AccueilArticlesTémoignage : comment Thierry s'est organisé pour recharger sa Citroën ë-C4 sur la borne gratuite de sa commune

Témoignage : comment Thierry s'est organisé pour recharger sa Citroën ë-C4 sur la borne gratuite de sa commune

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Thierry en tee-shirt bleu-blanc-rouge devant la Citroën ë-C4 encore en vente
Thierry en tee-shirt bleu-blanc-rouge devant la Citroën ë-C4 encore en vente

La fidélité à une marque de voiture est de moins en moins courante. Pourtant Thierry montre qu’elle peut encore exister, en particulier avec cette sensibilité propre que l’on connaissait aux amateurs inconditionnels de Citroën. En cinq voitures, il est passé de la Xsara à l’ë-C4. Notre lecteur illustre parfaitement une des publicités vidéo diffusées au moment de la sortie de la compacte électrique. Il s’agit de celle où un fils s’émerveille avec son père de l’arrivée d’une GS, et qui, alors qu’il est devenu adulte, reproduit le scénario de façon inversée avec son VE.

Dans son témoignage, il nous parle aussi de ses astuces pour une recharge très abordable.  

L’image des GS/GSA

À l’approche de la trentaine, Thierry n’avait pas encore eu de voiture à lui : « J’utilisais jusque-là des véhicules de service. Ma première voiture à 29 ou 30 ans a été une Citroën Xsara, suivie par fidélité à la marque d’une C4 de première génération, puis d’un C4 Picasso et d’une DS 4 avant de passer à l’électrique avec la Citroën ë-C4 que j’utilise aujourd’hui. C’est en quelque sorte une tradition familiale ».

Si notre lecteur n’avait pas eu l’occasion de découvrir la fameuse vidéo du père et son fils en GS puis en ë-C4 40 ans plus tard, il était bien tombé sur des documents de Citroën reliant les deux modèles : « Mon père a eu une Citroën GSA. C’est un peu en hommage à lui que je suis resté citroëniste. J’aime bien cette pub qui fait l’analogie entre les lignes de la GS et celles de l’ë-C4 ».

Toutefois la continuité aurait pu être rompue avec le passage à l’électrique : « J’avais l’idée du VE depuis longtemps, car je suis assez écolo dans l’âme. J’ai suivi le développement des Renault Fluence ZE et Zoé, mais l’autonomie n’était alors pas suffisante pour les besoins familiaux. J’ai donc rongé mon frein pendant des années. Découvrant en 2021 le développement des ventes de la Tesla Model 3 avec une bonne autonomie, je me suis intéressé aux polyvalentes accessibles que l’on pouvait trouver sur le marché ».

Pas une, mais deux voitures électriques

A l’époque, Thierry roulait en DS 4 : « J’espérais que le nouveau modèle qui a suivi serait électrique, mais ça n‘a pas été le cas. Quand j’ai vu la Citroën ë-C4, je suis tout de suite tombé amoureux de la ligne, et je me suis laissé aller au coup de foudre parce qu’elle était électrique. Nous avions besoin d’une berline compacte. Habitant dans les Bouches-du-Rhône en 2021, j’étais éligible non seulement au bonus gouvernemental de 6 000 €, mais aussi aux 5 000 € de la prime départementale ».

La Citroën ë-C4 de Thierry en miniature
La Citroën ë-C4 de Thierry en miniature

Une bonne opération : « Je me suis fait une estimation sur cinq ans avec Excel entre le diesel et l’électrique, et j’ai vu que je serais vite gagnant. Le prix catalogue de l’ë-C4 était à 35 000 €. En comptant les deux primes, un rabais et la reprise de ma DS 4 avec 100 000 km, je n’ai eu qu’à sortir 14 000 €. J’ai donc anticipé le remplacement de ma voiture. À partir de mes tableaux Excel, je peux dire que j’ai économisé sur quatre ans 10 000 euros en carburant ».

Coup double, la femme de notre lecteur est également passée à l’électrique : « Elle n’avait pourtant à l’époque pas l’esprit VE, mais en bénéficiant des mêmes primes, elle a décidé de prendre une Renault Twingo E-Tech en location. Les deux voitures ont été commandées la même semaine, mais ma femme a reçu plus rapidement la sienne, en décembre 2021. Moi, j’ai dû attendre la mienne jusqu’en février 2022 ».

Jusqu’à 150 000 km

La Citroën ë-C4 de Thierry embarque une batterie d’une capacité énergétique brute de 50 kWh dont 46 utiles. Ce qui la créditait d’une autonomie de 360 km selon le cycle mixte WLTP : « Après un peu plus de quatre ans d’utilisation et 124 000 km, je constate déjà une perte d’autonomie de l’ordre de 50 km. Je n’ai plus qu’environ 300 km d’estimation après une recharge complète, contre 350 auparavant. Le SoH est déjà tombé à 88 % ».

