En charge du service mobilité et véhicules électriques de la marque coréenne, Frédéric Chouraqui revient avec Automobile-Propre sur l’excellent démarrage des ventes du Kia e-Niro dans l’Hexagone.

Souvenez nous ! En octobre dernier à l’occasion du Mondial de l’Automobile à Paris, nous évoquions avec Frédéric Chouraqui l’arrivée du Kia e-Niro en France. Quelques mois après le début de commercialisation de ce premier SUV électrique à « grande autonomie », nous dressons avec le responsable de Kia un premier bilan qui s’avère plus que positif.

Objectif : 5000 commandes d’ici fin 2019

« Le démarrage est vraiment très bon. On sent que c’était un véhicule qui manquait sur le marché » se réjouit Fréderic Chouraqui qui nous annonce avoir dépassé les 1600 commandes pour l’hexagone. « Nous sommes en ligne avec les objectifs. Pour 2019, on devrait être aux alentours de 5000 commandes pour 3000 livraisons » chiffre-t-il.

« Plus largement, on se rend compte que la sortie du e-Niro bénéficie à l’ensemble de la famille Niro qui représente aujourd’hui 19 % des ventes de Kia en France » souligne-t-il. En France, l’électrique représente ainsi 40 % des ventes de la famille Niro contre 50 % pour l’hybride et 10 % pour l’hybride rechargeable.

Livré en 5 à 6 mois

Si les délais de livraison du e-Niro peuvent dépasser un an sur certains marchés européens, la France n’est pas concernée. « Chaque marché a sa politique par rapport aux électriques. Des pays qui n’avaient pas l’habitude de vendre des voitures électriques y sont allés sur la pointe des pieds et voient aujourd’hui leurs délais se rallonger » justifie notre interlocuteur.

« Pour Kia France, on s’est positionné très rapidement pour avoir un maximum de voitures. Lorsque l’on parle de délais de livraison, on reste sur des délais normaux, soit 5 à 6 mois si on passe commande aujourd’hui » poursuit-il.

Grosse batterie et finitions haut de gamme

S’il offre le choix entre deux configurations batteries, le constructeur coréen annonce une « majorité écrasante » pour la version 64 kWh. Celle-ci représente aujourd’hui plus de 99 % des commandes enregistrées. « En 39 kWh, nous n’en sommes qu’à une dizaine de commandes » chiffre Frédéric Chouraqui. Un résultat qui démontre que l’autonomie reste un argument fort pour l’utilisateur. Et sans doute d’autant plus que le delta entre les deux modèles s’avère limité au regard du prix global du véhicule. Entre 39 et 64 kWh, la différence est de 4.000 €, soit environ 10 % du prix du véhicule.

Du côté des finitions, le constat est similaire avec une clientèle davantage orientée sur les véhicules les plus haut de gamme. « Nous sommes à 55 % sur la finition e-Premium et à 30 % sur le e-design. C’est un peu une surprise pour nous puisque l’e-active est déjà bien équipée » confie notre interviewé. Une fois encore et compte tenu du prix du véhicule, les clients préfèrent s’orienter d’office vers le plus haut niveau d’équipements.

« En location, les loyers seront très proches les uns des autres avec seulement quelques dizaines d’euros de différence » justifie Frédéric Chouraqui. Sur le site du constructeur, le différentiel est effectivement minime. En 64 kWh, la finition e-design débute à partir de 397 euros/mois contre 437 € pour la e-Premium dans une formule 49 mois et 40.000 km.

Un constat qui n’est pas sans rappeler celui dressé par Thomas Chretien avec la nouvelle Nissan Leaf, également majoritairement écoulée sur ses plus hauts niveaux de finitions.

L’absence de pompe à chaleur expliquée

Pour Automobile-Propre, l’entretien a été l’occasion de revenir sur l’absence de pompe à chaleur. Un choix que certains ont dénoncé sur le forum et que le constructeur justifie par le « peu de gain offert par le système ».

