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À Perpignan, ce garage ouvert cette année 2025 veut se développer en France un peu à l’image de Revolte, mais avec une autre spécialité : l’achat et la revente de voitures électriques d’occasion. Nous avons interrogé Arnaud Maurey, l’un des deux cofondateurs de l’entreprise.
Sur le site Internet de VO-Elec, Jean-Philippe Bertino annonce la mission de l’entreprise : « Offrir des véhicules fiables, au meilleur prix, dans une démarche de transparence et de confiance ». Les deux cofondateurs s’appuient sur leurs riches expériences dans l’automobile pour réussir. Le premier s’est fait un nom en dirigeant dès 2016 le garage Auto Sud 66 qui propose en permanence de l’ordre de 120 véhicules d’occasion toutes énergies. D’ailleurs VO-Elec sort de là.
C’est ce que nous a indiqué Arnaud Maurey, également très dynamique dans le secteur de l’automobile : « J’ai à mon actif dix-huit ans à vendre en particulier des véhicules d’occasion pour le groupe Scala qui distribue plusieurs marques à Perpignan et ailleurs». Aujourd’hui, il se réjouit de « contribuer à une mobilité plus responsable en favorisant l’économie circulaire, en prolongeant la durée de vie des véhicules et en rendant l’électrique accessible au plus grand nombre ».
Une belle évolution, puisqu’il nous avoue : « Ayant vu arriver les premiers modèles de la famille ID de Volkswagen et constaté bien des problèmes sur des ID.3 et ID.4, j’ai été l’un des premiers à détester les électriques. Pour moi c’étaient des voitures qui coûtaient cher, pas fiables et qui tomberaient vite en panne ».
À l’époque, Arnaud roulait dans une Volkswagen Golf 8 R de 320 chevaux : « Un ami avait acheté une Tesla Model 3 Performance. Il m’a dit un jour ‘Tu ne pourras pas me suivre avec ta Golf’. Ca a fini par déclencher en moi une vraie passion pour les électriques et j’ai acheté une Model 3 Highland pour ma femme. Je travaillais dans une filière qui n’aimait pas trop le VE. Aujourd’hui, pour moi, ces véhicules sont géniaux ».
L’idée de créer VO-Elec est parti d’un constat : « Il se vend actuellement de l’ordre de 18 % d’électriques sur le marché de la voiture particulière, mais personne ne s’est vraiment positionné sur l’occasion. Nous avons commencé début janvier avec 20 Tesla en étant hébergé chez Auto Sud 66. Puis nous avons créé, Jean-Philippe et moi, la société VO-Elec le 9 mai dernier, en autofinancement jusque-là. Dans tous les secteurs d’activité, je ne crois que dans les marchés de niche ».
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MG 4 d’occasion : voici tout ce qu’il faut savoir avant d’acheterSur le site, l’onglet « Dépôt-vente » encore présent lors de la prise d’interview le 11 septembre 2025 va disparaître : « Nous avons proposé ce service au début mais maintenant nous connaissons une telle activité que nous nous concentrons désormais sur les achats et ventes. Actuellement notre stock physique est de 25 voitures électriques auxquelles vont s’ajouter 5 ou 6 autres que nous venons d’acquérir. Pour l’instant nous essayons de pouvoir proposer entre 25 et 30 modèles ».
Depuis l’ouverture, l’activité n’a fait que croître : « En juin nous avons vendu auprès des particuliers 23 voitures électriques, puis 29 en juillet et 31 en août. S’y ajoutent 5 VE par mois pour les pros. Août a été un mois complètement fou : J’ai dû travailler 7 jours sur 7 et 15 heures par jour. Pour faire face à cette forte accélération, nous avons désormais avec nous un alternant. On a commencé à faire de l’export avec le Danemark et les Pays-Bas où nous avons des partenaires ».