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Cette baisse de capacité disponible commence à devenir gênante : « Depuis les environs de Salon-de-Provence où je suis, je me rends régulièrement à Antibes, à un peu plus de 200 km. Pour ne pas trop tirer sur la consommation (moyenne de 14,1 kWh/100 km), je ne dépasse pas le 110 km/h sur l’autoroute. Désormais, en hiver, s’il fait froid et que la route est mouillée, j’ai du mal à parvenir à destination sans recharge intermédiaire ».

Notre lecteur sait déjà quand il remplacera son ë-C4 : « Ce sera d’ici un an, quand le compteur aura dépassé les 150 000 km. J’y tiens, car l’Ademe a estimé que pour tirer un avantage environnemental significatif d’une voiture électrique, il faut que sa batterie n’excède pas une capacité de 60 kWh et qu’elle roule au moins 150 000 km ».

Installation solaire pour la recharge des deux VE

La Renault Twingo E-Tech de Madame connaît-elle le même fléchissement ? « Comme cette voiture était en location pendant quatre ans, elle a été rendue en décembre 2025, avec environ 40 000 km pour ne pas dépasser les termes du contrat. Ma femme avait bien constaté une petite baisse d’autonomie, mais pas de manière flagrante. La Twingo a toujours été rechargée en courant alternatif et conduite plus sagement. Depuis, ma femme roule en Peugeot e-208 achetée d’occasion avec 15 000 km au compteur ».

À l’inverse, l’ë-C4 a connu la recharge rapide : « Environ 12 % des kilowattheures reçus proviennent des bornes rapides, 50 % de notre prise renforcée Green’Up et 38 % depuis le connecteur Type 2. À chaque fois j’ai rechargé jusque 100 %, car, même s’il est possible de programmer le départ de l’opération, on ne peut pas définir une heure de fin ou un pourcentage maximum d’énergie dans la batterie. Là-dessus, elle fait moins bien que la Twingo avec laquelle il était possible d’indiquer heure de début et de fin de recharge ».

Thierry et sa Citroën ë-C4
Thierry et sa Citroën ë-C4

Thierry fait le maximum pour que l’énergie des VE du foyer coûte le moins cher possible : « Après une étude de dimensionnement, en juin 2024 nous avons fait installer 11 panneaux photovoltaïques pour une puissance de 4,6 kW crête. C’est calibré pour que l’électricité produite couvre les besoins de nos deux voitures électriques. Je suis super content de cette solution dont nous finançons à crédit les 11 500 € de matériel et de montage ».

Rotation organisée à la borne AC de la mairie

Dans les premiers temps d’utilisation de sa Citroën ë-C4, Thierry a beaucoup rechargé à l’extérieur : « À la mairie de Miramas, il y avait une borne AC en accès libre et gratuit. C’est là que j’ai regretté de ne pas avoir pris l’option chargeur 11 kW avec ma voiture électrique. Ca aurait été plus rapide que les 7,4 kW. Nous avons été plusieurs des environs à tourner sur cette borne. Pour faciliter la rotation, j’avais créé un groupe WhatsApp et glissé un petit mot sur le pare-brise des utilisateurs ».

Le fonctionnement était simple : « Quand quelqu’un terminait sa recharge, il le signalait, ce qui permettait à un autre d’indiquer qu’il était intéressé et l’heure estimée de libération de la borne. J’ai ensuite amélioré les choses en créant un agenda Google partagé. On était une trentaine, dont 15-20 à utiliser cette borne régulièrement. C’est comme ça qu’on a commencé à se connaître les uns les autres. Il y avait une autre Citroën ë-C4, des Tesla, Mini, Renault Megane, Seat Mii, Dacia Spring et même un Porsche Taycan. Une connivence s’est développée entre nous ».

La mairie avait-elle connaissance du système mis en place ? « On ne l’a jamais su. Cette aventure a duré 18 mois environ, jusqu’à ce que la borne tombe en panne et ne soit jamais réparée. Parmi nous, quelques-uns ont trouvé que notre initiative était sympathique et utile, d’autres ont pensé que ça pouvait être perçu comme abusif. Malgré cela la borne n’était pas toujours occupée, et il y en avait cinq ou six autres dans une zone commerciale, également gratuites, jusqu’à leur remplacement par des chargeurs rapides ».

Confort apprécié par les covoitureurs

La Citroën ë-C4 de Thierry bénéficie d’une finition de milieu de gamme Feel Pack qui la dote de radars et caméra de recul, jantes alliage de 18 pouces, support pour tablette numérique devant le passager, et de la navigation sur l’écran central 10 pouces : « En revanche, comme pour la Peugeot e-208, l’application du constructeur n’est vraiment pas terrible malgré quelques améliorations. On finit par s’y habituer et trouver des contournements, mais ce n’est pas à la hauteur d’un groupe comme Stellantis ».

