Témoignage : voici la toute première ambulance électrique rétrofitée ET homologuée en Europe !

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Faire homologuer des véhicules rétrofités relève parfois du parcours du combattant… Qinomic, spécialiste dans le rétrofit des utilitaires, vient de livrer la toute première ambulance électrique du genre. Ce Citroën Jumpy dont le moteur avait cassé était le parfait cobaye. Nous avons discuté avec les protagonistes. Autonomie, coût, intérêt, homologation… Voilà tout ce qu’il faut savoir !

La toute première ambulance rétrofitée, vraiment ?

Le rétrofit électrique continue de sortir du cadre des démonstrateurs pour entrer peu à peu dans le quotidien des professionnels. Après les utilitaires de livraison, les flottes d’entreprises ou certains véhicules lourds, c’est désormais au tour d’un secteur très particulier de s’y intéresser : le transport sanitaire. Qinomic vient en effet de concevoir et de faire homologuer une ambulance électrique rétrofitée sur la base d’un Citroën Jumpy exploité par Var Assistance, une société qui compte plus de 250 véhicules dans sa flotte.

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L’histoire de cette ambulance est assez symbolique. En effet, elle n’est pas née d’un projet vitrine monté de toutes pièces. Au départ, il y avait simplement un Jumpy diesel de 3 ans et demi, déjà transformé en ambulance, dont le moteur avait cassé après 300 000 km. Un kilométrage élevé mais pas exceptionnel pour ce type d’usage. Chez Var Assistance, certaines ambulances font plus de 100 000 km par an. Le problème, c’est que la mécanique supporte parfois mal ce rythme, surtout lorsque les missions alternent trajets courts, arrêts fréquents et longues journées de service.

« Jusqu’à maintenant, pratiquement toutes les ambulances utilisent du gasoil », explique Johan Cabrita, DG de Var Assistance. Mais dans ce métier, les contraintes sont fortes… Démarrages et arrêts répétés, trajets urbains, courtes distances, kilométrages importants… À cela s’ajoute un contexte économique compliqué. Le transport sanitaire doit maîtriser ses coûts sans compromettre la sécurité des patients. Pour Var Assistance, il n’était pas question de jeter une ambulance dont la cellule sanitaire était encore en excellent état. Alors pourquoi ne pas lui donner une seconde vie ?

Un véhicule usé, mais pas prêt à jeter l’éponge

Le choix du Citroën Jumpy n’a rien d’un hasard. Il se trouve que Var Assistance exploite majoritairement ce modèle au sein de sa flotte. De son côté, Qinomic connaît très bien cette plateforme (l’EMP2). Elle est même carrément déjà au cœur de sa stratégie de rétrofit. Pourquoi ? Parce qu’elle est produite à très grande échelle, que la base est robuste et que les composants de la chaîne de traction électrique utilisés par Qinomic sont directement fournis par le constructeur. Alors forcément, ça aide !

Dans le cas précis de cette ambulance, le véhicule avait beaucoup roulé, mais dans de bonnes conditions. Il avait connu une première vie faite de nombreux trajets autoroutiers et de peu d’accrochages. Selon Qinomic, sa cellule sanitaire était toujours en parfait état. Pour l’exploitant, engager des frais importants pour remplacer le moteur, la boîte, le turbo ou encore les éléments antipollution n’aurait pas eu de sens. En revanche, conserver l’aménagement sanitaire, lui, avait une vraie logique économique.

C’est d’ailleurs l’un des points clés du dossier. Une ambulance ne se résume pas à un utilitaire blanc avec une rampe lumineuse. Une partie importante de sa valeur vient de sa transformation. On parle ici de la cellule sanitaire, des équipements, des rangements, de la conformité, bref, de tout ce qui concerne l’adaptation au métier. Selon le spécialiste du rétrofit, l’aménagement peut représenter environ 20 000 euros sur ce type d’ambulance. Dans ces conditions, le rétrofit devient particulièrement pertinent.

Plus un véhicule est transformé, plus sa valeur résiduelle est forte. Jeter toute l’ambulance à cause d’une casse moteur revient à perdre un aménagement encore exploitable. Le rétrofit permet au contraire de remplacer la chaîne de traction thermique par une chaîne électrique, tout en conservant ce qui fonctionne encore…

Une conversion rapide, mais un dossier complexe

Sur le papier, transformer un Citroën Jumpy diesel en Jumpy électrique peut sembler relativement simple si la solution technique existe déjà. Toutefois, dans la réalité, une ambulance n’est pas un utilitaire comme les autres. Si l’interfaçage avec la nouvelle chaîne de traction n’a vraisemblablement pas posé de difficulté majeure sur le plan électrique, le vrai défi était ailleurs… Il a fallu notamment maintenir la conformité réglementaire du véhicule et garantir le bon fonctionnement de la cellule médicalisée.

La conversion opérée par Qinomic a permis de préserver les fonctions d’origine du véhicule. Sécurité, confort, équipements, aménagements, tout est là ! L’entreprise parle spécifiquement de sa passerelle électronique Q-Brain, conçue pour assurer l’intégration entre la nouvelle chaîne de traction électrique et les systèmes existants. Le chauffage et la réfrigération d’origine de la cellule sanitaire ont également été conservés. Bref, la motorisation a évolué, mais les fonctions attendues sont bien là.

Avant toute conversion, Qinomic analyse aussi l’usage du client. C’est une étape essentielle. Une ambulance électrique rétrofitée ne peut pas répondre à tous les cas de figure si son autonomie ou sa recharge ne sont pas compatibles avec les missions. L’état général du véhicule est par ailleurs passé au crible, avec 120 points de contrôle, tout comme l’architecture électrique. Dans le cas de Var Assistance, le profil était cohérent avec une majorité de trajets courts dans l’agglomération de Toulon Provence Méditerranée.

