Témoignage – Marc achète une BMW i3 avec prolongateur d’autonomie pour se rassurer… et finit par ne plus l’utiliser

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La BMW i3 33 kWh 2018 Connected Atelier de Marc
La BMW i3 33 kWh 2018 Connected Atelier de Marc

Comme seul véhicule, Marc a choisi en 2025 la BMW i3 à prolongateur d’autonomie pour être rassuré lors des déplacements à longue distance. Comptant la conserver longtemps, il repose la question de la réparabilité et de l’upgrade dont a pu bénéficier récemment un autre lecteur d’Automobile Propre.

Un modèle qui s’est imposé

Pour Marc, cette BMW i3 33 kWh de novembre 2018 en finition Connected Atelier n’est pas la première voiture électrique : « En 2020, en pleine période Covid, j’ai acheté neuve une Volkswagen e-Up! qui me servait pour mes trajets quotidiens entre mon domicile à Saint-Père-en-Retz et mon lieu de travail à Nantes. Soit un total de 80 km pour l’aller-retour. Grâce au bonus, cette citadine électrique ne m’avait coûté que 18 000 euros. Je n’ai pas eu grand-chose à lui reprocher, si ce n’est des sièges tout de même un peu trop légers, pas très confortables ».

Pas de problème pour les recharges : « La e-Up!était branchée chaque soir sur une prise Green’Up pour retrouver le lendemain une pleine capacité. Lors du divorce, ma femme, qui souhaitait continuer à rouler à l’électrique, l’a conservée. Nos quatre grands enfants se disputent pour la prendre car c’est une voiture qui a la pêche. À l’époque, nous avions aussi une thermique. Me retrouvant seul, je voulais n’avoir qu’un seul véhicule, y compris pour les longs déplacements. Vivant à partir de là en appartement, je n’avais en outre plus la possibilité de recharger chez moi ».

De G. à D. : Marc avec sa BMW i3 2018 33 kWh et son copain Patrick avec son modèle 22 kWh de 2015
De G. à D. : Marc avec sa BMW i3 2018 33 kWh et son copain Patrick avec son modèle 22 kWh de 2015

Ce cadre de santé de 57 ans n’a pas hésité longtemps sur le modèle : « Patrick, un copain, m’avait fait découvrir sa propre BMW i3 22 kWh de 2015. J’avais alors ressenti un véritable coup de cœur pour cette voiture électrique au design incroyable, aux portes antagonistes, et construite avec des matériaux aussi divers que l’aluminium, le carbone, le bois, la laine, etc. La sienne est dotée d’un bouton sur lequel appuyer pour qu’elle se gare automatiquement toute seule ».

Un exemplaire en parfait état

Pas question de prendre une i3 à batterie 22 kWh : « Même avec la Volkswagen e-Up!, je n’avais jamais eu l’occasion de faire de la longue distance en voiture électrique. Le choix du Rex [NDLR : Range extender = Prolongateur d’autonomie], c’était pour me rassurer au début à ce sujet. Hélas, cet équipement n’a pas été proposé en France avec la batterie de 42 kWh. J’ai donc dû me contenter de celle de 33 kWh. Quand les deux i3 — celle de Patrick et la mienne — sont garées l’une à côté de l’autre, on remarque aux boucliers et feux diurnes le restylage ».

Marc ne souhaitait pas dépasser avec sa i3 d’occasion le budget de son ancienne e-Up! : « J’ai trouvé l’année dernière en juin mon exemplaire à la concession BMW de Saint-Herblain. Ayant précédemment servi à un automobiliste normand, elle venait d’être complètement révisée et présentait un état de santé SoH proche de 100 % pour la batterie. Tout cela m’a rassuré sur l’état de cette voiture. Elle m’a coûté 18 000 euros également, avec 28 500 km au compteur ».

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Le mois suivant, notre lecteur partait déjà pour le Morvan avec, à plus de 550 km de chez lui : « J’avais pris l’autoroute, mais j’ai vécu une galère sans nom qui m’a ensuite servi de base pour bien gérer une voiture électrique lors des longs déplacements. J’étais parti uniquement avec ma carte bleue et l’appli Izivia, mais pas de badge d’opérateur de recharge. Pour parvenir à s’identifier sur certaines bornes, il fallait se rapprocher avec le smartphone de la station-service puis revenir vers la borne ».

« J’ai appris à mes dépens »

Pour ce premier long trajet dans le Morvan, ViaMichelin indique environ 6 h 40 de route : « J’ai mis 8 h 00 pour y arriver, perdant une heure à une borne rapide Zunder qui ne permettait pas d’arrêter la recharge avec la carte bleue. Et je n’ai rien trouvé dans la voiture pour le faire. J’ai dû attendre que la batterie soit rechargée à 100 %. Depuis, j’ai appris par mon neveu qui roule en Renault Scenic E-Tech qu’il est possible d’utiliser sur l’autoroute le badge Ulys avec un abonnement spécifique que j’ai pris depuis. J’avais déjà celui pour le péage ».

