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Convaincu par l’électromobilité à titre personnel, Marc a pris un fourgon électrique Fiat E-Scudo pour alimenter en produits frais son magasin. Il n’a toutefois pas conservé cet utilitaire. Dans ce témoignage, il explique pourquoi.
En juin 2024, nous avions déjà donné la parole à Marc qui roulait alors en Renault Scenic E-Tech. Ce n’était pas sa première voiture branchée puisqu’auparavant il avait utilisé une hybride rechargeable Volkswagen Passat GTE SW puis, en première 100 % électrique, une Renault Megane E-Tech : « Après le Scenic électrique, j’ai eu une Hyundai Ioniq 6 puis une XPeng G6. Ma femme roule en Hyundai Ioniq 28 ».
Depuis notre précédent entretien, l’évolution des moyens de mobilité du foyer n’est pas le seul changement survenu dans la vie de notre lecteur francilien : « Auparavant salarié, je suis maintenant à mon compte dans la distribution de produits frais avec mon magasin Librefruit. C’est pour lui que nous avons eu un besoin temporaire d’un fourgon pour aller chercher des fruits et légumes à Rungis ».
Progressivement, l’entreprise affine son besoin en véhicules pour son bon fonctionnement : « Au départ, nous passions par un transporteur qui nous amenait en camion le plus gros de nos produits frais. Un fourgon suffisait alors pour les appoints. C’est pourquoi nous avons pris ce Fiat E-Scudo, premier véhicule électrique pour le magasin. Désormais nous faisons tout nous-mêmes avec nos deux véhicules ».
Commercialisé en France depuis 2022, le Fiat e-Scudo s’appuie sur la même plateforme que les Citroën ë-Jumpy, Peugeot e-Expert et Toyota Proace Verso. Tous ont été animés à cette époque par un moteur synchrone à aimant permanent développant une puissance de 100 kW (136 ch) pour un couple de 260 Nm. Avec respectivement 230 et 330 km d’autonomie en cycle mixte WLTP (168 et 241 km l’hiver), le fourgon embarque une batterie lithium-ion d’une capacité énergétique de 50 ou 75 kWh bruts.
L’exemplaire exploité jusqu’à début mars 2026 par Marc est équipé du plus gros pack : « Grâce à une application Internet, je surveille toujours un peu les ventes aux enchères. Avec une caisse allongée [NDLR : Version longue L3 de 5,31 m, contre 4,61 m pour la L1 ], J’ai trouvé celui-là de 2023 en passant par Interencheres. Je l’ai acquis 17 000 € et revendu au même prix six mois plus tard. Neuf, il coûtait dans les 40 000 €. Chez nous, sur cette durée, son compteur est passé de 27 000 à 35 000 km ».


Comme avec ses voitures électriques, notre lecteur a apprécié avec le Fiat e-Scudo « le silence, le couple du moteur, l’absence de vitesses à passer, l’entretien réduit et le coût à l’usage grâce à nos possibilités de recharge. Il était branché soit à l’entreprise sur une prise renforcée, soit à la maison sur une borne 7 kW. Le Scudo électrique apparaît très basique et daté par rapport à ce qui se fait aujourd’hui. Stellantis s’est contenté de mettre un moteur électrique et une batterie sur un utilitaire thermique à la base ».
Malgré la grosse batterie de 75 kWh, l’autonomie est apparue trop juste : « Sur le Scudo électrique, l’efficience est mauvaise. Quotidiennement, il avait 150 km à parcourir aller-retour depuis Magny-en-Vexin jusqu’à Rungis. En partant à 100 %, on arrivait à moins de 25 % d’énergie dans la batterie, et même parfois à 0 dans les pires conditions de cet hiver chez nous, par des températures autour de -5 °C. Il n’y avait même plus d’autonomie restante au tableau de bord. J’ai noté des consommations entre 25 et 35 kWh/100 km ».
De quoi se poser des questions : « Je me suis demandé si la batterie n’était pas déjà un peu dégradée lors de notre achat : Interencheres ne fournit pas systématiquement un état de santé SoH de la batterie pour les électriques. Déjà, quand je l’avais ramené de Lille, où il était quand je l’ai acheté, ça a été compliqué en raison des recharges. Sur ce modèle archaïque, il n’y a pas de planificateur et l’annonce de l’autonomie n’est pas toujours bonne. Et pas moyen d’utiliser le connecteur OBD pour ABRP ».
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Vous utilisez un fourgon électrique au quotidien ? Racontez-nous votre réalité de terrain !Le parcours entre Magny-en-Vexin et Rungis n’est pas vraiment propice à une conduite économique. Avec des produits frais, pas question de traîner : « J’avais pour moitié des routes à 110 et 130 km/h, et le reste à 90. Je n’allais cependant pas à plus de 110-120 km/h. Le e-Scudo servait à ramener les manquants, nos achats de la première heure à proposer dès l’ouverture du magasin. On partait parfois bien avant 4 h 00 du matin pour revenir vers 7 h 00 ou 8 h 00, en évitant les bouchons. Avec des produits frais plein le fourgon, pas question de s’arrêter pour recharger ».
