Témoignage : la Tesla Model S de Willy affiche 370 000 km au compteur et il la gardera jusqu'au bout !

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Willy et sa Tesla Model S P85 de 2014
Willy et sa Tesla Model S P85 de 2014

Si Willy est si attaché à sa Tesla Model S de 2014, c’est en particulier parce qu’elle est très économique pour lui à l’usage. Le coût des réparations est littéralement absorbé par la gratuité de la recharge sur le réseau du constructeur. Il connaît aussi la bonne adresse lorsqu’il a un problème : Revolte à Carquefou !

Éconologie des déplacements

Vendredi 8 mai 2026 au soir, j’avais sélectionné la proposition de témoignage qu’un certain Willy avait adressée à la rédaction d’Automobile Propre concernant sa Tesla Model S avec 368 000 km. Intégré le lendemain aux participants du Sarthe électrique Tour, je discutais un peu avec tout le monde. Dont cet électromobiliste en Tesla Model S de première génération. Lorsqu’il m’a dit, « Moi, c’est Willy, et ma voiture a presque 370 000 km », ça a fait tilt, je venais de tomber totalement par hasard sur un lecteur que je voulais justement mettre en avant.

Si son témoignage n’a pu être recueilli lors de l’événement, au moins quelques photos ont-elles pu être prises, notamment par mon équipier, lorsque nous suivions la route ouverte par Guillaume du e-France Café. Le monde est parfois bien petit et les choses très bien faites ! : « C’est ma première participation à un tel événement. C’est plaisant de discuter ensemble, de partager avec d’autres et de s’enrichir de nos expériences au-delà des marques de nos voitures. Cette diversité pourrait me décider à rejoindre l’association ».

Pour le Sarthois, la volonté d’alléger les dépenses en carburant tout en modérant l’empreinte de ses déplacements remonte à déjà bien loin en arrière : « Ma femme et moi avons d’abord fait le choix de nous trouver une maison à mi-chemin entre nos lieux respectifs de travail, permettant de réduire notre important kilométrage annuel. A l’époque, je roulais avec une voiture essence et elle avec un diesel. En les testant l’un après l’autre, j’ai voulu me construire ma propre opinion sur les autres carburants ».

D’abord l’éthanol et le GPL

Ca a commencé par l’éthanol : « En 2010, j’ai pris pour cela un véhicule peu kilométré, afin d’éviter les mauvaises surprises au niveau du moteur. Mon choix s’est porté sur un Renault Grand Scenic à motorisation essence 2 litres, avec seulement 17 000 km. Pour remplacer le Mercedes Classe A de ma femme, nous avons pris un Renault Grand Espace 4 V6 3,5 litres GPL de 2002, acheté 11 000 euros à 50 000 km. Deux fois par semaine, elle devait aller à Wissous, en région parisienne [NDLR : 450 km l’aller-retour]. Ce véhicule a très vite été rentabilisé ».

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L’électrique est ensuite arrivé chez Willy : « L’éthanol et le GPL répondaient très bien à notre première raison de passer à des carburants alternatifs : faire des économies. Mais, en étant émetteurs de CO₂, ils ne cochaient pas la case de l’écologie. Dés janvier 2013, je me suis intéressé à la Renault Zoé. Nous avons pu l’essayer en mars. Lorsque j’en suis ressorti, j’ai dit : ‘Je signe où ?’. Nous l’avons reçue en mai suivant, devant pour cela accepter la finition Zen disponible. C’est cette voiture qui a tout déclenché chez nous ».

La citadine branchée a chassé l’éthanol : « Quand il a été repris trois ans après son achat, le Grand Scenic avait 180 000 km, soit pas loin de 160 000 de plus. La Zoé a été une très bonne expérience pour nous, et nous en avons eu trois en tout. J’aimais sa bouille, son design, que Renault soit parti d’une page blanche pour elle avec une bonne intégration du moteur et de la batterie. Polyvalente pouvant recevoir jusqu’à trois bacs pour la déchetterie, première voiture connectée pour Renault, recharge rapide AC : elle ne ressemblait à aucune autre ».