Marc le dit lui-même : « J’ai appris à mes dépens. Au retour, j’ai commis moins d’erreurs. L’autoroute n’est toutefois pas le meilleur environnement pour cette BMW i3. Heureusement que j’avais le Rex que je déclenchais dès que le niveau d’énergie descendait à 20 %. Ça m’a rassuré car il y avait moins de bornes de recharge qu’en 2026. En roulant jusqu’à 90 km/h, j’arrivais à maintenir le niveau de charge à 20 %. En revanche, à 100 ou 110 km/h, le véhicule se remettait à consommer un peu d’énergie. J’ai utilisé le régulateur pour rester à 90 ».

Arrivé dans le Morvan, notre lecteur est sorti de l’autoroute : « Et là, c’était le grand désert de la recharge. Heureusement que dans la maison où j’allais, il y avait deux bornes, dont une utilisée par le propriétaire pour son Peugeot Partner. Lorsqu’il a essayé ma BMW i3, il a presque regretté d’avoir choisi ce ludospace. Sur les routes à 80 ou 90 km/h, c’est là que ma voiture électrique se montre la plus efficiente. J’ai une consommation moyenne de 13,5 kWh/100 km ».

Recharges habituelles chez Electra

Depuis chez lui, Marc va régulièrement à Bordeaux avec sa BMW i3 : « Maintenant, j’ai un abonnement Electra que j’utilise avec mon smartphone. Que je passe par l’autoroute ou les nationales, je mets le même temps. Dans le premier cas, je roule plus vite mais dois m’arrêter plus souvent, dans l’autre, je passe moins de temps à recharger. Désormais, je ne déclenche plus le Rex. J’ignore les messages m’invitant à le faire, mais au bout de trois ou quatre mois, il se met en route tout seul pendant quelques minutes pour son maintien en état de fonctionnement ».

Bien que ne pouvant pas recharger à domicile, notre lecteur roule beaucoup : « En un peu plus d’un an, ma i3 a parcouru plus de 23 000 km. Son compteur est dorénavant à 51 800. Je recharge le plus souvent sur les bornes Electra à Saint-Sébastien-sur-Loire ou à Rezé. Il y a eu pas mal de câbles coupés sur les bornes rapides de la côte, près de chez moi. Lors de mes longs déplacements, je vais à la station proche la plus pratique et où il y a le moins de monde, avec parfois de mauvaises surprises à la facturation, du genre un kilowattheure à plus de 0,50 euro ».

La BMW i3 33 kWh 2018 Connected Atelier de Marc
La BMW i3 33 kWh 2018 Connected Atelier de Marc

Recharger habituellement dans les stations Electra a permis de constater l’évolution de la fréquentation : « En me basant sur celles où je vais régulièrement et qui ont quatre points de charge, je me suis aperçu d’une hausse exponentielle. Il y a un an, j’étais le plus souvent seul, puis deux, et maintenant ces stations sont pleines, avec même des camions dételés qui viennent s’y brancher. Depuis, des taxes sont ajoutées au-dessus de 80 % dans la batterie si la station est pleine. Mais beaucoup ne le savent pas encore, en particulier ceux qui n’utilisent pas l’appli de l’opérateur ».

« C’est avant tout une excellente voiture »

Même s’il recharge le plus souvent sur des bornes rapides, Marc a le nécessaire pour se brancher sur les prises domestiques ou les bornes 22 kW AC : « A la livraison du véhicule, je n’avais que le câble BMW pour les prises domestiques. Par besoin, j’en ai acheté un autre d’une longueur de cinq mètres. En outre, je ne pouvais pas utiliser les prises Type 2 des bornes AC, mon i3 étant pourtant doté de l’option chargeur 22 kW. J’ai maintenant trois câbles pour pouvoir faire face à toutes les situations. En courant continu, la puissance maximale est de 50 kW, bien calibrée pour la batterie 33 kWh, avec des recharges de 20 à 80 % en 25 minutes ».

Globalement, notre lecteur n’a pas grand-chose à reprocher à sa BMW i3 de fin 2018 : « Pour moi, c’est avant tout une excellente voiture, que je trouve très belle et qui sait tout faire. Mais son coffre est plutôt petit et haut à cause du Rex qui est sous le plancher à cet endroit-là. Une fois que les dossiers sont inclinés, la plateforme est bien plate. Heureusement, il y a un frunk, mais il n’est pas étanche. Il peut cependant être remplacé par une boîte en plastique de chez Ikea. À savoir aussi qu’il n’y a que quatre places ».