Le magasin de Marc ne tient pas de la petite boutique : « Dans nos 1 000 m², en plus des fruits et des légumes, nous avons aussi des espaces pour la fromagerie, la boucherie et l’épicerie. Notre magasin se rapproche d’un Grand Frais. À Rungis, nous sommes deux acheteurs. Aujourd’hui, le premier arrive sur place vers 2 h 30 du matin. On va par exemple goûter les fraises avant de les acheter, en cherchant le meilleur rapport qualité/prix chez nos fournisseurs ».
Le e-Scudo n’aura finalement servi que six mois : « Deux raisons nous ont poussés à nous en séparer. C’est déjà son manque d’autonomie, mais aussi parce qu’on a dû acheter un camion 19 tonnes frigo que la vente du e-Scudo a permis de financer. Il s’agit d’un Volvo FH diesel acquis 10 000 € aux enchères. Le e-Scudo a été repris par un artisan dont les tournées empruntent des routes de campagne. Les 200 km d’autonomie sont largement suffisants pour lui, l’électrique remplaçant un vieux diesel qui lui coûtait une fortune ».

Il y a toujours deux véhicules dans l’entreprise : « En plus du Volvo FH pour lequel nous avons dû passer le permis poids lourds, nous avons toujours un Renault Master 20 m³. Le jeudi, nous utilisons le camion pour notre gros arrivage, car sur les jeudis, vendredis et samedis, nous faisons 70 % de notre chiffre d’affaires de la semaine. Le Master est utilisé pour nos achats du mardi et du samedi. En tout, nous ramenons entre 20 et 25 palettes tous les sept jours ».
Au départ, Marc ne pensait pas prendre un Fiat Scudo électrique : « Je m’étais intéressé au Renault Master E-Tech. Avec lui, l’autonomie annoncée est fiable. Je l’avais trouvé très bien à l’essai. Mais, dommage, il y avait une attente de sept ou huit mois. C’est pourquoi je me suis tourné vers les enchères où l’on trouve essentiellement des utilitaires de Stellantis. En prenant le Fiat E-Scudo, j’ai donc pris ce que j’ai trouvé ».
À cause de ce modèle, « j’en ressors avec une expérience en demi-teinte. Ça reste encore assez embryonnaire du côté des utilitaires électriques. Il n’y a pas beaucoup d’offres intéressantes, les prix sont très chers, et les courbes de recharge ne sont souvent pas très bonnes. J’ai voulu essayer de passer à l’électrique pour le fourgon, mais sur le terrain, en ce qui me concerne, ça n’a pas été concluant. Et pourtant, je suis un véritable amateur de véhicules électriques ».
Notre lecteur a cependant bien observé que les choses sont en train de bouger du côté des utilitaires branchés : « On a des marques comme Renault, Kia et Volkswagen qui commencent à proposer des modèles intéressants. C’est sûr que dans quelques années on reviendra à l’électrique pour le magasin, d’abord pour une camionnette 20 m³, idéalement en frigo, puis le camion ensuite ».
Pour le prochain véhicule électrique de son entreprise, Marc espère que ce sera « dans deux ou trois ans, acheté en occasion. Beaucoup de professionnels craignent d’acheter un utilitaire électrique d’occasion, mais moi ça ne me fait pas peur. Ce serait sans doute un Renault Master E-Tech 20 m³ à châssis-cabine et batterie de 87 kWh de capacité ».
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Témoignage : cet électricien a choisi le Volkswagen ID.Buzz comme utilitaire électrique pour le pro et le persoIl est cependant aujourd’hui difficile pour notre lecteur d’estimer si ce modèle sera totalement adapté à ses besoins : « Comme on ne trouve pas sur les parcs des concessions un tel modèle avec ce type de caisson, je ne peux pas encore vérifier la consommation que pourrait avoir dans mes conditions d’utilisation ce véhicule dont la hauteur est supérieure d’un mètre par rapport à celle du fourgon ».
Suivant depuis déjà pas mal d’années l’évolution de l’électromobilité, le chef d’entreprise se demande aujourd’hui : « Plutôt que de commencer par les voitures, il aurait peut-être fallu le faire avec des camions. Mais les mentalités n’étaient hélas pas prêtes pour cela ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Marc pour son très bon accueil et son témoignage à nouveau très intéressant qu’il nous a proposé après notre appel aux professionnels.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
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Philippe SCHWOERER
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Sympa d'avoir aussi des retours de déçus.
Et du coup vu les faibles performances électriques des Scudo & co, on voit qu'il est urgent que Renault sorte son Trafic.
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Batterie 75kWh, consommation 25 à 35kWh/100km et distance parcouru en arrivant à 0 : 150km... Bon y'a un gros problème dans les calculs, dans les chiffres, dans l'affichage de l'ODB ou la batterie est quasi HS, mais ça ne colle pas.
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Merci pour ce témoignage très interessant.
On s’aperçoit finalement que le fait de ne pas avoir mis de mesures incitatives sur les utilitaires n’a pas motivé les constructeurs à proposer des outils cohérents .
Avec toujours en toile de fond des utilitaires multi motorisations.
Les VU proposés contrairement aux VP, n’ont pas de cohérence avec les usages.
Si ça va par hasard, tant mieux, sinon, c'est pas grave..Il ne serait d’ailleurs pas surprenant que le monde du poids lourd soit mature avant celui du VU.
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