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C’est officiellement à partir du tout début de l’année 2020 que le foyer de Bertrand est passé à la voiture électrique. On n’y trouve pas de gros modèles, mais une Citroën C-Zero et deux Renault Zoé qui ont bouleversé la vie du couple et de sa fille. Quelques années auparavant, ils étaient encore à rouler sur les larges routes du Canada avec des Jeep Cherokee V8.
Il suffit parfois de pas grand-chose pour que se produise le déclic conduisant à modifier ses propres habitudes de mobilité : « J’ai voulu me prêter au jeu du bilan carbone personnel avec MyCO2 sans savoir exactement ce qui ressortirait de plus impactant. Pour le tiers, ce sont mes déplacements qui ont été mis en évidence. Par an, nous parcourons de 25 000 à 35 000 km, et même jusqu’à 45 000 km une année. Mes trajets domicile-bureau sont de 70 km aller-retour et 20 pour ma femme. La famille n’est éloignée que de 200 km au maximum ».
Ceci posé, il restait à voir comment recomposer la flotte du foyer : « J’ai dans un premier temps voulu essayer une petite électrique pour voir si elle pouvait assurer les trajets de tous les jours. J’ai fait le choix d’une Citroën C-Zero pour remplacer une autre citadine, une Kia Rio thermique que j’ai tout de même conservée un ou deux mois par précaution. Finalement, nous l’avons revendue 7 000 euros, tout juste le prix que nous a coûté d’occasion la Citroën C-Zero de 2016, sans bonus à l’époque. Ce n’était déjà pas un modèle très recherché ».
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Notre lecteur de 51 ans a remarqué une certaine dégradation de l’autonomie : « En été, je peux toujours compter sur 80 à 90 km. Depuis 5 à 10 ans, et avec l’âge, je roule plus cool. J’applique ce conseil d’essayer de ne pas faire dépasser l’aiguille de puissance au tableau de bord du ‘C’ de ‘Eco’. Pour les ronds-points, j’anticipe de manière à ne pas avoir à freiner en arrivant dessus. J’ai ainsi une consommation de 10-12 kWh/100 km. Mais attention, de part sa forme, la C-Zero offre une importante résistance au vent dans les descentes ».

La citadine électrique de Bertrand n’en est pas pour autant moins sollicitée : « J’ai réfléchi à ce qui pouvait se faire dans l’entreprise pour une mobilité moins carbonée. Nous faisons du covoiturage désormais, en passant par la plateforme BlaBlaCar Daily. J’ai mis en place un fichier partagé Excel pour savoir qui conduit et qui veut être passager. Nous sommes parfois à quatre dans la C-Zero, dont un collègue qui mesure bien 1,90 m. Et personne ne s’est plaint du manque d’espace. Au contraire, tout le monde a été surpris de l’habitabilité ».
Aux aides en interne à l’entreprise s’ajoutent celles de la région Occitanie : « Pour un trajet aller d’au maximum 30 km, je vais recevoir deux euros. Chaque passager verse depuis juillet 2026 cinquante centimes : ça leur revient bien moins cher que d’utiliser une voiture thermique individuelle. On alterne les rôles. L’un de nous le fait avec une Tesla Model S qu’il a prise car il a trois enfants en bas âge. Depuis le début de l’année, j’ai été conducteur pour 90 trajets et un total de 2 000 km. Ce qui m’a rapporté 166,50 euros. En passager, j’ai parcouru 900 km pour 41 déplacements ».
À l’usage, la Citroën C-Zero a rapidement montré une de ses faiblesses, que Bertrand a cherché à résoudre : « Son chauffage par résistance est très énergivore. J’avais pensé recouvrir d’un isolant les durites qui sont exposées à l’air libre sous la voiture, un défaut de conception hérité de la version thermique antérieure. Finalement, j’ai acheté pour pas très cher en passant par le site Internet de Lidl une housse chauffante. Dans l’Hérault où nous sommes, il n’y a pas très souvent de températures négatives ».
Notre lecteur est satisfait de sa première expérience de l’électrique avec sa Citroën C-Zero : « Mon espoir, ce serait de pouvoir faire de l’upgrade, comme Revolte pousse à sa légalisation en France. En changeant de techno de batterie, il serait possible d’obtenir une autonomie de 250 km avec une telle citadine. Aujourd’hui, une telle opération n’est pas possible parce que ça touche aux caractéristiques de base du véhicule. Du fait de notre expérience satisfaisante de l’électrique, nous nous sommes aussi posé la question de passer au VE pour notre voiture principale ».
Pour cela, le chef de projet en informatique s’est tourné vers Renault : « On a commencé avec une Zoé 40 de 2017 qui a maintenant un SoH à 83 % pour 120 000 km. Elle nous permettait déjà d’aller chez les parents à 200 km sans recharge intermédiaire. N’habitant plus avec nous depuis mai dernier, c’est notre fille qui a récupéré cette voiture à la place de sa Hyundai diesel. A la suite, nous avons pris une Zoé 50 de 2020 dont le compteur affiche maintenant dans les 100 000 km. Pour elle, l’état de santé de la batterie est de 92 % ».
Avec uniquement la recharge 22 kW AC, les Renault Zoé sont pourtant utilisées pour voyager : « À l’été 2024, nous sommes allés en Croatie avec la Zoe 50, parcourant 3 800 km en 13 jours. Pour nos arrêts, nous nous sommes appuyés sur le planificateur de Chargemap puis ABRP. Avec deux copains, nous étions à quatre dans la voiture pour nous rendre plus récemment à Gênes, en Italie. Depuis Aix-en-Provence où nous restions, nous nous sommes arrêtés à Monaco. Pendant les deux heures de recharge gratuite dans un parking super propre, nous avons pu visiter la ville ».


