Produit à l’usine tchèque de Mladá Boleslav depuis novembre 2020, le Skoda Enyaq électrique a déjà séduit plusieurs automobilistes. Ancien chauffeur de taxi francilien, Gaï-Ibrahim Kanouté nous explique sa propre démarche.

Caractéristiques principales du Skoda Enyaq iV

Cinq jours par semaine, de 250 à 300 exemplaires du SUV électrique de Skoda seront assemblés. Occupant le même segment que le Volkswagen ID.4, l’Enyaq iV partage avec lui la plateforme modulaire maison MEB. Pas moins de 5 versions du SUV électrique de Skoda sont proposées.



Trois capacités énergétiques de batteries (52, 58 et 77 kWh utiles) dotent l’engin d’une autonomie à la carte. Comprise entre 340 et 510 kilomètres selon le cycle mixte WLTP, elle dépend aussi de sa transmission 4×2 ou 4×4. La puissance maximale du moteur est également fonction de la version choisie. Elle s’étale entre 109 et 225 kW, pour un couple de 220 à 460 Nm.

Entre les 2 extrêmes, il faudra 6,2 ou 11,4 secondes pour atteindre les 100 km/h, départ arrêté. La grille tarifaire du Skoda Enyaq iV démarre à 36 050 € en mars 2021. Desquels il convient de retrancher actuellement 7 000 € au titre du bonus gouvernemental pour les particuliers.

Le Skoda Enyaq iV de notre lecteur

« Souhaitant pouvoir aller d’une traite en Bourgogne dans la famille de ma femme, j’ai choisi l’Enyaq 80. L’autonomie avec la batterie 77 kWh devrait nous le permettre en prenant l’autoroute », lance Gaï-Ibrahim Kanouté.

Notre interviewé a cependant mis toutes les chances de son côté pour pouvoir voyager loin et sereinement. Il a ainsi pris les options chargeur triphasé 11 kW (650 €), et la recharge rapide 125 kW (615 €). Cette dernière comprend l’accès gratuit au réseau Ionity pendant 1 an. Le technicien en maintenance a ajouté un maximum d’options à son SUV électrique.

Certaines jouent sur la présentation extérieure du véhicule. « J’ai retenu les jantes Betria 21 pouces et une peinture métallisée gris météore », précise-t-il. Différents packs figurent également sur la facture. « J’ai choisi les packs Confort+, Climatique+, Parking+, Drive Assist, et Famille. J’ai aussi demandé la pompe à chaleur, la sellerie confort et l’attelage », complète-t-il.

Une facture de 60 246 euros

« Le Skoda Enyaq iV 80 de base coûtait 47 300 €. [NDLR Le prix de ce modèle a depuis été porté à 47 770 € au catalogue de mars 2021.] Avec toutes les options, le montant total atteignait 60 246 € », révèle Gaï-Ibrahim Kanouté.

« J’ai toutefois bénéficié d’une remise de 2 800 € de la part du constructeur. Il faut aussi déduire un bonus gouvernemental de 3 000 €, et la prime à la conversion. Avec mes 3 enfants et selon nos revenus, je devrais être éligible au montant maximum pour cette dernière. Soit 5 000 € », chiffre-t-il. « Pour obtenir cette aide, je me suis débarrassé d’un Citroën Picasso HDI de 2003 avec 354 000 km au compteur », précise-t-il.

« Pour le reste du financement, j’avais un apport personnel de 20 000 €. Et mon ancien véhicule a été repris à un prix correct par Skoda. Il s’agissait d’un BMW Série 2 Active Tourer hybride rechargeable âgé de 3 ans. Le constructeur m’a offert l’extension de garantie 5 ans d’une valeur de 890 € », détaille-t-il.

Première voiture électrique

« C’est ma première voiture électrique. J’ai essayé de rouler éco avec des hybrides quand j’étais chauffeur de taxi. D’abord avec 2 Toyota Prius suivi d’une Prius+. J’ai eu ensuite une Skoda Superb dont j’étais très satisfait. C’est comme ça que j’ai découvert cette marque », se souvient Gaï-Ibrahim Kanouté.



« Avant de me décider pour le Skoda Enyaq électrique, j’ai mené une petite étude. J’ai pensé tout d’abord au Tesla Model Y. La place à bord est suffisante pour 5 personnes, et il y a les 2 coffres. Notre dernier enfant a 6 mois. Dans le BMW, nous étions serrés. Les Volkswagen ID.4 et Skoda Enyaq ont ensuite été annoncés. Ma femme serait plutôt partie sur l’ID.4. Elle a choisi de me faire confiance pour l’Enyaq », rapporte-t-il.

