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Créée en Belgique il y a une quarantaine d’années, Chauffage Matagne est porté par quatre personnes, dont la fondateur toujours présent, et Maximilien qui s’est impliqué dans l’entreprise depuis dix ans environ. Avec pour devise « la meilleure énergie, c’est celle qu’on ne consomme pas », c’est lui qui a alors commencé à employer des véhicules à l’empreinte carbone plus légère, en démarrant avec un vélo à assistance électrique. Depuis 2021, un Citroën ë-Jumpy remplace l’ancien fourgon diesel, et la flotte s’est complétée avec un break Peugeot e-308. Notre lecteur a vu les mentalités évoluer au sujet de la mobilité branchée.
À Bruxelles, Chauffage Matagne annonce clairement dans son nom son activité principale : « Que ce soit pour l’entretien de votre chaudière, l’installation d’un nouveau système de chauffage ou des réparations urgentes, nous sommes là pour vous accompagner à chaque étape ». Les collaborateurs interviennent également sur les systèmes de climatisation, installent des pompes à eau de pluie, et s’occupent des circuits de circulation des fluides dans les parties sanitaires.
La zone couverte par l’entreprise est assez limitée, ne dépassant qu’exceptionnellement Bruxelles et les six communes de Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre, Auderghem, Ixelles, Uccle et Schaerbeek. D’où l’idée de Maximilien de se rendre à vélo chez les clients : « L’offre en utilitaires électriques était encore assez pauvre il y a dix ans. Nous préférons intervenir pas trop loin de l’entreprise où il y a déjà pas mal de besoins. Comme j’aime le dire : ‘Nous sommes chauffagistes, pas chauffeurs routiers’ ».
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Vous utilisez un fourgon électrique au quotidien ? Racontez-nous votre réalité de terrain !On imagine facilement que choisir un moyen de déplacement doux pour l’environnement a bien été apprécié par les clients : « J’ai commencé à prendre le vélo électrique pour réaliser des devis sur place. Il y a dix ans, ce n’était pas très bien perçu, comme si ça faisait peur aux gens, par exemple concernant la santé de l’entreprise. Heureusement, ça a bien changé depuis. Maintenant, intervenir à vélo est considéré comme quelque chose de très positif. Les clients me reconnaissent parfois quand je passe dans la rue ».
D’après vous, chers lecteurs, quelle distance peut aujourd’hui parcourir Maximilien à vélo dans une journée ? « Je fais jusque 45-50 km. Ça va parfois plus vite de prendre le vélo que d’aller chercher la camionnette. Bien sûr, la région de Bruxelles étant assez vallonnée, l’usage d’un modèle électrique s’imposait pour ne pas arriver transpirant chez les clients. Depuis 2025, j’ai un VAE longtail qui me permet d’embarquer pas mal de choses dans les deux sacs à l’arrière et le porte-bagages. Avec ce deux-roues, j’ai déjà parcouru environ 3 700 km ».
Et il en transporte du matériel, ce vélo : « C’est tout le nécessaire pour l’entretien des systèmes de chauffage, comme les outils de base que sont les pinces et diverses clés, des testeurs, etc. Et puis du matériel que je peux prendre plus ponctuellement, comme une disqueuse électrique, une échelle télescopique, de quoi intervenir sur une cheminée. Pas besoin de déplacer pour cela 1,5 tonne de tôle. On oublie souvent qu’il y a d’autres solutions possibles. C’est important de réduire ses déplacements et leur empreinte carbone ».

L’artisan se pose cette petite question : « Ai-je eu de nouveaux clients parce que je me déplace à vélo ? Je ne sais pas. Mais c’est souvent un sujet de discussion avec eux. Ils évoquent aussi parfois les incivilités qu’ils ont subies de la part de cyclistes. À l’entreprise, il y a aussi une trottinette électrique. Elle sert à mon ouvrier pour se rendre au dépôt. Quand il est arrivé dans l’entreprise, il n’avait jamais touché à un VE. Maintenant qu’il en a découvert le confort et les accélérations, il pousse ses parents à prendre une voiture électrique ».
