Bien plus qu’un simple concept, le Nissan Ariya marque le début d’un plan produit tourné vers la construction d’une nouvelle gamme de véhicules zéro émission. Une stratégie que nous détaillent les représentants de la marque.

Plateforme inédite

Si la marque nippone n’a pas été généreuse en informations lors de la présentation du concept Ariya à Tokyo, la chose la plus importante à retenir est qu’il introduit une plateforme inédite qui sera commune aux différentes marques de l’Alliance. Equivalente dans sa philosophie à la MEB de Volkswagen ou à la e-CMP de PSA, cette plateforme CMF-EV avait déjà été annoncée en 2017 par l’Alliance.

« On a conçu la plateforme autour des éléments électriques afin de bénéficier au maximum des avantages que peut donner un véhicule électrique et notamment un plancher totalement plat qui permet d’offrir plus d’espace à l’intérieur » nous explique Hugues Demarchelier, Directeur du programme véhicules électriques chez Nissan.



Modulaire, la plateforme permettra aussi au constructeur de proposer différentes configurations sur un seul et même véhicule. Présenté dans une version à transmission intégrale à Tokyo, le Nissan Ariya devrait aussi être décliné en version deux roues motrices. « Ce que nous essayons de faire avec deux versions – à deux roues motrices et à transmission intégrale – c’est de donner au client ce qu’il veut. S’ils veulent du plaisir, alors c’est tout à fait possible » précise le représentant de Nissan à nos confrères australiens de Carguide.

Une philosophie que l’on devrait aussi retrouver dans le dimensionnement des batteries. A l’instar de la Leaf, déclinée en 40 ou 62 kWh, le Nissan Ariya pourrait ainsi proposer différentes autonomies pour mieux s’adapter aux besoins des clients.

Pour Nissan, l’Ariya marque la montée en gamme de son offre.

Une gamme complète

« Ce salon introduit pour nous le nouveau Nissan avec une séquence qui débute maintenant et qui va suivre avec une série de lancements produits » résume Pierre Loing, vice-président Planning Produits & Véhicules électriques de Nissan Europe.

Introduite sur le haut de gamme avec le Nissan Ariya, la nouvelle plateforme sera donc progressivement déployée sur d’autres modèles de la marque. « C’est une plateforme qui est potentiellement capable d’aller des segments B à D. C’est le début d’un plan dont nous ne révélons pas les détails à ce stade. » nous explique Hugues Demarchelier. « Nous aurons un événement au mois de mai ou de juin durant lequel nous donnerons beaucoup plus d’informations techniques » poursuit-il.

En attendant, on sait déjà que le constructeur ambitionne de proposer 8 modèles 100 % électriques d’ici à 2022. Quant à savoir sur quels modèles la plateforme sera déployée, Nissan nous a d’ores et déjà donné quelques pistes à travers ses différents concepts. Alors que le concept IMx annonçait l’arrivée de l’Ariya, le Nissan IMs, révélé en début d’année à Détroit, pourrait préfigurer le lancement d’une berline électrique haut de gamme. Celle-ci pourrait même avoir son équivalent chez Infiniti, la branche premium de Nissan, pour le marché nord-américain. Quant aux autres véhicules qui constitueront cette nouvelle gamme zéro émission, Nissan devrait bientôt présenter de nouveaux concepts pour les annoncer.

Révélé en début d’année à Détroit, le concept Nissan IMs préfigure l’arrivée d’une berline électrique haut de gamme qui pourrait également être reprise par Infiniti.

L’e-Power pour second pilier

En dehors du 100 % électrique, la technologie e-Power est au cœur de la stratégie d’électrification du constructeur. Lancée fin 2016 sur la petite Note au Japon, ce système hybride série non rechargeable représente aujourd’hui 70 % du mix de ventes du modèle. Une technologie que le constructeur devrait très bientôt lancer en Europe mais aussi sur d’autres marchés internationaux.

Lancée sur la citadine Note et le monospace Serena au Japon, la technologie e-Power devrait arriver en Europe dans les tous prochains mois.

En s’appuyant sur ces deux technologies, le constructeur ambitionne de vendre un million de véhicules électrifiés à travers le monde à compter de 2022. A cette échéance, ce mix électrique pourrait représenter 50 % des ventes du constructeur sur le Vieux Continent.