Passage par l’hybride rechargeable

La Renault Zoé a tant plu que le kilométrage prévu dans le contrat de location a explosé pour la première : « Elle avait 3 500 km quand nous l’avons reçue, et nous devions la rendre au bout de quatre ans avec un maximum de 77 000 km. Elle en avait au final 104 000, ce qui nous a valu de l’ordre de 1 200 euros de pénalités pour la batterie. Mais rien concernant le véhicule, dans l’expectative de reprendre une autre Renault. La Zoé a aussi décidé ma femme à rouler à l’électrique, en particulier avec un Nissan e-NV200, pour son éphémère entreprise de messagerie ».

La première Zoé a toutefois connu un problème au bout de deux ans : « On n’a jamais su d’où ça venait, mais un jour le chargeur Caméléon et la borne 7 kW DBT préconisée par Renault ont grillé ensemble. Le tout a été pris en charge par la garantie, avec une nouvelle wallbox que nous avons toujours, de marque Hager, et qui gère de façon dynamique la recharge en fonction de la consommation de la maison. Point faible de cette Zoé : des jantes basses que nous avions marquées avec des coups de trottoirs ».

L’électrique, pas tout de suite pour Madame : « Il y avait encore des galères pour la recharge en 2017 quand il a fallu remplacer le Grand Espace au GPL dont le compteur affichait 260 000 km. Nous avons alors pris un Mitsubishi Outlander hybride rechargeable qui correspondait au début très bien à nos besoins, le plus souvent possible branché pour rouler en mode EV. Ce n’était plus le cas en août 2021, quand il a été question pour ma femme de travailler en Vendée. Même avec un pied à terre sur place, ça aurait fini par coûter cher en carburant ».

Le choix de la Tesla Model S

C’est là que l’Outlander a été remplacé : « Ce n’était pas un ancien rêve d’avoir une Tesla Model S. Nous cherchions une voiture électrique pour effectuer de longues distances, avec un coffre important. Il y avait bien le Tesla Model Y qui commençait à sortir, mais c’était trop cher. J’ai donc cherché sur Internet, et c’est Didier du Choucroute Garage qui m’a orienté vers la Model S. Pour bénéficier de la recharge gratuite comme à une époque avec la Zoé, il me fallait un exemplaire d’avant mi-janvier 2017. Je souhaitais une version 90D ».

Ce qui n’a pas été simple à trouver : « Des Tesla Model S, en 2021, on en voyait pas mal à vendre dans l’est, le nord et le sud, mais pas dans l’ouest dans un rayon raisonnable autour de chez moi. J’ai fini par tomber sur une P85 à Nogent-le-Rotrou pour 27 000 euros, avec 180 000 km. Au départ, je ne voulais pas un modèle Performance à cause du problème connu de fuite de liquide de refroidissement dans le moteur. Le joint peu qualitatif situé autour de l’arbre du rotor finit par lâcher ».

La Tesla Model S de Willy
La Tesla Model S de Willy

Mais un autre phénomène est bien vite apparu, dont notre lecteur ne se doutait pas : « Des gens m’ont félicité pour ma belle voiture, et ça, c’était bien. Mais je ne m’attendais pas à ce que le ‘P’ derrière la voiture déclenche des pulsions chez certains en BMW, Mercedes ou Porsche, en particulier lors des 24 Heures du Mans. Ils commencent par te coller quand tu roules tranquille, puis à se mettre à ta hauteur pour se mesurer avec toi. Moi qui ai plutôt eu des voitures populaires, j’ai vraiment trouvé ça lourd ».

Quelques réparations en 5 ans

Le premier problème rencontré par Willy sur sa Tesla Model S, n’avait rien à voir avec le moteur : « C’était en décembre 2021, un triangle de suspension a cassé net quand j’ai quitté un stop, j’avais les roues braquées à gauche. Auparavant, j’avais bien entendu de temps à autre un bruit provenant de l’avant droit. Heureusement, comme ça relevait du vice caché, l’assurance du professionnel auprès de qui j’avais acheté la voiture a pris en charge la réparation ».

