AccueilDossiersVoitures électriques : les bases indispensablesQuelles différences entre voiture électrique, voiture hybride et voiture hydrogène ?

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Electrique vs hybride
Electrique vs hybride

Quel est le point commun entre une voiture électrique, hybride ou à hydrogène ? Ce sont des véhicules électrifiés. On revient sur leurs caractéristiques et leurs différences.

Les véhicules électrifiés continuent de gagner du terrain. En 2023, ils ont représenté 53 % des ventes du neuf en France. Et, malgré un léger ralentissement de la demande début 2024, le secteur n’en démord pas : la tendance est à l’électrique.

Derrière ces chiffres se cachent en réalité trois grandes catégories de voitures : les 100 % électriques, les hybrides et les hydrogènes. Leur point commun ? Être dotées d’une forme de motorisation électrifiée, leur permettant de réduire leur bilan carbone.

La voiture électrique, le véhicule électrifié populaire

Si on vous dit “motorisation électrifiée”, il y a de grandes chances que vous pensiez d’abord à la voiture électrique (VE). Ou en anglais, Battery Electric Vehicle (BEV). 

Ces véhicules fonctionnent avec un moteur électrique exclusivement alimenté par une batterie. Pour faire simple, l’électricité est stockée dans la batterie et transférée vers le moteur au démarrage. Ce dernier la transforme alors en énergie mécanique pour propulser les roues.

Bref, plus besoin d’une goutte de carburant, mais d’électricité. Pour recharger une VE, vous devrez donc la brancher à une prise domestique ou à une borne de recharge domestique et publique. Une poignée de modèles comprend également une fonction de charge bidirectionnelle

Notez qu’une petite partie de l’électricité viendra aussi du freinage régénératif. Ce système présent sur tous les véhicules électrifiés récupère l’énergie “gaspillée” lors d’une décélération ou d’un arrêt.

Plébiscitées par une proportion croissante d’utilisateurs, les VE ont pourtant autant de qualités que de défauts. Mais commençons par voir le verre à moitié plein. 

différences voiture électrique et voiture hybride : batterie zoe
différences voiture électrique et voiture hybride : batterie zoe

Si on la compare à une voiture thermique, l’électrique a deux grands atouts. D’une part, elle n’émet pas de CO2 lorsqu’elle roule. Cette caractéristique lui garantit d’obtenir une vignette Crit’Air verte. Or, ce sésame l’autorise à circuler librement dans les centres-villes. D’autre part, elle permet de réaliser des économies sur le carburant ainsi que sur les frais d’entretien

En revanche, les éventuelles réparations peuvent s’avérer coûteuses. Outre le prix des pièces, il faudra vous adresser à un garagiste formé sur les voitures électriques.

Les VE ont, par ailleurs, une autonomie limitée et un temps de recharge long. Vous souhaitez vous assurer de croiser des bornes de recharge lors d’un long trajet ? Des applications comme Chargemap peuvent vous aider à optimiser votre itinéraire.

Enfin, les voitures électriques sont plus chères à l’achat. La Peugeot e-208, qui arrive en tête des ventes des électriques, démarre à plus de 33 000 € contre 18 770 € pour son équivalent thermique. Le gouvernement propose une série d’aides à l’achat, comme le bonus écologique, la prime de conversion et la prime ZFE. Il faut toutefois remplir toujours plus de conditions pour être éligible à ces coups de pouce financiers. 

Alors, quelle alternative bon marché ? La voiture électrique sans permis… Cependant, elle vient avec son lot de contraintes. La  Citroën Ami, par exemple, se vend à 7 800 €, mais n’a que 75 km d’autonomie.

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La voiture hybride, le véhicule électrifié du compromis

La seconde grande catégorie de voitures électrifiée est la voiture hybride (VH). Mi-électrique, mi-thermique, on la considère souvent comme un bon compromis. 

Pour résumer, ces véhicules associent un moteur thermique avec un moteur électrique secondaire, alimenté par une batterie. La place laissée à l’électrique diffère en fonction des systèmes d’hybridation.

La voiture hybride simple

La voiture hybride simple, ou Full Hybrid Electric Vehicle (FHEV), est le modèle le plus courant. Ici, l’électricité est surtout une source d’énergie secondaire

En effet, la voiture ne fonctionne en 100 % électrique qu’au démarrage et à basse vitesse. Le moteur thermique prend ensuite le relais. Le moteur électrique interviendra alors seulement à certains moments pour “l’assister”. C’est le cas, par exemple, lors des accélérations, des pentes ou des dépassements.

