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Commercialisée en France depuis septembre 2025, la grande berline électrique Mazda 6e ne se rencontre pas à tous les coins de rue. En mars dernier, et pour ses 70 ans, Gilles a reçu la sienne qu’il s’apprête à utiliser pour se rendre en Angleterre. Cette voiture fait partie d’un ensemble de décisions prises par souci écologique. Il nous a raconté tout cela dans une longue et sympathique conversation téléphonique.
Bien des lecteurs d’Automobile Propre espèrent un élargissement du marché branché par les breaks et berlines. Avec son empreinte au sol de 4,92 x 1,89 m, pour un empattement de 2,90 m, la Mazda 6e est proche en particulier de la Volkswagen ID.7 (4,96 x 1,86 m). Au niveau de la longueur, elles jouent dans la même cour que la Tesla Model S (4,97 x 1,96) plus commercialisée, mais que l’on visualisera peut-être mieux.
Après le relatif échec en Europe de sa MX-30 pourtant bien séduisante au niveau de la ligne, moins du côté des caractéristiques techniques, Mazda s’est tourné vers le constructeur chinois Changan pour sa nouvelle voiture électrique. La 6e, connue ailleurs sous la dénomination « EZ-6 », est construite sur la base de la Deepal SL03. Ce qui fait dire aux puristes de la marque japonaise que cette berline électrique n’est pas une vraie Mazda : « Ne m’intéressant pas particulièrement à l’automobile, je ne me sens pas concerné par cet avis ; ce n’est pas ma culture. Du moment que le comportement routier est bon et que je me sens en sécurité, c’est très bien pour moi, et c’est le cas avec la Mazda 6e ».
Elle est disponible en France avec une batterie NMC (nickel manganèse cobalt) d’une capacité énergétique de 80 kWh bruts, et un plus petit pack LFP (lithium fer phosphate) de 68,8 kWh. C’est cette dernière dotation qui équipe la Mazda 6e de Gilles, dans la finition Takumi déjà très bien équipée. Elle offre un grand toit panoramique d’une seule pièce et teinté, une pompe à chaleur, un hayon électrique, une caméra à 360 degrés, un affichage tête haute, des sièges réglables électriquement chauffés et ventilés, un écran central de 14,6 pouces, un régulateur de vitesse adaptatif, etc.
Pour Gilles, cette Mazda 6e est la première voiture électrique : « Auparavant, j’avais une Jeep Renegade 4×4 Trailhawk diesel. Nous étions alors en Corse et j’avais besoin pour circuler sur les chemins de terre d’un modèle à motricité intégrale avec une boîte courte. C’était toutefois une voiture bruyante, inconfortable, et vraiment pas faite pour les longs voyages. Son coffre était par exemple bien trop petit. En arrivant dans le Var, j’ai voulu changer, mais vers quoi me tourner ? J’ai d’abord pensé à une transition avec la technologie e-Power de Nissan ».
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Derrière tous ces changements, il y a une certitude : « Depuis des années, je suis sensible au changement climatique. Sans être un militant écologiste, je pense qu’il va falloir une véritable révolution concernant les émissions de CO₂. Ce projet de basculer voiture et maison à l’électrique, pour une recherche d’autonomie énergétique maximale, je l’ai depuis longtemps, depuis toujours. Maintenant, le VE, c’est aussi pour moi un véritable agrément de conduite. C’est un vrai changement très positif ».
Notre lecteur n’a pas hésité longtemps sur le modèle : « J’avais juste essayé une Tesla Model Y. C’est une excellente voiture, mais je n’aime pas son look, le style trop épuré à bord, et de devoir beaucoup passer par le grand écran central. Pourquoi Mazda ? Mon épouse avait eu autrefois une voiture de la marque et l’avait beaucoup appréciée. J’étais à la recherche d’un modèle en totale rupture avec la Jeep Renegade et qu’on ne voit pas partout. La Mazda 6e m’a plu de suite. Je la trouve très belle dans son rouge avec la sellerie en faux cuir ».