Autre chose inquiète un peu son propriétaire : « C’est les fameux pneus hyperspécialisés qui demandent un délai plus ou moins important pour les recevoir. Je n’ai pas encore eu à les remplacer, mais je prie le ciel pour ne pas crever. Je me demande à quel point cette monte peut jouer sur le confort à bord et l’efficience. Avec son petit écran, la BMW i3 fait son âge. Je n’ai même pas de caméra de recul, juste le radar. J’avais envisagé d’en faire monter une, mais avec les prix BMW, j’ai préféré renoncer ».

« Pour faire ses débuts dans l’électromobilité »

Que dire de plus de cette BMW i3 ? « C’est une bagnole ‘feel good’ : tu la regardes, tu as le sourire ; tu rentres dedans, tu conserves le sourire. Les portes antagonistes, c’est sympa au début, moins quand tu commences à prendre régulièrement des passagers. Avec ses 170 ch, la i3 est très agréable à conduire, et l’on peut paramétrer soi-même les modes de conduite Eco. Je me régale à écouter les chansons des eighties avec l’excellent système sono Harman Kardon dont la grosse enceinte au milieu du tableau de bord qui fait ressortir des sons que je n’entendais pas à l’époque ».

Cette voiture électrique incomparable apparaît bien vivante à l’usage : « Elle a parfois son petit caractère. Au niveau de l’électronique, tout ne se passe pas toujours comme ça devrait : il me faut parfois éteindre et rallumer le véhicule. Il m’est déjà arrivé deux ou trois fois de devoir changer de borne car la recharge ne démarrait pas. Pourtant ces chargeurs rapides fonctionnaient bien, utilisés juste avant par d’autres électromobilistes ».

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Marc n’hésite toutefois pas à conseiller la BMW i3 autour de lui : « C’est un excellent modèle pour faire ses débuts dans l’électromobilité. Mais attention, il commence à être difficile de trouver en occasion à un prix correct cette voiture électrique qui ne se fabrique plus depuis quelques années. Un frangin, un ami qui habite Nantes et d’autres ont été conquis, ne se voyant toutefois pas effectuer de longs trajets avec. Je ne croise pas beaucoup de i3, mais à chaque fois je salue au passage, ne recevant pas toujours une réponse ».

Upgrade envisageable ?

Malgré un changement de vie professionnelle, Marc n’a pas l’intention d’abandonner sa BMW i3 : « Je viens d’obtenir une mutation en Guyane qui va me permettre de refaire de la pratique psychiatrique sur le terrain. Je vais confier à mon ex-femme ma BMW i3. Avec des matériaux comme l’aluminium, le carbone et autres, cette voiture ne risque pas d’être affectée par la corrosion. D’ailleurs ce choix du constructeur peut avoir des conséquences importantes sur la facture de réparation en cas d’accident. C’est pourquoi je reste en tous risques pour l’assurance qui me coûte de l’ordre de 1 000 euros par an ».

Notre lecteur voit loin : « À mon retour, j’espère que la législation aura évolué concernant l’upgrade. Je suis admiratif de votre lecteur qui est allé en Allemagne pour avoir une batterie plus capacitaire. Dans l’optique de garder longtemps ma i3, l’idéal serait de l’équiper d’une batterie 42 kWh. Avec la miniaturisation des cellules, on peut déjà avoir une capacité énergétique supérieure à celle d’origine sans alourdir le véhicule. Basé à Carquefou pas très loin de Nantes, Revolte travaille sur l’upgrade, j’ai déjà visité leur site Internet. Il faut que les règles évoluent en la matière ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Marc pour son excellent accueil, sa réactivité et son témoignage proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

La BMW i3 première du nom conserve un gros capital sympathie chez ses (anciens) utilisateurs et admirateurs. Sur LeBonCoin, on en trouve actuellement une douzaine à moins de 10 000 euros qui pourraient être d'excellentes candidates à l'upgrade s'il était légalisé en France. A priori, ça serait pour la fin de la présente année 2026 selon Revolte, avec toutefois pour contrainte que l'opération soit effectuée par le constructeur. Dans un deuxième temps, la pratique pourrait s'ouvrir à des garages spécialisés. Avec une batterie plus capacitaire, le Rex serait vite à ranger dans les équipements plutôt inutiles… ou presque. Marc ne l'utilise d'ailleurs plus depuis que le réseau de recharge s'est développé. Toutefois, le vol des câbles aux bornes rapides qu'il a constaté près de chez lui pourrait bien lui donner un regain d'intérêt, surtout quand un grand nombre de stations du secteur sont touchées en même temps. Et là, nous ne sommes hélas pas dans les infox, mais dans une nouvelle réalité à laquelle on ne s'attendait pas il y a quelques années. Récemment, on parlait du roadster Tesla comme voiture électrique de collection. Cette BMW i3 Rex, par son côté novateur à tous les niveaux, y compris dans l'emploi de matériaux recyclés et biosourcés, mériterait de connaître aussi cet heureux sort dans quelques années.

Philippe SCHWOERER

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