« En semaine, nous ne sous servirons que peu de ce véhicule, car je réside à quelques dizaines de mètres d’une gare. C’est surtout le week-end qu’il sera utilisé en famille pour rendre visite à des proches », imagine-t-il.

Livraison en avril ou mai 2021

« J’ai effectué une précommande pour le Skoda Enyaq iV quand il a été annoncé dans les médias. Je m’étais rendu chez le concessionnaire le plus proche de chez moi. Il m’a recontacté pour sceller l’opération en versant 1 000 €. J’ai reçu un nouveau message en début d’année m’invitant à passer chez le concessionnaire. Il s’agissait de signer le bon de commande définitif », énumère Gaï-Ibrahim Kanouté.

« Le 10 février, nous sommes revenus à la concession pour découvrir le modèle d’exposition. Nous avions emmené la poussette et les sièges des enfants pour effectuer une simulation de voyage en famille. Nous sommes repartis ravis de cette expérience », raconte-t-il.

« La livraison de notre exemplaire est programmée entre le 21 avril et le 26 mai 2021 », se réjouit-il.

Un manque d’informations

« Dans les concessions Skoda, la plupart des conseillers commerciaux ne connaissaient pas l’Enyaq iV. Peut-être un agent sur 7 ou 8 est à peu près calé sur ce SUV électrique. J’ai dû leur montrer à partir de mon ordinateur l’autonomie et les possibilités de recharge. Pour cela, j’ai utilisé le simulateur d’Automobile Propre », rapporte Gaï-Ibrahim Kanouté.

« J’ai pu constater ce manque de compétences dans plusieurs concessions. Je ne comprends pas pourquoi Skoda France n’a pas pris l’initiative de former correctement ses conseillers commerciaux. Quand une nouvelle voiture est annoncée, les gens se précipitent pour obtenir des renseignements », plaide-t-il.

« Comment démocratiser la voiture électrique si les bonnes informations ne circulent pas. Le public se fait de fausses idées. Quand j’ai dit autour de moi que j’allais acheter un VE, j’ai entendu des critiques curieuses. Comme l’impossibilité de se garer dans un parking souterrain ou de laver la voiture avec un jet haute pression », témoigne-t-il.

Chaîne YouTube

« Je dispose d’une place de parking avec une prise renforcée Legrand. Je viens d’écrire au syndic pour pouvoir ajouter un connecteur de camping pour la recharge 7 kW », annonce notre interviewé.

« J’ai décidé de créer ma chaîne YouTube “CCS et Kilowatts”. À travers elle, j’espère aider les familles à passer à la voiture électrique. J’ai prévu de faire des Live sur différents sujets, en retour d’expérience. J’ai déjà pensé à la livraison du véhicule, les vacances, les prises pour la recharge, les bornes gratuites, etc. », conclut Gaï-Ibrahim Kanouté.

Automobile Propre et moi-même remercions vivement Gaï-Ibrahim Kanouté pour son témoignage et la rapidité avec laquelle il a répondu à notre sollicitation. Cet article a été réalisé avec l’aide de notre Community Manager David qui s’est chargé d’entrer en contact avec notre interviewé.

Avis de l'auteur

Début des années 2000, il était très difficile de trouver des commerciaux capables de présenter les modèles électriques. Même chez Renault, Citroën et Peugeot qui en proposaient. C’était excusable : il y en avait si peu !

Mais aujourd’hui !? Chaque nouveau constructeur généraliste qui se lance dans la mobilité électrique commet la même erreur. Et ce, 20 ans plus tard.

En supprimant de son catalogue la Citigo électrique, Skoda a montré que les voitures populaires ne l’intéressent plus. Surtout si elles sont électriques. Il faudrait peut-être arrêter la pénible surenchère au « premium ». Et écouter à la fois les besoins de nombreux automobilistes et les alertes environnementales.

Pour le groupe Volkswagen, Seat et Skoda avaient une carte particulière à jouer. Celle d’une mobilité plus simple, moins pesante écologiquement. Si maintenant il s’agit de devenir l’équivalent de la marque allemande éponyme. Où est l’originalité ?

Quoi qu’il en soit, l’Enyaq est une alternative crédible à l’ID.4. Son prix modéré par rapport à son concurrent dans le groupe pourrait lui apporter un beau succès. Plusieurs milliers d’euros en moins ! Ce succès pourrait rejaillir bénéfiquement sur la marque tout entière en termes de notoriété.