Avant d’en arriver au choix de cette berline électrique, Gilles s’est engagé dans une véritable réflexion : « Déjà, je souhaitais une voiture construite sur une base dédiée à l’électrique, et pas une adaptation sur un modèle thermique. Je ne sais pas si j’ai raison, mais ça me paraissait logique. Quand je m’intéresse à un sujet, j’y vais à fond. J’ai donc fait pas mal de recherches sur Internet et en particulier sur le site d’Automobile Propre. J’ai appris beaucoup de choses, en particulier sur la recharge ».
Et, justement, concernant la recharge, des choix originaux ont été faits : « Avant d’injecter le surplus de production sur le réseau électrique national, je branche ma voiture. C’est tous les jours ainsi. Là, par exemple, le niveau d’énergie dans la batterie est de 94 %. En cas de besoin, la voiture est prête à partir. Je sais que ce n’est pas ce qui est conseillé, mais pour la recharge, j’ai une prise P17 qui a été installée de façon sécuritaire par un électricien. Depuis la livraison en mars 2026, alors que les prix des carburants basculaient, j’ai calculé une économie de déjà 500 euros sur l’énergie par rapport à mon diesel précédent ».
Avant d’acheter sa voiture électrique, Gilles est allé en essayer un exemplaire : « C’était début mars 2026, dans une concession Mazda de Lyon. Comme cette voiture m’a conquis, j’ai cherché sur Internet un modèle à vendre à proximité. J’en ai trouvé un sur le site de La Centrale, dans un autre garage à Lyon du même groupe. C’était un modèle d’exposition déjà immatriculé, avec 30 km au compteur. A priori, le constructeur fait peser des injonctions de vente en matière de VE, d’où son très bon prix de 38 000 euros ».
Un petit événement a précipité l’achat : « J’étais venu avec ma femme voir cet exemplaire à vendre. Elle a vu que la voiture me plaisait et c’était mes 70 ans. À ma grande surprise, elle a sorti le carnet de chèques en disant : ‘On la prend !’. Elle a voulu me faire plaisir à cette occasion. Dans les deux garages Mazda, nous avons été très bien reçus. Au deuxième, le jeune commercial nous a donné quelques bonnes explications sur les principaux réglages, ayant lui-même disposé d’une 6e en voiture de fonction. Comme je ne posais pas de question, il n’a pas insisté ».


Depuis mars 2026, notre lecteur apprécie beaucoup sa voiture électrique : « J’aime vraiment cette voiture pour son confort, sa très bonne finition et son équipement. L’appréciant également beaucoup, ma femme l’utilise un peu, mais la trouve trop grosse. Ceux qui l’ont essayée, comme mes enfants, ont également été séduits. Mon gendre anglais aussi, pourtant assez réticent concernant les VE. Un copain, parmi les premiers acheteurs d’une Toyota Prius qui a aujourd’hui 300 000 km, déjà à moitié convaincu par le VE, a pris une BYD Dolphin après avoir essayé ma Mazda 6e ».
Aujourd’hui, le compteur de la grande berline électrique de Marc affiche plus de 5 500 km : « Avec plus de la moitié de ce kilométrage parcouru sur autoroute car je vais régulièrement en famille à Lyon, à 380 km environ de chez moi, j’ai une consommation moyenne de 15,1 kWh/100 km donnée par le système du véhicule. Est-ce une donnée fiable ? Comme lorsque je roulais en voiture thermique, sur autoroute, je suis rarement au-delà de 120 km/h, plutôt entre 110 et 120. Je trouve que c’est moins de stress, mieux en agrément de conduite ».
