Comparer le prix d’une voiture électrique à un modèle essence ou diesel équivalent ne suffit pas à affirmer qu’elle est chère ou non pour votre propre situation. Il faut aussi faire le tour des aides auxquelles vous avez droit, s’intéresser à la facturation des recharges et des opérations d’entretien.

Des prix en baisse constante depuis 2010

Fin novembre 2020, le prix de départ affiché pour les versions essence (PureTech 75) et diesel (BlueHDi 100) de la Peugeot 208 était respectivement de 16.000 et 18.500 euros TTC. Il fallait compter environ le double pour une e-208 toutefois bien mieux équipée, soit 32.700 euros hors aides diverses à l’achat.

Il y a une dizaine d’années, c’était le prix d’une Peugeot iOn moins performante, avant que le Lion ne casse les prix pour écouler ses stocks ! Plus spacieuse, la 206 la moins chère (1.1 Trendy 3 portes) démarrait alors à moins de 12.000 euros. L’électrique coûtait à cette époque quasiment le prix de 3 thermiques chez le même constructeur.

Quoi qu’il en soit, l’idée de débourser encore le double aujourd’hui pour rouler branché a de quoi effrayer. C’est pourquoi le gouvernement et diverses collectivités aident les automobilistes et les entreprises à s’équiper de véhicules rechargeables.

Bonus, prime à la conversion, surprime ZFE

Le rôle des aides de l’Etat est de combler l’écart de prix entre une voiture électrique et les modèles thermiques. Ce delta devrait progressivement diminuer en raison des progrès réalisés sur les batteries (plus de capacité, moins lourdes, moins chères) qui pèsent encore de façon importante sur les tarifs.

Début 2021, pour les voitures électriques vendues aux particuliers en dessous de 45.000 euros TTC, le bonus est de 6.000 euros. Le prix de départ de notre Peugeot e-208, descend ainsi à 26.700 euros.

Les ménages les plus modestes (conditions fluctuantes) et qui peuvent sacrifier pour destruction un ancien modèle essence ou diesel sont éligibles à la prime à la conversion de 5.000 euros. C’est donc une nouvelle baisse vers les 21.700 euros qui est possible sous conditions sur le tarif de la 208 électrique.

La différence avec le modèle de base essence n’est plus que de 5.700 euros ; elle est de 3.200 euros en comparant avec le diesel. Elle ne tient pas compte de la surprime de 2.000 euros accordée aux personnes qui résident et/ou travaillent dans une zone à faible émission (ZFE).

Il reste encore à prendre en compte l’exonération totale ou partielle de la carte grise, selon région.

Assurance moins coûteuse

L’assurance (selon compagnie), les frais courants d’entretien et le budget énergie d’un véhicule électrique sont réduits par rapport aux modèles thermiques équivalents.

Pour les assureurs, pratiquer des tarifs préférentiels auprès des utilisateurs de véhicules électriques leur permet d’attirer de nouveaux clients souvent intéressants pour eux et de verdir l’image de leur entreprise.

En dépit d’un moteur plus puissant développant un couple plus important, ces professionnels estiment que les conducteurs de ces engins se montrent plus prudents sur la route. Ils savent également que la plupart des véhicules électriques embarquent des dispositifs d’aide à la conduite qui ont pour effet de réduire encore le risque d’accident.

Voilà pourquoi certaines compagnies n’hésitent pas à proposer des grilles tarifaires avec des réductions dépassant les 30% par rapport à des modèles de voitures essence et diesel équivalents.

Il est cependant nécessaire de vérifier, avant de signer un contrat, que la batterie est bien couverte par les garanties accordées.

Entretien moins contraignant

Pas de vidange moteur à effectuer, pas de filtres à huile, à air et à carburant à remplacer, absence de pièces d’allumage (bougies, faisceau de raccordement, etc.) : l’entretien d’une voiture électrique est beaucoup plus léger. Avec les modèles dotés d’une pédale d’accélérateur permettant d’aller jusqu’à l’immobilisation du véhicule lorsqu’elle est relâchée, les plaquettes et disques des freins peuvent durer bien plus de 200.000 km, c’est-à-dire la vie de l’engin.

D’où des préconisations de passage à l’atelier plus légères, et, surtout, des factures moins élevées. Les opérations courantes d’entretien sur une voiture électrique se limitent principalement au remplacement des pneus dont la durée de vie peut être similaire en fonction de la conduite, des balais d’essuie-glace et du filtre à pollen pour préserver un air sain à bord.

Peu de constructeurs indiquent clairement l’économie potentiellement réalisée sur une voiture particulière. La pratique est plus courante avec les utilitaires. Pour exemple, Ford a annoncé un budget allégé de 40% avec son Transit électrique. C’est parfois bien plus en réalité, comme le rapportent régulièrement les gros rouleurs, notamment les chauffeurs de VTC et taxi.

Budget énergie allégé

Reprenons notre Peugeot 208 qui nous offre des comparaisons faciles du fait de sa disponibilité avec des motorisations essence, diesel ou 100% électrique. Avec une consommation moyenne de 15 kWh/100 km pour cette dernière, le coût en électricité afin de parcourir 100 kilomètres, est de 2 euros après recharge chez soi aux heures creuses (0,1344 euro TTC le kWh au tarif réglementé EDF).

Le même trajet pèse 6,55 euros avec le modèle essence (5 litres à 1,31 euro, prix moyen constaté fin novembre 2020) et 5,50 euros avec le diesel (4,5 litres à 1,22 euro). Hors frais d’entretien, les économies réalisées avec la e-208 si le prix des carburants restait identique seraient de 4.550 euros avec la version PureTech 75, et de 3.500 euros comparativement à la BlueHDi 100.

Avec la volonté gouvernementale de faire disparaître les carburants pétroliers, les prix à la pompe devraient augmenter dans les années à venir, rendant plus court le délai pour amortir la différence entre le prix d’achat d’une voiture électrique et celui de son équivalent thermique.

Une aubaine pour les professionnels

Dans un entretien accordé à Automobile Propre fin octobre 2020, un chauffeur de taxi effectuant 75.000 km par un avec une Tesla Model 3 chiffrait à 400 euros par mois les économies réalisées par rapport à sa précédente Skoda Superb TDI. Et ce, en comptant l’entretien, l’énergie et la mensualisation du prix d’achat.

Les professionnels sont aussi concernés par l’exonération totale ou partielle des frais de carte grise, la prime à la conversion (2.500 euros au moins jusque fin juin 2021) et par le bonus gouvernemental. En 2021, cette dernière aide est à leur intention de 5.000 euros pour une voiture particulière ou un utilitaire acheté neuf moins de 45.000 euros, et de 3.000 euros si le prix est compris entre 45.000 et 60.000 euros.

Dans les ZFE (se renseigner auprès de votre région et de la collectivité étendue dont dépend votre commune), les professionnels peuvent en outre bénéficier d’enveloppes complémentaires pouvant grimper au-delà des 5.000 euros.

A tous ces dispositifs s’ajoutent encore des avantages fiscaux : exonération de taxe sur les véhicules de sociétés (TVS), suramortissement de 40% de la valeur de l’engin.

Dans son TCO Scope, Arval, filiale du groupe BNP Paribas, met en avant un prix de revient kilométrique nettement à l’avantage de la e-208 face aux versions essence et diesel.