Une des particularités de ces véhicules est que leur batterie ne doit pas être branchée à une source d’alimentation. Elle se recharge seule grâce au freinage régénératif. 

En contrepartie, elle n’a qu’une faible autonomie en tout électrique. Et pour cause, sa batterie a une capacité de stockage qui gravite aux alentours de 1 kWh, selon le modèle. On peut donc difficilement rouler plus de 5 km sans avoir recours au moteur thermique.

voiture hybride simple quelle différence avec voiture electrique
voiture hybride simple quelle différence avec voiture electrique

À l’achat, les VH simples sont moins chères que les VE, mais plus chères que les thermiques. Prenons le cas d’une Renault Clio. Avec la motorisation E-Tech Full Hybrid 145 elle revient à 23 900 €, contre 18 700 € pour sa version essence. Sachez en outre que les voitures hybrides neuves sont de moins en moins éligibles à des aides à l’achat. 

En revanche, les hybrides simples permettent de réaliser des économies à la pompe. On pourrait ainsi consommer de 30% à 40 % de carburant en moins. La seule condition : favoriser des trajets avec des décélérations fréquentes pour recharger régulièrement la batterie.

Les voitures hybrides simples permettent également d’économiser sur les coûts d’entretien par rapport à une thermique.

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La voiture hybride rechargeable

Le second type de VH est la voiture hybride rechargeable (Plug-in Hybrid Electric Vehicle, PHEV). Grâce à sa batterie et son moteur électrique plus puissants, elle allie davantage les atouts d’une voiture électrique et d’une voiture thermique. 

La batterie des voitures hybrides rechargeables a une capacité de stockage allant de 8 kWh à 17 kWh. Autrement dit, elles peuvent rouler de 20 à 60 km en 100 % électrique. Elles jouissent dès lors d’une autonomie bien plus importante que les VH simples.

Une autre différence : elles doivent être rechargées. Comme les VE classiques, elles peuvent être raccordées à une prise domestique ou une borne de recharge. Leur temps de charge sera toutefois moins important. 

L’ombre au tableau : le prix. Difficile d’en dégoter une pour moins de 30 000 €. La Peugeot 308, par exemple, est un des modèles de plug-in populaire sur le marché français, et ce, en dépit de ses 36 800 €. Par rapport à une hybride simple, il faudra généralement débourser quelques milliers d’euros supplémentaires. Tout comme pour les VH simples, les aides à l’achat ont été fortement restreintes. 

schema fonctionnement voiture hybride rechargeableSchéma de fonctionnement de la Prius Plug-in Hybrid avec pack batteries en vert

Malgré cet investissement de base, les voitures hybrides rechargeables sont-elles rentables ? Elles peuvent le devenir sur le long terme. En particulier si on optimise bien le potentiel du moteur électrique en roulant en ville et en rechargeant régulièrement la batterie. De cette manière, elles permettraient de consommer jusqu’à trois fois moins de carburant qu’avec une hybride simple et 75 % de moins qu’une thermique. Optimiser sa conduite est d’autant plus clé qu’une voiture hybride rechargeable est lourde. Conséquence : elle consomme plus de carburant lorsque sa batterie s’épuise.

Lorsque vous évaluez la rentabilité, tenez aussi compte des coûts d’entretien. Dotée d’une architecture complexe, la voiture hybride rechargeable peut entraîner des frais supplémentaires par rapport à une VH simple. 

Enfin, les PHEV sont moins polluantes. Elles bénéficient donc d’emblée de jeu d’une vignette Crit’Air 1, ce qui n’est pas le cas pour les autres catégories d’hybrides.

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La voiture hybride légère

La dernière catégorie de VH est celle des voitures hybrides légères (Mild Hybrid Electric Vehicle, MHEV). Sur ces modèles, le moteur thermique est toujours en fonction.

Concrètement, leur petit moteur électrique agit comme alterno-démarreur du moteur thermique. Son rôle consiste essentiellement à donner un coup de pouce au moteur thermique pour l’alléger lorsqu’il est le plus sollicité.

Ce petit moteur est généralement alimenté par une batterie de 48 V dont la capacité est inférieure à 1 kWh. C’est elle qui stocke l’énergie récupérée lors du freinage ou des décélérations. 

L’intérêt de l’hybridation légère repose surtout sur sa simplicité qui rend la technologie peu coûteuse. En effet, seuls quelques ajustements mineurs du groupe motopropulseur suffisent pour l’installer. Pour les constructeurs, il s’agit donc d’une manière de réduire les émissions de CO2 de leur gamme à moindre prix. Pour info, l’hybridation légère peut aussi être installée sur tout modèle thermique déjà en circulation. Comptez pour cela de 1 500 à 2 000€.

