Témoignage : grosse déception à la livraison de son Kia Niro EV neuf !


Niro EV chez Kia Yffiniac

Pionnier parmi les pionniers en mobilité électrique et alternative, Laurent Méheut a commandé il y a environ 6 mois un Niro EV pour pouvoir tracter sa remorque de chantier et alimenter son outillage électroportatif avec la fonctionnalité V2L (Vehicule-to-Load), devenue V2D (Vehicule-to-Device) dans le langage Kia. Et c’est avec cette dernière que ça coince.

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Pourquoi le V2L ?

Laurent Méheut est un véritable touche-à-tout dans les domaines de la mobilité durable, des énergies renouvelables, et du bâtiment. Souvenez-vous de son expérimentation du V2L pour alimenter un camion à pizzas en Normandie. En auto-entrepreneur, il restaure des maisons et des appartements.

Remorquer lui permet d’emmener pour cela tout le matériel nécessaire qu’il compte, lorsqu’il est électroportatif, brancher sur sa voiture électrique. Son souhait de disposer du V2D est également motivé par un usage ponctuel de secours en cas de coupure de courant chez lui. Il avait d’abord acheté un Kia EV6 et disposait bien de la possibilité d’alimenter jusqu’à une puissance de 3,6 kW environ les consommateurs électriques externes.

Mais il s’est séparé de ce véhicule au bout de 6 mois, pour deux raisons. Tout d’abord parce que son épouse trouvait ce SUV trop gros. Ensuite, parce que l’engin apparaissait trop premium sur les chantiers. D’où son choix de passer à un Hyundai Kona ou à un Kia Niro. C’est finalement en finition d’entrée de gamme Motion, déjà très bien équipée, qu’il a signé pour ce dernier.

L’huile de friture…

Avec l’attelage en option, le Kia Niro EV Motion est revenu à Laurent Méheut à 30 500 euros. « C’est avec l’ancien prix, le bonus de 6 000 euros déduit, ainsi que les 2 500 euros de prime à la conversion en sacrifiant un Renault Espace 3 diesel de 1998 avec 240 000 km au compteur », précise-t-il.

« Je roule en électrique depuis les années 1990, d’abord avec une Microcar Lyra. Mais aussi depuis 17 ans à l’huile de friture à base de tournesol, colza et arachides, comme c’était le cas pour ce monospace et les 3 précédents. Je faisais la tournée des restaurants et reversais la collecte dans une cuve de 300 l pour décantage », précise-t-il.

« Grâce à un filtre à tamis 60 microns qu’on trouver dans le commerce et à un petit flotteur, je récupérais le meilleur au-dessus en employant une centrale électrique. Pour l’hiver, j’installais sur mes Espace une pompe à gavage et un réchauffeur statodyne. L’huile de friture circulait ainsi dans un tube entouré d’une résistance chauffante externe, avec coupure automatique au-dessus d’une certaine température », détaille-t-il.

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… ce n’est pas fini

« Dans mon ancienne maison, j’ai également chauffé avec ces huiles pendant 15 ans en employant un brûleur polycombustible. Des tests de combustion ont été réalisés sur mon installation pendant 2 ans avec le Centre d’initiation aux énergies renouvelables (CIER), près de Vire (14), en partenariat avec l’Ademe », expose Laurent Méheut.

Plus de voiture diesel ni de chaudière fioul : est-ce pour autant la fin de l’huile de friture chez Laurent Méheut ? « Non, car j’ai en projet de me créer un groupe électrogène à partir d’un moteur de Mercedes W124. Les blocs diesel 2, 2,5 ou 3 litres sont les meilleurs du monde automobile pour une alimentation à l’huile de friture. Et ce, grâce à une pompe à injection qui s’y prête vraiment très bien », nous répond-il.

Nous étions à la concession Kia de Saint-Brieuc-Yffiniac lorsque l’auto-entrepreneur normand a fait l’échange entre son Renault Espace HVU (huile végétale usagée) et le Niro EV. L’odeur sous le capot, autour de l’ancien véhicule et à l’échappement est bien plus agréable que le gazole avec ce produit revalorisé en carburant. Pas d’émanations de graillon, mais juste de l’huile chaude de cuisine.