Cet incident a mis au jour une difficulté : « Je reproche à Tesla l’absence de suivi d’entretien. Il n’est pas possible de savoir officiellement ce qui a été fait avant. J’ai finalement pu avoir accès à cette info, apprenant ainsi que seulement la suspension multibras arrière avait été refaite par le précédent propriétaire. J’ai dû faire remplacer les bras avant chez Tesla Caen, pour 1 200 euros. Je n’avais jamais eu à effectuer ce genre d’intervention sur une précédente voiture ».

Nouveau problème en janvier 2026 : « Lors d’une marche arrière, une soudure a lâché au niveau du berceau moteur. J’entendais un claquement quand je décélérais. Moi, je n’ai jamais poussé cette voiture, je roule en mode Confort. Mais on peut imaginer que l’ancien propriétaire ne se privait pas. Pour moi, cette Model S a connu de fortes poussées auparavant. En passant par Revolte, ça m’a coûté 2 000 euros, avec la main-d’œuvre et un berceau d’occasion. Chez Tesla, avec une pièce neuve, j’aurais dû sortir dans les 3 500 euros ».

Réparée chez Revolte

Et ce fameux problème de fuite de liquide de refroidissement au niveau du moteur ? « J’y ai eu droit, juste quand j’ai amené ma voiture chez Revolte pour le berceau moteur. Au péage de Nantes, en sortant de l’autoroute pour aller chez eux, j’ai entendu un grincement. J’ai de suite pensé à ce problème de fuite goutte à goutte dans le stator qui attaque les roulements, provoque de la rouille, et finit par mettre le moteur en défaut. Revolte m’a immédiatement confirmé que mon bloc LDU était rincé ».

Deux options s’offraient à Willy : « Soit réparer le moteur et chuinter le système de refroidissement du rotor, soit faire remplacer le bloc par un autre reconditionné à neuf. Pour cela, le rotor et le stator sont nettoyés, le premier est débarrassé du système de refroidissement sans priver l’autre, on a des roulements renforcés par céramique, et l’inverter est optimisé. Comme mon moteur avait 360 000 km, j’ai préféré la deuxième solution. Avec la main-d’œuvre, ça m’a coûté 4 500 euros chez Revolte, contre le double chez Tesla ».

Notre lecteur pense beaucoup de bien de l’entreprise de Carquefou : « Ils sont vraiment nickels, m’ont toujours bien accueilli, bien accompagné, en m’expliquant en détail les interventions à effectuer et comment les pièces sont reconditionnées. J’estime que la recharge gratuite sur environ 190 000 km a couvert toutes ces réparations. Un comble pour une voiture qui est la première chez moi que je peux prendre par plaisir juste pour rouler dix, vingt ou trente kilomètres. Je n’avais jamais connu ça avant ».

La recharge gratuite a-t-elle couvert les réparations ?

En six ans d’utilisation de sa Tesla Model S de 2016 (70D, upgradée en 75D), Yoann, le fondateur d’Automobile Propre, a observé une consommation moyenne de l’ordre de 20 kWh/100 km avec une conduite « sage ». Si l’on prend un prix moyen de 0,20 euro au kilowattheure, ça nous donne une économie théorique de 7 600 euros pour 190 000 km parcourus. Entre les bras avant, le berceau et le moteur, Willy a dépensé 7 700 euros en réparations. Il a donc raison : la gratuité de la recharge couvre quasiment tous ces frais.

Et la batterie ? « Son SoH a été pris avant l’intervention. Il était à 83 %, mais ce qui m’a rassuré, c’est le grand équilibre entre les modules. La dégradation est donc régulière, permettant d’avoir une autonomie réelle de l’ordre de 330 km. Ce qui est largement suffisant pour mes 60 km aller-retour quotidiens depuis chez moi jusqu’au bureau, les courses dans les commerces à plus de 5 km car nous résidons à la campagne, et les activités des enfants au Mans. Nous nous déplaçons aussi beaucoup les week-ends avec la Model S ».