Côté conducteur, elle permet d’améliorer sensiblement la performance du véhicule et de rendre la conduite plus souple. De plus, elle améliore légèrement l’efficacité énergétique de la voiture grâce au freinage régénératif. Les économies de carburant restent néanmoins très limitées, soit de l’ordre de  10 % par rapport à une thermique. 

La bonne nouvelle ? Leur surcoût à l’achat face à une voiture thermique est modéré. On estime qu’il serait de 800 à 2 500 € en fonction des modèles.

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La voiture électrique à hydrogène, le véhicule électrifié du futur ?

On garde le meilleur pour la fin ? Car, si cette catégorie de véhicules électrifiés n’en est qu’à ses balbutiements, elle est prometteuse. Il s’agit de la voiture à pile combustible à hydrogène, aussi qualifiée de Fuel Cell Electric Vehicles (FCEV).

Ici, c’est l’hydrogène qui génère de l’électricité. Concrètement, ce gaz se stocke sous pression dans le réservoir du véhicule. L’électricité se forme ensuite au sein de la pile combustible via à une réaction chimique entre l’hydrogène et l’oxygène. Cette électricité viendra, enfin, alimenter le moteur électrique. 

Les voitures à hydrogène sont généralement aussi équipées d’une batterie de petite taille. Celle-ci stocke l’énergie non consommée et assiste la pile en cas de besoin. 

schema voiture hydrogene
schema voiture hydrogene

Ces véhicules partagent beaucoup d’avantages des voitures électriques classiques. Elles sont silencieuses, n’émettent pas de CO2, elles ont accès aux centres-villes… Mais elles se démarquent grâce à deux atouts supplémentaires.

Le premier est qu’elles se rechargent rapidement. En effet, on se procure de l’hydrogène à la pompe comme on se ravitaille en essence. Le second est leur autonomie, plus importante que celle d’une voiture électrique. Pour un modèle standard, elle serait de l’ordre de 700 km. Un résultat que n’atteignent que les VE plus haut de gamme.

Alors l’hydrogène, la voiture de demain ? Peut-être. Mais elle se heurte encore à de fameux défis. Le procédé d’extraction de l’hydrogène, notamment, est loin d’être décarboné. Celui-ci est à la fois énergivore et largement dépendant de combustibles fossiles. Pour obtenir de l’hydrogène  “vert”,  il faudrait favoriser l’électrolyse d’eau, elle-même réalisée par le biais d’énergies renouvelables. Or, cela demanderait des quantités d’énergie titanesques.

En parallèle, le marché reste marginal. Seule une poignée de modèles sont commercialisés en grande série… Et pour un ticket d’entrée qui, lui, est loin d’être anecdotique. Comptez 80 600 € pour une Toyota Mirai et 72 250 € pour une Hyundai Nexo

Idem pour les infrastructures, qui manquent cruellement. En 2024, on dénombre ainsi moins de 100 stations-service à hydrogène en France.

Tout n’est pas perdu pour autant. Aujourd’hui, les pouvoirs publics essayent d’encourager la recherche à coups de financements. On peut donc nourrir l’espoir qu’au fur et à mesure que ces véhicules se démocratisent, les prix chuteront. 

Rappelons, pour conclure, qu’on adopte rarement une nouvelle technologie du jour au lendemain. Par exemple, il aura fallu plus de 100 ans à la voiture électrique pour s’imposer dans le parc automobile. La voiture à hydrogène connaîtra-t-elle le même destin ? Les paris sont lancés.

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Havocil y a 2 ans

Oui, 60% pour le rendement de la prise aux roues semble un très bon ordre de grandeur.
A noter que c'est une convention de partir de la prise et du réservoir. On pourrait décider d'aller plus en amont.

Cette convention permet notamment de ne pas tenir compte du rendement des centrales nucléaires, qui est très mauvais (mais n'a pas tant d'importance que cela).

