiques utilitaires au pays des pick-up. Et si d’autres propositions similaires ont vu le jour avant lui, Chevrolet a poussé les potentiomètres encore plus loin dans les années 70 : la Chevrolet Chevelle break qui sert de base pouvait recevoir le V8 454 ci, un Big Block 7,4 litres de 250 ch. Alors que les pick-up électriques commencent à croiser le fer outre-Atlantique, le El Camino pourrait bien recevoir une motorisation électrique. Son châssis lui permettrait d’embarquer tout l’attirail de la Chevrolet Bolt, comme proposé officiellement par le constructeur. Mais nous imaginons assez facilement la présence de deux moteurs électriques plutôt qu’un, pour un total de 400 ch alimentés par une batterie de 60 kWh.

9 – Alpine A110

Sortie des oubliettes par la société mère Renault, Alpine va passer à l’électrique avec une gamme inédite. L’hérésie pointant déjà le bout de son nez, la Berlinette originelle pourrait être une des bases privilégiées pour recevoir un moteur électrique. Le moteur pourrait entraîner les roues arrière alors que la batterie pourrait se loger dans le coffre à l’avant. La capacité serait très logiquement conditionnée par l’espace dans le compartiment. L’avantage : la prise de poids serait maîtrisée alors que la nouvelle répartition des masses permettrait d’avoir un train avant un peu mieux cloué au sol.

8 – Mercedes Classe G

Lancé en 1975 sous le nom de Geländewagen, le Mercedes Classe G est l’un des derniers dinosaures dans le paysage automobile actuel. Au fil des années, le rustique 4×4 a délaissé les terrains boueux pour le bitume des quartiers chics. Mais ses gros moteurs thermiques, les plus populaires, ne sont plus de rigueur dans ces zones bétonnées. Pour continuer son règne, en attendant la version officielle, le Classe G peut se convertir à l’électrique. C’est d’ailleurs le choix d’Arnold Schwarzenegger, qui a fait confiance à Kreisel pour la conversion. Et son châssis séparé pourrait même plaire à la société Zero Labs, qui en a fait sa spécialité.

7 – Peugeot 205 GTI

La Toyota Yaris GR est l’une des dernières GTI thermiques avant l’arrivée d’une nouvelle génération de bombinettes hybrides ou électriques. La Peugeot 205 GTI, la plus célèbre de cette espèce quasi disparue, devait figurer dans ce classement. La raison : sa fausse descendante, la Peugeot e-208, présente la même fiche technique. Le XU9JA de 130 ch flirte avec les 136 ch pour 260 Nm de couple de la citadine électrique. Avec un poids en hausse, mais toujours en retrait des 1 450 kg de la e-208, la Peugeot 205 GTI pourrait présenter des performances très intéressantes, tout en préservant son train arrière vivant. Une caractéristique, elle, disparue à jamais.



6 – Lamborghini Countach

Comment ne pas évoquer une des créations de Marcello Gandini dans ce Top 10 des anciennes à électrifier ? Avec son profil qui tient de l’aviation de chasse, la Countach pourrait parfaitement se prêter au jeu du rétrofit et donner quelque leçon de style aux supercars électriques naissantes. Il n’est toutefois pas question d’électrifier n’importe quelle Countach. Ne soyons pas exagérément hérétique et laissons tranquille la pure et rare LP400, au profit d’une LP 5000 S Quattrovalvole, prête à abandonner son V12 Bizzarrini. Pour parfaire la copie, celle-ci devrait forcément avoir l’aileron arrière optionnel.

 

5 – Renault Twingo

Les citadines électriques sont sans nul doute plus pertinentes que les SUV et crossover. Notamment en ville, où leur poids plus mesuré et leur encombrement se sentent à l’aise. Véritable icône du segment, la première génération de Renault Twingo pourrait bien se prêter au jeu de l’électrique. Cela permettrait aux revenus les plus modestes de continuer à fouler les rues des grandes villes à moindre coût, avec bien plus de charme et de place à bord qu’une Citroën Ami par exemple.

4 – Fiat Multipla

Si les regards globuleux des années 90/début 2000 vous manquent, comment ne pas penser au Fiat Multipla ? Toujours incompris, le Multipla a bien plus qu’un physique injustement qualifié de disgracieux : avec tout juste 5 cm de plus qu’une Toyota Yaris en longueur, il réussit l’exploit de proposer six places et un espace habitable qui appartient à celui des grands monospaces. Son secret : un châssis C1 Sandwich élargi de 7,3 cm par rapport à celui d’une Fiat Brava. En résulte une tenue de route remarquable, et ce malgré un centre de gravité haut perché. Avec une batterie dans le plancher, rangée dans les 2,66 mètres d’empattement, les masses suspendues seraient mieux équilibrées et le comportement serait encore amélioré. Et pour mieux souligner sa nouvelle vocation, préférez-lui un habit vert, comme sur le concept de 1996.

3 – DeLorean DMC-12

Quoi de mieux qu’une motorisation électrique pour la plus futuriste des voitures du passé ? Icône dans la pop culture, le coupé en inox pourrait délaisser son V6 PRV au profit d’une unité électrique. Ce n’est pas la place qui manque dans la baie moteur mais, pour plus de réalisme, rien ne vous empêche de faire courir les fils du système électrique sur la carrosserie. En poussant un plus loin dans le monde du restomod, la DMC-12 pourrait même recevoir des technologies embarquées avant-gardistes.

2 – Citroën DS

La majestueuse berline de la marque aux chevrons est l’une des grandes représentantes du luxe « à la française ». Encore sur roues de nos jours, la Citroën DS est l’une de nos bases fétiches pour le rétrofit. Et pour cause : le silence de fonctionnement de la mécanique et le confort de la suspension hydraulique font bon ménage. Deux caractéristiques ultimes du luxe, entre autres attentions chics. Il n’y a qu’à demander à Rolls-Royce pour s’en assurer. Aussi, la ligne de la déesse de Flaminio Bertoni n’en sera que magnifiée. Si possible, choisissez une DS 23 Pallas, dont les 115 ch n’auront pas de mal à être transformés en puissance électrique.

1 – Lancia Stratos Zero Concept

Difficile d’accéder à la Stratos Zero pour lui offrir un moteur électrique, puisqu’il ne s’agit là que d’un concept unique. Mais en baignant dans l’esprit Wedge Design des années 70, l’étude de style de Bertone est l’une des machines au look le plus futuriste, dans laquelle une mécanique électrique aurait toute sa place : en culminant à 84 cm du sol, sa forme en goutte d’eau donne des leçons d’aérodynamique, un élément clé pour l’efficience électrique. Si son style respire les années 70, il pourrait facilement s’adapter dans un univers Cyberpunk dystopique, où l’énergie fossile n’est plus qu’un lointain souvenir. Pour lier le plumage au ramage, on imagine alors la présence de la solide motorisation d’une Tesla Model S Performance, qui va bien au-delà du trop timide V4 de 115 ch d’origine.