L’autonomie en cycle mixte WLTP est de 479 km pour cette Mazda 6e 68,8 kWh : « Avec beaucoup d’autoroute, quand j’arrive à Lyon après 380 km, il me reste encore de l’énergie dans la batterie. Dans de bonnes conditions, je pourrais parcourir 450 km. Je recharge parfois sur l’autoroute, ce qui me permet de ne pas avoir à le faire à Lyon et de profiter des commodités de l’aire de services. Prendre un café et passer aux toilettes durant une quinzaine de minutes, et c’est suffisant pour bien recharger la batterie avec des pointes de puissance à 165 kW ».
Comme beaucoup d’autres lecteurs, Gilles a une préférence pour un opérateur : « C’est Electra, car on trouve pas mal de ses stations dans le secteur. Grâce à un abonnement que je peux prendre au besoin pour seulement un mois, j’ai un kilowattheure à 0,29 euro. C’est correct et rapide, d’autant plus qu’avec l’autocharge je n’ai pas besoin de m’identifier : la voiture est reconnue dès que je la branche. Chez eux, la recharge rapide n’est vraiment pas contraignante. Toutefois, depuis mi-juin, je n’ai branché ma Mazda 6e qu’à la maison ».
Bientôt, Gilles va faire un petit séjour à l’étranger : « Je vais rendre visite à ma fille en Angleterre. C’est un trajet que la Mazda électrique va faire assez régulièrement. Pour la recharge, c’est plus compliqué outre-Manche où les tarifs sont plus élevés. J’ai déjà installé l’appli smartphone Zapmap avec planificateur, un équivalent à Chargemap. Comme il y a beaucoup de bornes là-bas, je n’ai pas d’appréhension particulière, sauf au niveau des prix. Je pense privilégier les superchargeurs Tesla : il y a une grosse station pas très loin de chez ma fille ».
Notre lecteur recherche les meilleurs plans pour recharger moins cher quand il n’est pas chez lui : « J’ai déjà l’Appli Tesla, et je pense prendre un abonnement ponctuel pour les utilisateurs non-Tesla. Il devrait vite être rentabilisé. Je comprends très bien que l’autonomie et la recharge inquiètent les automobilistes qui ne sont pas encore devenus électromobilistes. Si je n’avais pas la possibilité de recharger chez moi, je ne sais pas si je serais passé à l’électrique ».
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Gilles utilise peu les aides à la conduite : « Au début, elles étaient très intrusives : sans doute l’héritage chinois de la Mazda 6e. C’est mieux depuis une mise à jour, mais il faut toujours les recouper à chaque démarrage. Ayant perdu l’habitude de mettre le clignotant, j’étais vite sanctionné. Dans les menus, certains mots sont mal traduits, qui devraient être corrigés avec une nouvelle actualisation. Le GPS n’est pas très bon, mais je peux utiliser Android Auto. Pareil pour l’infodivertissement dont on peut se passer, ce n’est pas rédhibitoire pour moi ».
Notre lecteur reconnaît : « Le principal souci de la Mazda 6e à mon avis, c’est la gabarit du véhicule. Auparavant, j’avais une voiture plus compacte. À la réception de cette grande berline électrique, j’avais donc une certaine appréhension à la conduire. On finit par s’habituer à ses importantes dimensions. Lors de l’achat et par besoin, j’ai fait installer une attache-remorque électrique qui s’active à partir de la console ».

Dans son rouge métallisé « Soul Red Crystal », cette grande berline se remarque beaucoup : « Au début, alors qu’elle était garée dans mon village, quelqu’un est venu la voir et pensait qu’un tel modèle coûtait dans les 70 000 euros. Une autre fois, c’est sur un parking qu’un couple l’a bien regardée en me disant : ‘Qu’est-ce qu’elle est belle !’. C’est aussi parce qu’on n’en voit pas beaucoup qu’elle se remarque. La Mazda 6e n’a pas été beaucoup vendue en France. Je n’en ai vu qu’une autre depuis que j’ai reçu la mienne ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Gilles pour son excellent accueil, sa réactivité et son témoignage proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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