Témoignage : 10 ans après l'achat en occasion, cet entrepreneur est toujours ravi de son utilitaire électrique

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Nissan e-NV200 neuf en 2015
Nissan e-NV200 neuf en 2015

Qui a dit que les utilitaires électriques n’étaient pas fiables ? Pas Nicolas qui utilise depuis dix ans comme seul fourgon dans son entreprise un Nissan e-NV200 de 2014 acheté deux ans plus tard d’occasion. L’expérience VE de ce micro-entrepreneur toulousain remonte même dix ans encore en arrière.

À l’électrique depuis 2008 par écologie

Depuis une vingtaine d’années, Nicolas propose à travers son entreprise des services très larges qui vont de la pose d’éléments de cuisine et de salles de bains, jusqu’à l’informatique et la conception 3D, en passant par la rénovation des bâtiments. La prise de conscience de l’empreinte de ses déplacements remonte à 2008 : « Je sortais alors avec une écologue qui disait qu’avec une voiture on consomme du carburant, non pas pour déplacer une personne de 80 kg, mais 1,5 tonne de métal. C’est là que j’ai adopté le scooter électrique ».

Cette année-là, Sweet’Elec, lancé deux ans plus tôt, a présenté l’E-Max 110S, un modèle équivalent 50 cm³ équipé d’un moteur de 4 kW. Avec ses trois batteries au plomb, il promettait une autonomie de 90 km : « J’ai été un des premiers à en acheter un en France. À la suite d’un accident au bout de onze mois, j’en ai repris un second que j’ai utilisé un ou deux ans, jusqu’à mon passage à un Vectrix équivalent 125 cm³. Sauf concernant l’autonomie très réduite, j’ai beaucoup apprécié ces scooters. Ensuite, j’ai changé pour une moto électrique chez Zero Motorcycles ».

Le premier véhicule électrique à quatre roues de notre lecteur a donc été le fourgon Nissan e-NV200 qu’il utilise toujours quotidiennement aujourd’hui : « Quand je l’ai acheté en 2016, il avait deux ans et 12 000 km. Avec une location de la batterie à 88 euros par mois, le prix d’achat du véhicule n’était pas très élevé : 10 800 euros. À l’époque, il n’y avait pas beaucoup de choix en fourgons électriques : je n’aimais pas trop le Renault Kangoo ZE, et je voulais que le véhicule puisse entrer dans le garage sous mon appartement en copropriété ».

Pas adapté aux longs trajets

Entre Pau et Toulouse où réside Nicolas, il n’y a que 190 km environ : « Mais le rapatriement du Nissan e-NV200 a été très folklorique. J’étais allé sur place en covoiturant. Ce fourgon électrique avait été annoncé avec une autonomie NEDC de 170 km, mais parvenir à 130 km en roulant tranquillement lorsqu’il était neuf, c’était déjà très bien. Quand je suis allé le chercher, nous étions début décembre, et il faisait -5 °C. Le réseau de recharge n’était pas très développé, et j’ai dû brancher trois fois le véhicule pour revenir chez moi ».

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Combien de temps pour parcourir dans ces conditions les 190 km avec ce Nissan e-NV200 ? « J’ai mis douze heures en comptant les recharges. Pour la première, j’ai pu récupérer un niveau de 90 % d’énergie en m’arrêtant chez Nissan à Tarbes. Ensuite, j’ai dû couper par Boulogne-sur-Gesse, branchant à nouveau deux fois le fourgon. Cette difficulté ne m’a toutefois pas inquiété pour la suite, car je savais qu’avec le e-NV200 je rayonnerai localement, avec des recharges effectuées sur une simple prise dans mon garage ».

Avec le plus souvent pas plus de 50 à 60 km parcourus par jour, le compteur affiche un kilométrage très modéré douze ans après sa mise en circulation : « Il a environ 97 000 km, et son autonomie au mieux de 110 km aujourd’hui, avec 400 kg d’outillage derrière, convient toujours à 100 % de mes besoins pour mes chantiers autour de Toulouse. Le SoH est à 82 %. Comme la batterie était en location, je ne me suis pas trop soucié de la préserver. Le fourgon a donc été branché tous les soirs pour retrouver 100 % d’énergie le lendemain matin ».