Pas comme l’EV6

Pour Laurent Méheut, la présence du V2L/V2D sur son Kia Niro EV neuf était une évidence. Au point qu’il n’a pas mentionné son besoin auprès du concessionnaire en commandant sa voiture. Pourquoi cette certitude ? Tout simplement parce que les EV6 ont toutes la fonctionnalité, que l’option ait été demandée ou pas. Il suffit d’avoir l’adaptateur pour l’exploiter.

C’est justement ce que notre interlocuteur comptait faire avec son nouvel engin. Il avait pour cela conservé de son EV6 la fameuse pièce en forme de crosse ou de pistolet. Ce qui était possible avec le gros SUV bardé de distinctions mondiales ne l’est pas avec le Niro électrique rafraîchi qui vient juste de s’ouvrir au V2L.

« Nous avons effectué un essai à ce sujet pas plus tard que ce matin, à la suite d’une formation maison dont a bénéficié Nicolas Richard, notre technicien spécialisé. Nous ne savions pas auparavant qu’un calculateur V2D est installé spécifiquement pour les Niro commandés avec l’option », nous confirme Stéphane Linossier, à la tête du site.

Prévoir le V2D à l’achat du véhicule

En clair, pour bénéficier de la recharge bidirectionnelle sur un Kia Niro EV, il faut avoir choisi à la commande l’option V2D/Pompe à chaleur à 1 400 euros. Après, il ne sera plus possible de modifier le véhicule. Cette information, les concessionnaires ne l’ont officiellement reçue que ce lundi 26 septembre 2022, par une circulaire interne. « Ce n’est pas un simple paramétrage ou un relais à changer ou à ajouter, mais tout le calculateur sous le frunk qui est spécifique. C’est une pièce qui coûte de l’ordre de 10 000 euros », souligne Nicolas Richard.

Laurent Méheut encaisse l’information comme il le peut. C’est tout son projet qui est remis en cause. De son côté, Stéphane Linossier a compris de suite le malaise dont il n’est aucunement responsable. Quelle solution pour l’auto-entrepreneur ? La plus évidente serait qu’il conserve 1 an son Niro neuf afin d’en commander un autre avec l’option V2D tout en conservant le bénéfice du bonus gouvernemental et éventuellement profiter d’une nouvelle prime à la conversion en sacrifiant un autre véhicule thermique qui entre dans ce cadre.

« Je n’ai pas dit mon dernier mot. Je vais creuser pour essayer de trouver une solution plus souple », assure le responsable de la concession. Son expérience le pousse parfois à envisager les solutions qui ne sont pas encore connues.

Adaptation

Les imprévus et les changements de cap, Stéphane Linossier connaît ça très bien dans le cadre de la gestion de son établissement. Il a déjà dû faire face à un manque de voitures disponibles chez le constructeur, ce qui explique que les abords de la concession sont bien vides aujourd’hui, si l’on compare avec une précédente interview de lui.

« Pour un site comme le nôtre, et indépendamment de la motorisation, il nous faudrait une quarantaine de voitures à disposition. Nous n’en avons que 7 aujourd’hui », confie-t-il. « Le seul Niro électrique que nous avons en présentation, c’est un client qui nous le laisse quelques jours avec courtoisie. Le Niro EV est un modèle qui rencontre beaucoup de succès. Lors de notre soirée de découverte il y a quelques jours, nous avons accueilli 137 clients. Le nouveau Niro se vend désormais mieux que l’EV6 », témoigne-t-il.

Le département des Côtes-d’Armor est toujours en vigilance sécheresse. Certains modèles en exposition ne sont plus très rutilants. D’où cette affichette au ton humoristique : « Derrière la poussière se cache un magnifique Kia EV6 ». Afin d’économiser l’énergie dans l’attente d’un hiver incertain à ce niveau, tous les spots sont éteints. De l’adaptation, toujours de l’adaptation.

Du changement dans l’équipe

L’arrivée des voitures électrifiées qui demandent moins d’entretien n’a pas pour autant mis le personnel de la concession au chômage. « Nous avons pas mal de travaux de carrosserie, de montages d’attelage. Et puis il y a ce report sur les ventes de véhicules d’occasion que nous révisons au préalable », commente Stéphane Linossier.