Entre la Zoé 40 et la Zoé 50, Bertrand a changé d’habitude pour voyager loin : « Avec la première, la bonne stratégie était d’éviter les autoroutes. C’est l’inverse avec la Zoé 50 qui nous permet de gagner du temps même en nous limitant à 110 km/h. La conso est ainsi dans les 17-18 kWh/100 km. Nous pouvons rouler pendant deux heures et demie, recharger pendant deux heures, et ainsi de suite. Avec l’âge, on a envie d’arriver plus rapidement à destination. Tant qu’on n’a pas de contrainte, on a du mal à changer nos habitudes ».
Concernant la recharge sur autoroute, notre lecteur a ses astuces pour ses trajets récurrents : « Je vise bien sûr les chargeurs tri-standard où je peux brancher la voiture sur le connecteur Type 2 AC. Encore mieux quand il y a des bornes 22 kW AC gratuites. Ainsi à la station Ionity de l’aire de Mornas Village, où je m’arrête quand je reviens de chez ma fille qui est maintenant à Lyon. Parcourir encore aujourd’hui gratuitement 600 km aller-retour quand les discussions des collègues portent sur l’augmentation des prix des carburants a de quoi faire réfléchir ».
Même avec trois voitures dans le foyer, la recharge se gère très bien : « Nous avons fait construire notre maison en 2020, l’année où nous avons eu la Citroën C-Zero. Auparavant, nous vivions dans un appartement au premier étage d’une grande maison. Avec une grande rallonge, nous branchions la voiture en passant le câble par une fenêtre. La C-Zero fait le plein en huit heures la nuit en étant branchée sur une prise domestique classique. La Green’Up est réservée aux Zoé. Dans le même temps, on recharge la moitié de la batterie de la nôtre. Quand notre fille était encore là, on alternait : une nuit sa Zoé, la nôtre le lendemain ».
Bertrand s’est amusé à faire quelques calculs : « Environ la moitié de la consommation électrique de la maison, c’est pour nos voitures électriques. Cette part représente un peu plus de 5 000 kWh par an, pour une facturation inférieure à 3 euros aux cent kilomètres. Pour précision, notre maison est tout électrique et bien isolée. En 2024, en comptant la C-Zero et les deux Zoé, nous avons économisé à l’année environ 2 700 euros sur l’énergie, et 2 400 l’année dernière. J’ai comparé avec une consommation de 6 litres pour cent kilomètres avec une essence à 1,70 euro l’unité ».


Un gain a aussi été réalisé récemment en quittant le tarif bleu heures creuses/heures pleines pour le Tempo : « Les 22 jours rouges, je coupe la clim réversible à 6 h 00 pour la rallumer à 22h00. Nous sommes ainsi passés d’une facture de 2 500 euros d’électricité par an avec le précédent contrat, à 2 000 en Tempo. La recharge des voitures électriques, c’est ce qu’il nous est le plus facile de décaler aux heures creuses. Quand on m’interroge avec des a priori sur le VE, je n’hésite pas à dire que les économies que nous réalisons payent amplement les restaurants lors de nos recharges en vacances ».
Pour les opérations de maintenance, Bertrand fait aussi bien attention à ne pas dépenser trop : « Avec nos trois voitures électriques, nous n’avons pas rencontré de gros soucis. À part le fameux problème de roulement moteur pour l’une de nos Zoé. Chez Renault, nous aurions eu une facture entre 6 000 et 7 000 euros TTC, pour un moteur complet. Avec une dizaine d’heures de main d’œuvre pour remplacer juste les pièces hors d’usage, j’ai eu une note de seulement 1 800 euros TTC en passant par le garage Golden Services de Marignier, en Haute-Savoie ».
Autre adresse que conseille notre lecteur : « Des garages n’ont pas voulu intervenir pour un problème de bruits sur les trains roulants d’une des Zoé au prétexte qu’elle est électrique. Je suis allé chez LWS Automobile à Baillargues dans l’Hérault : ils font aussi des réparations de batteries, BMS, et éléments électroniques. Comme Revolte et son réseau, il existe des garages indépendants qui ont une bien meilleure connaissance des Renault Zoé et autres voitures électriques que les concessionnaires ».
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Témoignage – Après 5 voitures électriques, Olivier a trouvé celle qu’il estime presque parfaiteQuant aux prix des interventions, l’électromobiliste relativise : « Certes, 1 800 euros, c’est encore une somme à débourser pour changer les roulements de moteur sur une Renault Zoé. Mais c’est toujours moins cher que les 3 000 euros qu’un collègue a dû payer pour faire remplacer son réservoir d’AdBlue percé sur une Peugeot 307 diesel ».
Quelle suite ? « Maintenant que notre fille est partie de la maison, je pourrais envisager pour le foyer une seule voiture électrique, même plus petite qu’une Renault Zoé, louant occasionnellement un véhicule pour nos déplacements éloignés. Nous évitons aussi de prendre l’avion depuis quelques années ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Bertrand pour son excellent accueil, sa jovialité, sa réactivité et son très intéressant témoignage proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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Actualité21 septembre 2026
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