« La pompe à chaleur était très importante sur les voitures électriques de première génération car on avait des autonomies de base qui étaient très faibles et une absence de régulation thermique de la batterie. Avec le e-Niro, les tests que nous avons réalisés montrent une différence de 14 à 20 km sur une version 64 kWh ce qui est très peu par rapport à l’autonomie totale du véhicule (jusqu’à 455 km WLTP ndlr) » nous explique Frédéric Chouraqui. Un constat également réalisé par Automobile-Propre lors de l’essai comparatif du Kona électrique et du e-Niro.

Quant au nouveau Kia e-Soul, le correspondant de Kia a également pu nous communiquer quelques infos fraîches, nous confirmant notamment le lancement de la commercialisation début avril. Plus de détails dans la suite de cette interview.

Absence de pompe à chaleur – Mise à jour 01/04/2019 à 15h32

Suite aux vives réactions dans les commentaires et sur le forum, les équipes de Kia France ont tenu à apporter un complément d’information concernant l’absence de pompe à chaleur :

La pompe à chaleur était utile, voire indispensable sur les précédentes générations de véhicules électriques à l’autonomie nominale faible. Il en est d’ailleurs de même pour les véhicules plus récents ne disposant pas des systèmes avancés de gestion de l’énergie dont le e-Niro et le e-Soul sont équipés.

Dans des situations de météo froide, un véhicule électrique peut perdre environ 20% de son autonomie, soit 50 à 70 km d’autonomie, voire même 100 km d’autonomie dans le cas de températures négatives.
Cela est dû à deux phénomènes :
1. Le froid impacte les réactions électrochimiques et la résistance interne de la batterie. Ce qui en limite la puissance et l’autonomie. Il s’agit d’un phénomène purement physique lié aux conditions atmosphériques.
2. L’utilisation du chauffage qui est un accessoire particulièrement énergivore.

Il est important de souligner que la pompe à chaleur ne permet pas de retrouver 100% de l’autonomie du véhicule mais d’en réduire la perte en optimisant l’utilisation du chauffage. Dans le cas du e-Niro, on parle d’un gain de 14 à 20 km (tests internes en conditions réels à l’appui confirmés par le test d’Automobile Propre dans des conditions particulièrement défavorables au e-Niro). Le gain procuré par la pompe à chaleur se calcule par rapport à une perte d’autonomie et non par rapport à l’autonomie nominale du véhicule.

Le e-Niro bénéficie, de série, d’un condenseur qui permet d’obtenir les mêmes performances que la pompe à chaleur pour des températures comprises entre 10° et 30°C. En dessous de ces températures, la pompe à chaleur permet un gain d’autonomie de 14 à 20 km sur une charge complète.

De plus, lors de l’utilisation du véhicule, le liquide du système de refroidissement de la batterie, une fois en température, est utilisé pour le réchauffement de l’habitacle. Ce qui va permettre de regagner de l’autonomie.

Par ailleurs, la présence de volets actifs intégrés à la calandre du e-Niro sont capables de bloquer l’arrivée d’air froid provenant de l’extérieur. Ainsi, cela permet à la batterie de monter rapidement en température, et au fluide de refroidissement porté à température de réchauffer rapidement l’habitacle en hiver.

Enfin, les systèmes de récupération prédictif de l’énergie et la gestion automatique de la puissance de régénération permettent des gains substantiels d’autonomie qui, combinés à la forte capacité de la batterie, permettent des déplacements quotidiens avec une autonomie optimisée du véhicule.

Ainsi, en raison de toutes ces innovations apportées sur le e-Niro (systèmes intelligents de gestions de l’énergie, condenseur, batterie à refroidissement liquide permettant une pleine utilisation du véhicule, volets actifs) pour préserver l’autonomie de la batterie et de la batterie de grande capacité qui l’équipe, la présence d’une pompe à chaleur, ne ferait pas sens, dans un pays au climat tempéré, comme le nôtre, et au regard de l’augmentation tarifaire qu’elle générerait pour le client.

En France, le Kia e-Niro a franchi le cap des 1600 commandes
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