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Avant, il y a avait les électromobiliens, ces automobilistes principalement venus à la voiture électrique pour des raisons écologiques, doublées parfois de l’envie de découvrir une nouvelle façon de rouler et de ne plus participer au déficit de la balance commerciale. Dépenser moins ? Oui, aussi, parfois, davantage quand les électromobiliens sont devenus des électromobilistes. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, ce que je lis aujourd’hui dans les commentaires et les témoignages publiés sur Automobile Propre est très différents. Ailleurs aussi la température a changé. Le blog, le site, le média (au choix) aurait-il réussi dans sa mission de rendre banale la voiture électrique ?
Où sont donc passés ces articles et reportages assassins contre la voiture électrique diffusés il y a encore peu auprès du grand public par des journaux, des chaînes de télé et des radios ? On dirait que ça s’est bien assagi. Pourquoi ? On peut essayer de lister ensemble plein de raisons possibles qu’il sera bien difficile de vérifier. C’est très certainement un ensemble.
Voici quelques pistes. Les journalistes anti-VE :
Et si l’on a l’œil exercé, on trouve même des photos d’incidents ou accidents où l’on voit des véhicules électriques impliqués, et même responsables, mais ça n’est pas relevé. Avant, ça aurait été signalé en gras dégoulinant ou en gros titre à l’IMC morbide. Persistent bien encore plein d’attaques anti-VE sur les réseaux sociaux et YouTube, mais provenant souvent de sources anonymes, difficilement identifiables, façon théorie du complot. On a même vu Sylvain (ex-Vilebrequin) pondre une vidéo dans l’entre-deux.
En lisant les témoignages publiés sur Automobile Propre, je trouve aussi que le contenu a bien changé. C’est presque comme si rouler en voiture électrique était devenu aussi simple et banal que de rouler en thermique. Il y a encore quelques années, s’écarter de chez soi à plusieurs centaines de kilomètres en VE semblait réservé à des personnes ou familles à l’esprit aventurier. C’était d’ailleurs le plus souvent avec une liste réduite de modèles : des Tesla, des Coréennes, quelques Allemandes… Aujourd’hui, avec de meilleures autonomies et surtout des réseaux de recharge bien développés, les VE qui vont loin sont plus diversifiés, avec un certain équilibre entre les marques, Renault et celles de Stellantis n’étant pas à la traîne.
Finalement, les témoignages des électromobilistes ressemblent de plus en plus à ceux que l’on pouvait lire il y a quelques dizaines d’années dans la presse spécialisée automobile, répondant à la question : « Parlez-nous de vous et votre voiture ». Chacun pouvait y aller de sa propre histoire d’attachement, de ses galères et de ses périples avec une quelconque voiture essence ou diesel. Un peu d’édulcorant par-ci, un peu d’acidité par-là, mais surtout de la bonne volonté avec l’envie d’encourager ou de décourager sur un peu tous les modèles, en fonction de sa bonne ou de sa mauvaise expérience.
Il y a quelques années, sur Automobile Propre, un automobiliste qui allait loin avec sa voiture électrique pouvait faire l’objet d’un article dédié. Maintenant, c’est fondu dans un témoignage plus large car aller loin avec une VE est devenu normal. Même un roadtrip en VE apparaît moins exceptionnel. Avant, on nous parlait d’une grosse préparation à effectuer en amont pour le trajet et les arrêts-recharges. C’est de moins en moins le cas : ils ne sont plus rares ceux qui s’élancent pour un voyage de 500 ou plus de 1 000 km à la journée dans un véhicule électrique qu’ils viennent de recevoir.
Les témoignages des électromobilistes sont beaucoup moins de l’ordre de l’inhabituel ou de l’exploit qu’avant, et sont davantage dans une histoire qui dure. Ce qui fait toute la différence, c’est que les lecteurs qui offrent en partage leur expérience ne s’appuient plus sur quelques mois ou 2-3 ans d’électromobilité, mais sur 5, 10 ans et plus. Parfois même l’intérêt pour la VE remonte à plus loin encore, par simple goût pour la nouveauté automobile avant les années 2000. Il ressort moins de fébrilité, mais davantage de confiance, quand, après douze ans de VE, quelqu’un nous dit qu’il ne reviendra pas au thermique. Un quelqu’un qui n’est pas isolé, puisqu’ils sont maintenant quelques dizaines à le dire régulièrement, et que même les professionnels s’y mettent.
