Dans la plupart des cas, on ne voyage pas sur de longues distances avec une voiture électrique comme avec un modèle thermique. C’est possible d’aller loin en VE, mais avec une préparation qui dépendra de l’autonomie réelle du véhicule, de la connaissance que l’on a déjà du parcours, des bornes de recharge à disposition, et éventuellement des facteurs météorologiques qui pourraient plomber le rayon d’action.

Autonomie en hausse

Les propriétaires de Tesla Model S et Model X sont dispensés de la lecture de nos conseils, car ils bénéficient à la fois d’une voiture qui dispose d’une autonomie de plusieurs centaines de kilomètres et d’un réseau de recharge dédié disponible et efficace. Le tout rend, pour ces modèles, les longs trajets aussi simple à réaliser qu’avec des véhicules thermiques.

L’arrivée des batteries d’une capacité supérieure à 50 kWh, ainsi que la densification d’un réseau de recharge en bornes rapides, devraient progressivement faciliter les déplacements longs en véhicules électriques. En 2018, et pour des années encore, il faudra parfois, voire souvent, suivre différents rituels afin d’accumuler les centaines de kilomètres sur la journée.

Quelle destination ?

Votre lieu de séjour est-il déjà choisi ? Si non, sachez qu’il existe de plus en plus d’hôtels, de campings, de gîtes et de chambres d’hôtes qui offre un accès à la recharge pour véhicules électriques. Un bon nombre d’entre eux sont déjà recensés sur la base de l’application ChargeMap. N’hésitez pas d’ailleurs à compléter la liste si de votre côté vous tombez sur de nouvelles adresses.

A défaut de matériel de recharge adapté aux voitures branchées, une prise domestique E/F pourrait être réservée à votre intention le temps nécessaire : il suffit souvent de le demander. Autres pistes à exploiter : les parkings, en particulier ceux ouverts dans l’espace public, mais aussi ceux des magasins de grandes chaînes de la distribution (Auchan, Lidl, Leclerc, Ikea), qui se couvrent de plus en plus de bornes.

Un itinéraire à définir

Vous connaissez vos points de départ et d’arrivée : il reste à choisir un itinéraire. L’idéal est bien entendu de trouver de bonnes routes nationales, éventuellement de belles portions d’autoroutes, au long desquelles des bornes vous permettront de recharger les batteries de votre voiture électrique dans un confort plus ou moins relatif : suffisamment de marge en autonomie pour y parvenir, et de quoi s’occuper et se détendre lors des étapes. Là encore,  ChargeMap vous sera d’une grande aide.

Pour savoir si les bornes que vous aurez sélectionnées sur votre itinéraire seront effectivement accessibles de l’une à l’autre en fonction de l’autonomie estimée, n’hésitez pas à le soumettre au système de navigation de votre véhicule s’il prend bien en compte les dénivelés et, éventuellement, d’autres paramètres comme, par exemple, la température extérieure probable (à quelques degrés près) lors de votre déplacement ou le sens du vent.

A défaut, il existe des applications sur le Web qui vous permettront d’effectuer vos simulations. Ainsi Green Race, mais aussi MyEVTrip conseillé par un de nos lecteurs. Si vous rechargez sur des bornes rapides, prenez bien en compte que, sauf si vous disposez d’une Nissan, l’opération ne se fera pas à 100%, mais plutôt aux alentours de 90%.

Plans B et C

Sauf si vous pensez pouvoir vous reposer sans difficulté sur l’itinéraire que vous aurez défini, ou s’il vous semble possible de rebondir sans prise de tête en cas de soucis (bornes en panne, déviations, bouchons, etc..), grâce aux éléments à votre disposition (smartphone, navigateur efficace prenant en compte les spécificités des VE, etc.), il est conseillé d’envisager en secours d’autres tracés et/ou points de recharge qui vous permettront tout de même d’arriver à destination dans de bonnes conditions. Quoi qu’il en soit, si vous étiez confronté à la panne d’énergie, n’oubliez pas qu’il existe plusieurs dizaines de millions de prises de courant en France qui, au besoin, pourraient être exploitées le temps de retrouver suffisamment d’énergie pour rejoindre votre étape ou la prochaine borne de recharge.