Très économique

La dégradation de la batterie n’a pas été vraiment linéaire : « Depuis quatre ans elle est stabilisée. J’ai fini par la racheter, mais ça a été un véritable parcours du combattant, où tout a été fait pour que l’opération ne soit pas possible. J’ai eu plein d’interlocuteurs en ligne, la Diac, Nissan et même Renault, se renvoyant la balle. Une première personne m’a assuré que la batterie était à moi depuis le départ, une autre m’a certifié que le rachat serait impossible, et une troisième m’a dit très bien savoir gérer ça mais ne m’a jamais rappelé ».

Ce qui n’a pas empêché d’obtenir satisfaction au bout de plusieurs mois : « Ça s’est finalement arrangé avec la concession de Tarbes. Lors de ma demande initiale, il m’avait été indiqué 270 euros à payer pour racheter la batterie, mais avec le temps nécessaire pour que le dossier soit traité, je n’ai plus eu que 53 euros à débourser. Au début, après deux ans d’utilisation, j’avais déjà demandé la valeur de rachat. À 10 000 euros, ça m’était apparu trop cher pour que j’aille jusqu’au bout de l’opération ».

Nissan e-NV200 neuf en 2015
Nissan e-NV200 neuf en 2015
Nissan e-NV200 neuf en 2015

Après dix ans d’utilisation, Nicolas retient comme principale qualité de son utilitaire électrique : « C’est le véhicule le plus économique que j’ai eu, pourquoi irais-je m’en séparer aujourd’hui ? Je me souviens très bien du jour où j’ai décidé de passer à l’électrique. J’avais alors un Volkswagen T4 diesel. Quand j’ai vu que le plein de gazole allait dépasser les 100 euros, j’ai arrêté, et je me suis dit que ce serait la dernière fois que j’irais remplir le réservoir. Je l’ai tout de même gardé un peu avant de m’en séparer.

La capacité énergétique d’une moto électrique

Ce n’est donc pas un manque de fiabilité qui a décidé Nicolas à se séparer de son fourgon thermique : « Son bloc diesel à cinq cylindres ne m’a posé aucun souci. Bien sûr, j’ai eu l’alternateur, des biellettes de boîte de vitesses et d’autres bricoles à faire remplacer, mais sur le e-NV200, ma seule panne est survenue au bout de neuf ans, c’était la batterie 12 V que j’ai remplacée moi-même pour une centaine d’euros. Il ne va jamais à l’entretien, pas de panne ni de frais, alors que je l’ai pas mal secoué, notamment avec tout le matériel qu’il transporte ».

Fausse alerte : « Un jour, j’ai entendu un bruit anormal à l’avant. Je me suis dit : ‘Enfin une panne !’. Eh non, c’était une coquille d’escargot qui se baladait entre la jante et l’enjoliveur ! C’est en passant au contrôle technique, vierge pendant neuf ans, que j’ai appris que je devais refaire l’amortissement. J’ai bien sûr eu à remplacer les pneus. Je pourrais désormais prendre un Renault Trafic E-Tech ou un Kia PV5 Cargo, mais ce serait un achat coup de cœur et non un achat raison. D’autant plus que mon e-NV200 présente toujours très bien ».

Du côté de la consommation, le fourgon électrique de Nissan est loin d’être un chameau : « J’ai une moyenne de 22 kWh/100 km, en faisant de la ville, avec la rocade autour de Toulouse. Mais c’est vrai que j’ai tendance à y aller un peu fort avec lui ». Une pensée le fait sourire : « Avec la dégradation de la batterie, je ne dois plus avoir qu’environ 17 kWh de capacité accessible, et c’est ce qu’on trouve aujourd’hui sur les motos électriques ».

Comme des smartphones

Il est parfois arrivé à Nicolas de sortir des environs de Toulouse avec son e-NV200 : « Par exemple pour aller à Albi ou Carcassonne. Dans ce cas, je fais une recharge rapide en cours de route. Une fois, je me suis retrouvé à 0 % de batterie au bout de 113 km, alors qu’il me restait encore 5 km à parcourir. C’est passé sans problème. Il doit y avoir une bonne réserve, je pense. Si je dois aller loin pour mes chantiers, je prends ma Tesla Model 3 LR personnelle de 2019, que j’ai aussi achetée d’occasion, il y a trois ans ».

Utilitaire, voiture, moto électriques : « Tous sont rechargés le plus souvent sur une simple prise non renforcée. J’ai la chance d’avoir dans ma copropriété mon box sous l’appartement. Ce qui m’a permis de passer un câble depuis chez moi. Je vérifie régulièrement avec une caméra thermique que tout se passe bien, et j’ai limité l’intensité à 10-11 A. Pour la moto, je suis à vitesse 1, soit 1 100 W. Comme la copro est actuellement en train de s’équiper pour la recharge, j’aurai prochainement une borne 7 kW. Ça donnera de la valeur à l’appartement ».

