Des minibus électriques autonomes filant à haute vitesse dans un réseau de tunnels réservés : voilà le projet d’une start-up locale pour la métropole Aix-Marseille Provence. Le « Loop » revendique un système moins coûteux que le train et dont la réalisation serait totalement financée par des fonds privés. Un projet futuriste qui pourrait voir le jour dès 2030.

Un réseau ferré inefficace et vieillissant, des routes saturées et des collectivités locales peu investies : les transports publics de la métropole Aix-Marseille Provence ne répondent pas aux besoins de déplacement de ses habitants. Partant de ce constat, trois entrepreneurs se sont lancés dans un projet inédit et novateur : celui de construire un réseau de tunnels reliant les grandes localités de la métropole.



Des souterrains où circuleront des minibus autonomes de 25 places propulsés par des batteries électriques ou des piles à combustible hydrogène. La jeune SAS, baptisée « Loop Aix-Marseille », promet un départ toutes les 15 secondes pour un débit maximal de 6000 passagers par trajet et par heure. Les véhicules circuleront à une vitesse de 120 à 140 km/h, annonçant un temps de parcours de « moins de 15 minutes » entre Marseille et Aix-en-Provence. Actuellement, 35 à 50 minutes en voiture ou autocar et 49 minutes en train sont nécessaires pour assurer le même trajet.

Aucune contrainte technologique

Lancée en novembre 2019, l’initiative n’en est qu’à ses débuts. « C’est un projet de longue haleine » explique Guillaume Nicoulaud, le président de la start-up. « On discute avec toutes les parties prenantes dans la métropole » assure l’ex-financier, qui souhaite obtenir la concession des sous-sols de la collectivité. Freinée par la campagne pour les municipales, la société n’a pour l’instant pas rencontré d’élus. Elle s’est toutefois rapprochée d’éventuels futurs partenaires industriels, avec des premiers retours « positifs », annonce Guillaume Nicoulaud. « On est en train de constituer le groupement industriel qui va être capable de construire la Loop. Tout est possible, toutes les idées avancées sont parfaitement faisables, il n’y a aucune contrainte d’ordre technologique » s’enthousiasme le président.

S’il reste à « affiner les contours du projet », l’entrepreneur a déjà défini les grandes lignes. Accompagné de ses associés Mathieu Morateur, le directeur des opérations et Michele Mossi, le directeur de la technologie, il souhaite construire un réseau qui ne « coûte(ra) pas un centime à la métropole ». Un projet financé « exclusivement sur fonds privés » via plusieurs levées de fonds auprès de partenaires industriel, explique Guillaume Nicoulaud. L’entreprise prévoit de présenter un avant-projet à la métropole afin d’enclencher un appel d’offres pour son « système de transport métropolitain ».

Le tracé du futur loop. / Image Loop AM.

Un coût de 6 milliards d’euros

Creuser 120 km de tunnels et 20 stations à travers la métropole, combien ça coûte ? L’entrepreneur reconnaît un « investissement considérable » mais « possible ». « Sur le tracé de base (entre Aubagne, Marseille, Aix et l’aéroport, ndlr), à priori on devrait arriver à faire tenir ça en moins de 6 milliards d’euros tout compris » annonce Guillaume Nicoulaud. Une première estimation qui inclut le percement des tunnels, le génie civil, le matériel roulant, les garages et le système de recharge. Malgré son coût élevé, le système de Loop afficherait « un coût au kilomètre inférieur au métro, même un peu moins cher que le tramway ». Le réseau pourrait voir le jour en 2030 « si la métropole réagit rapidement » assure t-il, plutôt optimiste.

Un constructeur automobile français impliqué ?

Le président de Loop Aix-Marseille affirme avoir signé des « accords de confidentialité » avec le probable constructeur automobile qui assemblera les véhicules. L’entreprise admet une préférence pour les entreprises françaises, sans s’y limiter si aucune ne peut fournir les technologies nécessaires. Tout n’est d’ailleurs pas définitivement fixé, « l’hypothèse d’une recharge par induction n’est pas exclue » explique par exemple l’entrepreneur. Pour les tunnels, la start-up s’oriente actuellement vers « deux petits tubes » avec un sens de circulation chacun.

Une fois en service, le réseau devrait être intégré à l’offre de transport public métropolitaine classique, avec « des abonnements mensuels pratiquement à prix coûtant » promet Guillaume Nicoulaud. « Le ticket à l’unité sera un peu plus cher. L’objectif du Loop c’est qu’il soit rentable par la billetterie » explique t-il. « On sera moins cher que l’usage d’une voiture, carburant, entretien et stationnement compris » promet l’homme. Rendez-vous dans une décennie. En attendant, on peut suivre l’évolution du projet sur le compte Twitter de Loop Aix-Marseille.