Voile de pollution sur Marseille – H.L

Pour choisir leur équipe municipale et métropolitaine, les français sont appelés aux urnes les 15 et 22 mars prochain. Mais quelles-sont les promesses de campagne des candidats concernant la mobilité électrique ? A travers une série de trois articles, Automobile-Propre fait le tour des programmes dans les trois plus grandes villes du pays : Paris, Marseille et Lyon. Le premier vous embarque dans les annonces des prétendants à la mairie de Marseille.

Notre série spéciale municipales :

Les promesses des candidats à Paris



– Les promesses des candidats à Lyon (à paraître)

Le contexte

La seconde ville la plus peuplée de France compte dix prétendants au trône. Jean-Claude Gaudin, le maire LR sortant en poste depuis 1995 ne se représente pas. Il laisse un bilan proche du néant concernant la mobilité électrique. Une large majorité des 68 bornes installées sur le territoire communal étaient hors d’usage à fin février 2020, selon Chargemap. Elles sont par ailleurs mal réparties et la plupart est implantée sur des lieux privés à l’accès restreint ou payant. Les véhicules électriques ne bénéficient d’aucun avantage particulier offert par la ville de Marseille.

La métropole Aix-Marseille-Provence présidée par Martine Vassal (également présidente du département des Bouches-du-Rhône et candidate LR aux municipales à Marseille) a toutefois lancé quelques maigres initiatives. La collectivité a déployé un réseau de bornes de recharge publiques baptisé « Larecharge » mais dont la fiabilité et la répartition sont encore très insuffisantes. Supervisé par la métropole, le réseau de transport public de Marseille compte une trentaine d’autobus zéro émission et prévoit de convertir l’intégralité de la flotte à l’électrique d’ici 2035 . A noter que le département des Bouches-du-Rhône propose une prime cumulable de 5000 euros pour l’achat d’une voiture électrique et 400 euros pour l’achat d’un vélo à assistance électrique.

Une borne du réseau métropolitain « Larecharge » à Marseille.

Les promesses des candidats

Martine Vassal (Une volonté pour Marseille)

Héritière du maire sortant, la candidate LR Martine Vassal promet dans son programme « une écologie pragmatique mais pas dogmatique ». Elle mentionne notamment la création d’une ZFE (zone à faible émission) « dans le centre ville » et la construction de « parkings relais avec des navettes électriques ». La prétendante évoque également des livraisons en « triporteurs électriques » et le développement de « bornes à vélos électriques ». Un programme finalement très évasif et sans objectifs concrets en faveur de la mobilité électrique.

Stéphane Ravier (Protéger les Marseillais, faire briller Marseille)

Investi par un parti traditionnellement peu préoccupé par les enjeux environnementaux, le candidat RN Stéphane Ravier tente de surfer sur la vague verte. Sans faire preuve de dynamisme sur la question, il annonce une « plateforme d’achalandage en bordure de la ville pour transporter les marchandises sur des véhicules électriques ». Concernant la pollution issue du trafic maritime, il promet un « financement de l’électrification des quais du Port et (une) interdiction progressive des bateaux qui rejettent du fioul lourd ». Sa tête de liste pour les 2e et 3e arrondissements de Marseille suggère timidement de « développer les bornes électriques pour les véhicules ». Essentiellement axé sur la sécurité, son programme n’aborde pas l’enjeu de la mobilité électrique individuelle et collective.

Samia Ghali (Au nom du peuple de Marseille)

La sénatrice et ex-maire des 15° et 16° arrondissements de Marseille Samia Ghali (DVG), évoque très partiellement le transport électrifié. Elle promet la mise en place d’un dispositif « du dernier kilomètre » destiné à assurer des livraisons « depuis des plateformes de délestage par des véhicules électriques ». La flotte de véhicules exploité par la mairie doit être « progressivement reconvertie au tout-électrique ». Enfin, si le processus est déjà lancé, Samia Ghali promet qu’une « très grande majorité de bus de la RTM circulant dans Marseille seront électriques […] d’ici la fin du mandat ».