Maximilien a découvert les voitures électriques en 1996 : « C’étaient des Saxo et Berlingo. Quelqu’un, sans doute de chez Citroën, était venu de Paris jusqu’à Bruxelles par la route pour les présenter. Ce qui m’avait vraiment marqué à l’époque, c’est l’absence de bruit. Ça fait donc déjà longtemps que je m’intéresse à l’évolution des VE. Le Citroën ë-Jumpy et ses dérivés sont sortis il y a environ cinq ans. Ça a été compliqué pour pouvoir en avoir un ».
Il se souvient bien de la tournée qu’il a dû effectuer dans les garages autour de lui : « Au début, le concessionnaire Peugeot pour le e-Expert ne voulait pas me faire une offre ; chez Opel, on a essayé de me décourager du Vivaro-e mais j’ai quand même pu avoir une proposition ; pas de ë-Jumpy à essayer chez Citroën, mais j’ai quand même pu commander le mien alors qu’il n’était pas encore imprimé sur catalogue. Je suis persuadé que c’est le meilleur achat de véhicules que j’ai fait. Je l’ai reçu en octobre 2021 ».
Ces utilitaires ont été, à leur arrivée, proposés avec, au choix pour la batterie lithium-ion, une capacité de 50 ou 75 kWh. : « Pour le nôtre, j’ai choisi la petite batterie afin de ne pas perdre de l’ordre de deux cents kilos de charge utile. À ce moment-là, notre camionnette diesel arrivait en fin de leasing. J’ai dû la conserver trois mois de plus en raison du retard de livraison de mon ë-Jumpy. C’est un véhicule que je partage avec mon ouvrier. Il nous sert à déposer du matériel et pour diverses interventions ».
Le compteur du Citroën ë-Jumpy de Chauffage Matagne affiche aujourd’hui un peu plus de 50 000 km : « Nous n’avons connu avec lui qu’un seul souci, une panne sur le chargeur AC embarqué. Mais, ce qui est génial, c’est que nous avons pu continuer à rouler avec, jusqu’à la réparation, en le branchant sur des bornes rapides. Pour comparaison, sur une même période de l’ordre de cinq ans et 80 000 km, notre précédent utilitaire diesel a dû être pris en charge deux fois sur un plateau de dépannage ».

Plus économique à l’usage : « Au début, la régénération se désactivait à 20 km/h. Mais une mise à jour dès la première année a descendu le seuil à 10 km/h. C’est beaucoup mieux pour nous quand nous intervenons dans des zones à 30. Depuis trois ans, nous n’avons pas effectué d’opération d’entretien sur notre ë-Jumpy. Ça, et moins de pannes : pour les garagistes, l’électrique c’est la perte d’une partie de l’activité. À notre niveau, nous vivons quelque chose de similaire avec le remplacement des chaudières au gaz par des pompes à chaleur ».
Dans l’entreprise, c’est notre lecteur qui insuffle l’esprit de l’électromobilité : « En raison de mes convictions personnelles, j’ai voulu ce passage au VE bien plus simple à tous les niveaux, dont la conduite. À 70 ans, ma mère a pris une Citroën ë-C3 : elle en est ravie, c’est plus simple pour elle et elle s’amuse beaucoup à son volant. J’ai aussi cette chance de pouvoir utiliser un vélo électrique. Si je devais passer toute la journée dans les embouteillages à Bruxelles avec un véhicule thermique, j’en ressortirais ultra-nerveux en soirée ».
Pour ses voitures comme pour ses utilitaires, Stellantis a fait le choix d’incorporer ses électriques comme de simples versions à côté des motorisations thermiques : « Les clients ne se rendent pas forcément compte que mon utilitaire est électrique, sauf quand je manœuvre devant eux ou que je leur demande si je peux brancher sur leur borne. En recevant ma camionnette, j’espérais bénéficier de la fonctionnalité V2L. Sur bien des chantiers, ça peut dépanner ».