Havocil y a 2 ans

Beau projet d'article ! Cependant, si vous souhaitez l'amender au fur et à mesure des lectures, je vous propose quelques rectifications:

  • vous vous référez plusieurs fois à l'électricité comme une énergie ou avec d'autres qualificatifs. Or, l'électricité n'est pas une énergie, mais un vecteur d'énergie, c'est à dire qu'elle sert uniquement à déplacer l'énergie
  • de ce fait, l'électricité n'est pas vraiment stockée dans la batterie, même s'il est difficile de décrire correctement ce qui se passe dans une batterie, mais il vaudrait mieux dire que de l'énergie est stockée et renvoyée au moteur par un inverter, ou contrôleur
  • les voitures n'ont pas une vignette critair parce qu'elles n'émettent pas ou peu de CO2, pour la bonne raison que le CO2 est un gaz relativement inoffensif pour les humains. Elles l'obtiennent parce qu'elles n'émettent que peu de pollution, bien qu'elles émettent toutes des particules fines nocives pour la santé. Les voitures qui émettent trop de CO2 au km, participant ainsi exagérément à l'effet de serre, sont tout simplement interdites ou fortement taxées à l'achat
  • sur la voiture hybride, l'électricité n'est pas une source d'énergie secondaire mais toujours un vecteur électrique. Certaines voitures hybrides sont des hybrides série, ce qui signifie que le moteur ne tourne que grâce à la batterie. C'est alors le moteur thermique qui est secondaire, puisqu'il ne sert qu'à recharger la batterie. Vous n'insistez d'ailleurs pas assez sur ce rôle dévoué au moteur sur les hybrides simples, et qui explique les bruits étranges d'embardées du moteur, lorsqu'il fait à la fois avancer la voiture et recharger la batterie
  • emprunter prioritairement des parcours obligeant à ralentir dans le but de recharger la batterie de son véhicule hybride serait une très mauvaise stratégie: quel que soit le type de véhicule, celui-ci est toujours plus performant sur un parcours fluide que sur un parcours nécessitant de ralentir et de relancer le véhicule
  • la voiture hybride rechargeable n'a pas une batterie plus puissante, mais de plus grande capacité, car la notion de puissance de batterie ne concerne pas la capacité de celle-ci. A noter que 17 kWh n'est pas un maximum pour les PHEV, qui ont de nos jours des batteries de forte capacité pour certains modèles
  • il serait bien aussi de préciser qu'un PHEV n'est moins polluant que lorsqu'il a été préalablement chargé et qu'il est utilisé correctement, ce qui n'est hélas pas toujours le cas. Mal utilisé, il est plus polluant que n'importe quel type de véhicule
  • l'alterno démarreur ne sert pas qu'à assister le moteur, il sert aussi à recharger la batterie, ainsi qu'à démarrer ou redémarrer le moteur thermique. Ce dernier rôle est essentiel lors des arrêts puisque le moteur thermique n'est pas en fonction lors de cette phase
  • la batterie d'une voiture à H2 est plutôt une batterie tampon. C'est à dire qu'elle n'assiste pas la PAC mais que toute l'énergie transite par elle avant de rejoindre le circuit de puissance
  • le problème n'est pas le procédé d'extraction de l'hydrogène, qu'on pourrait plutôt associer à l'hydrogène blanc, mais le formatage des hydrocarbures qui permet de fabriquer de l'hydrogène gris à partir de méthane
  • il existe un certain pessimisme au sujet de l'hydrogène, en raison du coût élevé des infrastructures et de la difficulté à stocker ce gaz à effet de serre sans en perdre de grandes quantités en raison de la petite taille de sa molécule. A noter que le power to gas n'est pas la seule solution écologique pour obtenir de l'hydrogène, il y a aussi de grandes réserves d'hydrogène naturel dans le monde, y compris en France, du moins le présume-t-on.

fred_il y a 2 ans

Vous oubliez deux points noirs principaux pour l'hydrogène :

  • Le besoin d'hydrogène vert déjà énorme pour décarboner la production industrielle dont les procédés requièrent de l'hydrogène (métallurgie par exemple). Rien ne permet d'affirmer qu'on arrivera à produire suffisamment d'H2 vert pour cet usage, et donc il est encore moins sûr qu'il en reste pour un usage dans les transports.
  • Les infrastructures : il y a en particulier le point du transport/stockage de l'H2 (la plus petite molécule de l'univers) qui, au contraire des dires promoteurs de l'H2 qui rêvent debout, ne peut pas se contenter d'une petite adaptation des installations actuelles dédiées au gaz naturel, mais nécessitera des investissements très lourds.
Mon avis sur le sujet est que l'H2 est une illusion savamment entretenue par une conjonction d'intérêts entre ses promoteurs (l'H2 est un siphon à fonds publics) et les tenants de l'immobilisme pour lesquels il est urgent d'attendre le développement de masse du véhicule à hydrogène (qui ne viendra probablement jamais), au détriment du BEV, qui est actuellement la seule solution technique à apporter une vraie réponse au transport terrestre routier, mais qui demande une adaptation des habitudes par rapport au VT.

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