Un des autobus électriques testés à Marseille.

Michèle Rubirola (Le Printemps Marseillais)

Candidate pour le « Printemps Marseillais », un mouvement rassemblant diverses forces de gauche, Michèle Rubirola n’annonce aucun objectif concret en matière de transports électriques. Répondant à un questionnaire de Greenpeace soumis à tous les prétendants, elle affirme toutefois être « favorable à un horizon aussi proche que possible de la sortie complète des véhicules thermiques ». Mais elle tempère, expliquant qu’« on ne peut se limiter à se poser la question de la place des véhicules carburant aux énergies fossiles ».

« La qualité de l’air ne peut être abordée du seul point de vue des véhicules terrestres à moteur » plaide t-elle, en annonçant sa préférence pour une « sortie du tout-voiture », apparemment sans distinction sur le type de motorisation. La candidate pointe notamment la pollution issue des « ferries et de bateaux de croisières », un enjeu sanitaire et environnemental très polémique à Marseille. Prudente, Michèle Rubirola souhaite une transition qui ne soit pas « socialement discrimant(e)», en référence aux véhicules âgés possédés par les populations modestes et potentiellement visés par les restrictions de circulation.

A la question du remplacement intégral d’un parc essence par un parc électrique dans les transport en commun posée par l’ONG, la candidate annonce qu’elle sera « attenti(ve) à l’évaluation du rapport entre l’intérêt commun, (…) et les risques écologique et économique ». « Nous ne pouvons rester aveugle au coût écologique et social de ces technologies qui exercent également une pression sur les ressources planétaires en métaux et des conditions de travail indignes. Il est important de garder la sobriété énergétique comme boussole dans nos choix en matière de transport » explique t-elle.

Pollution issue du trafic maritime à Marseille.

Sébastien Barles (Debout Marseille)

Pas de grande révolution pour le candidat écologiste à la mairie de Marseille. Si elles ne promettent pas de virage majeur vers les véhicules électriques, les solutions proposées par Sébastien Barles (EELV) restent intéressantes. Il évoque notamment la mise en place d’une « filière circulaire » dédiée à « la création de flottes coopératives de véhicules à partir d’anciennes voitures (dont) les moteurs diesel seront remplacés par des batteries électriques ». Bon point : le prétendant souhaite « progressivement » équiper les parkings relais en bornes de recharge.

« Nous développerons un plan ambitieux de conversion d’une grande partie de nos bus au GNV et à l’électrique » promet également Sébastien Barles, même si cette transition est déjà engagée actuellement. Il évoque des livraisons du dernier kilomètre réalisés en véhicules « électrique, hydrogène, GNV ou vélo ». Spécificité marseillaise, le candidat promet d’ « accélérer le déploiement du raccordement des quais à l’électrique et au GNL pour les recharges des bateaux de croisière ». Une aide à l’achat de vélos électriques est également prévue.

Yvon Berland (Voir grand, agir vite)

Le candidat LREM a dévoilé tardivement son programme. S’il y annonce des mesures destinées à lutter contre la pollution de l’air (concertation sur la pollution automobile pour définir des zones d’exclusion, installation de capteurs de particules fines à proximité des écoles, lancement d’une plateforme numérique de suivi de la pollution), le mot « électrique » n’est présent qu’une seule fois. Il annonce très évasivement être favorable aux « vélos électriques » et promet une « sortie du diesel et de l’essence ». Des « aides financières pour changer de mode de transport » sont aussi prévues.

Bruno Gilles (Ensemble pour Marseille).

Le sénateur LR et proche de l’actuel maire n’annonce pas grand chose en faveur de l’électrique. Dans son programme, quelques lignes évoquent seulement la « mise en place de bus électriques ou à gaz en centre-ville ». Concernant la pollution issue du trafic maritime, il promet de limiter «  la teneur en soufre du carburant des bateaux de croisières à 0.1% » et de favoriser « l’électrification des quais », des actions déjà en cours de développement.