Notre lecteur le dit lui-même : « Je suis un convaincu de la première heure des véhicules électriques, les contraintes ne me dérangent pas. Avec la hausse des prix des carburants, je suis bien heureux avec mes VE. Ils me posent zéro problème au quotidien, et sont comme des smartphones que l’on a juste besoin de brancher et débrancher pour recharger la batterie. Mon e-NV200 a déjà de l’ordre de 3 500 cycles de décharge/recharge ».

« Je ne me projette pas sur autre chose »

Nicolas estime qu’il a aidé pas mal de personnes autour de lui à passer à l’électrique : « Y compris à la copro. Forcément, ça fait dix ans que les voisins me connaissent avec le même utilitaire électrique et sans panne : ça les rassure. Des clients sont passés au VE parce qu’ils me voient venir chez eux avec une moto, une voiture ou un utilitaire électrique. Dernièrement, une de mes clientes a pris une Fiat 500e, et il est question de remplacer aussi chez eux un Audi Q7 par un Tesla Model Y ».

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L’artisan reçoit aussi pas mal de témoignages : « Je suis tombé une fois sur un professionnel qui avait un gros fourgon Ford E-Transit. Il m’a dit qu’au début il n’avait pas voulu le prendre, car il estimait qu’un VE ce n’était pas bien. Au bout d’une semaine, il l’a essayé, et, maintenant, il ne voudrait plus revenir en arrière. Mais le cas qui m’a le plus amusé, c’est celui d’un copain qui se fiche de moi depuis 15 ans parce que je roule électrique. Ce n’était pas envisageable pour lui. Il a suffi que je lui passe une fois le volant de ma Tesla Model 3, et une semaine après il prenait un Model Y ».

Pour l’instant, notre lecteur n’a pas l’intention de remplacer l’un ou l’autre de ses VE : « Aujourd’hui, mon expérience fait taire tous les détracteurs qui me disaient au début : ‘Tu verras, dans cinq ans tu n’auras plus rien’. Si je peux conserver encore dix ans mon e-NV200, je le ferai. Si la batterie venait à lâcher, bien sûr, ça dépendrait du prix de la réparation, par exemple avec un pack pas trop cher en occasion pouvant m’assurer une autonomie satisfaisante. Que ce soit avec lui ou la Tesla Model 3 qui bénéficie des options FSD et accélération Boost, je ne me projette pas sur autre chose ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Nicolas pour sa grande réactivité, son excellent accueil, et son témoignage qu’il nous a proposé après notre appel aux professionnels.

Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

C'était quand même chaud il y a 10 ans de s'éloigner de chez soi ou de son entreprise avec un Nissan e-NV200. Je l'avais moi-même expérimenté en 2015 lors de l'essai en famille de sa déclinaison Evalia. Environ 300 km pour aller des Côtes-d'Armor au sud de la Vendée, que nous comptions parcourir en sept heures. Repli stratégique à La Gacilly en raison de la conso bien plus élevée que prévu, le temps de recharge étant ici masqué de Madame et des enfants par la visite de l'exposition de photos et un bon repas au resto. Six heures de retard pour parvenir à destination en fin de soirée. Au retour, trois jours plus tard, à cause de bornes de recharge en panne, et en mode "stress max", nous avions frisé la panne d'énergie et quasiment atteint les 170 km d'autonomie NEDC grâce à un temps estival. Je visualise donc très bien la galère que Nicolas a endurée en ramenant chez lui son fourgon électrique. Et là, c'était en hiver. Avec une autre très grosse différence, c'est que cette mauvaise expérience a pour lui été ensevelie sous une dizaine d'années de bons et loyaux services de son e-NV200. Quel témoignage indiscutable, effectivement, autour de lui de la fiabilité, de l'endurance et de l'économie à l'usage des VE. Je retiens en particulier comme information intéressante cette stagnation depuis quatre ans de la dégradation du SoH. Mais si son pack venait à flancher, on imagine qu'il serait difficile d'en trouver un de la même époque en meilleur état que le sien. Disons encore une fois qu'il y a urgence à autoriser l'upgrade en France, par exemple monter une batterie plus récente et capacitaire de 40 kWh, comme l'e-NV200 en a reçu une par la suite. Sans cela, on donne raison à ceux qui pensent que les VE sont des véhicules jetables.

Philippe SCHWOERER

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