Le jour de la rédaction du présent article, la voiture électrique la moins chère proposée par VO-Elec était une Renault Zoé affichée à 10 990 euros : « Au début, nous avions rentré beaucoup de petits modèles comme des Fiat 500e et des Volkswagen e-Up! en pensant qu’elles se vendraient bien. Mais pas du tout, et nous allons d’ailleurs les arrêter. On vient surtout vers nous pour des modèles de plus gros gabarits, pour la voiture principale du foyer. Ce qui a fait augmenter le prix moyen des ventes de 16 700 à maintenant 21 000 euros ainsi que notre chiffre d’affaires ».
L’offre est des plus diversifiées. Déjà, au 13 septembre 2025, pour la marque Tesla, avec des Model S dès 25 990 euros, Model 3 à partir de 19 90 euros et Model Y à 26 990 euros. En voitures électriques allemandes : Volkswagen ID.4 à 25 690 euros et BMW iX2 à 39 990 euros. Quelques Coréennes aussi avec un Kia e-Niro à 17 290 euros et un peu de choix en Hyundai Kona dès 14 990 euros. Et des prix imbattables sur des modèles Stellantis de 2024 très peu kilométrés. Ainsi des Peugeot e-208, e-2008 et une DS 3 respectivement à 21 490, 24 990 et 20 990 euros : « Nous faisons de plus en plus de déstockage de constructeurs ».
Il faut dire que les annonces de VO-Elec sont extrêmement détaillées : « Dès le départ et au premier devis, les personnes intéressées connaissent quasiment tout des voitures électriques que nous vendons, à commencer par l’état de santé SoH de la batterie. Nos VE sont révisés, bénéficient d’une garantie et repartent avec la batterie rechargée à 100 % ». En plus de la capacité du pack lithium sont précisés quels câbles sont fournis et les puissances de recharge en courants continu et alternatif.
Sur place, « nous allons à la découverte des besoins des personnes qui viennent nous voir, faisons essayer le véhicule, montrons comment il se recharge et les aidons nos clients à télécharger l’application du constructeur. Je n’aurais pas misé sur un tel taux, mais 90 % de nos ventes se font en dehors de notre département des Pyrénées-Orientales. Notre clientèle est donc digitale et prête à se bouger, ce qui nous ouvre vraiment le marché ».

Arnaud a son idée sur le succès que rencontre déjà VO-Elec : « C’est d’abord le prix qui va attirer, puis la qualité des annonces très détaillées, puis le digital. Sur notre chaîne Youtube, nous avons une présentation vidéo de chaque modèle. Nous essayons de nous démarquer de la concurrence. Les personnes intéressées les plus éloignées sont venues de Nantes, Rennes, Bordeaux, Toulouse. Nous vendons aussi beaucoup dans les départements de l’Ain, de la Savoie et de la Haute-Savoie. Notre concept plaît et nous tenons les 5 étoiles sur 50 avis ».
Depuis quelques mois que l’entreprise perpignanaise est en activité, Arnaud a déjà pu remarquer quels sont les marques et modèles de voitures électriques qui rencontrent le plus de succès : « C’est d’abord Tesla en particulier avec la Model 3 que nous vendons le plus, puis les marques coréennes Hyundai et Kia pour les Kona Electric et e-Niro, et MG avec principalement le Marvel R. En revanche, j’ai essayé la Dacia Spring : Ça ne marche pas chez nous. En outre c’est moyen pour les VE de Stellantis et, à ce jour, nous n’avons pas encore eu d’Audi ».
Bien qu’assez diversifiée, la clientèle de VO-Elec montre déjà que des profils assez particuliers s’intéressent à l’entreprise : « Nous comptons une grande majorité de particuliers, de l’ordre de 80 %. Beaucoup viennent pour l’acquisition d’une première voiture électrique. Ils ont souvent dans leur entourage quelqu’un qui roule déjà en VE. Les professionnels, eux, savent ce qu’ils veulent. Nous avons par exemple livré des taxis. Mais nous ne faisons toutefois pas encore d’utilitaires. C’est trop tôt pour nous, même si nous l’envisageons pour dans un an et demi ».