A Bruxelles, Cambio est un service d’autopartage. Que ce soit pour ses besoins personnels ou professionnels, Maximilien a pris l’habitude de l’exploiter : « On trouve ce service en Allemagne, en Suisse et en Belgique. A dix euros l’abonnement mensuel en plus du coût d’utilisation, ça revient au final moins cher que d’avoir chez soi une deuxième voiture. Ils ont aussi des utilitaires, par exemple des Citroën Berlingo, mais ils sont diesel. J’utilise plutôt leurs Peugeot e-208. C’est actuellement le seul modèle électrique proposé par Cambio ».
Autre différence avec l’ancien système Autolib francilien qui ne fonctionnait qu’avec des VE, il est impératif de restituer dans la même station le véhicule loué, et, dans le cas des e-208, de la brancher sur sa borne dédiée. Un principe intéressant pour l’artisan : « Quand je dois intervenir sur un chantier où l’on ne trouve pas facilement de place pour se garer, s’il y a une station Cambio à proximité, je vais louer là une voiture, aller chercher le matériel nécessaire, et revenir à la station. Au final, la course va me coûter de l’ordre de dix euros ».
Un nouveau véhicule est venu grossir la flotte branchée : « En décembre 2025, j’ai commandé une Peugeot e-308 break, reçue en février dernier. Elle me sert pour mes besoins personnels et professionnels. Dans les deux cas, le V2L me sera utile. Cette fonctionnalité m’a déjà servi sur un chantier pour brancher une grosse disqueuse à couper de la pierre. Nous pensons aussi l’utiliser en camping, et, en cas de coupure d’électricité à la maison, au moins pour alimenter le frigo et quelques prises au besoin ».
Entre le ë-Jumpy et la e-308, la différence de consommation est bien sûr importante, les deux s’aventurant à l’occasion sur les autoroutes : « Dans la camionnette, nous avons bien 500 kg de rayonnage et de matériel, ce qui se traduit par des consos entre 22 et 27 kWh. Mon ouvrier embarquant les plus lourdes charges, c’est avec lui que l’on arrive aux 27 kWh. Pour comparaison, avec davantage d’autoroute où je roule à 110 km/h au lieu des 120, je suis à 14,7-15 kWh/100 km en utilisant l’e-308 sur ses trois mille premiers kilomètres ».
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Témoignage : cet installateur de bornes de recharge va chez ses clients en Renault Kangoo électriqueEt pour la recharge ? « La Peugeot e-308 est branchée uniquement à la maison, sur une prise renforcée. Au dépôt, pour la camionnette, j’ai une borne 11 kW, mais bridée à 4. J’estime cependant avoir payé ce chargeur inutilement. Entre lui et une Green’Up, il y a quand même dans les huit cents euros de différence ».
Le Citroën ë-Jumpy pourrait bien rester longtemps chez Chauffage Matagne : « Nous l’avons depuis cinq ans, sans aucun problème en dehors du chargeur AC, pourquoi le remplacer ? Je pense au contraire le conserver une dizaine d’années. Sauf éventuellement si on me proposait une offre très intéressante pour un utilitaire comparable avec les fonctionnalités V2L et V2G. Là, je pourrais me dire qu’il y aurait un vrai plus. Ce serait toutefois à voir avec la possible perte de valeur sur le marché de l’occasion ».
La Peugeot e-308 n’a pas été choisie au hasard : « C’est une marque que j’aime bien et dont j’ai toujours été très satisfait, contrairement à mon expérience catastrophique avec un véhicule Volkswagen. Il y a un bon garage Peugeot à côté de chez nous, et je trouve le confort des véhicules de la marque très agréable. En outre, je voulais un break polyvalent électrique, et il est le seul dans cette catégorie. Par ailleurs, je n’allais certainement pas prendre un modèle venu par bateau d’un constructeur chinois ou coréen ».

Cette aura pour la marque au lion profite aussi aux modèles de Citroën dans l’esprit de notre lecteur : « Le ë-Jumpy est construit sur une plateforme commune avec Peugeot. Je retrouve le confort, mais aussi cette implantation naturelle pour les boutons quand on la connaît déjà. Nous avons aussi un super garage Citroën à proximité. Et enfin, je suis content de pouvoir faire fonctionner des industries plus locales ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Maximilien pour son excellent accueil et son témoignage très large et intéressant qu’il nous a proposé après notre appel aux professionnels.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
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Philippe SCHWOERER
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