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Avec les années, l’électromobiliste quinquagénaire ne s’est pas lassé du look de sa compacte : « Elle a une ligne, un style, une gueule… J’aime bien moins la deuxième version, en particulier ses blocs optiques. Le gabarit est exactement celui qui nous convient. C’est une voiture simple, très agréable à conduire et confortable grâce à sa suspension à butées hydrauliques progressives, notamment en passant sur les ralentisseurs ».

Il y a toutefois un revers : « Cette souplesse peut provoquer un mal au cœur pour des personnes assises à l’arrière. C’est ainsi pour ma femme. Sur l’autoroute, c’est moins le cas, et la trentaine de personnes prises en covoiturage via BlaBlaCar quand je suis allé à Antibes ont toutes beaucoup apprécié le confort. Depuis trois mois, je prends également un même passager au quotidien quand je vais au bureau ».

Une DS N°4 E-Tense après ?

Par tous les temps, Thierry et sa petite famille n’hésitent pas à voyager loin avec cette Citroën ë-C4 : « Quitte à le faire sur deux jours, nous sommes déjà allés en Bretagne, en Normandie et en Alsace. Nous organisons nos trajets. Pour Mulhouse, à environ 650 de chez nous, il nous a fallu nous arrêter quatre ou cinq fois pour recharger sur l’autoroute tellement il faisait froid. Nous avions du -10 °C en approchant l’Alsace. Mais nous y sommes arrivés grâce au bon maillage de la recharge ».

Il y a aussi eu ce roadtrip à l’été 2025 : « Avec mes jeunes de 15 et 17 ans, nous sommes allés en Espagne et avons parcouru environ 4 000 km en trois semaines. Là, pour la recharge, ça a été parfois un peu chaud, avec des bornes qui ne fonctionnaient pas alors que nous avions déjà dû nous écarter d’une dizaine de kilomètres de l’autoroute pour les atteindre. Je n’aime pas non plus réserver dans un hôtel équipé pour la recharge et découvrir sur place que ça ne marche pas. À l’accueil, on a parfois l’impression qu’ils s’en fichent ».

Roadtrip en Espagne en Citroën ë-C4 pour Thierry et ses jeunes
Roadtrip en Espagne en Citroën ë-C4 pour Thierry et ses jeunes

Pour sa prochaine voiture, notre lecteur a déjà une idée assez précise : « J’ai vu que la DS N°4 électrique a été lancée en octobre 2025. Cette voiture a une classe phénoménale. Elle a plus d’autonomie, plus de puissance, et son allure à l’intérieur comme à l’extérieur est conforme à tous les modèles de la gamme. Ce serait un choix plaisir qui pourrait se concrétiser d’ici à la fin de la présente année 2026 ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Thierry pour son très sympathique accueil et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel à retours d’expériences.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Parmi les points intéressants de ce témoignage, je retiens cette organisation pour une bonne rotation de la recharge à la borne AC de la commune. Je n'avais jusque-là jamais entendu parler d'une telle initiative. Thierry a parfois marché 15 minutes à 1 h 00 du matin pour prendre son créneau. Si des lecteurs ont connaissance d'actions similaires, merci de l'indiquer dans les commentaires. J'aimerais savoir si elle est unique ou si elle a pu être répandue. Ce qui risque de faire réagir aussi, ce sont les 4 ou 5 arrêts recharge pour aller en Alsace à 650 km de la maison par une température négative à l'extérieure. Peu d'électromobilistes seraient prêts aujourd'hui à une telle aventure. Il faut sacrément avoir confiance ainsi que l'esprit pionnier, de la découverte et du risque. Aujourd'hui, personnellement, je m'y risquerais plus. J'ai connu ça avec mes Renault Clio 1996 et Kangoo 2001 dotée d'une chiche autonomie de 80 km. Le premier "long trajet" pour un week-end avec mon fils de 7 ans très partant pour cela, c'était depuis les environs de Bar-le-Duc jusqu'à Créhange en Moselle. Nous avions dormi à l'hôtel à moins de 70 km de chez nous. Ca avait été un événement gastronomique très apprécié. Retour en rechargeant au port de plaisance de Pont-à-Mousson. A d'autres reprises nous avions même poussé avec la famille complète jusqu'à Schirmeck dans le Bas-Rhin, à presque 200 km de chez nous. Maintenant certaines voitures électriques permettent d'avaler 1 000 km dans la journée sans trop de fatigue. Avec une bonne organisation, c'est même déjà possible avec des camions électriques. Tout cela pour dire que l'aventure alsacienne de Thierry ne doit pas être prise comme prétexte pour imaginer qu'aujourd'hui il est encore compliqué de voyager loin en VE.

Philippe SCHWOERER

Citroën ë-C4 électrique

354 à 420 km
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