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Ce dernier continue même ses projets d’embauche. « Nous formons actuellement Antoine en alternance d’un BTS CCST, ce qui signifie “Conseil et commercialisation de solutions techniques”. Il apprend avec nous à être vendeur en automobiles, et j’espère bien l’embaucher à l’issue de sa formation », confirme-t-il. Et ce n’est pas tout, puisque Laurent Méheut est passé par le bureau de Laurent Rousseau avant de recevoir les clés de son Niro EV.

« Il est notre assistant administratif et livraison, ou encore expert produit. C’est un ancien moniteur d’auto-école. Concernant l’administratif, il se charge des démarches pour les factures et les cartes grises. Et lorsqu’il y a une livraison de voiture hybride ou électrique, il prend le temps de faire de la pédagogie avec les clients au sujet de la recharge à domicile, de l’offre Kia Charge et donne des conseils d’utilisation », développe Stéphane Linossier.

Remise des clés

Laurent Rousseau connaît bien la mobilité électrique : « J’ai commencé il y a quelques années en achetant une Nissan Leaf. Puis je suis passé à la Tesla Model 3, avant de craquer pour un Porsche Taycan. Ma femme roule en Kia e-Soul ». Au moment de la remise des clés, le conseiller fait le tour des équipements fournis avec le véhicule. Et notamment des câbles de recharge. On s’aperçoit que la section de celui avec connecteur Type 2 côté borne est plus importante : « C’est pour mieux supporter le 11 kW AC ».

Avec un Kia e-Soul, nous avons accompagné Laurent Méheut jusque chez lui, à une cinquantaine de km. Ce qui nous a permis de comparer les consommations, avec pas mal de voies à 110 km avalées à la vitesse maximum : 16,2 kWh/100 km pour le Niro EV neuf, contre 14,5 kWh/100 km avec le e-Soul de fin 2020.

Cette différence s’explique très bien. Une surconsommation est généralement observée sur les 2 000 premiers kilomètres d’un véhicule électrique à peine sorti d’usine, notamment en raison des pneumatiques. Elle peut effectivement être de l’ordre de 2 kWh aux 100 km. Et puis les Niro EV et e-Soul ne sont pas tout à fait les mêmes voitures.

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Au bout de 50 km

Nous voulions aussi connaître les impressions de Laurent Méheut après ses premiers kilomètres en Kia Niro EV. « Avec les 204 chevaux, ça change du Renault Espace. Mais j’ai surtout pu apprécier la baisse du couple sur ce véhicule. On pouvait avoir des ruptures d’adhérence avec l’ancien modèle que j’ai pu conduire. Le potentiel d’accélération est toujours là, mais c’est plus linéaire et ça accroche beaucoup mieux », rapporte-t-il.

« Les nouveaux pneus Continental apparaissent plus silencieux. Ils sont d’ailleurs faits pour ça. En plus, ils sont neufs. Quoi qu’il en soit, la tenue de route est excellente et les aides à la conduite réagissent très bien », complète-t-il.

« J’apprécie vraiment de retrouver un tableau de bord et une présentation générale de l’instrumentation à la façon du Kia EV6. Et puis la garantie sur 7 ans donne vraiment confiance », conclut-il.

Qui veut acheter un Kia EV6 GT ?

Aujourd’hui, Stéphane Linossier espère qu’un amateur de Kia EV6 GT poussera la porte de sa concession. Pourquoi ce souhait ? « Ce modèle est désormais disponible. Mais nous ne pouvons pas actuellement en avoir un exemplaire en concession tant que nous n’avons pas un acheteur. Nous avons hâte ici de découvrir cette voiture et de la montrer à des prospects », justifie le responsable de l’établissement.

Automobile Propre et moi-même remercions pour leur accueil, leur disponibilité et leur confiance Laurent Méheut qui avait envie que nous soyons présents à la livraison de son véhicule, Stéphane Linossier qui se montre toujours ouvert à cela, ainsi que Laurent Rousseau, Nicolas Richard, Antoine et le reste du personnel de la concession.


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