J’ai d’ailleurs halluciné en découvrant le témoignage de ce livreur express qui peut faire plus de 1 000 km dans la journée avec un Renault Master électrique. Et, pour lui, c’est simple, c’est évident, c’est son quotidien, ce n’est pas exceptionnel, et ça ratiboise toutes les fausses informations voulant contraindre les VE à un rayonnement local. Je note que les professionnels en utilitaire électrique aux heures de service sont aussi souvent des utilisateurs de voitures électriques aux heures de fermeture. Pour les dirigeants des TPE (artisanat, métiers de services, messagerie), j’ai remarqué que c’est généralement la découverte de la watture (n’y voyez rien de péjoratif) à titre particulier qui a ouvert les portes aux e-fourgons et e-fourgonnettes.
Ceux qui roulent en électrique depuis plus de 5 ans ont déjà utilisé plusieurs modèles différents. S’ils avaient commencé par en faire le deuxième véhicule de la maison, la VE s’est maintenant élevée au grade du véhicule principal, et la maisonnée est fréquemment 100 % VE. Les enfants en sont peut-être même déjà partis, car devenus adultes, en roulant pour la plupart en électrique aussi. Forcément, ces témoignages donnent confiance, sont quasiment imparables et font pâlir les arguments des anti-VE.
Ce qui ressort aussi dans les témoignages, c’est que les limites (autonomie, puissance de recharge), les bugs des systèmes d’exploitation et les pannes — même les grosses concernant la batterie ou un élément coûteux de l’électronique – ne sont pas pour beaucoup d’électromobilistes des raisons de renoncer à la voiture électrique. Exactement comme un utilisateur de thermique qui a connu un problème grave avec un moteur diesel ne va pas obligatoirement renoncer au diesel.
Ca va même encore plus loin quand celui qui a connu des galères sévères ou à répétition avec une VE lui trouve encore des qualités, et peut même estimer que c’est un très bon modèle. Quelques années en arrière, on n’avait pas trop ce type de retours. C’était plus binaire : soit le véhicule donnait toute satisfaction avec une liste de bonnes raisons, soit c’était un modèle à bannir avec différents points le justifiant. On ressent davantage de pragmatisme aujourd’hui, pris sur une dose de passion qui auparavant dominait. Il en fallait pourtant de la faculté d’adaptation il y a 10 ans pour faire un maximum de choses avec sa voiture électrique.
Maintenant qu’elle a mûri, qu’elle est moins perçue absolument comme une voiture d’écolo, l’électrique dans son utilisation ressemble de plus en plus à une thermique, avec divers avantages qui peuvent évoluer de façon contextuelle. Actuellement, ce sont les grosses incertitudes sur les prix des carburants qui l’auréolent. À condition d’avoir un moyen de recharger simplement la batterie chez soi, la VE supprime souvent un rituel contraignant à l’année : aller faire le plein de carburant. Surtout pour ceux qui voulaient profiter des meilleurs prix au litre, car ça pouvait leur imposer d’effectuer de chronophages détours. Il y a donc bien une nouvelle dose de pragmatisme chez les utilisateurs de VE : ils pardonnent plus facilement les problèmes, comme ils pouvaient auparavant le faire sur leurs anciennes thermiques qui pouvaient leur rendre de bons services.
Automobile Propre a été créé comme blog pour faire connaître les voitures électriques et hybrides au grand public. Très proches des pures thermiques, les hybrides n’ont pas vraiment posé un problème de confiance ni vraiment d’adaptation. A l’inverse, donner confiance dans la VE a été un travail de longue haleine avec des tempêtes médiatiques à essuyer de tous les bords.
Tous ces témoignages que l’on peut lire sur Automobile Propre renforcent l’impression de confiance qui se développe pour la VE. Automobile Propre aurait-il gagné la bataille de la voiture électrique ? Je vais dire oui pour saluer le travail de Yoann – le fondateur –, les rédacteurs, et les lecteurs engagés. C’est un travail commun, mené avec des sensibilités différentes, avec une aide incontournable, la vôtre chers lecteurs. Alors qu’il y a une réelle urgence à décarboner et à dépolluer les transports, le vocabulaire le plus correct à utiliser n’est pas celui de la gloriole, mais un ensemble pétri d’humilité, de pugnacité, de constance et de confiance.
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