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C’est elle également qui amène toute la famille en vacances : « Avec la Tesla, nous sommes allés en Allemagne, en Belgique, et, au plus loin, à PortAventura en Espagne, à un millier de kilomètres de chez nous environ. À l’étranger aussi la recharge est gratuite pour nous chez Tesla. À l’année, nous parcourons environ 45 000 km avec la Model S. Le planificateur gère tout pour aller d’un point A à un point B. Pour 1 500 euros chez Tesla, je me suis fait le plaisir de remplacer le système de l’écran central par la version MCU2 qui apporte de nouvelles fonctionnalités ».

« Je compte la garder jusqu’au bout »

Willy apprécie aussi sur sa Model S « sa puissance, son confort, son coffre gigantesque qui peut accueillir six bacs de 80 litres pour aller à la déchetterie, et le frunk à l’avant pour ranger les câbles. Cette voiture est parfaite pour aller en vacances. En revanche, c’est un paquebot de cinq mètres de long avec des jantes au ras des pneus que l’on peut vite abîmer. Heureusement, elles sont noires, et un petit coup de bombe efface les traces. Les pneus s’usent vite, et j’ai du mal à dépasser les 25 000 km. Ça s’est amélioré en remplaçant à l’arrière les bras de carrossage ».

La Tesla Model S de Willy
La Tesla Model S de Willy

Petite découverte, par hasard : « En Vendée, j’ai dû brancher ma Model S sur une borne AC, ce qui m’a permis de constater qu’elle embarque le chargeur 22 kW. J’étais super content de le découvrir, l’ancien propriétaire ne le savait pas a priori. Nous sommes 100 % électrique pour notre mobilité depuis 2021. La Peugeot e-208 de ma femme est dotée de la fonctionnalité V2L que l’on pourra utiliser dès l’hiver prochain lors des jours rouges Tempo ».

Notre lecteur ne compte pas se séparer de sa Tesla Model S : « Je veux la garder jusqu’au bout. Si la batterie venait à lâcher, c’est simple, j’irais chez Revolte, pour ne pas avoir à régler une facture de l’ordre de 14 000 euros chez Tesla ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Willy pour son accueil très amical aussi bien lors du Sarthe électrique Tour qu’au téléphone pour la prise de son témoignage proposé après notre appel à retours d’expériences.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Ce que j'apprécie chez la plupart des utilisateurs de Tesla, et que j'ai encore pu vérifier lors du Sarthe électrique Tour organisé par le e-France Café, c'est quand ils sont ouverts et accueillants devant ceux qui roulent dans des voitures électriques d'autres marques. Une qualité que j'ai pleinement trouvée chez Willy, aussi bien lors de l'événement qu'en recueillant son témoignage par téléphone. Ce que son expérience montre, c'est la faculté de la gratuité de la recharge à absorber le coût des réparations, et qui incite à conserver le véhicule le plus longtemps possible en état de fonctionner. C'est finalement très bien pour la longévité et l'empreinte carbone des véhicules électriques concernés. C'est très écolo en fait ! On est à l'inverse de la voiture jetable là. Le système semble hélas toutefois difficilement généralisable. Trouver aujourd'hui une Tesla Model S à moins de 25 000 euros, c'est assez dingue, quand on y pense ! Et très tentant. Bien sûr, ça reste une loterie, surtout si on ne sait pas comment la voiture a été menée auparavant, et si elle n'offre pas cette gratuité de la recharge. En tout cas, pour quelques automobilistes qui osent, c'est payant, et déjà au niveau de la satisfaction de pouvoir rouler dans une telle voiture. Bravo Willy ! Et au plaisir de te revoir à une autre occasion.

Philippe SCHWOERER

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