Opter pour l’électrique est « un achat intelligent » pour notre interlocuteur : « Quelle que soit leur énergie, les voitures neuves affichent des prix qui augmentent en permanence. Aujourd’hui on sait que les électriques sont fiables et durables. Il sera même possible d’utiliser leurs batteries en seconde vie pour le stockage de l’énergie. On est là sur la bonne ligne. En plus d’un achat comptant, nous proposons de disposer de nos modèles d’occasion en LOA. Nous envisageons aussi pour plus tard la location à courte durée, mais d’abord avec des voitures sans permis ».
En quelques mois d’activité de VO-Elec, Arnaud a déjà vécu quelques anecdotes : « Il y a 3 mois, nous avons vendu à un client une Tesla Model 3 Standard de 2020. Comme il n’était pas trop rassuré par l’électrique dont il ne connaissait pas grand chose, nous nous étions engagés à la lui reprendre six mois plus tard à un prix convenu. Au bout de ce délai, il a finalement repris un Tesla Model Y. Depuis, il a acquis un très haut niveau de connaissance sur l’électrique ».
Il y a aussi cet achat un peu hors du commun : « Nous venons de reprendre un Tesla Model X de 2019 en première main. Sa particularité est d’avoir appartenu à quelqu’un de très connu mais dont je ne peux cependant pas dévoiler l’identité ».
Restons avec cette marque américaine qui continue à alimenter les passions : « Lors des essais avec les modèles qui sont dotés de l’option boost, nos clients deviennent comme de grands enfants en voulant découvrir ce que ça fait ».
VO-Elec propose aussi de reprendre des voitures électriques en rachat cash. A ce sujet, on peut lire sur le site : « Nous estimons votre véhicule en fonction des prix actuels du marché de l’occasion en France, en considérant ses caractéristiques uniques : historique, entretien, kilométrage, et bien d’autres aspects ».
L’entreprise procède alors à une estimation gratuite et sans engagement. En cas de transaction, le montant est versé dans les 48 heures. Ce qui permet de vendre rapidement son véhicule électrique. Ces reprises font aussi venir des acheteurs : « Elles sont à l’origine de 15 % de nos ventes. Nous formons aujourd’hui l’essentiel de notre stock en récupérant des VE auprès des concessions ».
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Voitures électriques d’occasion : cet indicateur qui change tout (et qui va devenir obligatoire)L’entreprise est actuellement en devenir : « Créant actuellement le business unit, nous ouvrirons ensuite des agences VO-Elec d’abord dans des villes à pas plus d’une heure de route de Perpignan, puis plus loin après. Nous voulons casser les codes un peu comme les startups américaines, avec des sites qui soient d’abord des lieux de vie où les gens pourront venir discuter en buvant un café et en jouant par exemple aux fléchettes ».
De quoi rassurer encore ceux qui recherchent une voiture électrique : « Nous comptons nouer un partenariat pour la réparation. Notre site, qui comprend déjà un centre de nettoyage et un atelier de carrosserie, est prêt pour accueillir un espace où les voitures électriques pourront être maintenues ».
Créée sous l’impulsion de Robert Morandeira (Bob66), l’association Lame66 organise en périphérie de Perpignan sur le parking du centre commercial Carrefour La Salanca des rassemblements de voitures électriques baptisés é-Claira-ge : « Nous y sommes venus une première fois en visiteurs. À la deuxième rencontre nous avons exposé 5 VE ».
Pour se faire connaître, VO-Elec poursuit aussi d’autres pistes : « Nous avons commencé à nous rapprocher d’influenceurs, en particulier ceux qui s’intéressent aux Tesla ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Arnaud Maurey pour sa réactivité, son accueil et son témoignage que nous avons sollicité. Un grand merci également à Robert Morandeira qui nous a informé de l’existence de cette entreprise et nous a facilité le contact avec ses dirigeants.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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