Renault Morphoz Concept

Le concept Morphoz, SUV électrique… extensible

Très avant-gardiste, ce concept-car Renault étudie la possibilité de moduler ses batteries et annonce les prochains modèles 100% électriques de la marque.

Un concept-car, c’est un peu tout ou rien dans le monde automobile. Il y a les études de style décomplexées « dream-cars » testant le public et à l’opposé les « show-cars » préfigurant 95% d’un futur modèle de série. Le Morphoz est entre les deux chez Renault. Destiné à nous faire rêver sur certains points mais beaucoup plus concret sur d’autres. On vous explique.



Le rêve d’une carrosserie extensible

Une voiture citadine en ville ou une grande routière pour s’évader ? Une équation qui se résume à posséder l’un des deux modèles, mais certains ont déjà étudié l’option d’avoir le 2 en 1. En 2002, le Rinspeed Presto abordait déjà l’idée d’un cabriolet passant de 2,6 à 3,7 mètres. Renault ne va pas aussi loin dans la démarche et apporte en réalité un SUV à deux visages.

En version courte « City », le Morphoz possède un faciès et une poupe agressifs. Il est long d’environ 4,40 mètres, soit la taille d’un Kadjar, un SUV compact traditionnel. Mais en pressant un bouton de télécommande, le concept peut s’allonger de 40 centimètres, soit au format d’un grand SUV.

Renault Morphoz Concept

En haut, la version City de 4,40 m. En bas, 480 m pour la version étendue Travel.

Pour parvenir à cette « métamorphoz », les parties avant et arrière s’allongent. Le visage change, plus épuré, de même que sur le coffre, devenant plus arrondi. Venant ponctuer la masse « argent titane » inspirée du musée Guggenheim de Bilbao, quelques éléments jaunes « ivory gold » apparaissent ça-et-là. C’est une couleur « très années 70 » pour le designer concept-cars Renault, François Leboine, rappelant aussi les premières F1 turbo. Il devient aussi plus aérodynamique, et laisse entrevoir un espace latéral noir sous le montant avant. Cette partie se distingue pour une raison, car à cet endroit, un pack additionnel de batteries peut s’y incruster.

Batteries 40 ou 90 kWh ? Les deux !

Et oui, Renault revient sur son idée de batterie amovible. En 2011, le constructeur lançait avec Better Place une telle offre, sur sa berline électrique Fluence Z.E. au Danemark et en Israël. Un système qui n’a pas percé, même chez Tesla avec un flop retentissant, et qui a été entre temps repris par le concept Fiat Cientoventi en 2019. Sur le Morphoz, le Losange propose des batteries interchangeables faisant office de complément pour les longs trajets.

Sur la version courte, 40 kWh suffisent à donner 400 km pour les trajets du quotidien. Mais avec la version longue, il est possible d’ajouter un pack de 50 kWh, soit 90 kWh au total. Le poids augmente, c’est logique, mais l’autonomie croit à 700 km pour les grands trajets. Pas de précision malheureusement sur le type de recharge et la puissance maximale autorisée. Néanmoins, Renault introduit la recharge par induction, expérimentée actuellement en France. En termes de performances, 100 kW (136 ch) sont annoncés pour la version City et 160 kW (218 ch) pour la Travel.

Renault Morphoz Concept arrière

Pour les grands trajets, une seconde batterie 50 kWh se greffe pour 700 km d’autonomie

Est-ce donc la bonne solution ? En tous cas, ce Morphoz répond à la contestation des lourds véhicules à grosses batteries, surtout lorsqu’ils sont utilisés en zone urbaine. Le designer François Leboine appuie sur la philosophie, qu’il appelle « ce dont a besoin, quand on en a besoin ». Une petite batterie extensible a du sens, surtout que les packs additionnels ont une double fonction. Non utilisés, ces derniers pourraient par exemple servir comme « batteries tampon » dans une station de recharge ou intégrer un dispositif de charge stationnaire.

Dualité aussi à l’intérieur

Le mouvement se poursuit dans l’habitacle. La conduite partiellement autonome (niveau 3 sur 5) fait partie de la réflexion de la voiture de demain, avec une planche de bord à écran rétractable. Ouvert, le concept pose un double écran derrière le volant façon Mercedes, souligné d’un troisième à droite pour former un élément central. Ils peuvent se replonger dans la planche de bord pour passer en mode « désintox numérique » ou en conduite autonome. Par contre, le volant reste en place, pour des questions de sécurité.

Renault Morphoz Concept intérieur

Un intérieur épuré, où le siège passager bascule vers l’arrière en mode voyage.

En version Travel, la console centrale traversant entre les sièges arrière s’étend, laissant un espace supérieur aux jambes. Le siège passager avant vient basculer verticalement, et donne un environnement plus convivial. Enfin, le coffre grimpe en capacité et peut accueillir deux bagages supplémentaires selon Renault.

Du réel pour le futur proche

Un concept-car c’est beau, mais que se passe-t-il maintenant que le Salon de Genève est annulé ? Même s’il voyagera sur d’autres événements, le Renault Morphoz sert de lettre d’intention aux prochains SUV électriques du constructeur. Le directeur de la division VE Renault, Gilles Normand le confirme, le concept « préfigure nos prochains modèles électriques hautes performances ». Renault assure que cette « future nouvelle famille de modèles électriques » sera basée sur la nouvelle plateforme CMF-EV qui sera inaugurée en 2020 par le futur Nissan Ariya.



Avec Morphoz, les designers partagent donc les grandes lignes des prochains cousins électriques des Renault Kadjar et Koleos. La signature lumineuse en C, doublée sur la partie basse, sera une spécificité des futurs modèles Z.E., tout comme le thème des feux arrière. Autre point qui sera en série : les deux aérations noires du capot à la base du pare-brise,  chargées de refroidir le moteur et les batteries.

L’habitacle léguera aussi ses traits principaux, dont la forme en « L » des trois écrans. Bien plus futuristes, le siège basculant et l’allongement de la carrosserie ne sont bien sûr pas au programme.

Renault Morphoz Concept volant et écrans

On retrouvera la forme de ces écrans dans les futurs SUVs électriques Renault

 

Bientôt sur la route ?

A quand un Renault Morphoz de série ? Il faudra patienter au moins 2021, voire 2022 pour découvrir les modèles de production. Entre temps, le constructeur lancera la Twingo Z.E., version 100% électrique à 180 km d’autonomie. La citadine devait être aussi présentée au Salon de Genève en avant-première du 5 au 15 mars. Renault aura ainsi complété la gamme de citadines, en complément de ses utilitaires, le Master Z.E. et le Kangoo Z.E. dont le renouvellement interviendra cette année.

Les hybrides seront aussi en force en 2020, avec la version rechargeable de la Mégane Estate qui rejoindra le Captur E-Tech Plug-in et la Clio E-Tech. Neuf modèles du genre sont prévus d’ici 2021-2022, dont deux nouveaux hybrides rechargeables et quatre « full hybrid ».