Trois ans et 15 000 km en moto électrique... Claudio ne regrette pas l'achat de son Energica Experia

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Motard de longue date converti à la moto électrique, Claudio roule en Energica Experia depuis trois ans. Entre coup de cœur assumé, usage quotidien et interrogations sur l’avenir du constructeur italien, il dresse un bilan sans filtre de son expérience.

Vous l’avez sans doute constaté : Automobile Propre accorde davantage de place aux deux-roues électriques depuis plusieurs semaines. Outre la reprise par Eric des éditos Roue Libre, à retrouver chaque quinzaine, nous reprenons également la recette à succès de l’auto : celle des témoignages ! Alors que nous vous livrions en début de mois le retour d’expérience de Jérémie au guidon de sa Verge TS-Pro, nous tendons cette fois le micro à Claudio, heureux propriétaire d’une Energica Experia.

D’un gros routier thermique à l’électrique par passion

Claudio n’a rien d’un néophyte : motard depuis de nombreuses années, il a roulé sur des machines imposantes, un Yamaha XJ900, une Diversion 900, puis deux Yamaha FJR 1300, le dernier équipé de la boîte robotisée AS. « Je m’étais un peu habitué à ne pas avoir de levier d’embrayage », se souvient-il.

En parallèle de sa vie de motard, il s’était déjà converti à la voiture électrique, d’une Renault ZOE à un Renault Scenic électrique en passant par une Renault Megane E-Tech. Séduit par cette motorisation, il commence à regarder du côté des deux-roues : « Je me disais que ça serait pas mal de passer entièrement à l’électrique ». Un essai de la Zero SR/S ne le convainc pas totalement, la moto lui semblant manquer d’âme. C’est finalement l’arrivée de l’Energica Experia, plus routière et moins radicalement sportive que le reste de la gamme du constructeur italien, qui le décide : « J’utilise la moto à 95 % pour faire mon trajet boulot […] j’ai trouvé ça génial », raconte-t-il après l’avoir essayée chez son concessionnaire.

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Un coup de cœur à plus de 30 000 €

Claudio ne s’en cache pas : cet achat n’a rien de rationnel. Affichée à un tarif de base autour de 28 500 €, sa version équipée (valises, poignées chauffantes) est montée à environ 31 000 €. « J’aurais pu acheter une bonne BM avec ça », plaisante-t-il. La livraison a pris plusieurs mois, les difficultés de production d’Energica de l’époque n’y étant sans doute pas étrangères.

Reçue en 2023, sa Experia a depuis parcouru 15 000 km, presque exclusivement sur son trajet domicile-travail, entre périphérique parisien et autoroute.

Une agilité qui surprend, un silence qui ne manque pas

Venant d’une moto lourde et encombrante, Claudio a été agréablement surpris par la légèreté et l’agilité de l’Energica Experia : « Tout ce qui est partie cycle, c’est super […] elle arrive bien à attaquer dans les virages, elle freine bien ».

Le silence de fonctionnement et l’absence de passages de vitesses ne lui manquent pas outre mesure : « Cette réponse immédiate et cette allonge qu’on a sur l’électrique, c’est juste fabuleux ». Sur la route, la discrétion sonore de sa moto attire régulièrement les regards : « Ça interpelle, c’est clair ».

Une recharge simple et quasiment gratuite

Grâce à des prises 220 V disponibles sur le parking moto de son entreprise, Claudio recharge son Energica en journée sans jamais mobiliser les bornes rapides réservées aux voitures. « Je n’ai jamais payé mes charges. Ça, c’est l’avantage, c’est de la charge gratuite ».

Sa moto électrique dispose d’une charge AC limitée à 3,7 kW mais aussi d’une charge DC pouvant atteindre 25 kW, un argument qui avait pesé dans son choix face à la Zero, uniquement compatible AC. Sur autoroute, il estime son autonomie autour de 150 km, et environ 200 km sur son trajet quotidien mixte, une distance qu’il ne pousse jamais jusqu’au bout puisqu’il recharge généralement vers 170 à 180 km parcourus.

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Connectivité et gestion de la batterie : le revers de la médaille

Si la fiabilité électrique ne lui a donné aucun souci en trois ans – seul un joint spi de suspension avant a dû être remplacé – Claudio pointe deux irritants récurrents. D’abord l’absence totale de connectivité  : « On ne peut pas surveiller la charge. On branche, mais on ne sait pas si la moto est en train de charger ou pas » regrette-t-il. Ni Bluetooth, ni CarPlay, ni Android Auto ne sont proposés, un manque qu’il juge peu cohérent avec l’image technologique de la marque.

Ensuite, la gestion de la batterie via le BMS ne le convainc pas totalement : « Il y a parfois des problèmes d’équilibrage entre les cellules », des charges complètes répétées étant parfois nécessaires pour rééquilibrer les éléments. Par précaution, il limite désormais ses charges à 90 %.

Energica : un avenir qui pose questions

Comme d’autres propriétaires, Claudio suit avec attention la situation financière du constructeur italien. Pour rappel, Energica a été placée en liquidation judiciaire en octobre 2024, son actionnaire majoritaire américain Ideanomics ayant cessé d’investir sans qu’aucun repreneur ne se manifeste à temps. La marque a finalement reçu, à l’été 2025, une offre de reprise d’un groupe d’investisseurs basés à Singapour. Depuis, les communications se poursuivent au compte-gouttes, sans véritable avancée concrète pour les propriétaires.

Contacté tardivement par un questionnaire destiné aux propriétaires, Claudio n’a depuis reçu aucun retour personnalisé, contrairement à d’autres propriétaires. Il observe toutefois quelques signes d’activité : un nouveau siège en Italie, la R&D maintenue sur place tandis que la fabrication basculerait vers l’Inde, un site internet remis à jour. Signe plus concret des difficultés du réseau : lors de sa dernière révision, son concessionnaire n’a pas pu réinitialiser à distance le témoin d’entretien, faute de connexion avec les serveurs du constructeur.

Sans surprise, Claudio n’envisage pas de revendre sa moto à court terme : « Je savais […] que ce n’est pas forcément une moto qui allait garder une valeur énorme ». S’il devait un jour en changer, il ne voit qu’un seul équivalent sur le marché : la Zero DSR/X, qu’il n’a toutefois jamais essayée et qui ne propose pas de charge rapide.

Ce que Claudio apprécieCe que Claudio regrette
  • L’agilité et la partie cycle, malgré le poids de la moto
  • L’accélération immédiate et l’allonge, « fabuleuses »
  • Le silence de fonctionnement au quotidien
  • Une fiabilité électrique sans faille (batterie, moteur) en trois ans et 15 000 km
  • La présence d’une charge DC jusqu’à 25 kW, contrairement à la gamme Zero
  • Aucune connectivité : impossible de surveiller la charge à distance
  • Un tableau de bord peu abouti
  • Un BMS perfectible, avec des soucis d’équilibrage entre cellules
  • Un tarif élevé (environ 31 000 €) pour une aide à l’achat limitée à 900 €
  • Un avenir du constructeur encore incertain malgré la reprise

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