Eléments à prendre en compte

Dans vos prévisions, ayez bien à l’esprit que des consommateurs comme le chauffage ou la climatisation, rouler avec les vitres largement ouvertes, ou la diminution de l’efficacité des batteries de traction par temps froid, sont des causes de réduction parfois importante de l’autonomie. La chaleur peut aussi être un frein, non pas en termes de baisse d’autonomie, mais en allongement du temps de parcours.

Si des bornes encaissent mal sous de fortes chaleurs d’avoir à ravitailler une file de VE, la Nissan Leaf 2 connaît un phénomène connu chez les électromobiliens sous le nom de « Rapidegate », par lequel la puissance des recharges rapides est abaissée parfois bien en-deçà de 20 kW. D’où un temps passé dans les stations bien plus importants. Les utilisateurs de ce modèle préconisent, quand c’est possible, de n’effectuer que des ravitaillements de 15-20 minutes et de rouler à une vitesse qui ménage l’échauffement de la batterie.

L’accès aux bornes

Il n’existe à ce jour aucun badge qui permette d’accéder à toutes les bornes de recharge en France, pas même les cartes bancaires. Suffisamment en amont de votre départ, afin d’être sûr de pouvoir disposer à temps des différents sésames, vérifier bien ceux que vous devrez avoir en poche pour faire le plein en électricité des batteries de votre voiture électrique. Il y a encore peu, il fallait parfois embarquer un beau jeu de cartes.

Désormais, grâce à l’application du principe d’itinérance de la recharge, la situation s’éclaircit progressivement. Un pass comme celui de ChargeMap est accepté de plus en plus largement, et en particulier sur les réseaux les plus importants. Il pourrait bien suffire pour réaliser votre propre déplacement long… sauf si vous traversez les frontières.

Une autonomie que l’on peut améliorer

Si l’autonomie de votre voiture électrique, ainsi que les bornes de recharge à disposition, vous apparaissent suffisantes pour réaliser un long déplacement avec, c’est parfait ! Dans ce cas, pas la peine de lire les paragraphes suivants qui pourraient être perçus comme décourageants. Pourtant, bien plus qu’avec les véhicules thermiques, il est possible d’augmenter le rayon d’action des VE avec quelques astuces. Ce qui est un atout non négligeable à exploiter parfois ponctuellement, en fonction d’une météo difficile, d’un imprévu rencontré sur la route, ou d’une étape un peu plus délicate que les autres à atteindre.

Eco-conduite

L’éco-conduite donne d’excellents résultats avec une voiture électrique. Il s’agit avant tout d’avoir la plus grande régularité possible d’allure, bien moins consommatrice qu’une succession de petites accélérations et de ralentissements. Même si les voitures électriques sont dotées de la régénération à la décélération, voire même au freinage, la meilleure économie réalisée en faveur du rayon d’action c’est en supprimant quelques consommations qu’elle est obtenue.

L’énergie récupérée ne représente qu’une part de celle qui est dépensée. D’où une préférence à apporter pour des tronçons exempts le plus possible de dénivelés, ralentisseurs, feux rouges, ronds-points, etc. Les descentes représentent un cas d’école : Ainsi, si dans l’une d’elle, rouler à 90 km/h consomme un peu d’électricité, il sera possible de remarquer qu’avec une vitesse inférieure (par exemple 85 km/h) on ne grille plus d’énergie, et qu’encore plus bas on régénère doucement la batterie. Un surgonflage des pneus jusque 0,3 bars se traduit par une autonomie améliorée de 10-20%.

Température

L’été, il faut trouver le bon équilibre entre climatisation, ou ventilation simple + ouverture limitée des fenêtres (effet parachute gommée et meilleur confort grâce à des déflecteurs). A vous d’expérimenter, car la climatisation est plus ou moins énergivore selon les modèles. Le plus possible, on évite de laisser la voiture garée au Soleil. Et pour partir avec une batterie pas trop chaude, on la recharge de telle sorte qu’elle ait eu le temps de refroidir un peu avant le départ, notamment en laissant quelques heures d’intervalle entre la fin du ravitaillement en énergie et le démarrage pour un long trajet.

En hiver, c’est le contraire. Afin de bénéficier d’une batterie à une bonne température de fonctionnement, il est indiqué de partir à peine la recharge terminée, et de profiter du branchement au réseau électrique pour chauffer à fond l’habitacle. Autant d’énergie sauvegardée pour la route ! Au cours du déplacement, si votre VE est équipé des sièges et du volant chauffants, exploitez-les pour vous passez de chauffage quand c’est possible.