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La transformation est faisable en un mois. En revanche, l’homologation a demandé davantage de temps. Pour cette première ambulance, Qinomic et Var Assistance sont passés par une « Réception à Titre Isolé », plus connue sous le nom de RTI. Le dossier s’appuie sur l’agrément prototype déjà obtenu par Qinomic pour son utilitaire rétrofité, auquel ont été ajoutés les éléments spécifiques liés à l’ambulance. La Dreal (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) est intervenue à différentes étapes de la transformation, y compris pour des validations sur véhicule.

Entre les premiers échanges et l’agrément, environ quatre mois se sont écoulés.

Une autonomie de 330 km WLTP

Techniquement, cette ambulance reprend les caractéristiques du Jumpy rétrofité standard de Qinomic. Le véhicule est équipé d’une batterie de 75 kWh d’origine constructeur, garantie 8 ans ou 160 000 km. L’ensemble promet 330 km d’autonomie WLTP, une puissance de charge de 100 kW (de quoi passer théoriquement de 20 à 80 % de recharge en 36 minutes). Mais la présence des gyrophares et de l’équipement de toit dégrade légèrement l’aérodynamique. Mieux vaut tabler sur 300 km d’autonomie réelle.

Pour son usage principal, cela semble cohérent. L’ambulance sera affectée en journée à des transports programmés et à des transferts hospitaliers, avec des trajets généralement inférieurs à 20 km. Elle pourra également être engagée sur des urgences à la demande du SAMU 83, comme les autres ambulances de l’entreprise. La recharge a été pensée en conséquence. Var Assistance a installé des bornes de 11 kW sur le lieu de stationnement du véhicule. Une carte de recharge restera aussi à bord pour élargir le rayon d’action.

Un gain économique non négligeable

L’intérêt économique est au cœur de ce projet. Commander une ambulance neuve demande du temps. Selon Johan Cabrita, il faut aujourd’hui compter plus de six mois entre la livraison du châssis et la transformation par un carrossier spécialisé. À cela s’ajoute le prix du véhicule, celui de l’aménagement et l’incertitude liée aux coûts d’exploitation. Dans le cas de cette ambulance rétrofitée, le véhicule était déjà payé. L’investissement porte donc sur la conversion, avec une garantie sur la transformation.

Le patron de Var Assistance estime que le véhicule devra désormais rouler au minimum trois ans de plus pour rentabiliser l’opération. Mais pour l’entreprise, cette opération arrive « au bon moment » avec l’augmentation du prix des carburants qui pèse sur les comptes. Et ce n’est pas le seul argument. En effet, les ambulances travaillent souvent avec une charge utile déjà bien entamée, parfois aux deux tiers. Elles subissent par conséquent des contraintes mécaniques sévères. Avec une motorisation électrique qui comporte moins de pièces d’usure sur la chaîne de traction, l’entreprise est sereine.

Le poids reste toutefois un sujet. Qinomic indique que sur un véhicule rétrofité de ce type, la charge utile est réduite de 250 kg. C’est un paramètre important pour une ambulance, qui doit transporter des patients, des ambulanciers et du matériel. Dans ce cas précis, le projet a malgré tout été jugé compatible avec les missions visées.

Une première qui pourrait en appeler d’autres ?

Chez Var Assistance, cette ambulance rétrofitée ne débarque pas totalement par hasard. L’entreprise a déjà reçu deux ambulances 100 % électriques neuves qui ont récemment été mises en service. Certains ambulanciers utilisent également des voitures électriques à titre personnel et se montrent plus sensibles à cette évolution. La différence, selon l’exploitant, c’est que les ambulances électriques neuves coûtent beaucoup plus cher à l’achat que la solution rétrofitée. Alors pourquoi pas continuer dans cette voie ?

Pour Qinomic, ce projet a valeur de démonstration. L’entreprise affirme avoir déjà été sollicitée par d’autres sociétés d’ambulance intéressées par cette solution. Forte de cette homologation, elle travaille avec d’autres acteurs du secteur et souhaite s’appuyer sur les syndicats de branche pour amplifier la démarche. Le rétrofit pourrait aussi séduire certaines catégories de véhicules de pompiers. En effet, ils sont confrontés à des problématiques techniques proches sur la conservation des équipements et des cellules.

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Qinomic est convaincu que ce genre de transformation peut être reproduit de manière industrialisée. Dans tous les cas, le message envoyé à la profession est clair : une ambulance n’est pas un produit jetable. Ce n’est pas parce que sa mécanique arrive en fin de vie que le véhicule est mort. Si l’aménagement est conforme et encore adapté au métier, le rétrofit peut permettre de prolonger son exploitation. « Les véhicules sont une composante essentielle de notre profession », rappelle Johan Cabrita.

Cette première ambulance rétrofitée ouvre donc une porte. Elle montre qu’un véhicule très kilométré et déjà amorti peut retrouver une utilité grâce à l’électrification, à condition que l’usage soit bien ciblé et que l’homologation suive.

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Bofil y a une heure

D'habitude, le rétrofit n'est pas économiquement viable d'où son échec en général, la complexité Française alourdissant la chose.
Dans le cas présent, on a bin compris le gain attendu avec le surcout de l'aménagement lourd conservé.
jIl serait intéressant de connaître le comparatif, avec un échange standard de moteur diesel, pour déterminer si l'amortissement est jouable et sur quelle durée ou kilométrage, y compris avec un gazole au prix d'aujourd'hui ...+ l'entretien du thermique .

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